Le cinéma sud-coréen n'a décidément pas fini de nous étonner. Bénéficiant d'une mise en scène sobre et d'un grain volontairement sombre, The Housemaid puise toute sa force dans un scénario allant de surprise en surprise et se terminant en apothéose. Si l'on ajoute à cela des interprètes d'une crédibilité sans faille, ce drame signé Im Sang-soo n'a pas à pâlir d'être passé tout près du chef-d'œuvre.
J'ai pu constater à droite et à gauche que "The Housemaid" se faisait descendre, souvent qualifié de coquille vide et soporifique à l'aspect faussement érotique . Et je dois dire que ça aurait été mon ressenti si je n'avais pas vu le film original "La Servante" de Kim Ki-young .
En effet voir l'original permet non seulement de comparer mais de voir la différence et la vision du réalisateur qui est ici Im Sang-soo . Une vision ancrée dans l'air moderne, dans la richesse et dans une société différente .
La première chose que l'on constate dans The Housemaid c'est qu'il perd son aspect Hitchcockien qui lui offrait un style unique, on perd bien évidemment le noir et blanc et la grandeur de la réalisation de Kim Ki-young mais on modernise le tout, on garde quelques plans bien sympas, puis on change de cap là ou La Servante concentrait son point de vu sur le mari ici The Housemaid nous place du coté de la servante .
Un changement de coté très intéressant qui permet une réflexion bien mieux abouti, on rajoute une bande son sympathique et quelques passages érotiques et voilà un remake plus que correct .
Il est vrai ensuite que le rythme est mou, que ça risque d'ennuyer beaucoup de monde et que la première partie reste bien meilleurs que la seconde qui se dévoile moins percutante .
Néanmoins malgré ses défauts The Housemaid est un bon film car c'est un remake loin du vulgaire copié collé, on a ici un remake qui donne sa vision, une vision différente qui se détache de l'original sans s'en égarer pour autant .
Un remake d'un classique Sud-coréen des années 60. L'histoire est prenante, mais ce qui plombe le film, c'est l'interprétation assez approximative des acteurs. Du coup, malgré de bonnes idées, on assiste à pas mal de scènes plus ou moins ridicules. Dommage.
D'une rare élégance visuelle, les images sont somptueuses, les acteurs impeccables, la mise en scène virtuose, bande son délicate qui passe en finesse, le cinéma asiatique nous montre son plus grand art. A regarder sous aucun pretexte, même pour les plus sceptiques comme moi, pour ne pas passer à côté de ce scénario si bien suivi.
Une atmosphère cloisonnée dans une maison à la fois perturbante mais chic, « The Housemaid » nous offre un zoom sur la bourgeoisie coréenne qui ne diffère pas tellement de celles que l’on connaissait déjà. Relation interdite, ou pas, cela dépend de la tournure que prennent les évènements pour cette jeune femme Eun, employée pour servir une famille qui sera de plus en plus inquiétante au long du film. Ce n’est pas visuellement que le film nous angoissera mais plutôt par une ambiance de plus en plus tendue, incertaine, mystérieuse et menaçante. On restera cependant un peu sur notre « fin », partagé entre une petite déception ou une perplexité. Jeon Do-Yeon joue le rôle principal de manière tout à fait convaincante avec ce côté imprudent, aventureux et naïf malgré les conseils qu’on lui donne. Un côté provocateur, de fierté qui ne sera pas sans conséquences sur la suite du film. Les plans se succèdent et ne se ressemblent pas, offrant un esthétisme permanent, que se soit à l’extérieur ou à l’intérieur de cette maison qui est un personnage à elle seule. Ni trop lent, ni trop ennuyant, « The Housemaid » devrait satisfaire un large public.
J'ai été voir ça en partie par hasard. C'était ça ou Tamara Drew, à vu de nez j'ai préféré me lancer dans ça. Et bien finalement je n'ai pas été déçue, j'ai même plutôt bien aimé. Le rythme est très bien dosé, les acteurs sont bons et l'intrigue un peu étrange, son dénouement aussi et la fin tellement surréaliste (et aussi un minimum prévisible) que j'ai adorée.
