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Elisabeth G.
219 abonnés
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4,0
Publiée le 5 mars 2026
Un film clivant, décoiffant, baroque, gothique, flamboyant, farouchement féministe, qui assume ses nombreuses outrances. On ne peut pas rester indifférent face ce film ambitieux mais imparfait.
The Bride est un naufrage presque fascinant à observer. La mise en scène est catastrophique, incapable de donner la moindre cohérence visuelle aux scènes, et le montage aggrave tout avec des ruptures et des incohérences grossières qui sautent aux yeux. Le duo formé par la Fiancée et Frankenstein ressemble à une pâle imitation du déjà très mauvais tandem Joker / Harley Quinn dans Joker : Folie à Deux, avec la même dynamique artificielle et le même faux parfum de tragédie romantique. Le scénario reprend d’ailleurs exactement les mêmes mécaniques : une sorte de parodie involontaire, presque un plagiat maladroit, qui tente de reproduire une descente dans la folie mais sans jamais comprendre ce qui faisait — même imparfaitement — fonctionner le modèle. Et par-dessus tout, le film dégouline d’un discours féministe tellement lourd et martelé qu’il finit par écraser tout le reste, jusqu’à transformer la Fiancée en pseudo-figure anarchique à la manière du Joker à la fin du premier film… mais en nettement plus caricatural et beaucoup moins maîtrisé.
Généralement, les films réalisés par des comédiens ont tendance à se consacrer naturellement plus vers le jeu d’acteurs que vers l’aspect esthétique. Étrangement, The Bride! ne rentre pas du tout dans ce genre d’œuvre. En effet, le second long-métrage de Maggie Gyllenhaal en fait des tonnes au niveau des effets de réalisation pour se rendre "arty" et offre des prestations d’acteurs surjouées de bout en bout (malgré son casting prestigieux, seule Penélope Cruz peut être sauvée). En outre, se basant vaguement sur le mythique Frankenstein de Mary Shelley (qui apparait dans le film en étant jouée par la même actrice que la fiancée comme, comme par hasard, dans La Fiancée de Frankenstein de James Whale), le scénario de Maggie Gyllenhaal est aussi peu crédible que sa mise en scène. Dès les premières secondes, on est exaspéré par l’exagération ridicule constante. The Bride! est donc clairement un ratage prétentieux qui donne l’impression que Maggie Gyllenhaal ne possède pas le même talent en tant que scénariste-réalisatrice qu’en tant que comédienne.
The Bride! se déroule dans les années 1930. “Frank”, la célèbre créature qui aura réussi à traverser les âges, se rend à Chicago pour rencontrer le Dr Euphronious. Il va demander de lui créer une fiancée à partir du cadavre d’Ida, une jeune femme assassiné par la mafia locale. Le monstrueux couple secoue alors l’Amérique tandis qu’ils sont pourchassés par la police et les gangsters. Gros navet , noyé dans une bouillie narrative et visuelle, on se retrouve avec un film aussi raté que Joker : Folie à deux de Todd Phillips, auquel on pense ici souvent – on y retrouve d’ailleurs le même parallèle entre étude de la folie et comédie musicale. Et on se retrouve dans la même impasse : celle d’un film certes monstrueux, mais surtout informe.
Un patchwork d'inspirations aussi improbable qu’intrigant : quelque part entre la cavale de Bonny and Clyde et de La Ballade sauvage, l’esthétique gothique des Universal Monsters, la folie théâtrale de Joker : Folie à Deux et les visions expressionnistes de Metropolis. Sur le papier, la collision des imaginaires promet beaucoup ; à l’écran, pourtant, l’ensemble se révèle aussi pataud dans le traitement de son sujet que dans sa direction d’acteurs — Jessie Buckley cabotinant d’ailleurs avec une insistance qui finit par alourdir encore un peu plus le dispositif.
L’idée d’une photographie chaleureuse pour aborder des thématiques littéralement morbides est intéressante, tout comme le noir et blanc pour les scènes plus oniriques, mais le film demeure au final assez inabouti visuellement. C'est dommage car la DA ne semble, de prime abord, pas impersonnelle pour autant. La tache autour de la bouche de la fiancée charrie en outre un symbolisme appuyé, dont la signification implicite se devine sans grande difficulté. L’ensemble manque franchement d’incarnation, et le personnage de Penelope Cruz aurait clairement mérité davantage de matière.
Le plus regrettable reste que cela donnera encore du grain à moudre à ceux qui voient la dénonciation des féminicides dans l’histoire de l'industrie comme un simple vernis marketing, dépourvu de réelle conviction, alors même que la note d’intention était sans doute bien plus authentique à l’origine — à défaut d’être subtile. Reste que le film pèche par son manque de nuance, ce qui ne joue évidemment pas en sa faveur.
Clairement coincé entre ses impératifs de studio et les ambitions de sa réalisatrice, il s'agit littéralement d'un film Frankenstein.
