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Un visiteur
5,0
Publiée le 25 mars 2013
La critique de la dénommée "Kumbaya" traite ce chef d'oeuvre d'arnaque et lui reproche sa froideur. Il n'en est rien, évidemment! Un vrai moment de sincérité et d'émotion qui mérite sa renommée! Pas d'excès hollywoodiens de mélo, un peu daté certes, mais beaucoup de charme!
Extraordinaire chef d'oeuvre, hein ? Et bien non. Extraordinaire imposture oui. Pour vous, leçon numéro 1 de comment changer un film en chef d'oeuvre : 1 - Un réalisateur et un scénariste de légende 2 - Des acteurs immortels 3 - Une touche de poésie nunuche 4 - Un sujet dont on se remémorera facilement 5 - Une histoire intéressante autour du film, avec son grand contexte (tourné dans le Paris de l'occupation allemande) et son succès énorme à sa sortie 6 - 3 heures de durée pour en accroitre l'ampleur, du moins dans l'impression. ***Sur le papier c'est appâtant, mais formellement ça donne quoi ? Une arnaque habile, un vrai faux chef d'oeuvre. Le film est chiant. C'est un mot vernaculaire et simple, mais pas indigent. Le film écrase littéralement par son ennui, la difficulté de comprendre tant dans les messages, l'histoire et les émotions (!) à cause de la distance de l'oeuvre du spectateur. Le visuel tant vanté du film ajoute en fait une sorte de sensation d'étouffement. Pas que je sois anti vieille mise en scène, mais celle-là, bien loin de la fluidité de Lang et Ford, est difficile pour les yeux par ses déplacements imprécis et ses cadrages inconfortables (si ma mémoire est bonne, car ça fait quelques années) ; pas que je sois anti-noir et blanc, mais celui là est si sombre, si cotonneux et la pellicule dégradée par le temps charge l'image de tant de pointillés parasites que j'ai eu le malaise en moins d'une demi-heure. Bon, après tout ce que vous voulez c'est une belle histoire ? Histoire j'admets, mais belle ? Je ne sais pas pour vous, mais je connais peu de personnes -et j'ajoute que je ne fréquente pas des beaufs- qui pleureraient aujourd'hui devant une relation "poétique" ou les deux amoureux ne s'embrassent pas, ne s'approchent pas, restent à discuter et se dire des jolies mots, ne sont jamais directs, ne s'embrassent pas... Belle histoire de femme partagée entre deux hommes qui se la disputent, mais elle ne se partage pas entre eux, ne consomme pas. Pour un feu amoureux, c'est aussi torride qu'un bain Norvégien. Les larmes arrivent quand même - celles de la frustration de ne pas voir cette histoire aboutir et ne pas s'identifier à ces personnages distants. Alors me direz vous, il reste des acteurs mythiques ? Acteurs, peut être, mais interprétations ? Ici l'arnaque est aussi vicieuse que la prétention. L'épatant Pierre Brasseur ? Théâtral, certes, mais pourquoi semble t'il si statique, si incapable d'émettre une étincelle malgré ses beaux sourires et ses répliques cucul rendues agaçantes par un dur accent ? La divine Arletty alors ? Pour ceux qui pensent que le plus effroyable des accents parigos de la très vieille époque est le signe d'un talent d'acteur, ou qui trouvent que ce sont les dialogues de Prévert qu'elle récite d'une façon répétitive qui font la force de l'acteur, et pas ce que l'acteur fait de ces textes, peut être. Jean Louis Barrault, inoubliable ? Dans le sens où il est le plus attachant de cette galerie inquiétante, le plus vivant, peut être ; quoiqu'il ne diffère pas beaucoup d'eux, son humanité est agrandie chez lui par ses masques au nez disproportionné et ses costumes ridicules, apportent un peu de folie à cet objet antipathique qu'est le film. Bref, tout est mémorable, tous les ingrédients pour un des chefs d'oeuvre du 20eme siècle sont là, mais les prétendus cinéphiles n'ont pas oublié que les meilleurs ingrédients ne forment pas la meilleure recette, c'est l'alchimie qui détermine ? Un film poétique certes, totalement même, un film audacieux et unique qui s'assume oui, mais cela ne lui concède hélas (presque) aucune qualité.
Un casting comme il n'en a pas existé depuis, des répliques sublimes, une incroyable justesse, pas une once de mièvrerie, fabuleusement filmé ce qui fait des Enfants du Paradis l'un des meilleurs films français, si ce n'est le meilleur.