Je ne connais pas la version originale (la servante) mais ce remake a de la gueule. Un drame sociologique (jusqu’à la dernière minute) magnifiquement bercée par des sonates de Beethoven et par La Callas chantant « La mamma morta » ( tiré de l'opéra « Andrea Chénier »de )et brillamment interprété par Jeon Do-Yeon (récompensée à Cannes pour « Secret Sunshine »), encore une fois formidable dans le rôle d’Euny, jeune servante pure et naïve. L’histoire ? une servante qui couche avec son patron. C’est l’histoire de rapports de classe, (la lutte des classes en Corée du Sud n’est pas un vain mot), une critique de la bourgeoisie, ça conte aussi la domination du mâle (absent mais pourtant omnipotent). La richesse….. Quand on est riche on peut tout acheter…chez ces gens-là, on est fortuné au-delà de l’imaginaire et peut-etre un peu trop caricatural (maison de standing, tenues élégantes, mélange de décors clinquants et raffinés de la haute bourgeoisie, marbre à en revendre, baignoires japonaise de luxe, tableaux de grand maitre, Monsieur joue du piano avant d’aller travailler le matin, déguste du très grand cru français le soir, Madame s’appelle Hera comme la déesse grecque, soigne sa grossesse comme personne, ils ont le droit de vie et de mort quand ça les arrange, imbus et conscients de leur supériorité, et cette supériorité se traduit même dans leurs positions sexuelle !!! Le réalisateur montre du doigt dans ce film les nouvelles valeurs d’une société hypocrite et délétère où l’argent-roi sclérose tous les rapports humains. Sa manière de filmer les corps est très érotique mais aussi assez poétique, la fin est très « philosophique », le contenu nous parle hélas l’émotion n’est pas tout le temps présente alors que l’ennui l’est parfois !. Dommage…
Un film qui bascule soudain dans l'horreur sans que l'on s'y attende vraiment. La première partie du film est très bien, un peu inquiétante, mais je trouve la fin ratée.
Im Sang Soo, réalisateur de Une femme coréenne, the president's last bang et Le vieux jardin (excusez du peu) réalise ici un film original qui fonctionne très bien grâce notamment à beaucoup d'élégance dans les gros plans et la photographie...Je tiens à souligner que les deux premières minutes du film sont ce que je pense avoir vu de mieux en matière d'introduction au cinéma...Absolument vertigineux ces plans sur une ville coréenne et ses habitants, la vie pas frénétique car ce serait péjoratif mais la vie tourbillonante et magnifique....Et voila que le réalisateur quitte ce monde pour nous enfermer dans une maison à faire rêver, luxueuse et solitaire comme ses habitants dans laquelle est introduite une servante...Peu de personnages mais Jeon Do Yeon la housemaid et la maitresse de maison vont se lier pour faire front à une situation plutot simple l'adultère (certaines scènes et propos sont carrément érotiques) et qui va prendre des proportions considérables dans cette demeure au luxe froid comme ses propriétaires....Je me répète c'est filmé avec beaucoup d'élégance et le scénario sans être lumineux est convaincant...Seule petite déception, la fin du film hélas trop granguignolesque et qui contraste avec la retenue du réalisateur pendant 90 minutes ....Je conseille.
L'histoire d'une gentille servante coréenne, enfin dans le sens « gentille » si vous voyez ce que je veux dire. Un film forcément maîtrisé vu l'auteur et le pays, un sujet fort traité d'une manière pas exactement classique, et une musique adéquate, que demander de plus ? Hélas une fin un peu moins invraisemblable et grandiloquente, un début moins lent même si l'on évite le côté « lent » typique auteur, mais d'un cheveu. C'est un peu trop didactique et moralisateur, peut-être même un peu immature mais la logique est parfaite. En fait, le plus déroutant dans ce pamphlet contre le pouvoir de l'argent et la manière dont il salit les hommes est le manque d'humour. Surtout de la part d'un film du matin calme. Mais à part le final et les quelques remarques ci dessus, c'est une très belle réalisation.
On pouvait craindre une version arty et trash de la lutte des classes, mais Im Sang-Soo transcende l'argument pour atteindre des sommets dans l'art de l'ambiguïté et du trouble. Sans pour autant perdre la virulence politique de l'argument original, le réalisateur le complexifie brillamment (l'héroïne est une victime consentante, la sexualité naît aussi des rapports de force, l'homme est un produit de sa culture qui n'empêche pas l'empathie) et lui donne une résonance mythique (nous sommes d'avantage chez les Dieux de l'Olympe qui frayent avec les mortels que dans la haute société sud-coréenne). Le film devient ainsi un puissant drame antique dont le final apocalyptique procède d'une logique aussi implacable que politique. Et l'on retrouve avec plaisir la singularité d'un réalisateur qui, à l'instar de sa magnifique actrice principale, sait passer du drame à la comédie avec une grâce infinie. Ce flottement permanent de la narration laisse au spectateur une place privilégié, celle d'une belle lliberté d'interprétation. Quand à la mise en scène, à la fois rigoureuse et libre, elle enchante par sa justesse et sa force. A ne pas manquer.
Une bande annonce à couper le souffle! Elle donne juste envie de courir dans la salle pour voir ce film... Mais une fois qu'on y est, c'est la chute. Malgré un bon scénario et de bonnes idées, le film ne va vraiment pas au bout des choses. Film érotique? Pas vraiment. Thriller? Pas vraiment. Drame psychologique? Pas du tout. Dommage. Meme si la fin donne un peu de piment au tout, le film reste sans gout. GRANDE chute.