Grande maestria avec un VG ébouriffant de talent qui assène à la cantonade des butoirs de vérité à tout le monde. Il est tellement odieux qu'il en est touchant et force le respect. Il surpasse son handicap par sa verve et emmène tout le monde dans un tourbillon de folie. Tout se dit sans pudeur. La vérité et la douleur aussi.
Terriblement antipathique, le héros (intimidant Vittorio Gassman) espère faire oublier sa faiblesse physique qu'il considère comme une faille morale et réussit à étouffer toute compassion sous un vernis de brutalité, de méchanceté, de cynisme. Devenu aveugle, l'ex-capitaine souffre surtout de ne plus profiter de la vue des femmes pour lesquelles son désir, intact, se réveille grâce à une aura ou à un parfum... Bien sûr, l'infirme refuse ce qu'implique son état, s'opposant en cela à son ami et au couple qu'il forme avec son propre assistant, bien plus insolent, impétueux, insouciant que le narrateur; idem de l'affection tendre d'une lumineuse Agostina Belli...à moins que le voyage ne lui ouvre les yeux... Un cheminement vers l'humilité.
Le film raconte le voyage du capitaine Fausto Consolo (Vittorio GASSMAN, 52 ans), aveugle et ayant perdu la main gauche suite à un accident militaire pendant des manœuvres, de Turin à Naples, via Gènes, Pise et Rome. Il est accompagné d’un jeune soldat, Giovanni Bertazzi, qu’il surnomme Ciccio (Alessandro MOMO, 18 ans et qui se tua en moto 1 mois avant la sortie du film en Italie). Avec un titre trompeur car, si le capitaine reconnait les femmes à leur parfum et leur odeur, le film comprend 2 parties, d’une part, le voyage de Turin à Rome, picaresque (où Fausto est outrancier et cynique avec les gens qu’il croise) et d’autre part, le séjour à Naples où le capitaine retrouve un autre militaire aveugle ainsi qu’une belle jeune femme aux yeux bleus, Sara (Agostina BELLI, 27 ans), amoureuse de lui, et au caractère mélodramatique (spoiler: Fausto, qui se qualifie de « 11 de pique », refuse l’amour, qu’il prend pour de la pitié, que lui porte Sara ). C’est aussi un hymne au plaisir (Fausto fréquente les prostituées) et une satire de la religion [à Rome où Fausto rencontre son cousin prêtre qui l’envie (sic) et le bénit, et loge dans un hôtel où servent des religieuses]. Vittorio Gassman est extraordinaire dans son rôle d’aveugle désespéré et a mérité amplement son prix d’interprétation masculine au festival de Cannes en 1975 tandis que le film a obtenu le César 1976 du meilleur film étranger.
Ce long-métrage de Dino Risi, récompensé par le César du meilleur film étranger en 1976, repose en grande partie sur la prestation de Vittorio Gassman. L’acteur interprète avec talent un capitaine mutilé de guerre devenu aveugle. Cet homme meurtri au plus profond de lui-même s’est façonné une carapace lui permettant d’être imperméable à toute forme d’empathie. Le genre de personnage absolument détestable mais que l’on se surprend à aimer. Accompagné de son jeune assistant (Alessandro Momo qui décèdera tragiquement juste après le tournage), il entreprend un ultime voyage de Turin à Naples. Bref, une œuvre dans la pure tradition des comédies dramatiques italiennes où débauches et déchéance de la nature humaine s’entrecroisent.
La chute du mal italien vu par l’angle de la farce. Cette chute vaut surtout par l’interprétation hors pair de Vittorio Gassman en militaire rendu aveugle à cause d’un accident. Le culot du personnage est décuplé par son handicap, il se permet à peu près tout, pour le plus grand bien du «comique de situation ». On lui colle un jeune novice dans les pattes et le tour est joué. Le garçon est jeune et bête, un peu trop à mon avis. On aurait très bien pu mettre un chien guide d’aveugle à la place, personne ne ferait la différence. Cela laisse le champ libre à Vittorio qui prend toute la place et fait le show. Le décalage entre lui qui voit tout, et son guide qui ne voit rien, suffit déjà à rendre le film hilarant. C’est avant tout une comédie à l’italienne, avec des dialogues chauds et pittoresques, son charme latin, et un cynisme presque académique. Cette ironie mordante fait tout le charme du film qui vieillit bien, malgré un manque de fond certain, et un non approfondissement du personnage. Risi sent que l’Italie change et le suggère par petites touches, il préfère en rire, et les femmes qui sont un élément important du film sont libérées mais restent cantonnées aux rôles de putes ou de «saintes».
