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Un visiteur
4,5
Publiée le 18 février 2012
Film symbolique d'un certain état d'esprit de la fin des années 60. Au même titre que des films comme «Easy Rider» ou «More». Cependant si ces deux films évoquent l'errance (surtout le premier) et la drogue (surtout le deuxième),«Alice's Restaurant», lui , se préoccupe des tentatives de vie en «communauté hippie». La communauté décrite ne sombre pas dans le squat, on peut même considérer pendant quelque temps que c'est une alternative réussie au mode de vie traditionnel. D'ailleurs le film bénéficie d'une réalisation soignée et de facture classique. La fin est un constat d'échec de cette communauté qui commence à ressembler à une secte. Et le problème de la drogue réapparaît quand même, pour un des membres, dans la dernière partie dû film. Il faut noter en outre la prestation d'Arlo Guthrie dans un rôle de chanteur qui lui ressemble beaucoup.
En 1969, avec ses cheveux longs, son physique androgyne et sa guitare en bandoulière, Arlo (Guthrie) agace les tenants du conservatisme de l'Amérique profonde -policiers, enseignants, recruteurs pour le Vietnam...- pour lesquels il est un marginal ou un subversif. Ce préambule léger en forme d'opposition de mœurs et de générations, qui renvoie l'Amérique à son puritanisme et à son conformisme n'ouvre pas la voie à la satire sociale que j'attendais. Arthur Penn s'intéresse davantage à la communauté hippie que rejoint le jeune Arlo, installée dans une église désaffectée -tout un symbole- et "financée" par le restaurant de l'altruiste Alice, une des membres de cette communauté généreuse, ouverte à tous et large d'esprit. Sobrement et sans intention militante, le cinéaste décrit la promiscuité et la douce existence au sein d'un groupe invoquant le pacifisme, la liberté et la solidarité entre fumette et musique. Cependant que divers incidents soulignent les contradictions et les limites de l'utopie hippie. J'aurais voulu aimer cette petite chronique sympathique et paisible mais la faiblesse du scénario, sans relief ni perspectives, le peu de charisme des seconds rôles produisent de l'indifférence, sinon de l'ennui.