35485 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
2 585 critiques spectateurs
5
740 critiques
4
1054 critiques
3
384 critiques
2
166 critiques
1
119 critiques
0
122 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Martin E.
75 critiques
Suivre son activité
1,5
Publiée le 14 octobre 2023
Point fort : thème original. Points faibles : film désagréable (cris, histoires d'inceste, disputes, séparations...), mauvais jeu d'acteurs, absence de scénario et donc des longueurs.
Le générique annonce un film basé sur des faits réels. Et la réalité dépasse la fiction, comme d’habitude. Le film « Polisse » retrace la vie d’une une dizaine de policiers dans une brigade des mineurs, filmés par Maïwenn, la réalisatrice du « Bal des actrices ». Fidèle à son habitude, elle promène sa caméra dans ce documentaire-fiction, de manière un peu déconcertante au départ. Les scènes s’empilent de manière incertaine, le montage paraît aléatoire et le rythme en est pénalisé. Ça pourrait faire brouillon, et brusquement le spectateur se sent assis à la même table que les acteurs avec un objectif qui s’immisce dans les scènes. Mais sans les mouvements excessifs que l’on peut retrouver dans le style « caméra à l’épaule » de certains films d’actions et qui donnent la nausée. La nausée viendrait plutôt des cas traités froidement dans des scènes pathétiques ou dures et rendues par une équipe d’acteurs formidables. Leurs personnages s’installent peu à peu, le spectateur les découvrant au fur et à mesure car ils ne sont pas toujours ce que l’on imagine. On s’attache à ces flics ordinaires dans des situations où la perversité leur éclabousse la figure. Les plans rapprochés permettent de se placer au cœur de leurs actions et de leurs sentiments. Joey Starr en flic au grand cœur distribue plus de bisous que de baffes, ce qui est déjà une performance au regard de l’image du personnage. On y trouve Karin Viard en compagne sentimentale, Marina Foïs en partenaire froide, Audrey Lamy en mère déjantée et Naidra Ayadi en beurette passionnée. Et puis Maïwenn qui, fidèle à son habitude, apparaît en photographe reporter au milieu de cette équipe soudée mais fragile. Elle établit le lien tenu entre cette réalité et celle des autres gens, ceux qui aiment ou se querellent avec leurs conjoints, emmènent leurs enfants à l’école ou découvrent un nouvel amour. La réalisatrice promène son sourire touchant comme pour adoucir ces vérités, mais elle règle ses comptes avec quelques sujets comme l’islamisme et en profite pour expliquer que parler un langage châtié n’est pas une tare. Elle ne se gêne pas non plus pour nous décortiquer une équipe issue de la diversité sociale et pathologique, avec homo, beur, alcoolique ou boulimique. Rien n’est épargné. Pour monter que nous sommes dans la vraie vie, les dialogues à connotation quasi exclusivement sexuelle puisent leur vocabulaire dans un langage qui est au-delà du grossier. A côté, Ugly Barrow, le conducteur de chariot de Lucky Luke, c’est un dîner à l’Académie Française. La banalisation de l’acte sexuel par les adolescentes ou les mères pédophiles (oui mères) est décrite dans des scènes où le spectateur hésite entre rire et indignation. La scène du fœtus, issu de l’avortement d’une adolescente violée, est complètement hallucinante. La prestation de l’actrice qui l’interprète est d’ailleurs criante de vérité, pour peu que l’on puisse imaginer l’indicible d’une telle situation. La fin peut être déroutante, car elle explose comme la pression contenue tout le long de ce film de plus de deux heures, et elle propose une note d’espoir qui peut laisser sceptique. C’est un film un peu trop long, un peu trop narcissique, un peu trop affectif. Mais c’est un film que je ne regrette pas d’avoir vu. Polisse, ça s’orthographie comme ça pour imager une autre réalité. Celle des plus petits qui ont besoin d’être protégés. Celle de certains ados qui n’ont pas encore compris. Et aussi celle des adultes capables du meilleur comme du pire. On aimerait que ce ne soit que du cinéma.
Réaliste, triste, poignant, marrant et bouleversant.. un casting au top surtout JoeyStarr, ce film est une véritable claque et un chef d'œuvre à voir absolument ! ♥️
Je résumerais ma pensée en disant que ce n'est pas parce vous filmez des faites terribles du quotidien que cela va en faire un bon film.
Il manque un liant dans ce film , je trouve les acteurs plutôt plat , manquant cruellement de relief dans leurs jeux. J'imagine que c'est voulu par la réalisatrice pour créer probablement un effet nature , je veux donner l'impression que cela pourrait être vous et moi mais c'est justement là où ça fonctionne pas.
Une claque monumentale ce film, on est directement plongé dans les enquètes plus sordides l'un que l'autre de la brigade des moeurs, les acteurs et actrices jouent tous d'une justesse, c'est complètement incroyable, on a l'impression de faire partie de la brigade avec eux. La performance de JoeyStarr, mais surtout celle de Karin Viard et Marina Foïs m'ont littérallement scotché! C'est suffoquant par moment, mais quel film!
