L'un des films francophones majeurs de l'année 2011, passé inaperçu à côté des mastodontes "Intouchables", "Polisse" et "The Artist". Mais quel chef-d'oeuvre ! Tout frise ici la perfection, qu'il s'agisse de la réalisation au style épuré et soigné, l'histoire passionnante, ou l'interprétation parfaite. Rien n'est à jeter ici, il suffit de regarder et de se laisser plonger dans cette immersion dans un pays que l'on devine être le Liban. Cette histoire de famille est touchante et pleine de rebondissements, et des thèmes majeurs sont évoqués ici, comme la recherche du passé, l'intolérance et l'extrêmisme religieux. La fluidité du récit impressionne également. Magistrale démonstration.
"Incendies" est adapté d'une pièce théâtre et cette origine se laisse ressentir. En effet, cette histoire d'exilés entre le Canada et le Moyen-Orient a des accents de tragédie grecque ! Le film raconte un destin extraordinaire, des personnages totalement marginaux. Il y a aussi une volonté intéressante d'universaliser cette histoire. On ne cite jamais un lieu, ou alors on en invente un. On sait qu'il s'agit du Moyen Orient mais sans savoir où. Du coup, le film évite intelligemment le piège du parti pris politique. Ces éléments font que nous avons une histoire à caractère mythique ; tous les exilés d'aujourd'hui pourraient se retrouver à travers les questionnements des deux jumeaux. On s'interroge sur notre origine, la valeur de notre famille, on a envie de suivre les héros dans cette quête initiatique qui doit les ramener aux sources de leur identité. L'écriture est donc d'une grande profondeur, posant de nombreuses questions intéressantes et contemporaines. Malheureusement, Denis Villeneuve se repose un peu trop sur son scénario et oublie de faire du cinéma. De la tragédie grecque, on passe à du cinéma limite documentaire et voyeuriste ; et ce réalisme enlève beaucoup de la dimension mythique de l'histoire. Une mise en scène un peu plus décalée aurait bien mieux servi le sujet. De même, on assiste à beaucoup de bavardage et des dialogues trop théâtraux qui ne passent pas sur le grand écran. Signalons tout de même une bande son bien choisie et des acteurs inspirés. Mais sur l'ensemble, ce film manque cruellement de cinéma ; et on se dit qu'il aurait du rester au théâtre. Ou alors bénéficier d'un réalisateur plus ambitieux qui trouverait la manière, l'étincelle pour faire de cet "Incendies" un mythe d'aujourd'hui...
grosse surprise que ce film,je ne m'attendais a aucun moment a un film comme celui la.
doté d'une histoire captivante et impeccablement construite , ce film nous entraîne dans un voyage passionnant. a travers l'histoire de deux personnes a la recherche de leurs origine , nous voyageons dans le Liban en guerre et celui aujourd'hui. remarquablement mis en scène par ce jeux de flash-back de la mère et l'enquête menée par les enfants qui insuffle au film un rhytme soutenu et intriquant ou on a envie de savoir a chaque fois ce qui va se passer pour chaque histoire ( cela me rappelle un peu un film comme babel ..). film bouleversant de par son histoire dure qui prend a la gorge face a autant de folie d'horreurs de la part de l'homme face a je ne sais qu'elle motivation absurde religieuse... ce qui est raconté et montré dans ce film face a ces horreurs ces scènes de guerres violentes et marquantes et ce dénouement surprenant hallucinant soulignent les horreurs de la guerre et les conséquences catastrophiques que cela peut impliquer sans retour en arrière!! mais on aborde aussi le sujet des origines et la recherche de l'identité proche a chacun d'entre nous surtout pour nos personnages qui ne savent rien de leur passé et tout le long de l'enquête la vérité s'avère moche et insoutenable on ne peut rester insensible face a la vie de leur mère (lubna azabal). je trouve que il y a un peu de psychologie la dedans via la fille qui est une mathématicienne et qui fonctionne de façon rationnel que 1 1 font 2 et qui va devoir se rendre compte et accepter que l'homme peut réagir de façon folle et complètement irrationnel loin de toutes réalité en temps de souffrance avoir des attitudes de monstre !! soulignons la grande interprétation de lubna azabal qui joue pleinement se rôle de femme forte , dur , insensible mais meurtri dans sa chaire , malheureuse de ne pas avoir sa progéniture et pleine de vengeance et de haine. très beaux paysage du Liban jolie musique qui colle parfaitement avec le film.
une fin de film qui marque , qui doit laisser des traces indélébiles.. la preuve en est quand la mère se rend compte de la vérité .. elle en en meurt!!