Après une scène d'introduction que j'ai trouvé plutôt grotesque avec Mary Shelley en personne qui casse le quatrième mur, je me suis clairement demandé ce que je foutais là. Et puis ensuite, tout semble "rentrer dans l'ordre", c'est-à-dire avec une intrigue plus "classique" et surtout compréhensible mais pour un temps seulement... Maggie Gyllenhaal n'a pas seulement décidé de faire une énième adaptation de "Frankenstein" en invoquant la fiancée pour se démarquer un peu, elle a décidé de tout revisiter. Et honnêtement, c'est une bonne chose puisque, encore une fois, des adaptations du "Frankenstein", il en existe à la pelle mais la dernière sur sa fiancée remonte à 1985 avec "La Promise" et la précédente, l'originale "Fiancée de Frankenstein", en 1935. Les femmes ont toujours été délaissées dans les grands mythes horrifiques, pour la plupart adaptée par Universal dans les années 30, ou ne servaient que de faire-valoir, en étant toujours "la fiancée de ...". C'est pour ça que la réalisatrice a fait le choix d'appeler son film "The Bride !", sans rien derrière, ce qui n'est certes pas nouveau puisque le film de 1985 avait donc déjà fait ce choix. Alors il faut aller encore plus loin. Et c'est ainsi que l'on se retrouve devant une apologie du féministe et, encore une fois, c'est très louable mais c'est particulièrement mal exécuté ! Pour commencer, je n'ai pas compris les interventions de Mary Shelley. C'est toujours grossier, bordélique et ça ne sert pas à grand-chose si ce n'est lâcher des vulgarités aléatoirement. Oui, la fiancée est la porte-parole d'un mouvement féministe survenant dans une société profondément patriarcale. C'est Frankenstein (enfin la créature) qui veut sa fiancée et la déterre, c'est le flic qui mène l'enquête bien que sa secrétaire soit clairement plus douée etc. etc. mais ça, ce n'est pas fin ! Enfin, c'est vraiment écrit grossièrement avec des personnages sacrément archétypaux et comme si ça ne suffisait pas, c'est constamment sur-expliqué jusqu'au choix du titre du film ! Plusieurs fois ! Mais bien que ce soit très mal écrit, j'adore l'univers et la parti pris visuel ! Je trouve que la réalisatrice arrive à apporter une nouveauté dans cet univers surchargé d'adaptations et à se servir très judicieusement des folles années 30 pour justement en ressortir pleinement cette folie. La photographie est superbe, la mise en scène en elle-même déborde d'imagination et j’adore les costumes et les looks. D'autant plus que Jessie Buckley joue particulièrement bien, réussissant à insuffler toute l'énergie nécessaire au personnage. De même concernant Penélope Cruz qui, en plus d'avoir la classe, embrasse à merveille le personnage. Bref, "The Bride !" est donc un film sacrément bancal et lourdingue dans son écriture mais particulièrement riche et inventif visuellement parlant !
Le prologue en scène pré-générique annonce la couleur, une certaine folie, une effervescence électrique mais aussi un mélange des genres assumés d'abord et avant tout en situant l'histoire au début des années 30 ce qui n'est pas anodin, la réalisatrice-scénariste raccroche tout de même son récit au roman original avec un monstre qui aurait survécu plus de cent ans ce qui n'est pas invraisemblable puisqu'il est logiquement déjà mort et que, rappelons-le aussi, il survit à la fin du roman "disparaissant dans la brume sur la banquise"... la cinéaste n'oublie pas non plus de reprendre l'entame narrative du roman à savoir le récit raconté par Mary Shelley elle-même avec néanmoins un petit bémol... SPOILERS voir site !... On pense donc un peu à "Bonnie and Clyde" (1967), comme un pendant féminin et funeste du "Joker" (2019) avec un clin d'oeil sympa à "Cruella" (2021). L'autre belle idée reste la logorrhée atypique et singulière de la Fiancée qui peut s'expliquer comme un trouble post-traumatique, vis à vis de son passé "vivant" comme de son retour à la vie. En conclusion Maggie Gyllenhaal revisite le mythe et la légende de façon aussi originale que cohérente, dans une histoire aussi savoureuse et qu'électrisante à voir à revoir (en VF, puis en VO !) et à conseiller. Site : Selenie
Découvrez mes autreAvec The Bride!, Maggie Gyllenhaal dynamite le mythe de La Fiancée de Frankenstein pour en faire une fable gothique, punk et résolument excessive. La Fiancée n’est plus une créature façonnée pour aimer : elle hurle, se rebelle et refuse d’être un fantasme.
Le film dialogue ouvertement avec Joker: Folie à Deux : même figure de héros solitaire, marginal, tombant amoureux d’une femme déjantée avec laquelle il part en cavale. Cette parenté est renforcée par le fait que les deux films partagent le même directeur de la photographie et la même compositrice. On retrouve aussi l’esprit de Bonnie and Clyde, entre romance criminelle et fuite en avant. La dimension polar noir se mêle par instants au film de mafia ou à la comédie musicale, avec une Créature fascinée par ce genre cinématographique.