Génial. On voit bien le monde du travail de la BPM. J'avais pas compris la fin qui m'a laissée perplexe, mais après avoir lu des explications sur internet, j'ai compris. Attention c'est subtil.
Franchement décevant, le sujet aurai permis de faire passer mille fois plus de message aller dans des zones un peu plus deep pour dénoncer des choses importante, mais le film ne fais qu'effleurer tout ça. Pas étonnant concernant le point de vue de la réalisatrice sur l'abus de pouvoir des hommes sur les jeunes filles... L'histoire tourne plus autour de la libération de " Mélissa" et son histoire d'amour inutile que sur le sujet principal du film. Super décevant mais pas étonnant.
Je verrai toujours vos visages et l'annonce du film d'ouverture du prochain festival de Cannes m'ont donné envie de parler de Polisse, de Maïwenn, sorti il y a douze ans déjà.
Prix du jury à Cannes, mais injustement boudé aux César, Polisse est un film populaire au sens noble du terme.
En adoptant l'angle du documentaire comme dans Pardonne moi et Le Bal des Actrices, Maïwenn attteint, grâce à sa direction d'acteurs très libre, parfois proche de l'improvisation, des sommets d'émotion, notamment car elle parvient à mêler dans son récit les drames auxquels ces agents de police sont confrontés, à leur vie personnelle et aux conséquences qu'ils ont sur celle ci.
Le film peut agacer par ses excès, ses maladresses, son côté brouillon, le jeu de certains de ses acteurs pas toujours très juste, son manque de lien entre les différentes séquences...
Le casting est en tout cas impressionnant. Onze ans après, il m'est encore difficile de comprendre comment le César de la meilleure actrice a pu échapper à @marinafois ou à @karinviard : très probablement car elles étaient en compétition l'une contre l'autre et que cela a dû diviser les voix des votants ayant soutenu le film. Toujours est il que leurs deux performances sont grandioses et que leur scène de confrontation vers la fin du film est un sommet de tension, d'émotion et de justesse qui m'a littéralement coupé le souffle. Joey Starr n'aurait pas volé son prix non plus...
Film chorale par excellence, le nombre de seconds rôles est assez vertigineux, mais ce sont @sandrinekiberlain, @naidraayadi et @alicedelencquesaing qui m'ont le plus touché.
La bande originale envoûtante et aux accents orientaux composée par Stephen Warbeck contribue beaucoup à l'émotion du film, notamment lors de la scène finale coup de poing qui, grâce à cette belle idée de mise en scène de croiser les destins opposés de deux personnages par un habile montage en parallèle, laissa la salle de cinéma dans laquelle je me trouvais k.o.
En résumé, je dirais que le film a les défauts et les qualités de sa jeunesse mais que la fougue et l'énergie qui s'en dégagent finissent par l'emporter.
Heureusement que certains comédiens jouent bien. Je ne vois vraiment pas pourquoi il y a eu un tel engouement pour ce film. Beaucoup de scènes sont insupportables à regarder tellement il y a de personnages qui crient en même temps, avec des enfants qui hurlent...
Le style docu-fiction frôle ou plutôt est similaire à la télé-réalité où l'on suit des policiers dans leur quotidien : c'est inintéressant. La romance naissante est sordide.
Maiwenn nous délivre un film avec ses qualités mais aussi ses défauts. Quand, il prend un côté documentaire, c'est prenant, bien joué (surtout de la part des enfants - ado). Par contre quand il prend un côté romance , c'est superflu (horrible la scène de boîte de nuit) Un jeu d'acteurs intéressant, un peu poussé.
