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    Les enfants du paradis
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    4,3
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    151 critiques spectateurs

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    B-Lyndon
    B-Lyndon

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    5,0
    Publiée le 23 décembre 2011
    Le monde est une scène.
    Vaste.
    Sans fin.
    On y cri.
    On y hurle
    On y danse
    On y chante.
    Et la vie est une pièce de théâtre. Elle en a sa dimension, un côté vaudeville, un côté tragique. "Les enfants du paradis" s'ouvre et se clôt avec des rideaux, les rideaux "des Funambule", le théâtre de la passion. De l'amour. De la vie. Deux de ces enfants du paradis réinventeront l'histoire sans fin de leur amour éperdue, sur le lieu clé de leurs passion. L'homme blanc, prodige du mime, si gai et si triste, jouera sur scène sa propre douceur, ne se taira jamais, parlera avec ses gestes, avec son coeur, pour la femme magnifique qui l'enchantera.
    Elle, Garance au nom de fleur, rira sans cesse, chantera son bonheur sur tout les toits, mais personne ne la verra vraiment. Tel qu'elle est. Libre. Seule sur la scène, elle ne se dédoublera pas, ne jouera aucun rôle.
    Existera, simplement. Ne se soumettra pas au temps, partira, reviendra, sans arrêter de rire.
    Le scénario de Jacques Prévert, aux mots coulants, fleuve de paroles, ciel de poésie, montagne de dialogues, suivra grandiosement ces deux enfants.
    Le spectacle infini et grouillant de leur existence passionnée.
    Les acteurs, parfaits, apporteront chacun, avec leurs jeux soigné et leur gestuelle verbale et physique travaillée, un nouvel accomplissement dans chacune, mais vraiment chacune, des scène où ils apparaitront.
    Et les décors, la lumière, les plans, la musique...Tout ça à son paroxysme !
    Rare sont les films qui nous donnent une telle envie de vivre. Rare sont les films qui nous émeuvent autant.
    Le film est un trésor, à la douceur d'une plume, virevoltant au grès du vent.
    Des aventures surviennent, des malheurs arrivent, et pourtant, ici, rien n'est grave.
    Chef-d’œuvre pleins de feu et de musique.
    De gaieté et de tristesse.
    D'amour et de vie.
    La vie. C'est si simple la vie.
    L'amour. C'est si simple l'amour.
    Simple. Le film l'est aussi.
    Et c'est du bonheur à l'état pur...
    19/20
    QuelquesFilms.fr
    QuelquesFilms.fr

