Le Cheval de Turin
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 décembre 2011
que dire d'un tel un chef d'oeuvre difficile à verbaliser tant il vous laisse sur le cul! non pas par l'intensité du dialogue mais plutôt par le travail de l'image qui apparaît comme figée. une lenteur des mouvements on a l'impression de vivre 24H c'est peut-être là son génie. La vie est dure pour les hommes et le bétail. la musique lancinante en rajoute une louche. L'épisode des gitans traduit un lourd passif ethnique! Film d'une force et d'une violence qui vous happe et vous hante. Ah il faut s'accrocher mais comme toute oeuvre qui ne se livre pas comme cela. C'est bouleversant de vouloir parler de la vie sans compromis!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 décembre 2011
Film d'une force incroyable. Pas facile, mais dans le même temps cinematographiquement pour moi parfait.

Magnifique critique sur cinéfiches.com:


"Expérience cinématographique ultime qui met en scène et en abyme notre propre perdition existentielle, une invariable glissade vers le néant alentour qui vente et grouille dans les soupentes. En effet, sommes-nous tellement éloignés de ces deux personnages emblématiques de la nature humaine, avec sa récurrence quotidienne, ses insoupçonnables banalités et ses obstinés croyances, ballotés entre des besoins primaires incontournables, des activités professionnelles contraintes et des tâtonnements culturels limités ? Avec ses faramineux plans-séquences, dévidés jusqu'à l'extrême, dans une puissante psalmodie visuelle, hypnotique et catatonique, Bela Tarr déconstruit le monde et démasque les apparences, pour parvenir à un cinéma primaire, souverain, d'avant le regard, d'avant la narration, attestant de la vacuité de vivre et de l'inéluctable avènement d'un silence atterré et définitif, sans damnation ni rédemption..."
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 janvier 2017
Le cheval de Turin : Béla Taar et le refus

________

Pour la petite histoire, face au grand artiste qu’est Béla Taar, Le cheval de Turin a pour origine un incident qui bouleversera la vie d’un certain Friedrich Nietzsche : le 3 janvier 1889, alors qu'il effectuait un trajet en calèche, le cheval a cessé d'avancer. Incapable de le remettre en marche, le cocher a battu la bête, ce qui suscita chez le philosophe un élan de compassion. Nietzsche se pendit au cou de l'animal et passa ensuite les dix dernières années de sa vie dans un état de démence__________________________

De là à penser que Béla Tarr, présent ce jour-là, n’aura trouvé rien de mieux que de rentrer avec ce cheval et son cocher...

Grande est la tentation !

Film frugal tout comme le repas qu’un père et sa fille partageront jour après jour - des pommes de terre cuites à l’eau -, tandis que dans la grange, plus qu’une bête, un cheval refusera bientôt toute nourriture ; et à propos de cet animal, on sera tenté de se dire que si ce cheval avait eu le don de la parole, nul doute, c’est sans un mot qu’il aurait mené sa vie.

Cinéaste au rythme cardiaque très lent, cinéma en apnée car, si d'aucuns savent retenir leur souffle, d'autres savent retenir le temps comme personne, tout comme cette musique musclée - organum et cordes dans le grave -, véritable bombe à retardement lancinante et récurrente (en do mineur), destinée à porter et à accompagner 30 plans-séquences de cinq minutes chacun, plans que d’aucuns qualifieront de contemplatifs, d’autres, moins compréhensifs ou pusillanimes, d'interminables...

Ces plans trouvent pourtant leur raison d’être, leur force, leur efficacité, leur caractère aussi rare que précieux (comme chacun sait, le cinéma ce n’est pas ce qui nous est montré mais ce qui nous est révélé !) dans le fait que, tous, sans exception, forcent le spectateur à quitter l’image et l'écran pour rentrer dans lui-même et y poursuivre deux heures et demie durant, même et surtout somnolent, sa propre œuvre que devient alors sa vie pour le temps qu'il lui est donné d'être le spectateur de Béla Tarr.