En 2011, "Polisse" est venu secouer une partie du public français. Réalisé par Maïwenn, j’ai mis un peu de temps avant de visionner le long-métrage, par peur de me retrouver devant l’un de ses bons vieux drames français sans saveur. Mais finalement, ce projet est bien plus captivant qu’il n’y paraît. Comme beaucoup de films de ce genre, il prend le parti-pris de tourner cela comme un documentaire, au niveau de sa mise en scène ou de sa photographie, pour renforcer un sentiment de réalisme. Et ça fonctionne, l’immersion est totalement assurée, tout au long du film. Chaque séquence nous fait sentir proche des événements, on comprend très rapidement la difficulté et l’importance d’un tel métier. Mais cet aspect peut facilement s’avérer un peu casse-gueule, car nous pouvons très rapidement nous retrouver face à un film qui dépeint correctement une réalité (ce qui est le cas pour ici), mais sans les points qui font d’un film, un film. Mais ce projet-ci réussit très rapidement à nous faire comprendre quels sont nos protagonistes, qu’est-ce qui les définit, et à nous faire y attacher. On comprend très rapidement leurs liens, qui est qui, mais aussi que leur vie tourne exclusivement autour de ce métier de policier de la BPM. On voit très vite que Fred est le personnage à fleur de peau et un peu trop impliqué dans son métier, que Mathieu et Chrys ont un lien plus fort que le travail, qu’Iris et Nadine sont des amies un peu toxiques, etc… Le seul personnage un peu inutile serait Mélissa, à la limite. N’étant pas de la brigade à l’origine, et ne servant pas à grand-chose, elle sort un peu du film durant ces scènes. Mais c’est le seul détail à être vraiment reprochable à ce niveau. Tout cela étant très bien aidé par le talent de ce sublime casting, ils sont toujours tous très justes, on y croit. Mention énorme pour JoeyStarr, pour qui ce n’est pas le métier, mais qui a fait un boulot incroyable. Même les seconds rôles sont excellents, je retiens notamment ce petit-enfant "abandonné" par sa mère, qui est juste tellement impressionnant dans son jeu que l’on finit très vite par pleurer durant sa scène. Le film va beaucoup jouer avec vos émotions de toute façon. On sera extrêmement heureux quand une affaire se conclut bien, et parfois très triste quand cela tourne mal. Le long-métrage réussi à vous embarquer émotionnellement avec lui, et c’est très fort. Cela permet de renforcer le propos global du projet, qui est de faire la démonstration de la difficulté de ce monde et de l’implication complexe de ceux qui le vive. Ils se sacrifient littéralement pour sauver ces enfants, spoiler: le montage parallèle de la dernière scène le montrant clairement. C’est donc un film fort, très puissant et qui dépeint cette réalité avec une immense justesse. On est rapidement pris par l’ensemble, et on n’en ressort jamais. C’est un excellent projet. Pour conclure, une très forte expérience.
Quel électrochoc ce film, voilà longtemps que je n'avais pas vécu ça. Les acteurs, du premier rôle au figurants sont tous simplement extraordinaire! Je pense notamment aux enfants qui sont particulièrement déchirants dans leurs interprétations. L'ambiance fait que nous sommes dans le même état d'esprit que les protagoniste, c'est tellement lourd que parfois on a besoin de lâcher et de rire (dans des moments particulièrement atroces par ailleurs). Les personnages (à l'exception de la journaliste) sont tous très attachants et très vite typé, on voit tout de suite qui est qui. Enfin, la scène finale est tellement poétique et belle et les interprétations peuvent être prises de plusieurs manières. Pourquoi pas cinq? Le montage au début qui est tout de même assommant et franchement la journaliste qui coupe le rythme et qui ne sert à rien, et les histoires qui n'ont pas forcément de fin, beaucoup d'histoire n'ont pas de point final. Bref, une claque française, c'est rare mais ça fait du bien.
Rarement une immersion n’aura autant frôlé la perfection. Quel grâce et quel génie de la réalisatrice Maïwenn, avec l’aide de l’amie sublime et enragée Emmanuelle Bercot au scénario, d’avoir avec une telle virtuosité disséqué les abimes et la lumière de ces flics, dans le chaos de l’impact de ce quotidien si brulant et violent sur leur vies persos, et de nous avoir percé le cœur de ces histoires bouleversantes des enfants qui vont grandir trop vite, bien trop vite.
Ils passent d’une histoire à l’autre, avec des petits anges à qui l’on brise l’auréole. A vous retourner le bide, mais surtout en ne détournant pas le regard. C’est aussi régulièrement des ados inconscients de l’usage de leurs corps. Colère, pleurs ou rires, tout le temps face à l’irrationnel, l’irréel, c’est les nerfs qui lâchent et c’est terriblement et ordinairement humain. Ils y mettent leurs tripes, leurs cœurs, leurs corps, plus qu’un collectif, c’est une famille. C’est la vie, ils ne peuvent pas tricher, ils se donnent tout entier et sont magnifiques ces petits humains tellement ordinaires. Magnifiques, charismatiques, solaires.
Leur engagement, c’est de la poésie ordinaire, la satisfaction du devoir accompli, le sens du devoir et de l’intérêt général. La mission est sacrée autant que les moyens pour la mener sont dérisoires, comme tout ce qui concerne la protection de l’enfance dans un pays, qui dit sa maladie au regard de la façon dont elle traite les plus vulnérables. Édifiant et glaçant.
Et cette chorale folle de talents qui compose le casting. Toutes et tous inoubliables, toutes et tous tellement humains, toutes et tous des étoiles. Ils sont habités, possédés et se donnent tout entier à leurs personnages.
Polisse, grand film d’utilité publique et grand film de cinéma à la fois. Ne pas détourner le regard, et tout faire pour ce qu’il y a de plus beau, de plus grand, pour les plus belles personnes que l’on croise dans nos vies : les enfants. Et juste, mais juste, qu’ils le restent, car à jamais, rien ne vaut l’insouciance.