Entre le vent constant, le besoin d'eau, la saleté et la boue, et la lumière des petites flammes vacillantes, ce film est la somme totale de la réalité. Au milieu de tout cela se trouve l'éther, le cinquième élément qui contrôle le mouvement et la lumière. Dans ce cas, l'éther est la caméra, qui se déplace avec fluidité autour de nos sujets épars et observe, mais commande aussi leurs destins d'une manière métatextuelle. L'éther, c'est la narration de Tarr.
On ne peut pas dire que le Cheval de Turin soit un chef d’œuvre, car il s'agit d'une œuvre à part, bien loin du Prestige de Nolan et autre Inception, sinon qu'il est excellent. En réalité il ne nous raconte pas une histoire mais nous "montre" une histoire, au passage anodine puisqu'il s'agit d'une description plus que minutieuse de deux paysans hongrois, toutefois le regard du spectateur sachant se laisser emporter sera comblé, mieux vaut laisser de côté ses goûts de cinéphile averti quand on regarde Le Cheval de Turin, mieux vaut laisser les lectures minutieuses des scènes à la recherche d'un quelconque message de l'auteur ou autres diverses métaphores. Le Cheval de Turin est un conte philosophique à la croisée de la singularité et du non-sens ce qui en réalité justifie bien le prologue concernant une anecdote de la fin de vie de Nietzsche. S'ennuyer est je pense une sensation normale au cours du visionnage de ce film, car il requiert que le spectateur soit profondément passif, il faut être passif pour se sentir en immersion totale avec l’environnement du film.
Le Cheval de Turin bénéficie d'une direction artistique extrêmement recherchée et on se retrouve parfois bouche bée devant des plans fixes étonnants. Un excellent film à part avec un style très contemporain, pensez avant de vous dire "Putain c'est chiant" ce que vous diriez devant une toile abstraite ou encore un morceau de musique étrange !
Le vieil homme et l'ennui. En 6 journées. (La septième, c'est le repos de dieu!)
Première journée : rien (sauf l'explication nietzschéenne du titre) Deuxième journée : rien d'autre Troisième journée : rien de plus Quatrième journée : encore rien Cinquième journée : toujours rien Sixième journée : rien enfin le générique
Navet prétentieux dont le seul atout est son titre.
Une étoile, parce que j'ai vu mieux de ce réalisateur -c'est tout de même une des rares fois où j'arrive à m'endormir au cinéma Peu de plans qu'on l'on puisse qualifier de beaux et jouer uniquement sur le registre du statique est inacceptable pour un réalisateur comme Bela Tarr Dommage!