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    5,0
    Publiée le 4 décembre 2013
    Le film s'impose avec une évidence magnifique comme un chef-d'oeuvre, comme un petit miracle d'alchimie entre de nombreux talents. Il y a d'abord le scénario et les dialogues de Jacques Prévert qui jongle avec les mots comme personne, avec une verve constante, à la fois poétique et gouailleuse, gracieuse et ironique, légère et grave. C'est peut-être le plus beau texte jamais écrit pour le cinéma, dont certains extraits ou certaines répliques sont devenus cultes à juste titre ("Paris est si petit pour ceux qui s'aiment, comme nous, d'un aussi grand amour"...). L'histoire évoque les vies du mime Debureau, de l'acteur Frédérick Lemaître et de Lacenaire, le célèbre criminel. Trois destinées librement imbriquées et associées à celles de personnages imaginaires, dans le Paris de Balzac, sous Louis-Philippe. Une ville qui revit en une reconstitution fastueuse, superbe cadre d'un récit où il est question d'art de la scène (pantomime et théâtre), d'amour, de jalousie et de liberté. Le ton oscille avec bonheur entre un néoromantisme dramatique et une drôlerie irrésistible. Marcel Carné traduit l'inspiration de Jacques Prévert à l'écran, avec des plans savamment composés, de beaux clairs-obscurs et une parfaite fluidité narrative. Il magnifie deux thèmes centraux dans sa filmo : le destin et le grand amour impossible. Les Enfants du paradis constitue l'oeuvre phare du tandem Prévert-Carné (huit films à leur actif, de Jenny en 1936 aux Portes de la nuit en 1946) et l'une des plus belles incarnations du "réalisme poétique" que les deux hommes ont contribué à faire émerger dans les années 1930-1940. Le succès immédiat du film, critique et public, doit aussi beaucoup, évidemment, aux interprètes qui "habitent" intensément leur personnage. On a encensé le couple formé par Arletty et Jean-Louis Barrault. Elle, malicieuse et mélancolique. Lui, tour à tour lunaire et exalté. Mais les compositions de Pierre Brasseur (cabotin en diable dans le rôle de Frédérick Lemaître), Marcel Herrand (froidement cynique en Lacenaire) et Pierre Renoir (inquiétant et repoussant oiseau de mauvais augure, baptisé "Jéricho") sont tout aussi excellentes. L'association de ces talents marque ainsi l'apogée du cinéma français sous l'Occupation (et un apogée du cinéma en général).
    Le tournage de cette "superproduction", initialement franco-italienne, a débuté à Nice, dans les studios de la Victorine, en août 1943. Il s'est interrompu quand le régime fasciste de Mussolini est tombé, entraînant la défection du coproducteur italien, puis a recommencé sous la bannière française de Pathé, à Paris, en novembre. Pierre Renoir a alors repris le rôle tenu par Robert Le Vigan, en fuite vers l'Allemagne, tandis que le décorateur Alexandre Trauner et le compositeur Joseph Kosma, tous deux juifs, apportaient leur contribution au film "dans la clandestinité" (comme le précise le générique). Ce tournage mouvementé et paradoxal (car déployant une grande richesse de moyens - décors, costumes... - en des temps de restriction) s'est achevé en mars 1944. Mais il fallut encore filmer quelques scènes de raccord, après la Libération, en obtenant des autorités françaises qu'elles relâchent Arletty, arrêtée pour collaboration, le temps des prises de vue... Le film est finalement sorti en salles en mars 1945.
    François Truffaut, grand admirateur de cet oeuvre, dira en 1984, peu de temps avant de mourir : "Je donnerais tous mes films pour avoir réalisé Les Enfants du paradis."
    selenie
    selenie

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    5,0
    Publiée le 9 mars 2015
    Monuments du cinéma français et mondial "Les Enfants du Paradis" signe également la 6ème collaboration entre le réalisateur Marcel Carné et le poète Jacques Prévert, ils auront été l'un des couples les plus géniaux du cinéma, eux qui ont magnifié le style du réalisme poétique. Les artistes décident de reconstituer une époque qui mêlera personnages historiques plus ou moins romancés et des personnages fictifs, l'ensemble pour nous plonger dans les coulisses directes et indirectes du théâtre, sur scène et dans la rue foisonnante de Paris. Tous les dialogues sont d'une sublime fluidité poétique, nombre de passages sont devenus mythiques. Dans toute cette foule de personnages il en va du style ou comment la parole (Frédérick Lemaire et Shakespeare) veut s'imposer au mime (Jean-Baptiste Debureau) avec au centre l'incandescence et la gouaille de Arletty. Tourné entre août 1943 et juin 1944, pour la plus grande partie aux studios de la Victorine à Nice, le tournage s'avéra difficile pour la plus grande production française de l'époque.
     Kurosawa
    Kurosawa