Le choix de situer l’histoire en 1930 n’est pas anodin. Il fait un clin d’œil historique au premier Frankenstein de 1931, et à l’âge d’or de la comédie musicale. Mais surtout, le récit s’ancre dans une société patriarcale et rigide, où chaque geste de la Fiancée devient un acte de révolte, donnant au film une dimension ouvertement féministe.
Les personnages féminins apparaissent d’abord éclipsés par leurs compagnons : la Fiancée comme l’enquêtrice semblent définies par les hommes et reléguées à des rôles secondaires. Mais le film suit leur émancipation progressive : elles reprennent le contrôle, affirment leur volonté et imposent leur voix dans le récit.
Jessie Buckley incarne cette énergie avec un jeu physique, explosif et volcanique, et prouve que l’Oscar qu’elle pourrait décrocher pour Hamnet ne serait pas un hasard. Face à elle, Christian Bale apporte un contrepoint plus mélancolique et intérieur. Leur duo fonctionne particulièrement grâce à un contraste très marqué, nourrissant une tension constante entre attraction et rejet.
Visuellement, le film frappe par l’univers baroque et mythologique qu’il déploie. La reconstitution stylisée de l’Amérique des années 1930 impressionne, notamment avec un Times Square éclatant. Les costumes mêlent authenticité d’époque et exagération, accentuant la révolte et l’identité des personnages, tandis que le maquillage et les transformations participent au caractère opéra-gothique de l’ensemble.
Pour autant, le scénario montre ses limites. L’enquête manque de tension et de progression crédible, tandis que l’intrigue liée à la mafia reste anecdotique. L’accumulation d’intrigues et de thèmes finit par alourdir un récit qui aurait gagné à être resserré. Le discours féministe et social qui manque parfois de subtilité. Le côté décousu et surchargé du film s’explique sans doute par les reshoots qu’il a connus : l’ensemble déborde d’idées et d’inventions visuelles, mais tout semble parfois rentrer au chausse-pied.
Malgré ces réserves, The Bride! reste du vrai cinéma généreux. Ses ruptures de ton peuvent déstabiliser, mais elles participent aussi à son énergie débordante. C’est un film clivant, foutraque mais vivant, qui rappelle combien le cinéma peut être flamboyant lorsqu’il ose tout.
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Une oeuvre plutôt soignée sur la forme (photographie, décors), un casting prometteur et une tentative ambitieuse de moderniser le mythe de Frankenstein mais le film est hélas étrangement désincarné ennuyeux et vain car ses personnages cabotins et ses enjeux scénaristiques nous paraissent trop distants. Un ratage pas totalement inintéressant mais mieux vaut revoir "Bonnie and Clyde" et les précédentes adaptations dont le méconnu "La promise" de Franc Roddam avec Jennifer Beals et Sting.
Une méli-mélo de pseudo fiancé de Frankenstein qui passe son temps à crier et une pseudo course poursuite peu intéressante voilà si on pouvait résumer ce film. Scénario bien trop léger, pseudo feministe un ratage total : bien trop le fouillis à un tel point qu’au bout de 45 minutes on attend qu’une chose, qu’il se termine !
Les acteurs sont top, mais j’ai un goût de pas assez, le film aborde beaucoup de thèmes sans jamais aller jusqu’au bout. Ça reste un film original à aller voir
Jessie Buckley et Christian Bale forme un duo qui fonctionne très bien en plus j'aime beaucoup ces acteurs très talentueux au début j'avais peur de m'ennuyer mais non je trouve le film original.
The Bride revisite le mythe de Frankenstein sous un prisme féministe assumé. L’histoire ne s’attarde pas sur le monstre solitaire mais sur la femme qu’il ressuscite pour combler son vide existentiel. Une femme sans véritable nom définie d’abord comme “la Bride” comme si son identité ne pouvait exister qu’en fonction de lui.
Le film dépeint un monde brutal où les femmes sont réduites au silence ou à leur corps. Même monstrueuse, même instable, la Bride reste une cible de désir et de violence. Le parallèle avec Frankenstein rejeté pour sa difformité qui inspire la peur est frappant car elle malgré sa monstruosité continue d’être sexualisée. L’image est forte presque dérangeante.
La voix de Mary Shelley qui intervient comme une conscience narrative cherche à redonner du pouvoir aux femmes dans un univers patriarcal. L’intention est intéressante tout comme les figures de la docteure contrainte de signer avec ses initiales pour être prise au sérieux ou de la détective brillante mais constamment ignorée. Le message est clair : les femmes luttent pour exister dans un système qui les écrase.
Cependant l’exécution m’a laissée plus mitigée. Les séquences introspectives s’étirent, les expériences psychiques ralentissent le rythme et certains personnages frôlent la caricature. La dimension féministe, pourtant intéressante, m’a parfois semblé trop démonstrative.
L’atmosphère gothique est plutôt réussie et l’idée de donner une véritable identité à la femme de Frankenstein laissée dans l’ombre dans le roman de Mary Shelley est intéressante. Mais à force d’appuyer son message, le film perd en nuance et en impact. Même la Bride, pourtant centrale, finit par agacer. Dommage.