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DarioFulci
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4,0
Publiée le 2 novembre 2010
Engagée dans une riche famille pour s'occuper des enfants, Euny est séduite par son patron. La gouvernante s'aperçoit très vite qu'elle est enceinte... Une histoire très classique magnifiquement filmée dans des décors luxueux et théâtraux. Car il s'agit d'une tragédie. La classe aisée imbue de ses privilèges, condescendante à l'égard des modestes, jusqu'à considérer les difficultés de leur vie comme prédéterminées et inéluctables. Rien de neuf certes, mais quelle maîtrise du propos. La caméra est glaçante. L'ambiance hautaine, jamais mielleuse, sans prendre parti pour l'héroïne pour autant. Un climat dérangeant, avec des comédiens excellents. La palme pour la gouvernante, parfaitement blasée.
Si l'histoire reste relativement peu originale, le fil est portée par un sens de la mise en scène assez inouïe et une construction des personnages assez remarquables. Ainsi, si le film a du mal a démarré, le drame finit par s'installer et instaure dans le film un caractère étouffant. L'évolution des personnages est bien amenée, et même si l'action n'est pas très développé, les images fortes, les jeux de regards et de silence, et la tension qui pèse au -dessus du film, font de celui-ci un drame authentique et prenant.
"The Housemaid" est un de ces films que j'ai du mal à juger. Autant la première moitié est presque parfaite (en tout cas sur la forme), autant la seconde se barre un peu en quenouille pour finir sur quelque chose de pas forcément imprévisible et de bizarre. Je m'explique : tout au long du film, le réalisateur impose avec l'aide de l'équipe technique une esthétique très soignée, magnifiée par des éclairages précis, des cadrages audacieux et des choix de photographie en général très réussis. Même si tout ne dégage que froideur, furtivité et cynisme, on y croit tout de suite. De côté-là donc, pas de problème. Là où ça pêche, c'est sur l'histoire. Dans un premier temps spoiler: on découvre sans surprise que le maître de maison fait de la nouvelle bonne sa maîtresse. Une fois qu'elle est tombée enceinte la famille, alertée par la gouvernante, cherche à la faire partir et ainsi supprimer de futurs ennuis. Mais comme elle résiste, ils la font avorter d'une manière affreuse. C'est là que ça part en vrille, et je ne saurais le dire comment, mais cela sonne faux à plusieurs endroits si bien que j'ai eu plus de mal à suivre l'intrigue. Pas mal mais loin d'être exceptionnel.
Comme souvent dans le cinéma coréen, "The Housemaid" est à la confluence de plusieurs genres. Sur un ton qui fait beaucoup penser au cinéma de Claude Chabrol, le film oscille d’abord entre une satire de la bourgeoisie et la dénonciation d'une certaine forme de lutte des classes. Puis dans le déroulement de cette histoire assez classique de mari riche se tapant la bonne alors que sa femme est enceinte, Im Sang-soo convoque également le drame familial, le conte érotique et même des bribes de film de vengeance. Cette diversité apporte beaucoup de surprises et le film change souvent de registre, prenant le spectateur à contrepied. C’est un plaisir mais il en découle également parfois un sentiment un peu confus d'hétérogénéité, voire d'incompréhension. Quoi qu'il en soit, "The Housemaid" impressionne par son incroyable virtuosité de réalisation. Im Sang-soo filme magnifiquement cette immense maison très froide, laissant ses personnages un peu perdus dans l'espace, écrasés par les lignes de fuite. Sa mise en scène illustre alternativement le désir, l'aliénation et l'exclusion dans des plans construits comme des photos magnifiques et symboliques.
