Ici on est chez Godart, la liberté de ton, celle de la caméra, la musique de Michel Legrand et le petit garçon avec ses cheveux blonds ça ne serait pas Jacques perrin?
Vendu à la fois comme court métrage, et comme sketch intégré au sein du film collectif "Les Sept Péchés Capitaux" (que je n'ai pas vu), "La Luxure" montre une discussion entre deux amis. Tout en consultant des reproductions de Jérome Bosch, ils discutent de la luxure, et l'un d'entre eux revient sur sa découverte du mot. Jacques Demy joue sur ce péché au verbe étrange : qui, plus jeune, n'a pas confondu luxe et luxure ? L'occasion de quelques traits d'humour bien sentis, entre définition Larousse guère limpide pour un enfant, et enfumage des adultes. S'ajoute à cela une étonnante séquence présentant l'enfer vu d'un enfant, là aussi inspirée des tableaux de Bosch. Et en bonus, la présence de Jean-Louis Trintignant !
Un vrai petit bonbon acidulé, plein de nostalgie que ce court métrage, tellement « Nouvelle vague ». Caméra à l’épaule, plans séquence en impro dans la rue, au milieu des passants. J.L. Trintignant et Laurent Terzieff échangent un dialogue délicieux à propos de l’apprentissage de la luxure . Trintignant raconte comment dans sa jeunesse, pendant un cours de catéchisme il avait confondu luxe et luxure, désopilant. Le petit garçon blondinet qui joue son rôle est formidable, il questionne aussi ses parents sur ce mot, et sa mère l’éblouissante et somptueuse Micheline Presle , une jeune mère déjà très moderne , se moque de la situation . Retour sur les deux adultes qui vont acheter au quartier Latin un livre sur Jérôme Bosch et tout particulièrement « le Jardin des Délices » . Utilisation très astucieuse et artistique de photomontage superposant les jeunes filles à la mode, présentes, dans une brasserie de St Germain , avec les modèles dénudées du tableau, très surréaliste . Un vrai bijou de film court.