Respectant l'unité de temps, de lieu d'action de la tragédie, ce drame financier a le mérite d'éviter les effets et rebondissements artificiels. Il gagne en épure ce qu'il perd un peu en rythme. Du bon cinéma hollywoodien classique mais avec sens critique.
Ce film montre davantage une fascination naïve du réalisateur pour les énormes machines de Wall Street qui se tirent régulièrement d'énormes krachs (sauf, pas de pot pour Lehman en 2008!) qu'une dénonciation de ce monde sans foi ni loi de traders, bankers et autres brokers. Les explications techniques sont parfois alambiquées et les dialogues, pourtant largement éclaircis de tout le jargon de ce petit milieu, ne sont pas toujours d'une grande clarté. On retiendra surtout de ce film le jeu d'acteurs de grande classe, de Jeremy Irons à Kevin Spacey en passant par un Paul Bettany à contre-rôle. La force de ce drame (règle des trois unités!) réside davantage dans l'image et l'ambiance qu'a su créer le réalisateur avec un éclairage nocturne du New York des gratte-ciels plutôt réussi.
Margin Call est un film qui gagnerait à être un peu plus connu. Rares sont les films qui abordent le sujet de la haute finance (sujet très technique et assez peu séduisant), mais ceux qui le font bien valent le coup d'être vus. Ici, même si le sujet abordé n'est pas forcément abordable par tout le monde, le film arrive à le rendre à peu près compréhensible sans que ça devienne un cours de finance (sans être capable de restituer parfaitement ce qui s'y passe, on comprend aisément les tenants et aboutissants). Les acteurs (très bon casting avec notamment Jeremy Irons et Stanley Tucci au top) jouent très sobrement. Je recommande.
Le premier film de JC Chandor se veut le répondant cinématographique de ce que pouvait être le documentaire Inside Job, sur la crise économique. Une marque de temporalité est tout de même à souligner, le film se déroule sur presque 24 heures et en huis clos. Il faudra en outre être armé d’un vocabulaire et d’une attention soutenues afin de ne laisser passer que très peu d’éléments à la bonne compréhension de l’ensemble. L’éclectisme et la justesse du casting , souvent surprenant et crédible pour chacun des principaux personnages (brillent tout de même dans les hauteurs le trio Irons-Spacey-Tucci). Ombre minime au tableau boursier; pour ceux qui n’auraient pas vu Inside Job, le film est un condensé (moins pédagogique cependant) de la crise, pour les autres, seul le rythme et l’accent porté sur le côté thriller financier, vitesse grand V, sont les accents et points forts du film. Concernant l’avidité même de ses traders, nous avons en effet vu mieux et plus posé dans le genre. L’affaire « d’une nuit » reste alors l’élément primordial du métrage, donnant alors une dimension théâtral au film. Opère alors une résonance particulière à un genre bien précis, apportant au film un dernier relief que l’histoire même n’avait pas su tant élever. Utile et première réussite d’un réalisateur à suivre. Rendant la fiction hélas si proche de la réalité. Presque le film d'horreur de la semaine.
Difficile de se passionner pour un film quand on a l'impression d'en être totalement exclu et c'est le cas pour celui-ci. Exclu dans le sens où je ne comprends absolument rien à ces histoires de chiffres, de calculs, d'achats et de ventes, etc. Du coup, je suis perdu à chaque utilisation d'initiales ou de mots propres à ce domaine et ça se ressent dans ma perception de ce long métrage qui me paraît ennueyx et par moments fade alors qu'il semble intéressant et bien fait !!
Très bonne surprise que ce Margin Call. Le cynisme de ces entreprises où l'argent a tout envahi, est parfaitement rendu. On voit les sommes vertigineuses qui sont brassées et versées aux salariés "méritants". On voit comment le volcan s'est construit et comment son explosion n'affecte au final pas ceux qui en sont responsables. On voit comment on rend les jeunes cerveaux qui rentrent dans ces firmes, accros à celles-ci. Les mécanismes de chaque échelon sont très bien montrés, avec efficacité. Mais on voit aussi qu'il faut encore quelques humains pour faire marcher tout ça et que celui qui a la plus longue longévité la doit à sa capacité de meneur d'hommes, de conviction. L'autre bonne surprise c'est le casting, plusieurs "vieilles" gloires dont aucune ne cabotine. Chaque acteur joue avec sobriété, personne ne tire la couverture et cette excellente direction d'acteurs est une des raisons de l'efficacité du propos. Enfin, la mise en scène n'a rien d'exceptionnel mais n'est pas déshonorante. Et ça fait toujours plaisir de voir quelques belles images de New-York.
Si l'on prend Le Loup de Wall Street et qu'on inverse son énergie, on obtient Margin Call. Le sujet est le même mais le film, préparé à la va-vite (ça ne se voit pas) et réalisé dans un esprit quasi-familial que son ambiance ne reflète pas, résonne d'un courant sourd et sombre. On y trouvera des loups aussi – des hommes et des femmes prêts à dévorer le monde, se servant de leur intelligence comme de crocs et dont les yeux brillent dans la semi-pénombre des bureaux, dans une tour à laquelle tout New York semble asujettie. A-t-elle été bâtie pour surpasser les autres tours, ou pour que la chute depuis son sommet, comme inévitable, soit la plus lente possible ?