Mélodrame sombre, coup de poing, qui nous entraîne du Canada au fin fond du Liban. Réalisation originale, scénario vraiment prenant, acteur convainquant, paysage éblouissant et une chute vraiment inoubliable qu'on ne soupçonne pas une seule seconde... un vraie réussite à découvrir!
Au décès de leur mère, deux jumeaux d’une vingtaine d’années découvrent avec surprise les dernières volontés de celle-ci. Ce travail de deuil se transforme en quête identitaire. Leur mère, libanaise chrétienne, a toujours été une énigme pour ses enfants ; eux, occidentaux. A la recherche des clés du passé, ils quittent le Canada pour le Moyen Orient ; ils vont apprendre bien plus sur eux-mêmes que sur leur propre mère. Plongé dans l’atrocité d’un conflit religieux majeur de la seconde moitié du 20ème siècle ; par le prisme de cette tragédie familiale, ce film nous aide à comprendre la complexité de la problématique libanaise. Le récit est bouleversant, âpre et d’une dureté incroyable ; une véritable tragédie grecque. Tiré de la pièce éponyme du libano canadien Wadji Mouawad, Villeneuve parvient par son talent de metteur en scène à sortir de l’unité de lieu. Par son travail de va et vient entre le passé de cette mère et l’enquête quasi policière des enfants pour remonter le passé ; il nous tient en haleine durant 2h10. Comment peut-on créer une histoire aussi diabolique ? Je me pose encore la question tellement la fiction irréelle. Un véritable film coup de poing dont on ne sort pas indemne.
Un film peu convaincant en général qui ne mérite pas le grabuge médiatique qui l'entour. Les acteurs ne sont pas à la hauteur de leur niveau, sauf peut-être Rémy Gérard qui déçoit rarement, de plus il y a une très très très mauvaise restitution du contexte historique de l'époque, impossibilité pour la majorité du public de comprendre qu'il s'agit des élections législatives libanaise de 1972 qui furent contestées par les chrétiens, ces attentats sont alors mis en second plan et servent simplement d'outil pour le "punch" final. Les lieux sont bien indiqués d'un rouge alarmant mais aucune date ne vient témoigner de la vraisemblance du dénouement. En gros, tout tourne autour de la fin, l'aspect qui me déçoit le plus du film puisque elle est d'une absurdité grotesque, quel age pouvait donc avoir leur mère et son fils durant tout cette aventure ?! Que de toutes les piscines du monde, il se retrouve au Québec, franchement lol !! Bref, je conseil Old Boy dans le même style mais mieux réussi pour ceux qui ont aimé Incendies.
Un film malheureusement pas assez connu mais qui vaut vraiment le coup ! Un scénario incroyable. Un film où on ne décroche pas un seul instant et où la fin ressemble à un coup de poing en pleine face. Un véritable incendie.
Incendies est un choc. L'histoire est captivante, impeccablement construite et mise en scène, marquée par des séquences de guerre marquantes et violentes. Et ce dénouement final totalement inattendu ... Lubna Azabal est bouleversante !
Coup de cœur 2011 pour ma part ! Film qui remet Lubna Azabal en lumière après "Exils" de Tony Gatlif (2004). L'enquête d'un frère et d'une sœur sur le passé caché de leur mère à l'autre bout du globe, dans un Liban à feu et à sang. Le déroulement de l'histoire mêlant flash-back (passé de la mère) et l'actualité (enquête des enfants) est plutôt bien amené, permettant ainsi de comprendre le ressenti des différents protagonistes, à des époques et des contextes très différents. Accompagné de magnifiques images, "Incendies" ne tombe pas dans les clichés de la guerre et nous amène à un final inattendu...Un coup de tonnerre !
Le plus beau et le plus émouvant film que j'ai vu depuis le début de l'année. J'ai aimé, l'histoire, les acteurs, les paysages du Liban. Je l'ai vu sur C mais je pense que le DVD ne va pas tarder à rejoindre les rayonnages de ma vidéothèque. J'ai très clairement adoré!