Jusqu'ici le cinéma coréen ne m'avait jamais déçu. J'allais donc voir ce film à la bande annonce plaisante avec confiance. Et au bout d'une heure j'étais, non pas comblé ce serait exagéré, mais disons satisfait. Hélas c'est à ce moment que le film se dérègle, que le scénario s'enlise, que le parti pris de mise en scène froide se répète et devient trop présent, que finalement on n'y croit plus ... Et ensuite ça va de mal en pis jusqu'aux 2 scènes finales complètement ratées. J'ai vu dans certaines critiques évoquer Chabrol. Par la critique de la bourgeoisie peut être. Mais Chabrol savait jouer sur de nombreux registres dans le même film. Humour grinçant, angoisse, mystère. Ici au bout d'une petite heure il ne reste que de l'ennui. Dommage.
Sur un sujet finalement assez convenu (la femme, le mari, la femme de ménage enceinte du mari), Im Sang-Soo signe un film à la fois troublant et fascinant à la mise en scène soignée qui n'épargne rien au spectateur. Les interprètes sont tous très bons et le scénario intelligemment écrit, reposant surtout sur les non-dits.
Im Sang-soo fait partie de cette nouvelle vague de cinéastes coréens, extrêmement intéressants, qui nous offrent depuis quelques années une salve de films remarquables comme peu de nations peuvent le faire.
De Im Sang-soo on se souvient d'un excellent Le vieux jardin, non critiqué pour l'instant sur ce blog, et du bouffonnant et très étonnant The president's last bang.
Présent à Cannes 2010, The Housemaid mérite vraiment le détour. La réalisation au sens large y est brillante : plongée, contre-plongée, champ / contrechamp subtilement dosés, montage rythmé et subtil, décors ébouriffants, jeux des acteurs très fins (sublime Jeon Do-Yeon, déjà excellente dans Secret Sunshine), excellents seconds rôles (la vieille servante). C'est presque trop beau pour paraître vrai.
L'intrigue, remake d'un classique coréen si j'ai bien lu, est digne des grands thrillers psychologiques style Clouzot (je pense aux Diaboliques) ou Hitchcock (veine Notorious, ou Psychose).
Extrême sensualité, suspense, mise en scène franchement baroquisante (cf la dernière scène, onirique), récit par ailleurs limpide, critique sociale balzacienne, le film est donc tout cela à la fois et au final une franche réussite à aller voir d'urgence. La première scène est à montrer dans toutes les écoles de cinéma comme un exemple de montage parfait.
Comme Tournée, bien supérieur à la Palme d'or, évidemment. D'autres critiques sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
"The housemaid" brille par sa réalisation et son esthétisme très travaillé. Chaque plan est magnifique aussi bien d'un point de vue de la photographie que du cadrage des scènes. Malgré tout, "The housemaid" pèche par son rythme qui est beaucoup trop lent. L'ambiance a du mal à se mettre en place et celle ci ne se maintient pas constamment. L'ambiance aurait pu être d'avantage glauque. C'est un huis clos que nous livre Im Sang-soo, mais il n'est pas assez étouffant. Au vu de la bande annonce les attentes sont beaucoup plus grandes mais la photo et les mouvements de caméras sont merveilleux.
Très bon film. La 1ère partie est absolument excellente dans tous les sens du terme. La 2ème partie moins rythmée est un peu plus difficile à suivre mais ça vaut le coup d'attendre la fin vraiment grandiose...
The housemaid Commence par des scènes érotiques pour s'enliser peu à peu dans un film grinçant. Ce drame audacieux, à la fois glaçant et sensuel, qui mérite d'être vu. Un thriller somptueux...
Un film et des acteurs porteurs de la grâce qu'on attribue souvent au cinéma asiatique. Un film silencieux, fait de réserves et de silences où les regards et les gestes occupent une place très importante. Dommage que cette belle et impitoyable histoire se termine en fin ridiculement grossière comme si les réalisateur n'avait su comment clore son huis clos.
