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DarioFulci
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3,5
Publiée le 9 avril 2012
Robert Guédiguian continue de filmer Marseille et ses habitants avec une généreuse humanité. Les idéalistes des années 70 ont aujourd'hui l'âge de leurs parents critiqués et sont confrontés aux mêmes dilemmes. Et à une jeunesse impitoyable. Un coup de vieux qui remet en cause des idéaux solidement ancrés mais une foi en l'autre qui reste quoiqu'il arrive. Ça peut paraître naïf ou peu crédible. Mais un peu de sincère générosité ne fait de mal à personne. Seuls les indécrottables cyniques trouveront que de telles personnes n'existent que dans les discours de gauche. Ce qui est tristement réducteur. Pourquoi un couple n'aiderait-il pas celui qui les a agressé ? le pardon est toujours possible, l'entraide existe belle et bien fort heureusement. Et Robert Guédiguian est l'un des rares à écrire de telles histoires sans verser dans le discours lénifiant. Un film digne, chaleureux et généreux.
Le nouveau Guédiguian est à la fois familier et surprenant. Familier parce qu'on y retrouve les "héros" de l'Estaque, un peu fatigués et vieillissants, mais toujours engagés et solidaires. Surprenant, car le cinéaste remet tout en question le temps d'une scène violente qui fait basculer ses personnages vers la dépression puis vers une lucidité nouvelle avec la conscience que le monde qui les entoure a bien changé et qu'il n'est plus possible de l'ignorer. Les certitudes qui volent en éclat donnent un ton amer et mélancolique au film. Et c'est là où Les neiges du Kilimandjaro séduit en imposant malgré tout une bonté bienveillante qui surmonte les coups du sort et de bambou. Entre les mains d'un autre réalisateur le scénario du film apparaitrait sans doute naïf et angélique. Pas avec Guédiguian dont le positivisme est revigorant et qui trouve toujours la lumière au bout du tunnel. Il est bien aidé par sa petite bande fidèle (Ascaride, Darroussin, Meylan) que rejoignent avec bonheurs des acteurs immédiatement au diapason (Canto, Jolivet, Demoustier, ...). Les neiges du Kilimandjaro est porté par un bel optimisme, peut être un brin utopique, mais pas béat pour un sou. Et ça fait un bien fou.
Comme d'habitude Guediguian fait appel à son équipe de (bons) comédiens, sa Marseille et ses accents, ses sentiments plutôt à gauche toute, une gauche humaine tout simplement dont le PS devrait s'inspirer... allez, une bonne rétrospective Guediguian à rue de Solferino et c'est bon pour 2012 !
On peut reconnaître à Guedigian le mérite de traiter de sujets sociétaux plutôt qu'une énième variation sur la condition amoureuse. Toutefois, j'aimerai être emballé et je reste sur ma faim. Près d'une heure de pellicule sur des barbecues au vin rosé, des anniversaires de mariage, de pique-nique à la plage, c'est long. Du coup, les hésitations que pourraient éprouver les personnages avant de se décider à faire appel à la police, à aller voir les enfants de son braqueur, sont expédiées en 2 minutes. Enfin, si le jeu de Darroussin est impeccable, ceux d'Ascaride et surtout Meylan ne sont pas a la hauteur du projet. Je passe sur l'angélisme du final, à chacun de se faire son opinion... Dommage, le projet était très séduisant mais le résultat n'est pas a la hauteur.
Bons acteurs et une première partie du film qui semblait intéressante. Malheureusement l'histoire du bon samaritain syndicaliste ne tient pas la route et n'est pas du tout crédible. Un film un peu gâché par trop de bons sentiments.
Quand on tourne toujours avec la même équipe on a l'impression de voir toujours le même film. La morale du film est moisie : légitimant le crime sous prétexte de misère. La psyché du représentant syndical communiste sponsorisé CGT seul contre tous au grand coeur pardonnant le crime des petits et des sans-grade des métallo...ah Jaurès! . Le dénouement est rocambolesque.
Parfois caricatural, parfois tire-larmes, ce film de Robert Guédiguian reste très émouvant. On retrouve avec plaisir les acteurs fétiches du réalisateur marseillais, tels J.P Daroussin, A. Ascaride et le merveilleux G. Meylan. Autour d'un thème fort (la dénonciation), Guédiguian parle de vieillesse, de culpabilité ou encore d'amitié, le tout en conciliant un ton grave et un autre plus léger. "Les Neiges du Kilimandjaro" est un film d'un auteur qui ressasse les même thèmes depuis trente ans environ, mais qui ne se répète jamais.
Excellente surprise , je m'attendais , vu le sujet , à un film du niveau de "A l'attaque " , soporificoennuyeux , mais non , on se laisse prendre à cette histoire conte de fée, une petite conotation "Le havre " en moins onirique bien sûr .Guediguian recommence à filmer cette société et cette région comme on l'avait apprécié à l'époque de Marius et Jeannette . Moment très agréable .
Il ne faut pas oublier que Robert Guediguian s'est inspiré d'un poème de Victor Hugo pour ce film "Les pauvres gens". C'est une réussite. Un conte m'a donne envie de lire un poème que je ne connaissais pas, pour cela c'est un excellent film que j'avais vu en avant première avec débat avec les acteurs principaux abordables, sincères et magnifiques. Un souvenir indélébile pour moi.
Film caricatural, qui ne convainc donc ni par son réalisme, ni par autre chose, car il n'y a rien d'autre. Un téléfilm de plus sur grand écran, sans grand intérêt.
Robert Guediguian a son univers, c’est incontestable. Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride et Gérard Meylan sont des habitués de Marseille. La musique et le rythme du film reflètent bien la chaleur du midi et l’équipe est sympathique. Sur ces points, c’est bien fait, rien à dire. Cependant à force de rajouter des bons sentiments aux bons sentiments, on finit par basculer dans la mièvrerie. Qu’ils sont mignons ces petits garçons sans père, avec une maman inexistante et un frère en prison, même tous seuls, pas un seul gros mot, ils continuent à faire leur devoir …. Je ne parle pas bien sûr de la jeune et adorable voisine qui leur prépare des petits plats. Et puis, au passage on égratigne un peu la police (histoire de montrer où sont les méchants), ça sert en rien au film mais ça se vend bien …Alors, on atteint les sommets quand après avoir été licenciés puis « home-jackés » (épaule abimé, coup de poing), volés et insultés, nos pauvres victimes récupèrent les enfants de leur agresseur chez eux (on se demande d’ailleurs où sont passés les services sociaux…). Jésus n’aurait pas fait mieux.
C'est bien inférieur aux films de Ken Loach. Bon, ça se laisse regarder, les acteurs et actrices sont sympas, même si J.P. Darroussin change d'accent de temps en temps, mais l'histoire est invraisemblable, et la morale sur la culpabilisation des victimes très déplaisante.