Pour cette raison, Le cheval de Turin se rêve autant qu'il se voit. Aussi, et vraiment ! on peut affirmer qu’avec le cinéma de Béla Tarr c’est autant le spectateur qui fait le film que le réalisateur. Et nous devrions tous demander à partager avec lui l’Ours d’argent que le film a reçu à l'occasion du dernier festival de Berlin.

Artiste d’une radicalité qui n’a besoin ni de discours ni de justification, fascinés nous sommes face à la volonté de fer de ce réalisateur pour lequel aucun compromis n’est une option ! Et si au cinéma le noir-et-blanc reste bien le choix de ceux qui ont encore quelque chose à dire, la couleur, celle de l’industrie cinématographique, avilissant tout ce qu’elle touche et recouvre…

Le cheval de Turin restera un gigantesque bras d’honneur adressé à cette modernité cinématographique imbécile et veule, film après film - un film chassant l'autre -, d'un Béla Tarr ennemi public numéro un de tous ceux qui ont la faiblesse, la bêtise ou la naïveté de penser que le cinéma n’est qu’un divertissement.

Mais alors... qu'ils passent donc leur chemin ! Car quelque part, dans une province hongroise, on attend les plus exigeants d'entre nous.

***

Après le passage d'un groupe de tziganes que personne n’a invité, chassé à la hache, l’eau du puits s’est tarie, la tempête s’est tue, le soleil a fondu et l’aube ne s’est plus levée...

Et c'est toute la volonté de puissance de vie avec son orgueil dévastateur qui se retire du monde, une lampe à pétrole, au réservoir pourtant plein, refusant définitivement d'éclairer la demeure d'un père et de sa fille - une seule pièce commune pour tout lieu de vie -, et bientôt par voie de conséquence, l'écran...

Puisque... pas de lumière, pas de cinéma !

***

Béla Tarr écrase tout sauf le spectateur, et longtemps on pourra se demander avec lui qui n’en a aucune idée aujourd’hui encore, et même après plus de dix films, quelle peut bien être l’origine (quelle scène primitive au traumatisme fondateur ?) d'un tel parti-pris artistique, d’un tel refus proche d'un Bartleby, obstiné et têtu, d'une telle démarche hors du commun des pauvres mortels que nous sommes, et lui avec nous.

Même si une réponse semble s'imposer…

A l'origine de cette radicalité sans doute trouvera-t-on le refus (encore le refus !) d'un monde dans lequel il n'est plus possible de vivre sans tuer l’autre ou dans le meilleur des cas, sans pourrir irrémédiablement la vie de son voisin avant de ruiner sa vie propre dans une lutte acharnée et cruelle pour une survie qui n’est déjà plus une vie mais un commencement de mort lente et sinistre.

Et si l'on tend l’oreille, on pourra très certainement entendre de la voix de Béla Tarr un : « Ce sera sans moi ! ». En effet, Le cheval de Turin est l'ultime film d'un cinéaste qui abandonne le cinéma.
Lamia Iddouche
Lamia Iddouche

