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Isaac L
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4,5
Publiée le 13 novembre 2021
Polisse, troisième film de Maïwenn, est un excellent film français et l'un des films qui m'a le plus marqué. L'immersion au sein de la brigade de défense des mineures est plus immersive et réaliste : cela étant rendu possible grâce à la mise en scène, qui rappelle plus celle d'un documentaire. Et c'est ce qui fait la force du film. Son réalisme. Un réalisme souvent cru et glaçant, comme en témoigne les nombreuses scènes d'interrogatoire ou d'interventions. Le long métrage oscille parfaitement entre scènes dur et scènes touchantes et marrantes. Un véritable cocktail d'émotions ! Les acteurs sont tous doués, en particulier Joey Starr, aussi charismatique que tendre et Marina Foïs, qui joue selon moi le personnage du film le plus intéressant. La scène de fin m'a choqué a vie.
Une pléiade de bons acteurs au milieu desquels Joey Starr ne dépare pas du tout. Il prouve ainsi qu'il sait faire autre chose que niquer la police et qu'il n'est pas qu'un amuseur. Pour mettre en valeur un secteur méconnu de la police. Celle qui s'occupe des mineurs et défraye rarement l'actualité médiatique.
Avant d'entamer cette critique, il me parait important de préciser que j'aime me faire du mal en regardant des reportages et documentaires autour de ces thématiques. La scène d'introduction de ce film m'a alors instantanément rappelé l'épisode de Strip Tease intitulé "Ma petite chérie". Car, sil elle ne s'en inspire pas directement, les ressemblances sont quand même troublantes. Dès lors, bien que Polisse s'inspire de faits bien réels, je n'ai pas pu m'empêche de lui coller l'étiquette de fiction tout son long. Je n'ai donc pas vraiment réussi à ressentir grand chose, alors qu'on parle quand même de maltraitance sur enfant.
Il faut aussi dire que je n'ai pas été franchement aidée par ce scénario. J'ai clairement trouvé que ça partait dans tous les sens. On dirait qu'on a pas réussi à nous fournir une trame concise qui sait où elle va. Ce film alterne entre les bureaux de la brigade et la vie privée de ses membres. Quel est l'intérêt de nous présenter, fastidieusement, une à une, toutes ces personnes ? Pour, au final, assez vite s'en contre balancer au profit de la grande gueule de Joeystarr.
Joeystarr, attardons nous sur son cas. Ce mec constamment sur les nerfs prêt à te bouffer à la moindre occasion. Son jeu se montre sympathique dans les premiers temps, il serait de mauvaise foi de dire qu'il est mauvais acteur. Mais ça devient rapidement pesant le "Joeystarr par-ci" "Joeystarr par-là", qui finit par se taper la journaliste coincée du string (pas du tout téléphoné…). Bref, le mec parasite peu à peu tout le schmiblick en étalant son agressivité et sa violence de partout. Il en vient même à poser des problèmes de vraisemblance. A quel moment on laisse quelqu'un comme ça travailler avec des enfants ? Et même des adultes, ce mec est toxique pour ses collègues.
On s'éloigne donc peu à peu des thématiques initiales de ce film. On croise quelques enfants. Bien que les profils soient divers, on tourne toujours un peu on rond. La brigade se contente de recueillir les témoignages, en vue des les expédier à la justice. Et on casse un peu le quotidien au travers de quelques interventions en extérieur. Ce caractère limite déshumanisant m'a clairement dérangée. Un enfant arrive, on lui pose quelques questions et , hop, au suivant. On n'a aucun suivi, on ne prend même pas la peine de nous dire ce qu'ils deviennent, s'ils sont pris en charge par des cellules psychologiques, ou que sais-je. Ca défile, ça meuble du temps d'écran et basta.
Polisse s'introduit sur une séquence choc, nous laissant supposer une immersion des plus rudes dans ces calvaires vécus par des enfants. Il semblerait que ce ne soit finalement pas vraiment le cas. Se soustraient rapidement à l'aide à l'enfant en détresse les problèmes d'adultes des membres de la brigade. Le tout progressivement ramené à la figure imblairable de Joeystarr.