Chandor entretient longtemps un certain mystère boursier autour de ce qu'il se passe. Pour le dire autrement, des fois on pige que dalle. Difficile de dire s'il s'agit d'un petit drame financier ou d'une dantesque apocalypse du capitalisme quand il construit une ombre inquiétante par ces manques volontaires de clarté, mais l'ombre finira en tout cas par engloutir lentement les traders, leurs chefs, puis les chefs des chefs, et ainsi de suite. Le rythme est aussi posé que ce qu'il sert à narrer est précipité et chaotique.
On met assez longtemps à entrer dans le vif du sujet et l'on en sort avec l'impression que ce n'était pas si important que ça – qu'on en a fait un « big deal ». Mais c'est aussi le sentiment qu'on a en émergeant d'un mauvais rêve, ce qui est le signe qu'on a bel et bien traversé quelque chose d'effrayant. Et si la pensée d'une fin du monde économique est rarement paniquante, le frisson dans la fiction de Margin Call nous permet de se demander si on ne la néglige pas un peu trop.
Tout simplement vertigineux. L'affiche du film résume à elle seule le tour de force du scénario et de son écriture : produire autant de personnages et les rendre tous aussi intenses les uns que les autres. Une gageure que réalise avec brio, intelligence et avec une rare maîtrise J. C. Chandor. Le résultat est saisissant, étourdissant, plus convaincant encore qu'un simple documentaire sur la crise des subprimes, l'enchaînement des crises qui ont suivi le crack boursier de 2008 et les conséquences qui en découlent aujourd'hui. En deux heures de temps, tout est dit, tout est suggéré, et, hélas, derrière toutes ces figures humaines, d'une impitoyable cruauté. Exceptionnel.
Ca partait bien... Une lente montée en puissance... Savoureuse... Distillée mais qu'on devine puissante... Et puis le soufflé retombe mollement, rien n'existe jamais vraiment, passé l'arrivée du grand toubab aux 85 millions que tout le monde redoute, tout devient plus bavard, moins tendu, plus attendu pour finir sur la plus belle queue de poisson de ces derniers mois !
En 2 heures vous saurez tout sur le phénomène des subprimes qui ont ébranlé le système capitaliste en 2008, nul besoin d'être averti en finance, ce qui prime c'est le jeu entre les acteurs, les bassesses, les arrangements et la barbarie de ce monde de requins. Pour un premier film c'est une belle réussite !
Margin Call montre qu'il est possible de faire un bon film avec un petit budget. Le casting est incroyable et le scénario parfaitement réaliste. Le film évite de tomber dans le cliché et dans le manichéen. Margin Call n'est pas un comte moral mais permet toutefois de mettre l'accent sur le paradoxe du monde boursier. A découvrir donc, pour changer des grosses productions américaines. 3,5/5
Premier film de J.C. Chandor, Margin Call offre donc un regard inédit à bien des égards. Il réussit à nous faire pénétrer dans l’œil du cyclone (une société financière dans un gratte-ciel new-yorkais et son équipe de traders) et à proposer une vision neuve, ou tout au moins inhabituelle, des marionnettistes et jongleurs de la finance internationale. En effet, le cliché à la dent dure du trader ambitieux, sous pression, speedé et sniffant des rails de coke n’a plus cours ici. Probablement parce que le film s’intéresse à un entre-deux, une période de flottement et d’indécision entre la révélation d’une énorme faillite à venir et la mise en pratique de solutions radicales qui mettront le feu aux poudres. C’est le plus grand atout de Margin Call : mettre en scène durant une nuit de doute et de basculement des hommes (et une femme) de pouvoir dépassés par les systèmes qu’ils ont pourtant contribué à échafauder et à développer. À mots feutrés d’un scénario subtil et bien écrit, les négociations et les plans se fomentent, avec pertes et fracas. spoiler:
Quand dans la même année , deux films traitent du même sujet, la crise de wall street, la comparaison est inévitable, sauf que je n' ai pas eu l'occasion de voir Wall Street 2 et je ne ferais donc ici aucune comparaison.
Margin Call est un film d'une cruelle simplicité, avec une force qui réside dans la manière de filmer de la part du réalisateur. On se croirait immergé dans les couloirs de la crise des Sup Primes, comme dans un document. Les acteurs tous parfaits donnent une réelle consistance au film. Certes, les non initiés pourraient bien être perdus mais la justesse des propos et la dureté dans les actes et leurs conséquences sur ce qui touchent le monde environnant, explose à la tête du spectateur dans un film perturbant. Grâce à ce film, on comprend mieux comment fonctionne la gestion de capitaux et surtout comment des être humains durant une nuit se prennent pour Dieu. A noter le premier vrai rôle de Simon Baker plus que convaincant dans un rôle noir et froid.
Nous ne serons pas les premiers, nous n'avons pas été malins, alors nous allons tricher. Juste un peu. Et puis c'est rien, nous nous relèverons de tout ça, comme nous l'avons toujours fait. Il n'est plus question de faire du profit, il est question de survie. De sauver notre peau, même si pour cela nous devrons anéantir les autres. Je suis désolé, au bout d'un moment, lorsque rien ne va plus, il ne reste que la loi du plus fort.
Impressionnant de part son coté réaliste, le film reste un peu obscure pour le commun des mortels quant aux tenants et aboutissants des actions de tous ces gens. Belle brochette d'acteurs pour un film hyper classe mais un peu trop théorique.