11 abonnés 216 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 février 2026
Pour moi, The Turin Horse de Béla Tarr est un film qui plonge directement dans la pesanteur de l’existence, un monde où le temps lui-même semble s’étirer jusqu’à devenir presque visible, chaque plan long, chaque silence et chaque geste répété renforcent l’impression que la vie est un effort constant, un poids que l’on porte sans repos, j’ai l’impression que Tarr ne raconte pas seulement l’histoire d’un homme, de sa fille et de leur cheval, mais qu’il met en scène la lutte universelle de l’humain face à la routine, la solitude et l’inévitabilité du destin, psychologiquement le film explore comment cette répétition, cette monotonie et cette exposition à la nature peuvent ronger l’esprit et le corps, comment le vide quotidien crée une tension presque insupportable qui s’accumule sans jamais exploser, ce qui me frappe, c’est que le film ne cherche jamais à séduire ou à émouvoir par des effets, il impose sa lenteur et sa gravité, et c’est exactement cette lenteur qui fait ressentir la fatigue, l’angoisse et la résignation des personnages comme si je pouvais moi-même sentir le froid, la faim et la solitude, pour moi The Turin Horse est une expérience presque physique sur la condition humaine, un film qui montre que la vie peut être un cycle mécanique et implacable, où chaque geste, même le plus simple, devient un effort immense, et où la survie n’est pas seulement un acte physique mais un combat intérieur contre la fatalité et l’absurdité du temps qui passe et plus je pense au film, plus je sens que Tarr ne se contente pas de montrer la survie physique, il montre aussi l’usure psychologique de ses personnages, j’ai l’impression que chaque regard, chaque silence et chaque mouvement répété révèle la fatigue mentale et émotionnelle accumulée jour après jour, psychologiquement le film me fait réfléchir à la manière dont l’homme peut devenir prisonnier de sa propre routine et de ses conditions, comment l’isolement et l’inaction forcée transforment la conscience et modifient la perception du monde, ce qui me frappe encore plus, c’est que malgré cette lourdeur, il y a une beauté étrange et hypnotique dans la façon dont Tarr capture la lumière, le vent, la poussière et le temps lui-même, pour moi The Turin Horse est un film qui rend palpable la fragilité de l’existence et la résignation humaine, un miroir silencieux qui montre qu’on peut continuer à vivre même quand la vie elle-même semble peser de tout son poids sur nous et ce qui me touche profondément, c’est que le film ne propose aucune échappatoire ni réconfort, il nous laisse face à cette lenteur et à cette fatalité, j’ai l’impression que Tarr veut que le spectateur ressente l’angoisse, l’épuisement et l’isolement de l’existence comme si on était nous-mêmes coincés dans cette maison, avec le vent, la poussière et le cheval, psychologiquement cela me fait réfléchir à combien la vie peut être implacable et silencieuse, comment les petites routines, les gestes répétitifs et les conditions simples peuvent devenir écrasants, et en même temps il y a quelque chose de fascinant dans cette endurance quotidienne, pour moi The Turin Horse est un film qui ne parle pas seulement de survie, mais de la confrontation de l’homme avec le temps, la nature et lui-même, et qui laisse une impression durable, presque physique, de la fragilité et de la persistance de l’existenceet plus je repense au film, plus je réalise que Tarr nous force à ressentir la durée de chaque instant, chaque geste répété devient lourd de sens, j’ai l’impression que le film nous montre que l’inaction et la routine ne sont pas simplement de l’ennui mais une épreuve qui transforme lentement l’esprit, psychologiquement on sent que les personnages sont prisonniers d’un cycle qu’ils ne peuvent pas briser, que leur solitude et leur exposition à la nature les confrontent à leur propre fragilité, et cette confrontation devient presque palpable, on sent le froid, la poussière, la faim et le temps qui passe, pour moi The Turin Horse n’est pas seulement un film à regarder mais une expérience à vivre, un miroir qui oblige à ressentir l’usure, la résignation et l’endurance de l’existence humaine dans sa forme la plus pure et la plus implacable et ce qui me frappe encore, c’est que malgré cette lourdeur et cette répétition, il y a quelque chose de fascinant dans la façon dont les personnages continuent, obstinés, à accomplir leurs gestes quotidiens, j’ai l’impression que Tarr nous montre que la survie devient presque un rituel, un acte silencieux de résistance face à l’absurdité et à la fatalité, psychologiquement le film explore cette tension entre résignation et persistance, comment l’homme peut être à la fois écrasé par le poids du temps et capable d’une endurance silencieuse, pour moi The Turin Horse est un film qui laisse une impression durable, presque physique, une expérience qui fait réfléchir sur la fragilité, la solitude et la manière dont chaque instant, même le plus simple, porte toute la lourdeur et la beauté de la vie humaine
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 2 décembre 2011
Lorsque le plaisir est complètement absent alors que les images répétitives et désespérantes s'immobilisent sur l'écran, pourquoi n'être pas bon avec soi et sortir de la salle ? C'est le talent de Bela Tarr, chantera le choeur des critiques, que de vous fasciner.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 19 janvier 2021
Pour appréhender le Cheval de Turin, il faut être prêt. Je ne le fus pas lors de mon premier visionnage.