ce n'est qu'en lisant le résumé sur le cité d'allociné, que j'ai enfin compris le film, c'est embrouillé, on se perd dans les flash-backs et la réalité, en résumé, c'est le mythe d'oedipe revu à l'envers, oui je sais, je résumé un peu trop vite
Le cinéma est réellement sur la voie de l'internationalisation. Ce film canadien aurait en effet tout aussi bien pu être réalisé par une des jeunes pousses d'un des cinémas du Moyen Orient.. Il est l'émanation d'un réalisateur canadien qui œuvre aussi à l'écriture pour cette dénonciation spectaculaire de la guerre et de son aspect le plus horrible, la torture. Le ton est immédiatement donné quand Villeneuve nous immerge dans un camp d'entraînement où des enfants de 8 à 15 ans sont conditionnés pour devenir de futures armes de guerre au service de causes dont plus personne ne comprend bien pourquoi elles ne trouvent pas d'issue par la voie diplomatique à force d'avoir trop duré et brisé de vies . On ne le sait pas encore mais le metteur en scène nous donne une bonne partie de la clef de son film dès ces premières images. Nawal exilée au Canada vient de mourir et on retrouve son fils et sa fille en face du notaire chez qui elle travaillait pour la lecture de ses dernières volontés. Cette scène rend clairement hommage au film de Clint Eastwood "Sur la route Madison", mais le secret laissé par la défunte sera beaucoup plus lourd à assumer. C'est à la recherche de son père et de son frère que Jeanne part seule dans ce pays indéfini du Moyen Orient. Sous la forme d'une enquête passionnante on découvre avec Jeanne le destin tragique de cette femme qui a subi tout à la fois la condition faite aux femmes et les horreurs de la guerre. Jeanne est une chercheuse en mathématiques qui a l'habitude d'envisager les choses de manière rationnelle, elle va découvrir que l'homme quand il est en proie à la sauvagerie est capable de mettre à bas toutes les constructions intellectuelles qu'elle a apprises puis enseignées à l'université. Deux faces sans doute opposées mais qui peuvent se rejoindre quand la science se met au service des généraux. La chute finale, de construction purement artificielle quoique matériellement possible n'a d'autre but que de montrer qu'à son paroxysme et pourvu que le sort s'en mêle un peu, les pires situations peuvent être provoquées par la fureur des hommes. L'histoire est complexe et souvent douloureuse mais la fluidité du scénario et le jeu très habité de Lubna Azabal nous emporte jusqu'au bout de ce cauchemar sans que l'on ait vu passer les 2 heures du film. Le regard que porte les yeux noir de Nawal sur ce qu'elle découvre au cours de cette guerre hantera longtemps les mémoires. "Incendies" peut et doit sans doute provoquer pour les jeunes d'aujourd'hui le même choc que des films comme "Midnight Express", "Vol au dessus d'un nid de coucou" ou " Le choix de Sophie" en leur temps.
Il est très rare de voir un film canadien arrivé en France. Qu'est ce que ce film à de si particulier ? Tout simplement parce que ce film est un coup de couteau en plein coeur. On reste bouche-bée devant ce film au contexte dramatique qui nous déchire et nous brûle le coeur.
A la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l‘autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Jeanne voit dans cet énigmatique legs la clé du silence de sa mère, enfermée dans un mutisme inexpliqué les dernières semaines précédant sa mort. Elle décide immédiatement de partir au Moyen Orient exhumer le passé de cette famille dont elle ne sait presque rien… Simon, lui, n’a que faire des caprices posthumes de cette mère qui s’est toujours montrée distante. Mais son amour pour sa sœur jumelle le poussera bientôt à rejoindre Jeanne et à sillonner avec elle le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une mère bien loin de celle qu’ils ont connue.
Tout d'abord, il ne faut pas oublier que Incendies est avant tout une pièce de théatre crée par Wajdi Mouawad. Cet oeuvre à priori difficile à porter au grand écran est parfaitement maîtrisé par Denis Villeneuve qui, bien qu'il prend des libertés plus ou moins importantes par rapport à l'histoire originale, nous livre un petit chef d'oeuvre ayant pour fond la guerre.
spoiler: Toute l'histoire se joue sur la recherche de l'identité de Nawal Marwan par sa fille Jeanne, qui ne peut pour l'instant compter sur son frère pour l'aider dans la quête, ce dernier apprenant que sa vie n'était qu'un mensonge, déteste encore plus sa mère. Finalement, ce sera Simon qui découvrira la vérité avant sa soeur.
Ce film est porté sur le thème de la tragédie grec tel celle d' Oedipe Roi de Sophocle qui Incendies, reprend en grande partie l'histoire pour en faire quelque chose de plus moderne. Pour éviter de gâcher l'ensemble de l'histoire qui est émouvante, je n'ai préféré citer que Oedipe. Libre à vous d'en faire le rapprochement.
Cependant, il est dommage que lors du premier visionnage, on se perd un petit peu dans l'histoire qui alterne présent et passé mais cela est nécessaire pour la tragédie qui se met en place.
Incendies est un titre à interprétations libre pour celui qui verra le film ou lira la pièce de théatre. Pour ma part, je le comparerais avec spoiler: La brulure du coeur, le fait que la vérité est horrible à supporter.
Du théâtre que l'on ne voit pas tout le temps au cinéma. Mais c'est du théâtre captivant, efficace et magistrale. Un grand moment...