5746 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
594 critiques spectateurs
5
59 critiques
4
252 critiques
3
174 critiques
2
77 critiques
1
20 critiques
0
12 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Serpiko77
77 abonnés
1 633 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 24 octobre 2025
Le monde impitoyable de ces financiers pour la plupart dénués de toute empathie. Pourtant . Chandor ne procède pas à un lynchage public et parvient tout de même à les humaniser un minimum, sans jugement. On a même la sensation qu'il tente, habilement, de dédouaner ces hommes cupides pour qui money est roi en se concentrant sur leurs choix (immorales) effectués sous la contrainte... ou non. Pour sa première réalisation il a la chance de réunir un excellent casting, Kevin Spacey en tête dans un rôle taillé pour lui. Avec un minimum d'attention le film est assez accessible aux non-initiés de la finance. Pédagogique, il explique très simplement le pourquoi de la grande crise des subprimes de 2008.
Je travaille dans la finance et je peux dire avec une totale confiance que ce film est, et de loin, le meilleur film jamais réalisé à propos de cette industrie. Tout ici sonne juste, les personnages, les situations, les motivations, les événements, l'ambiance... Le film est aussi particulièrement exact, les explications données sur les causes des problèmes et les actions prises étant correctes, sans être didactiques. Pour une fois le réalisateur décide de parler de la réalité du monde de la finance et non d'un fantasme de Carnaval visant à flatter les clichés des spectateurs sur ce milieu façon The Wolf of Wall Street. Le casting est monstrueux, tout le monde est excellent (Irons est fabuleux, Baker étonnant) et le film pour une fois ne cherche aucunement à faire la morale mais plutôt à tenter de comprendre ce qui s'est réellement passé et à se mettre dans la tête des protagonistes, ceux-ci étant ici traités comme des humains prisonniers d'un système et non comme des robots lobotomisés ou des criminels. Un grand film, ni plus ni moins
Je n’ai pas bien vu l’intérêt de ce film. Les personnages passent leur temps à expliquer qu’ils ne comprennent rien aux chiffres pour obliger le matheux de service à vulgariser à outrance. Résultat : on n’apprend rien sur les origines de la crise de 2008, résumées à une ou deux métaphores fumeuses. L’enjeu pourrait être humain, mais les personnages n’ont aucune épaisseur, à part celle que leur donne le talent d’Irons et de Spacey. Reste l’étude a priori intéressante de cette sort d’hybris moderne qu’est la spéculation, mais la satire emprunte malheureusement des chemins ultra-rebattus: on regarde d’un air rêveur la ville qui s’étend à ses pieds, on communique par regards entendus et salaires annuels interposés, on s’envoie des punchlines mélancoliques et/ou cyniques, on regarde encore un coup la ville à ses pieds, etc. Plutôt agréable à suivre et joliment filmé, mais c’est tout.
Vu le 04/07/2019. Autant le dire de suite, je ne suis pas un expert de la finance et le monde des traders, des MSB, de la titrisation, du capitalisme et des appels de marge ne sont pas vraiment ma tasse de thé. J'ai donc eu parfois du mal à suivre le film surtout au début quand le jeune Peter Sullivan (Zachary Quinto) explique à son boss Sam Rogers (Kevin Spacey) quel est le problème et pourquoi l'entreprise court à sa ruine. Mais même sans être un spécialiste de ce monde nébuleux (si vous voulez une explication abordable, vous pouvez aller sur le site suivant qui explique cela très bien: http://www.slate.fr/story/54879/margin-call-lehman-brothers), le film nous montre le monde tyrannique dans lequel évoluent tous ces traders, qui peuvent être jetés du jour au lendemain sans préavis sur un simple rdv chez le boss. Le sort de Eric Dale (Stanley Tucci) est d'abord assez horrible en début de film mais il faut croire que cela se passe très souvent comme ça aux States, grandeur et décadence... Et surtout que personne n’est à l'abri en témoigne le sort réservé à Sarah Robertson (Demi Moore) avec une allusion directe à Goldman Sachs C'est donc un tour de force qu'à réussi Jeffery Chandor pour nous montrer la réaction de ces hommes et ces femmes dans des moments extrêmes: certains comme Seth Bregman craquent, d'autres s'en sortent plus dignement, et il est frappant de constater qu'on peut virer des dizaines d'employés par jour tout en s'apitoyant sur le sort de son clébard, terrible mais tellement humain. On pourra juste reprocher le manque d'action, ça discute beaucoup, mais ça bouge très peu mais la distribution vaut le détour