Artiste dont la radicalité esthétique et temporelle n'est plus à démontrer, Béla Tarr pousse le curseur jusqu'au point de non-retour avec ce film qu'il présente lui-même comme son ultime manifestation au sein du paysage cinématographique. Le film est épuré à l'extrême. Hormis la séquence d'introduction, la caméra ne quittera jamais l'enclave où résident un vieux cocher et sa fille. Cependant, il s'ancre parfaitement dans la continuité des obsessions de l'un des auteurs les plus fascinant de l'ère moderne. Héritier de Tarkovski sur la manière de capter les formes et de dilater le temps, le cinéaste hongrois en est pourtant le revers désenchanté sur tout ce qui concerne la condition humaine. Si Tarkovski réhabilite la foi face à une matérialité omniprésente au cœur de nos sociétés contemporaines, Tarr, en bon nihiliste athée, ne déniche l'espoir que dans le néant. Déjà dans le Tango de Satan, la chute du bloc communiste et les perspectives d'ouverture avec l'Europe occidentale n'auguraient que tromperies, immobilisme et manipulations à tous les niveaux. Ici, l'enclave filmée pendant près de 2 h 30 s'apparente à une impasse. C'est tout bonnement la fin du monde que nous propose Tarr et rien ne pourra y subsister.

Le Cheval de Turin peut être abordé sous le prisme de l'esthétique d'un temps oublié. Le point de départ fait référence à un évènement vécu par Friedrich Nietzsche dans le Piémont à la fin du 19e siècle. Plus qu'un hommage, la pensée du philosophe irrigue l'ensemble de l’œuvre du cinéaste, mais la différence notoire du film est qu'il porte le témoignage d'une manière de vivre révolue, éloignée de toute contemporanéité aussi bien urbaine que rurale. Le premier plan annonce tout de suite la couleur, la route est empruntée à cheval, la caméra est mobile, mais elle ne quittera jamais l'animal de son champ de mire. Le plan s'étire et apporte une dimension contemplative rare, suggérant une époque où le temps n'était pas encore compté, pas encore rationalisé. L'approche du 20e siècle renvoie aux ultimes instants charnières avant la diffusion généralisée des véhicules à moteur et des bouleversements sociétaux qui en résultent. À cette époque, nous avions encore le temps de nous ennuyer. Tarr calibre son film sur ce rythme, souhaitant apporter au spectateur une expérience sensitive unique. Ce parti pris constitue la grande force du film, mais peut-être aussi sa faiblesse en comparaison avec la richesse en terme d'interactions de ses chefs-d’œuvre que sont le Tango de Satan et les Harmonies Werckmeister. Toutefois, nous sommes très loin de la proposition démiurgique d'un artiste qui se regarde le nombril, une étiquette que certaines critiques mal avisées collent au cinéaste.

Au cours du film, Tarr opère une dilatation du temps, car les plans semblent épouser la durée réelle des moments vécus par les deux protagonistes. Pourtant, il n'en est rien. Par exemple, la cuisson des pommes de terre ne prendra que quelques minutes dans le film alors que nous ressentons l'attente de la préparation culinaire. En cela, le cinéma est magique dans le sens où le spectateur est dupé. Il s'agit du seul art pouvant moduler la dimension temporelle de la sorte. En dehors des tâches assignées, le binôme passe l'essentiel de son temps libre à contempler l'extérieur à travers l'unique fenêtre du foyer. Malgré la dureté de leurs existences quotidiennes, les hommes ont besoin d'évasion, indépendamment de leur condition sociale. De nos jours, cette fenêtre est la télévision. Avec un bon usage, cette dernière peut être une fenêtre sur le monde. Tarr est le maître des situations répétées sous un angle différent. Dans un premier temps, ce rêve d'évasion est suggéré par une caméra placée derrière le dos de la fille. Plus tard dans le film, Tarr répète cette posture, mais en filmant depuis l'extérieur. Ainsi, nous découvrons la mine totalement déconfite et le visage renfermé de la fille. À partir d'une même situation, l'expression artistique nous donne à voir deux interprétations différentes, sinon antagonistes. Cette transposition fait écho à une situation similaire dans le Tango de Satan, qui plus est avec la même actrice.

