Louise dort dans sa voiture (qui démarre quand elle le veut bien, et pourtant qu'on pourrait saisir...), elle a trois meubles sous une bâche dans un hangar, une petite valise de fringues, elle est femme de chambre d'hôtel et fait des ménages, elles est couverte de dettes. Elle se lave dans les toilettes de restaurant, se maquille parfois avec les accessoires de ses patronnes, siphonne le gaz oil des camions. Pour avoir un repas chaud, elle s'installe à une table qui se libère dans un self, et va se servir... De temps en temps elle va tirer un coup, ou s'offre une petite cuite à la bière. Elle a une hargne à survivre peu commune.
L'intéret qu'on porte au personnage tient beaucoup à la formidable Corinne Masiero, qui doit tenir là le rôle de sa vie, et le porte, l'incarne avec une stupéfiante vérité. Est elle nominée aux Cesars? J'espère.
Mais, le problème, c'est qu'on oublie de nous dire comment elle en est arrivé là, Louise. Pourquoi a t-elle quitté son mari; pourquoi a t-elle des relations aussi distantes avec sa fille; pourquoi a t-elle perdu son appartement. Ce n'est pas avec du misérabilisme qu'on fait un bon film, de même que ce n'est pas avec le spectacle le plus triste du monde, un chaton écrasé sur une route, qu'on fait un roman.... C'est un peu facile, de faire pleurnicher sur les SDF et les exclus. Heureusement, le film, solide, ne cherche pas à faire pleurnicher. N'empêche: il est bien difficile d'être en empathie avec Louise, alors qu'aux bons vieux temps du néo réalisme, on était en empathie avec ces héros dont on avait suivi le chemin de misère.....