Film intéressant qui nous fait bien ressentir le quotidien de la Brigade des Mineurs..Les histoires des enfants sont prenantes ; mais comme dans tout bon film français, il faut parler cru même quand ce n'est pas nécessaire, le tout avec évidemment un couple mixte qui tient le haut de l'affiche.
On en a dit des choses et leurs contraires sur ce film. Le sujet pouvait rebuter, mais force est de constater que nous avons là un film qui réussit non seulement à ne pas nous ennuyer pendant les deux heures de sa projection, mais à nous passionner, c'est déjà beaucoup ! Et puis il y a cette incroyable direction d'acteurs dans laquelle personne ne démérite, Karine Vard évidemment talentueuse comme toujours, mais aussi Marina Foïs qui nous prouve que quand elle veut… Et puis Joeystarr, son personnage peut agacer, mais qu'on ne vienne pas me dire qu'il joue mal. Pas de scénario au sens classique, juste un fil rouge constitué par les activités et la vie d'une équipe de la BPM, mais des saynètes, certaines poignantes, certaines d'un comique à se rouler par terre, parce que Maïwen n'a pas voulu nous la jouer mélo ou démago, non elle montre ! Mais dans tous les arcs narratifs du film il en est quand même un dont on peut sans doute regretter qu'il ne soit pas si visible que ça (à moins que ce soit les gens qui n'ont pas voulu le voir) : Je m'explique, j'ai lu que certains avait jugé débile et inutile la séquence avec l'asiatique. Erreur ! C'est la clé du film ! Je m'explique, contrairement à d'autres brigades, les interrogatoires de la BPM se nourrissent de deux faisceaux d'arguments, les uns sont purement légaux ("c'est interdit !") les autres sont moraux ("ce n'est pas bien !") spoiler: Or voilà Marina Foïs devant un type qui s'avoue bigame, elle peut lui dire que c'est interdit, mais avec quels arguments pourrait-elle lui dire que c'est mal ? Alors en pleine perte de repères elle pète les plombs et quitte l'interrogatoire. Mais ce n'est pas fini, nous avons ensuite la scène avec le petit garçon qui a eu des rapports avec son prof de gym. Or là encore, les arguments moraux ne fonctionnent pas, le gosse posant les bonnes questions (s'il est malade pourquoi on ne l'envoi pas à l'hôpital) Et là encore Marina Foïs perd tous ses repères, ce qui conduira à la tragédie finale, alors que dans une scène sublime nous voyons le gamin, réussir le saut périlleux qu'il refusait de faire, ceci en hommage (le mot n'est peut-être pas bien choisi) à son prof. Maïwen ne juge rien, elle montre, il n'y a pas de message, sinon de dire que les choses ne sont pas toujours aussi simples que l'on voudrait qu'elle soient.
PS : il y a une scène que je n'ai pas trop aimé, celle ou la flic beurette interroge l'abruti qui veut marier sa fille au bled, Il n'était nul besoin de gloser sur le Coran (dans lequel on trouve à boire et à manger) mais simplement évoquer les lois de la république.
Dur. La réalité crue de la brigade des mineurs, filmée caméra à l'épaule. Les acteurs sont tous excellents. Deux temps forts, l'un avec JoeyStarr en larmes, calmant un enfant séparé de sa mère. L'autre avec Karin Viard au bord de la crise de nerfs. La mise en scène est parfois étrange, inexplicable, croisant les images de deux scènes a priori sans rapport, ou tout du moins un rapport que je n'ai pas compris. En particulier la dernière séquence. Je n'ai pas non plus compris le rôle que joue cette photographe dont on ne voit aucune photo. Un film hommage aux policiers de la brigade des mineurs, amenés à trier les mensonges des histoires sordides. Maïwen réussit un film marquant, difficile à digérer.