Dans l'enclave de Turin, la plus sommaire des tâches est une épreuve. Pour remplir deux sceaux d'eau au puits, il faut affronter un vent terrible. Chaque jour apporte son lot de contraintes nouvelles. Hommes et femmes ne communiquent pas ou presque pas. Les seuls mots échangés concernent le repas ou le coucher. Le cocher et la fille ont besoin de vivre ensemble, de s'assigner des tâches respectives, mais à aucun moment les individus ne parviennent à se comprendre. Tout est fonction de service, le foyer existe, mais ses habitants sont des automates répétant les mêmes gestes aux fil des journées. La dégustation journalière des pommes de terre offre une opposition de style. La douceur de la fille répond à la bestialité du cocher. De la même manière, la fille habille/déshabille chaque matin et soir son père avec toute la pudeur que cela implique. Rien ne semble altérer les anciennes convenances. Même dans l'intimité, puis la précarité, ces êtres ne parviennent pas sortir des rôles assignés par le poids des siècles. Sur ces aspects, le film se rapproche de l'Île nue de Kaneto Shindo sorti en 1960. Cependant, la tempête fait rage au dehors et annonce la fin de ce qui existait jusqu'alors.

Comme nous l'avons vu, l'un et l'autre passent leur temps à observer à travers la fenêtre. Quelles perspectives d'avenir peuvent survenir lorsque l'horizon n'est que poussière, feuilles mortes et désolation ?

La nature commence à ne plus produire les mêmes effets qu'au cours des longues décennies précédentes. Le vent rend toute sortie exténuante. Un voisin en visite prophétise même la destruction de la ville la plus proche. Le cocher et la fille vivent un confinement total, le monde environnant ne donne pas l'impression de pouvoir s'en remettre. Chez Tarr, aucune éclaircie n'apporte l'espoir avec elle. Durant les six journées qui décomposent la fiction, les habitants perdent un à un leurs moyens de subsistance. Il s'agit d'abord de l'assistance du cheval, puis de l'assèchement du puits, et enfin l'extinction de la lumière. Le binôme résiste constamment contre les éléments tandis que le cheval refuse de se nourrir et dépérit dès le premier jour du cataclysme. En cela, l'animal accepte mieux son sort que l'homme. Érigeant une figure du stoïcisme, Tarr rapproche son cheval de l'âne Balthazar de Bresson. Il faudra six journées et la permanence de l'obscurité pour que la fille cède à son tour à la volonté de se nourrir. C'est à ce moment qu'intervient le parallèle avec l'évènement vécu par Nietzsche relaté au début du film. Tarr nous insuffle progressivement le constat de la vanité de toute entreprise humaine, de la volonté de puissance. Chez le philosophe allemand, la volonté de puissance signifie "ne jamais pouvoir être identique à soi et être toujours porté au-delà de soi." Le but de chaque individu étant d’accroître sa puissance.

Or, le voisin clame que l'homme n'est capable que " de toucher, s'accaparer et souiller" tout ce qui est à sa portée. Avec le cataclysme, les hommes se jugent eux-mêmes et rien ne plaide en leur faveur. Cette tempête est celle de la raison, d'un nihilisme avec l'assistance de Dieu. Un constat désabusé pour qui a fait l'homme à son image. L'ironie selon Béla Tarr ? Au cours d'une séquence, les protagonistes prennent la fuite, mais l'ailleurs n'est déjà plus. Le plan séquence regagne ses lettres de noblesse avec cet aller-retour venteux et désabusé. En tractant la charrette, les hommes prennent la place des animaux. Face au néant, qui est vraiment au sommet de l'évolution ? Enfin, l'apparition d'une horde de tziganes renvoie à la figure biblique des cavaliers de l'apocalypse. Ces derniers annonçant la fin prochaine du monde. Leur passage n’amènera pas l'avènement du Christ, mais l'assèchement complet de la source de vie, le puits.