A ma grande honte, je ne connaissais pas Im Sang-soo (j'avais notamment raté son "vieux jardin"). C'est bien dommage, car ce type est un vrai virtuose. Sa mise en scène et sa façon de filmer ce huis clos bourgeois et quasi-Hitchcockien, pleines de talent, de maîtrise et de bonnes idées, font d'un remake qui aurait normalement du être sans intérêt, un nouvel avatar extrêmement réjouissant de la vitalité du cinéma Coréen. C'est juste dommage que l'acteur masculin ne soit pas au niveau des actrices, car on est passé tout près du très très grand film.
Remake d'un film du début des années 60 qui m'a guère emballé pour le dire gentiment, "The Housemaid" réussit à être un tout petit peu au-dessous de l'original. Il y a beaucoup de différences qui font qu'on a pas du tout la moindre impression de regarder un même film ; ce qui est tout à son honneur. Le fossé entre les classes sociales remplace ici le destruction de la cellule familiale, et la servante n'est plus le bourreau mais au contraire la victime. Cela donne lieu à quelques scènes bien tendues mais le film fait dans la très grosse ficelle. Et c'est là sa grande faiblesse. Les personnages apparaissent très vite comme des caricatures à l'exemple de la charmante belle-mère qui n'a l'air de s'occuper uniquement qu'à ne faire le mal. Bref si on arrive à passer sur beaucoup de lourdeurs, on peut réussir à apprécier un minimum ce film.
Le plus plaisant dans le remake modernisé qu’Im Sang-Soo a fait du classique coréen "La servante" vient de sa mise en scène et de sa photographie qui en font une sorte de pièce de théâtre magnifiquement chorégraphiée, si se n’est dans les scènes de charme où la froideur visuelle est inopportune. Les acteurs, dont particulièrement Jeon Do-Yeon, font preuve d’un jeu intense. C’est donc dommage que le scénario, sorte de drame social érotique en huis-clos, soit si peu abouti et que la narration ait un rythme bien trop lent.
Euny est jeune, pas très jolie, et surtout naïve autant que gentille. Elle entre au service d'une riche famille de Séoul très occidentalisée, à la fois comme bonne à tout faire et comme nurse de la petite Nami. Hera, la maîtresse de maison, est presque au terme d'une grossesse gémellaire, et Euny est prévenue qu'elle devra aussi s'occuper des futurs bébés. La jeune fille est alerte et toujours de bonne humeur en dépit de sa charge de travail. Lui arrive cependant très vite une charge supplémentaire, celle de pallier l'indisponibilité d'Hera (en dépit des louables efforts de celle-ci !) : Hoon, le mari, en fait son jouet sexuel. Et arrive ce qui devait arriver : l'innocente Euny, éblouie par les attentions de Hoon (rétribuées d'ailleurs - sorte de gratification pour heures supplémentaires ?), ignorant tout de la contraception, tombe illico enceinte. La seule à s'en être aperçue, à certains signes cliniques, est Byung-shik, la gouvernante, qui s'en ouvre à la mère d'Hera. Mère et fille décident alors froidement d'éliminer le "problème". Euny tombe "accidentellement" alors qu'elle nettoyait un lustre. Las, non seulement elle ne se tue pas, mais l'embryon tient bon ! Euny apprenant à la clinique qu'elle est enceinte veut garder l'enfant, et refuse l'avortement (même contre un gros chèque de dédommagement) à Hera et sa mère. Le sort de la malheureuse servante est désormais scellé : elle perdra de toute façon son bébé à naître. Ne lui reste alors que la vengeance..... Im-Sang-soo, à l'origine sociologue, a déjà une solide filmographie derrière lui, et "The Housemaid" dénote une grande maîtrise technique et une impeccable direction d'acteurs. On dirait une sorte de Chabrol à la coréenne, pour la peinture impitoyable d'un milieu bourgeois où tout peut être arrangé en y mettant le prix - ceux qui ne comprennent pas les règles du jeu seront éliminés ! Mais un Chabrol supplémenté efficacement en noirceur, un Chabrol lorgnant vers l'horreur. A découvrir.