Au terme d’un été particulièrement bien garni au cinéma, avec ses incessants blockbusters aux budgets excédant la centaine de millions de dollars, et par extension le port redondant des lunettes 3D, le désir de souffler un bon coup était à l’ordre du jour. Non pas en s’éloignant un temps des salles obscures, bien entendu, mais en passant à des productions plus modestes, très attendues ou non… et Kick Ass 2 l’était assurément, malgré le retrait de Matthew Vaughn au profit de Jeff Waldow à la réalisation. Pour ma part, c’est sans apriori que j’ai découvert ce second volet des tribulations de Dave Lizewski et Mindy Macready, le souvenir de l’opus premier du nom étant seulement bon. Et franchement, quel surprise ce fut ! Quel long-métrage hautement rafraichissant ! Pour preuve, je n’ai pas hésité à retourner le voir par la suite, tant on tient là un divertissement jubilatoire, tout en parvenant à rester dans le sillage de son ainé. En fait, la comparaison entre les directions respectives de Vaughn et Waldow fait apparaitre des nuances notables, tenant lieu soit d’améliorations, ou de régressions (dirons-nous) d’un film à l’autre ; aussi, si le Kick Ass de 2010 reste la référence dans certains domaines, son cadet le surpasse au regard de quelques points donnés. D’abord, en termes d’humour, le ton déjanté du long-métrage offrant son lot de répliques aussi barges qu’hilarantes, montrant que Kick Ass ne se prend de nouveau qu’à moitié au sérieux, mais cette fois-ci avec réussite pour ma part ; puis, concernant à présent l’usage de la violence, exit la débilité de scènes tirées par les cheveux, mais tout en conservant une part clairement débridée avec son lot d’hémoglobine. En fait, Kick Ass 2 vient pleinement corriger ce qui m’avait chiffonné dans le premier opus, d’où un certain contentement évident ; néanmoins l’original reste supérieur sur le plan de l’originalité et… de la mise en scène. Non pas que le travail de Waldow soit moins original dans le fond, mais ceci est tout à fait logique tant l’effet de surprise a déjà pu être entamé par celui de Vaughn, comme tout bon film précurseur qui se respecte… quant au second point, il est indéniable que la mise en scène de Kick Ass 2 est bien moins percutante, car notamment plus brouillonne, fouillis. Dans une même veine, la BO bien qu’excellente n’égale par la virtuosité de son ainée, et sur le plan global la galerie de personnages hauts en couleur est moins marquante (difficile de remplacer les pointures Cage et Strong) ; dernier reproche, à savoir le grossier d’une scène en particulier (plutôt chiasseux), ce qui est fort dommage de pécher de ce côté-ci quand le cadre violent à lui-même fait l’objet d’ajustements positifs. Bref, Kick Ass 2 est une sacrée bonne surprise, un divertissement certes imparfait mais véritablement réussi dans son propos parodique, tout en évoluant avec pertinence vis-à-vis de son ainé. Mention spéciale au duo Carrey / Mintz-Plass, le premier effectuant une prestation à la mesure du personnage, le second se fendant d’un jeu de rôle savoureusement déjanté ; enfin, coup de cœur concernant Chloë Grace Moretz, Mindy et son alter-égo Hit Girl parvenant à pallier avec justesse l’absence du mythique Big Daddy, le long-métrage s’attachant à donner une dimension plus approfondis à ces dernières. Vivement Kick Ass 3 !