Il fallut six jours à Dieu pour créer le monde et d'après Tarr, six autres pour le détruire. Au matin du sixième jour, la lumière ne fut plus. La volonté céda. En parlant du vide, Béla Tarr l'a pourtant bien rempli.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 janvier 2012
Ce film fait partie de ces presques chef-d'œuvre qui sont difficile à voir parfois mais dont on se souvient toute sa vie. Difficile car répétitif, lent, par rapport à la vie parisienne, etc. Mais aussi un régal de mise en scène, aussi admirable que les images que l'on pourrait isoler
et qui forment des photographies artistiques. Le film est en noir et blanc. Le son est parfait. Magnifique.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 août 2012
Nietzsche et le crépuscule des Dieux.
Bela Tarr, et le crépuscule d'un cinéma divin?
Annoncé comme son dernier film, parce que grossièrement : "les gens ne veulent plus de ça?"
La fin du monde alors?
Le jour où les gens cracheront sur les chef d'oeuvre, ils cracheront sur l'espoir.
Le cheval de Turin.
Cinq étoiles. Il m'est arrivé de coucher un soir, charmé. Mais là...
Bela Tarr signe et paraphe un chef d'oeuvre révérence big bang de tout ce que peut être et seras le cinéma. Et la fin du monde?
Parabole de la mort des arts? Où de notre mort à nous? De tout, du coup?
Plus d'art, plus d'espoir, plus de vie. La mort de l'art. La mort de Dieu?
Le crépuscule des Idoles.
"Melancholia" et "Take Shelter".
Deux films qui parlent pour une fois poliment, de la fin du monde. Poliment parce que vraiment, avec des sentiments, crus, bruts. Une irrémediabilité.
Crue.
Vrai.
Mais là?
Il y a plus encore.
Un film composé de plans séquences longs, nécessaires, plein d'atmosphère, de sentiments, de vie qu'on a perdu, qu'on perd, petit à petit.
Plus qu'un chef d'oeuvre, une oeuvre, essentielle. Brut. Irrémediable.
Comme un viol. Un viol de l'art. Qui s'introduit sous la couette et vous viole.
Matrix, version sans capote.
Le cheval de Nietzsche.
Le crépuscule des idoles.
La fin du monde,
La fin de tout.
Tout,
Simplement.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 18 décembre 2011
J'ai résiste vaillamment pendant une heure, puis terrassée d' ennui, j'ai quitté la salle, juste après le discours apocalyptique du voisin... Des patates filmées sous toutes les coutures, la nuit qui tombe, le vent qui souffle, les rituels de vies arides, pourquoi pas, mais en plan séquence, c'est insoutenable... J'ai compté 3 ronfleurs dans la salle. Pourtant, belle idée de départ, la
vie du cheval de Nietszche.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 décembre 2011
Absolument incroyable!!
Atmosphère pesante MUSIQUE pénétrante plan séquence inoubliable...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 septembre 2012
Oui il y a des longueurs, oui on a le droits de s'ennuyer à certains moments du film. Mais comment ne pas voir dans ce film un des plus beau objets que le cinéma est donné depuis longtemps. Béla Tarr est l'un des plus grands!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 décembre 2011
Eprouvant, radical et pure
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 décembre 2011
Hypnotisant... C'est la première fois qu'un film m'a emmené ailleurs..... dans une autre dimension... et ceci sans aucun produit....lol. Trève de plaisanterie, ce film est un pur chef d'oeuvre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 juillet 2019
Film somptueux, fascinant - magnétique même - et à nul autre pareil.
http://legoutducinema.blogspot.com/2015/12/le-cheval-de-turin-torinoi-lo-de-b-tarr.html
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 10 décembre 2011
Alléché par les critiques des journaux et des spectateurs,et persuadé de voir un beau film,je fus ,après même pas 5 minutes dans un état d'exaspération qui alla grandissant pour finalement partir sans regret après 1 heure de calvaire!!

la première image interminable(plus de 10 mn) du cheval au pas dans un vent glacial commence à m'énerver ,les scènes répétitives dans la maison d'une glautitude absolue,le discours incompréhensible du visiteur venant chercher sa gnole,m'ont fait quitter ce film d'une avec un soulagement évident et une envie de crier :"quelle connerie "..
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