Ancien réalisateur de publicité et fils d'un ancien cadre dirigeant de Merrill Lynch (banque d'investissement américaine), le jeune JC Chandor ne pouvait rêver meilleur sujet pour démarrer sa carrière de réalisateur que la crise financière de 2008 qui prit sa dimension planétaire suite à la faillite spectaculaire le 15 septembre de la même année de Lehman Brothers, institution jusqu'alors sacrée du monde des affaires. Parfaitement au fait du contexte, JC Chandor écrit lui-même le scénario de "Margin Call" qu'il oriente délibérément vers la voie du suspense en plaçant sa caméra dans les étages supérieurs du siège d'une banque d'affaires la nuit suivant une purge qui a sacrifié sans coup férir plus de 30% du service de gestion des risques. C'est au beau milieu de cette charrette présentée comme salvatrice et régénératrice selon les préceptes du capitalisme débridé à l'américaine que le film démarre, permettant à Chandor de présenter une partie des acteurs principaux de la nuit agitée qui va suivre. Mis sur la piste par son chef de service (Stanley Tucci) avant que celui-ci ne quitte définitivement l'entreprise avec ses cartons entassés dans l'ascenseur, un jeune cadre (Zachary Quinto) va découvrir que la stratégie de la banque concernant les investissements à haut risque ayant généré la crise des subprimes (prêts hypothécaires à risque) l'a fait sortir depuis plusieurs semaines de sa zone de sécurité. Comme le Titanic fonçant sur son iceberg, la banque semble promise à la faillite. Le top management débarque aussitôt avec John Tuld, le PDG (Jeremy Irons) qui arrive par hélicoptère au sommet de la tour. Chandor s'y entend à merveille pour faire monter la tension en jouant sur l'appréhension des deux jeunes cadres qui devront expliquer au big boss la réalité d'une situation qui semble avoir échappé aux cadres les plus confirmés. A la vue de la saignée sanglante de l'après-midi, Chandor a soigneusement préparé le spectateur à un règlement de compte brutal et lourd de conséquences. Prenant tout le monde de court, le jeune réalisateur qui n'a pas froid aux yeux donne au contraire à voir le spectacle de cadres dirigeants plutôt évanescents car très éloignés du terrain et peu au fait de la concrétisation de leur décision, n'hésitant pas à se défausser allègrement de leurs responsabilités grassement rémunérées. Ressort par les paroles lénifiantes du PDG, un cynisme qui inonde en cascade l'ensemble d'un top management largement rodé à un entre soi qui veut que chaque cas se règlera au mieux des intérêts bien compris de chacun. La boucherie de l'après-midi vaut pour la piétaille mais certainement pas pour le cercle restreint des quelques-uns qui n'ont pas pris le soin d'écouter les alertes lancées un an plus tôt. Sam Rogers (Kevin Spacey), le chef du service des risques décapité (sic!) semble un moment ébranlé par cette contradiction qu'il estime sans doute avoir trop longtemps cautionnée. Mais chaque homme à son prix, comme le montrera un JC Chandor parfaitement à son affaire qui de manière tout à fait remarquable, dirigeant de main de maitre un casting de haut vol où se côtoient des profils aussi divers que Demi Moore ou Simon Baker, nous présente un portrait proprement glaçant de ceux qui orchestrent l'économie mondiale. Démonstration éclatante sans aucun doute mais dont malheureusement on peut craindre qu'elle ne soit pas suivi d'effet si l'on songe que cinquante ans plus tôt, Fiedler Cook avec son formidable et trop méconnu "Patterns" avait déjà dressé un constat tout aussi affligeant des méthodes de management radicales que génèrent la recherche du profit quand elle est érigée en but ultime des échanges économiques et financiers. Présenté au Festival du Sundance, le film a remporté un succès d'estime qui a permis à JC Chandor de continuer de creuser son sillon, ce qu'il a fait en affinant encore sa mise en scène avec "All is lost" en 2013 mais surtout avec le superbe "A most violent year" en 2014. Un réalisateur qui semble savoir où il va et comment il y va. On ne peut que s'en réjouir en ces temps où de nombreux réalisateurs transformés en yes men transposent à la chaine les comics y compris les plus obscurs.