J'avais vu "Parfum de femme" lors de sa sortie en salles au milieu des années 70 et si j'avais trouvé des qualités au film, son accueil très enthousiaste m'avait un peu surpris. Je viens de le revoir en salle, dans une copie restaurée et mon point de vue n'a pas varié, comme cela arrive parfois. Je préfère de beaucoup la période des années 50 et 60 de Dino Risi ou le talent de ce réalisateur se manifeste de manière évidente. Certes, Parfum de femme est un film qui présente de nombreuses qualités, parmi lesquelles je retiendrai la prestation exceptionnelle de Victorio Gasmann qui tient le film sur ses épaules. Agostina Belli, très jolie actrice italienne des années 70, trouve ici le rôle de sa carrière .En effet, Belli, si elle tourna fréquemment ce ne fût plus jamais ( à part peut-être dans " la carrière d'une femme de chambre " du même Risi) dans des films très importants. Elle fut connu en France pour avoir tourné avec des réalisateurs de l'hexagone comme Boisset ou Robbe Grillet notamment. C'etait l'époque où le physique des actrices était un des critères importants pour obtenir des premiers rôles. Cette période est malheureusement révolue actuellement chez nous. En résumé, un jeune militaire est envoyé pour une semaine afin de servir d'aide à un ancien officier rendu aveugle et manchot lors d'un exercice. Ils partent pour Rome en train, après s'être arrêtés à Genes et à Rome. Que va faire à Naples cet ancien officier, l'ordonnance l'ignore mais il ne va pas tarder de le découvrir. Le film est distrayant, rythmé , les dialogues sont souvent savoureux et la réalisation, (même si elle n'est plus au niveau de celle des films de Risi réalisés antérieurement) est honorable. Relevons que la photo et les cadrages n'ont rien d'exceptionnels. Le film connu un grand succès public . Si le film présente des qualités il me paraît tout de même un tout petit peu surfait. En regardant le film, on ne peut s'empêcher de penser aux dernières années de Gassman qui souffrait de dépression dues à sa bipolarité. Il décédera vingt six ans après ce film. Ce n'est pas un chef-d'oeuvre mais le film est à voir.
Parfum de femme est un film beau par sa simplicité apparente qui cache pourtant une intériorité profonde, Dino Risi déploie ici tout son talent pour composer un film à deux facettes. La première viendra donc se présenter en tant que support de la seconde, les tirades comiques viendront appuyées le drame, car de la comédie on en retient avant tout les répliques acides, les paroles balancés innocemment, sous un air léger et qui pourtant permettent de caractérisait et cerner une certaine forme de substance concernant le personnage principal. Substance qui ne manquera pas d'être exploitée par Vittorio Gassman, auteur d'une prestation sublime dans le rôle de ce personnage aveugle. Il sera d'ailleurs accompagné dans son périple par un jeune homme qui apportera sans cesse une seconde vision des actions, qui permet au spectateur de se détacher doucement et de passer au temps du constat dans les moments nécessaires. Mais le but de ce personnages n'est pas que purement tourné vers le personnage de Vittorio Gassman, plus qu'un objet narratif, il bénéficie lui même de sa propre personnalité, de ses propres doutes qui bien qu'annexes ne manqueront pas d’interpeller le spectateur. Mais le climax de l'oeuvre se situe peut-être dans les scènes concernant Agostina Belli, une belle et jeune femme amoureuse de cet homme pourtant plus âgé. Elle délivre ainsi de beaux pics d'émotions et de douceurs qui ne manqueront pas d'être accompagné par un très beau thème musical. Un parfum de femme est un film très accompli, une oeuvre douce et passionnée portée par un très grand Vittorio Gassman
De Dino Risi, réalisateur que je connaissais uniquement de nom (je sais, je sais, blasphème!) de même que pour certaines de ses oeuvres, "Parfum de femme" est le premier que je vois de lui. Le premier et certainement pas le dernier au vu de la grande qualité de ce film. N'ayant pas vu le remake avec Al Pacino et Chris O'Donnell, j'ai pu savourer avec des yeux "neufs" cette comédie dramatique. Car, lorsque l'on compare les moult comédies ponctuées de drame qui se vendent comme des petits pains chaque année en explicitant les scènes dramatique afin de tomber dans un mélo dégueulasse ("Intouchables" je pense à toi!), Risi a vraiment fait un travail d'aplomb pour ce long-métrage concernant un juste dosage entre l'humour et le côté sombre. Noirceur renvoyant à l'aveugle qui sous ses airs de bon bougre assoiffé de filles cache sa tristesse la plus profonde. A lire comme ça, le synopsis paraît cliché, d'ailleurs dans l'absolu, le film l'est jusqu'aux dernières vingt minutes. Et c'est ça qui est génial de la part de Risi. En jouant avec les gros clichés du genre, le réalisateur italien surprend avec sa conclusion qui, d'un côté donne un sens aux aventures des deux héros, et d'un autre côté, apporte une réflexion sur le mal-être, la place de l'Homme et ses sentiments. Le film démarre sur un ton léger pour terminer sur une note grave, mais belle et "happy ended" quand même. Niveau mise en scène et jeu d'acteur, l'ensemble est de bonne facture. Vittorio Gassman excelle dans son personnage d'aveugle grincheux et apporte une profondeur grandiose lorsqu'il s'agit de mettre en avant le côté torturé de l'homme. "Parfum de femme" est un Risi charmant qui prête à sourire et à s’interroger sur la nature humaine et ses tourments, sans tomber dans un lourd traitement démago. Un film qui donne envie de voir les autres films du monsieur, réalisateur prolifique.