LES ENFANTS DU PARADIS « chef-d’œuvre indéboulonnable », cette « Joconde » ces « Misérables » du cinéma… qui sacralisent LES ENFANTS DU PARADIS : quel autre film a été l’objet d’une expo pour lui tout seul à la Cinémathèque de Paris ? Compte tenu des difficultés liées à l’époque du tournage, de l’implication de certains membres de l’équipe du film dans la résistance ou la collaboration, le film bénéficie d’une aura exceptionnelle, il a eu un gros succès, et sa restauration numérique est largement justifiée. Ce film figure dans la plupart des listes de meilleurs films de France, de tous les temps, du siècle, du monde, et j’en passe sûrement. J’aimerais pouvoir gommer Ce film de certaines listes pour faire la place à d’autres : il y a dans la production actuelle des « graines de chef-d’œuvres » qui, compte tenu du mode de distribution actuel et des médias moutonniers, passent inaperçus ou ne passent pas du tout, (là je pense à –par exemple- Dans la brume de Sergei Loznitsa). Si LES ENFANTS DU PARADIS était un film traité comme les autres et si (niaise utopie) tous les films étaient traités avec le même égard, je n’éprouverai pas le besoin de donner mon point de vue. Tout est trop parfait dans ce « monument du réalisme poétique » : Prévert en premier, les actrices et acteurs qui jouent tellement bien que l’on se croirait au théâtre, les décors superbes toujours éclairés plein pot de peur que l’on ne les voit pas, la musique de Kosma dirigée par Charles Münch comme un vrai concert. Tout est parfait pour ce film au tournage difficile compte tenu de l’époque. Pourtant, si la perfection est louable lorsque l’on fait refaire sa cuisine ou son salon, ce n’est pas suffisant pour crier au chef-d’œuvre dans le cas d’un film : la réalisation est très soignée, la fluidité entre les scènes est parfaite, mais il manque au film le grain de génie qui n’est pas compatible avec une perfection académique. Un « chef-d’œuvre », ce n’est pas une addition de talents, mais une osmose entre des talents avec le petit je ne sais quoi de plus : le génie. Qui est le vrai auteur des ENFANTS DU PARADIS, Carné ou Prévert ? Face à l’artisanat plus que parfait (donc un tantinet conventionnel) de Carné, c’est Prévert qui sort gagnant ; mais ce n’est pas une coopération entre les deux ou l’on se disputerait pour savoir ce qui est de l’un ou de l’autre ; le dialogue de Prévert est écrasant, ce n’est plus un film, c’est une récitation, un florilège de jolies phrases et de bons mots ; si bien que LES ENFANTS DU PARADIS est plus un film à « écouter » qu’à « regarder », et l’on ressent la jubilation qu’ont eus les acteurs à réciter plus que jouer. Il est courant de qualifier le film de « réalisme poétique » : pourquoi je n’adhère pas à ces brillants et littéraires dialogues déclamés sur le boulevard du Temple à Paris, alors que j’ai la larme à l’oeil devant les manifestants qui chantent chez Jacques Demy dans UNE CHAMBRE EN VILLE ? Parce que chez Demy il y a une magie, un bouchon poussé un peu trop loin que l’on accepte ou récuse. Réalisme poétique, si tant est que cela existe, c’est plus chez Demy que chez Carné qu’il se trouve. A la vue du film, à l’écoute surtout, je présume que lorsque Prévert avait un crayon en main il était difficile de l’arrêter…. et que ce n’est pas Carné qui a cherché à l’arrêter. Les moments de mime du Théâtre du Funambule sont bienvenus : Prévert-dialoguiste avait comme le spectateur besoin d’un peu de repos et le cinéma n’est pas la littérature et n’a pas toujours besoin du texte. On retrouve le même problème avec des films tels que LES TONTONS FLINGUEURS, avec les dialogues d’Audiard : mais (sauf dans des listes qui restent personnelles) il ne figure pas dans les anales des meilleurs films de l’histoire. La liste des meilleurs films de tous les temps, je peux faire la mienne, vous pouvez faire la vôtre, mais la mienne ou la votre ne sera pas gravée dans le marbre pour l’éternité !
Voici l'un des chefs-d’œuvre du cinéma français. En effet, c'est un film qui est très complet aussi bien formellement que dans le scénario. Il rassemble parfaitement le muet que le parlant en passant par le théâtre et nous transporte dans un univers saltimbanque où vivent aussi bien l'amour et la liberté que l'argent et l'hypocrisie. De plus, pour l'époque ont peut carrément dire que tous les acteurs sont bons. Et malgré la longueur du film, il passe tout seul et on ne s'ennuie jamais.
Découvert en salle de cinéma, en version restaurée. Somptueux. Un vrai pur bonheur de cinéma. Comment ne pas tomber sous le charme de ces comédiens hors pairs, qui défendent des personnages de rêve à travers des dialogues ciselés dans la dentelle !? Tout est beau dans ce film : décors, costumes, cadrages, lumière, récit. Rire, pleurer, compatir, rager au cinéma redevient naturel avec ces Enfants là.