"Margin Call" est un formidable film de gangsters, où l'on se demande à chaque instant qui va survivre. Sauf qu'ici, la mort est symbolique: tu es mort si tu perds ta position dans la hiérarchie de la banque d'affaires. spoiler: Ainsi, en moins de deux jours, la Crise financière de 2008 va générer un terrible jeu de massacre parmi les traders.
J.C. Chandor signe une somptueuse tragédie, dans laquelle chaque humain (quelle que soit sa situation) est esclave du système capitaliste, et n'agit que dans le but d'avoir la meilleur place, et le meilleur pactole. Dans une mise en scène ample et précise, et soutenus par de magnifiques dialogues, les acteurs sont absolument remarquables. Signal d'alarme d'un monde malade, "Margin Call" est sûrement un chef-d'oeuvre.
Margin Call n'avais de cesse de me trotté dans un coin de ma tête depuis son premier visionnage, son impact prend avec le temps encore plus de poids !
J.C Chandor traite son film avec une approche direct, il ne tarabiscote aucune sauce pour déguiser son plat et nous invite à découvrir à vif cette tour et ce qui s'y passe. La série de renvoi marque le premier élément de la crise qui si dessine mais c'est belle et bien le " Be Careful " d'Eric à Peter qui acte le début de la fin. Tout ce qui s'ensuit est fascinant, fais aussi parfois froid dans le dos. Pourtant, Margin Call n'est pas de ces manifestes à charge, au contraire, il préfère développé un processus via un questionnement intérieur et extérieur. A ce titre, j'adore la scène en voiture entre Will ( Paul Bettany ) et Seth ( Penn Badgley ) sur le système et son hypocrisie ...
Puisque j'évoque brièvement ces derniers, un point s'impose sur touts l'affiche de ce film. Kevin Spacey, Demi Moore, Zachary Quinto, Simon Baker, Stanley Tucci et évidemment Jeremy Irons marquent les esprits. Ce dernier termine d'encré l'image du mégalomaniaque avide de sa propre intelligence et de démesure, survivre, un leitmotiv qu'il interprète et comprend dans une démonstration en la matière dont tous sont tributaire ...
Un long métrage qui reflète très bien l'époque, troublante !
Creuser son sillon dans le jardin d’une vie perdue pour s’opposer aux gratte-ciels inertes, pleurer sa chienne morte comme seule préoccupation à échelle humaine contre la faillite généralisée de millions de personnes. Margin Call est un jeu de contrastes cynique où les opposés s’attirent dans la même obsession de cet artifice nécessaire à la bonne tenue d’une société : l’argent. L’existence peut se penser en algorithmes : augmentons la population, le pourcentage de domination restera identique. C’est dans nos gènes. On a l’impression d’être en plein cauchemar, somnambule dans un rêve éveillé. Or il n’en est rien : nous sortons de ce rêve comme de la bulle spéculative brutalement éclatée pour en dévoiler le Néant. L’homme est face au vide, en haute voltige avec, compte tenu de sa stature, un parachute plus ou moins doré. La hiérarchie équivaut à la valeur des pions disposés sur un vaste échiquier ; le tout est de savoir anticiper le coup fatidique pour non pas sauver la mise mais au contraire l’accélérer dans l’espoir de déstabiliser l’adversaire. Le film se construit dans un huis clos étouffant et passionnant qui refuse tout artifice de mise en scène, colle aux personnages comme pour tenter d’en saisir, depuis les enveloppes charnelles, l’humanité, un cœur qui bat ; la conclusion est remplie de noirceur puisque chacun se range derrière ses intérêts, viole la propriété d’autrui pour y enterrer sa dignité et espérer, à terme, la voir fructifier. Une plongée vertigineuse dans l’univers de la finance aussi abordable qu’infréquentable, aussi limpide qu’obtus, terriblement humain dans l’inhumanité déployée.