Globalement une déception. Ce me semble le prototype du film surfait, surestimé. Certes Gassman est magistral dans ce qui aurait été aux USA un rôle à oscar, celui d'un handicapé, même si ce personnage, par ailleurs, autoritaire, grossier et grande gueule lui va comme un gant. Mais par delà cette performance d'acteur, bof ! (Son jeune acolyte aussi est très bon, et Agostina Belli très belle (quels yeux !)). Mais le scénario, bof ! Le personnage principal est antipathique au possible, j'éprouve très peu d'empathie à son égard. Quant à cette histoire de cette belle jeune fille amoureuse folle d'un aveugle handicapé qui a le double de son âge, dans la vie réelle, je n'y crois pas une seconde. Pour moi, un film monté en épingle par la presse de l'époque autour de la performance de Gassman, peut-être à l'occasion du Festival de Cannes ? Et pourtant Dieu sait si j'admire par ailleurs Dino Risi (Le Fanfaron, Dernier Amour).
L’aveugle est joué par Vittorio Gassman avec une qualité de jeu remarquable (salué à Cannes à l’époque). Le regard dans le vide sans aucun artifice suffit à montrer son handicap. Les autres sens lui sont surdéveloppés comme on le dit souvent des victimes de cécité. Il peut alors sentir le parfum d’une femme en une respiration. Le personnage interprété par Gassman est agressif mais il cache en réalité une fragilité que l’on devine au début et se révèle à la fin. Le scénario est formidablement bien construit, le revolver et la photo étant découverts dans le premier tiers du film et laissant le temps au spectateur pour s’imaginer la suite. La BO de Armando Trovajoli ( musique de « nous nous sommes tant aimés ») est par ailleurs tout à fait merveilleuse, notamment dans la scène finale. On voyage à travers les scènes;Turin, Gênes et Naples sont sublimés sur pellicule et une fois le générique de fin apparu, on a envie de revoir les comédies italiennes de cette époque.
Alors je ne m'attendais pas du tout à ça. Je m'attendais certes à tomber sur une comédie italienne douce-amère comme ils savent si bien les faire et que j'aime tellement. Au fond le film est très balisé, l'histoire est pas très intéressante, j'ai même pas compris l'intérêt de partir sur une histoire de meurtre vers la fin, disons que le message aurait pu passer tout aussi bien, voire mieux avec un autre dilemme mais c'est vraiment pas gênant parce que c'est très bien fait. Parce que en-dehors de la prestation de Gassman le truc très fort c'est le scénario pas par rapport à l'intrigue comme je l'ai dis mais vraiment par rapport aux dialogues, aux personnages, aux relations qu'ils ont les uns avec les autres, après pour sûr que Gassman se bouffe tout mais les rôles secondaires ne sont pas en reste non plus. Je trouve simplement dommage qu'on ait cette fin, disons que Belli, elle est magnifique cette actrice elle peut provoquer toute l'empathie du monde son personnage reste une cruche finie romantico-romantique et tout alors bien sûr j'ai pas forcément envie de lui donner raison, j'aurais préféré qu'elle réajuste le tir, qu'elle se rend compte que son amour c'est idiot et tout. Après forcément le personnage de Gassman est génial, c'est le genre de personnages qui fonctionne vraiment bien au cinéma parce que dans la vraie vie tu le détesterais mais là on l'adore, parce qu'il est cinglant, sarcastique, cynique, etc. et puis bon il a ses moments de faiblesse qu'on découvre vers la fin ce qui en fait un personnage vraiment complexe. Du reste j'aime bien quand les italiens parlent des rapports hommes-femmes, c'est souvent sexiste et assez drôle mais il y a des passages sincères et vrais. Du coup j'ai beaucoup aimé, surtout pour les personnages plus que pour l'intrigue très balisée, en même temps la mise-en-scène n'est pas dingue et assez classique mais elle rempli assez bien son job pour rendre le tout vraiment appréciable.
Magique, je suis toujours surpris par les films italiens des années 70 qui sont quasi tous des chefs d'oeuvre. Parfum de femmes (vu 4 fois en 20 ans) m'épate à chaque fois. Gamin, j'ai énormement ri, aujourd'hui je suis époustouflé par le talent de V. Gasman qui pour moi est un des meilleurs acteurs de cinéma. Quel rôle !!! Bravo à Dino Risi. Une belle balade en Italie. Sara (Alessandra Belli) est d'une pure beauté...
Un film très étonnant pour une réalisation de cette époque. Le personnage est très atypique ; bourré de défauts et de talents. Le film se déroule à un train d'enfer, et sur la fin du film, une sorte de mélancolie s'installe ... tout en douceur. Beauté sublime qu'est le handicap porté par cet homme - brillamment- mais qui au fond de lui est complètement rongé par le drame personnel qu'il endosse.
Très jolie et très subtile adaptation d'un roman italien "les ténèbres et le miel", grinçant, voire sarcastique, mélodramatique, touchant juste toujours. Le jeune acteur qui interprétait "Chicho" se tua à moto à la fin du tournage. Un remake américain inutile suivit plus tard. V. Gassmann atteint le sublime....