Fiction-reportage en immersion au sein de la police des mineurs, un mélange entre le quotidien sur le terrain et une vision extrapolée des rapports au sein du groupe. Ils passent tous leurs soirées ensemble en plus des journées au travail, comme si l'amitié avec les autres membres de la brigade surpassait une quelconque vie familiale, toujours montrée de façon négative (incompréhension, divorce, crises). Cela développe un certain voyeurisme avec ces affaires de mœurs qui se succèdent en mini-scènettes et devant lesquelles chacun doit s'insurger, ces crimes odieux commis dans l'ombre contre lesquels luttent avec conviction nos policiers tourmentés mais à l'âme pure. Faire de Joey Starr le fer de lance de ces chevaliers blancs a un côté ironique mais en tant qu'acteur, ici, il s'en sort bien, ainsi que l'ensemble du casting. Maiwenn nous offre un film plein de réalisme, à ce titre intéressant à suivre, mais au scénario fourre-tout (tellement d'histoires évoquées et non achevées) qui appuie fort pour nous rappeler que le monde est très méchant mais que les très gentils sont là pour nous protéger. Et j'en retiendrai plus le côté reportage que le côté film de cinéma.
Sujet délicat abordé de façon si explicite dans cet œuvre : film réussi et qui m'a surprise au début
Je pense que c'est un film nécessaire pour notre société car ça permet d'ouvrir les yeux sur certains points par rapport aux sujets traités auxquels nous ne faisons pas forcément attention au quotidien
Contraste entre l’angélisme apparent qui règne dans cette brigade des mineurs et la cruauté des affaires qu’ils gèrent. Mise en scène intense, dialogues percutants mais quelques faiblesses de scénario.
Le quotidien de la brigade de protection des mineurs avec ses hauts et ses bas.
"Polisse" n'a pas de sens ou au contraire en a trop. La présence effacée durant la majeure partie du film de la photographe témoigne de l'abscence de direction du drame. A la place d'un scénario linéaire, "Polisse" est un film épistolaire qui se perd trop souvent dans des situations où l'on ne sait plus, à force, s'il faut rire ou pleurer. Néammoins, le filmage choisi permet d'être à tout moment proche de chaque policier. Peut-être alors que le propos du film est beaucoup plus modeste q'un polar d'investigation. Modeste mais aussi sincère, Maïwenn veut simplement nous montrer ce qu'est la vie d'un être humain plongé dans une situation sans cesse en contact avec la cruauté et la misère du monde. "Polisse" pour cela ne nous laisse pas indifférents, la souffrance de ces femmes et de ces hommes devient aussi la notre durant la durée du film.
Un film à la réalité brute, filmé comme un documentaire et avec des situations sans concessions, qui nous plonge dans une brigade pour mineurs bouleversante sans être trop dans le pathos pour autant car traitée avec une vision tantôt émotionnel, tantôt cynique. Un grande réussite et un coup de poing.
Le quotidien de la Brigade de Protection des Mineurs parisienne, qui lutte contre de nombreux problèmes affectant les enfants & adolescents, tout en gérant des situations personnelles souvent délicates. Maïwenn opte ici pour une approche quasi documentaire : gros plans, caméras à l'épaule, images & acteurs naturels, etc. Un choix qui permet de s'imprégner dans le travail difficile de ces policiers qui prennent souvent à cœur leurs affaires. D'autant plus que le film se centre uniquement sur ce travail, et ne s'intéresse jamais au devenir des coupables potentiels ou avérés qu'ils entendent. On reprochera peut-être le côté rocambolesque du scénario, qui enchaîne les histoires sordides les unes après les autres. Certes, celles-ci sont tirées de fait réels et d'une recherche documentaire, mais les enchaîner en quelques mois au sein de la même équipe, c'est un peu gros ! Cela n'empêche pas "Polisse" d'être aussi prenant que poignant, grâce notamment à une belle brochette de comédiens (en tête, Karine Viard et Marina Foïs), qui incarnent des personnages attachants et impliqués.