Je suis tombé par hasard à la TV sur ce film. Je l'ai depuis revu 2 fois...On est sur un propos intelligent et on ne tombe jamais dans la démarche d'un documentaire ce qui aurait pu être un travers de ce genre de film. L'intrigue m'a captivé de bout en bout car la puissance du scénario et la maitrise de la réalisation m'a emmené au coeur de W Street et de ses codes. Les acteurs sont top (y compris D Moore) et J Irons est méconnaissable et impeccable ! Bref à regarder pour ce que c'est ...un film d'horreur en costume cravate et talon haut dans un univers qui semble aseptisé mais rempli de virus....avec l'avidité des protagonistes en fil conducteur A regarder absolument ! y compris dans les salle de classe !
Terrifiant ! Et les gens confient leur argent en toute confiance à ces zozos avides dont le cynisme est merveilleusement mis en relief par une palette d'acteurs plus vrais que nature ...
Remarquable thriller financier où l’on suit une équipe de traders d’une firme qui découvre un soir que ses actifs présentent des risques et une volatilité de valeur pouvant ruiner la société. Le conseil d’administration est convoqué en urgence en pleine nuit et la décision est prise de vendre un maximum d’actifs dans la journée suivante afin d’évacuer le risque, quitte à créer une crise boursière et économique : la crise des subprimes. On suit un jeune analyste de 28 ans qui découvre le problème et le soumet à son responsable (Paul Bettany), qui avertit le patron du trading (Kevin Spacey) qui avertit le pdg de la société (Simon Baker) qui avertit enfin le propriétaire de la firme (Jeremy Irons). En une nuit, on découvre l’univers de la finance, la hiérarchie de ce milieu en partant du plus petit trader jusqu’au au big boss, leur relation avec l’argent, leur vision de leur travail et du monde, leur décalage avec les gens « normaux » et l’absence de scrupules de certains lorsqu’ils choisissent en toute connaissance de cause de créer un crack boursier et de ruiner des millions de gens plutôt que d’assumer leurs erreurs et leurs excès. Un film prenant, sombre et qui semble assez réaliste même si je ne connais pas assez ce milieu pour vraiment en juger.
A contre courant de l'ensemble des critiques, je n'ai pas réussi à entrer réellement dans le film. On connaît déjà la tendance égoïste des traders et de l'artificialité de cette économie, donc j'attendais autre chose: qu'on nous explique un peu les rouages, les arnaques éventuelles. Mais tout est assez obscur et peu approfondi. Ne reste que la stratégie d'entreprise, assez succinctement présentée et je pense que les notes élevées pour ce film sont essentiellement émotionnelles après les crises et scandales des banques US.
Le film est court pour un film d'action. Et il a du rythme. Du coup on ne s'ennuie pas. Il reconstitue assez fidèlement le fonctionnement d'une banque d'affaire dans un contexte proche du Krach de 2008. Il dresse ainsi une palette de personnages variée et riche : - le très jeune embauché sans a priori, ne pensant qu'à l'argent et à se divertir - son ainé au parcours scientifique, plus sérieux, qui a cependant fini par céder aux sirènes des salaires de la Finance - leur manager assez cynique mais au fond suicidaire et mal dans sa peau malgré ses revenus - le patron du trading quadragénaire et sans état d'ame à la carrière météoritique - son alter ego de la gestion des risques, impuissante à réguler les prises de risques des traders - l'ancien cadre sérieux mais licencié faute de performance suffisante - le vieux manager dur mais ayant un leadership et un sens de la motivation des équipes, capable de tenir tête au pdg - et enfin le pdg, un peu fantasque et surtout très instinctif, maitrisant les fondamentaux immuables de la finance, dans un monde de la finance envahi par la technique et les modèles numériques.
Au final, le film dresse un portrait d'un monde financier cynique en prenant soin de montrer les motivations et les sentiments des uns et des autres : rivalités, attrait de l'argent, sens du travail en équipe, absence de reconnaissance, frustration, jalousies, absence de scrupule... Au final, l'entreprise reste dans les bornes de la légalité : on est au donc en deça des pratiques de certaines entreprises : Lehman, Madoff, Société Générale...