Un grand classique du cinéma français qui vaut surtout pour son scénario, très complet et les magnifiques dialogues de Jacques Prévert. Un florilège de phrases splendides interprétés par un casting de luxe. La mise en scène est assez académique par contre le travail effectué sur les décors et les costumes est impressionnants.
découvrir ce film à 30 ans dans le magique studio 28 de Montmartre.... conditions idéales donc. j'ai compris en voyant les enfants du paradis pourquoi les cinéphiles en parlaient autant. il faut le voir. ils jouent tous à la perfection, servis par des dialogues justes, drôles. du grand grand cinéma (et je suis sûre que carné aurait été très intéressé par mon avis !)
Voilà déjà un bon moment que j'ai pu voir ce film dans sa version Blu-Ray , et ce n'est qu'aujourd'hui que je trouve le moment de vous faire part de mon avis sur ce (très) vieux film. Oui , il est vieux c'est clair. Et alors ? La vieillesse enlève t'elle un quelconque charme à cette oeuvre ? Loin de là !! "Les Enfants du Paradis" fait sans doute parti des plus grands classiques du cinéma français , mais c'est également bien plus que ça. Tout dans ce film m'aura fasciné , je dis bien tout ! Du jeu d'acteur ( tous sont inégalables , tout simplement) aux décors de ... l'avenue du crime , c'est ça ? (oui je ne me souviens pas de tout lol quelle honte ! En plus , c'est le titre de la première partie). Enfin bref , le film est d'une durée qui pourrait en décourager plus d'un (plus de 3h) et pourtant ce n'est là qu'un détail , tant on en reste baba. Je n'ai , pour ma part , pas vu le temps passer. L'histoire est plutôt classique , même pour l'époque (on avait déjà des romans parlant d'amour impossible et autres depuis bien longtemps) , mais la tournure prise par la fin de la seconde partie en surprendra plus d'un , car on est , cette fois-ci en revanche , bien loin du final habituel (non pas de "il vécurent heureux jusqu'à la fin des temps ici"). Mais je le répète encore une fois , tout le mérite de ce film revient principalement à la distribution Gargantuesque. Du jeu d'acteur incroyable de JL Barrault , sur des dialogues écrits par Prévert en personne. Et le tout , mis en scène par le très bon Marcel Carné ... Et vous obtenez , ce qui est à mon avis , l'un des plus gros films français jamais fait. A voir , encore et encore , juste pour le plaisir des yeux et des oreilles.
1 . VU EN DVD : Oui, pas terrible .... Comme d'autres , je trouve ce fim surfait , ennuyeux et convenu . Carné a fait beaucoup mieux , peut-être aussi plus modestement . Et les acteurs, eux aussi , en font des tonnes ... Bon, sorry, mais on peut oublier. 2. Revu au cinéma ( la filmothèque du quartier latin, décidemment un plaisir ) ... Et bien si, c'est pas mal du tout !!! Et ce qui m'avait ennuyé ne m'ennuie plus du tout, surtout dans la seconde partie ..
CONCLUSION : Mefiez vous comme de la peste du petit écran ( même comme chez moi ch'est un grand plasma..)
J'avoue avoir un peu hésité à aller voir ce film très long (3h10), et tellement encensé depuis sa sortie qu'il en paraît presque suspect. Je craignais particulièrement les dialogues de Prévert et leur côté "glorification des classes populaires" un peu gnagnan. Mais en fait, dès que le film commence, on ne pense plus à ces prévenances tant on est envouté par le tourbillon des personnages (un peu comme chez Lubitsch ou Max Ophüls) et captivé par des dialogues très superbement écrits (non non, pas de trace de gnagnanterie, sauf peut-être dans l'apologie du mime Deburau pour le "paradis" et son public... un poil remuant). On prend beaucoup de plaisir à voir ces personnages truculents : Pierre Brasseur en Frédérick Lemaître cabotin à souhait (cela rappelle que les acteurs du XIXe siècle n'avaient pas peur d'en faire trop !), accompagné de Robert Dhéry dans un petit rôle de comparse, Marcel Herrand en Lacenaire à l'orgueil si démesuré qu'il en devient ridicule, Gaston Modot en faux aveugle roublard, et bien sûr Jean-Louis Barrault dans le rôle du mime timide, tiraillé entre deux femmes. Par contre, les rôles féminins semblent avoir beaucoup moins bien vieilli : celui de Maria Casarès tourne vite au sentimentalisme, tandis que celui d'Arletty, s'il est passé à la postérité, c'est plus pour sa diction et son accent parigot que pour la qualité de son interprétation. Mais les trois heures passent en fait sans qu'on s'en rende compte, entre dialogues spirituels imprégnés de sagesse, et numéros d'acteurs (puisque c'est bien le thème du film), et on se dit en sortant de la salle que ce film magnifique n'est pas près de perdre son auréole de chef-d'œuvre.
Un film magnifique qui a malheureusement mal vieilli, et qui est de moins un moins connu. L'un des meilleurs films français qui nous fais découvrir la vie du monde artistique. Des acteurs talentueux, avec des répliques et des réflexions sur pertinentes et philosophiques sur le temps, l'amour, la vie.