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    5,0
    Publiée le 17 août 2015
    C'est au théâtre des Funambules que se jouent les destins amoureux tragiques de Garance, Nathalie, Baptiste et Frédérick Lemaitre dans "Les enfants du paradis", classique de Marcel Carné aux dialogues bouleversants de Jacques Prévert et aux acteurs en état de grâce. La beauté du film réside dans le lien très fort entre l'évolution des histoires d'amour et celle des relations entre les différents personnages. Si dans la première partie, Baptiste et Frédérik se détestent - ils sont en tout cas jaloux l'un de l'autre - une opposition subtilement créée à travers leurs métiers respectifs (le mime contre l'acteur, soit le geste contre la parole) et leur caractère (le timide qui n'ose déclarer son amour contre l'extraverti qui ne se pose aucune question), la seconde partie qui voit Garance s'éloigner des deux hommes finit par les réconcilier; elle fait naître un respect d'autant plus émouvant qu'il paraissait impossible. "Les enfants du paradis" est avant tout un film de personnages, dont la pluralité de caractéristiques rappelle celle des grands romans naturalistes du XIXème siècle (le jaloux orgueilleux, le riche mal-aimé, le timide au grand cœur, etc.), ces derniers influençant la structure même du film, avec ce découpage très précis de dialogues qui font progresser l'action et de péripéties anodines (les scènes de théâtre) à entendre comme une trêve au milieu de la tempête de sentiments. On rit, on tremble, on vibre et on pleure devant ce feu d'artifices sans cesse surprenant, cet ouragan d'inventivité revigorant et furieux, qui ne se défile pas devant une certaine complexité narrative pour mieux émouvoir devant l'évidence du drame. Ce qui fait des "enfants du paradis" un chef d'oeuvre, c'est son paradoxe: malgré la multitude de personnages, l’accumulation de sentiments et une ambition romanesque d'une ampleur considérable, le film ne donne jamais l'impression d'un trop-plein mais au contraire demeure toujours aérien et libre, comme en témoigne son final déchirant et ouvert, faisant appel à l'imagination du spectateur pour poursuivre une histoire encore plus folle et accompagner des personnages à jamais inoubliables.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    3,5
    Publiée le 6 novembre 2012
    Si je tiens bien mes comptes de banquier, c'est le second Carné que je vois. Le premier étant le quai des brumes que j'avais bien aimé.
    Le premier constat qui s'offre à moi c'est que les enfants du paradis, c'est toi, c'est moi, c'est nous (plus démagogique tu meurs comme formulation), on est là à voir le théâtre de la vie se dérouler devant nos yeux.
    C'est du théâtre, les dialogues de Prévert que j'aime beaucoup donnent à cette histoire un côté atemporel malgré que le film soit ancré dans une époque bien précise. L'histoire de ce film devient finalement complètement universelle : les amours contrariés.
    Parce que c'est de ça dont il est question, l'espoir d'aimer et d'être aimé en retour que l'on soit acteur prétentieux, malfrat, comte ou bien mime. On aspire tous à la même chose : être aimé par l'être que l'on aime. Seulement la vie vient se mettre sur le chemin de l'amour et finalement on se retrouve seul, ou bien oublié…
    L'histoire racontée par ce film est vraiment très belle, la mise en scène n'est pas non plus en reste, mais j'avoue que l'interprétation des acteurs ne m'a pas forcément touchée. Je les trouvais un peu froid. Et j'avais du mal à imaginer Arletty dans le rôle de la jeune et belle tant convoitée alors qu'on voyait les années sur son front qu'elle peinait à cacher. Du coup je n'y ai pas forcément cru.
    Ce drame aurait pu être déchirant, mais malheureusement le souci est là : je n'y crois pas forcément tout le temps. Arletty je ne la trouve pas vraiment belle, difficile alors de se convaincre que tous ces personnages lui courent après pour sa beauté. Peut-être les canons de beauté ont-il changé depuis 1945 ?
    Néanmoins il reste un scénario solide, triste, mélancolique avec une mise en scène habitée (je ne sais pas si ça se dit et si ça te pose un problème, je te zut). Et les dialogues, les dialogues, ils valent le détour, on a de très belles répliques, de très belles réflexions.
    Mais je ne suis pas forcément rentré dans le film autant que je l'aurai voulu.
    Estonius
    Estonius

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    5,0
    Publiée le 31 décembre 2017
    C'est avec une grande appréhension que j'entamais la vision de ce film, je n'apprécie pas spécialement Barrault ni la pantomime, et les "Visiteurs du soir" m'avaient terriblement déçu. Mais mes craintes se sont vite envolées devant tant de talents conjugués et de maestria, Le mise en scène donne le tournis, les dialogues sont parfaitement maitrisés évitant les péroraisons, l'interprétation est fabuleuse, Brasseur et Arletty jouent avec un naturel saisissant, Barrault est stupéfiant en mime, Herrand fabuleux en ange noir. L'histoire est à la fois simple et complexe, elle tourbillonne et on ne s'ennuie jamais, la musique de Kosma est excellente. Le fond est intéressant : six histoires d'amour fou mais jamais partagés sauf en de rares instants, reste à savoir comment les personnages le gère, c'est le sujet principal du film, et à ce jeu qui voit Herrand sombrer dans la machination criminelle et suicidaire, le comte qui se figure que son titre lui permet tout dans l'abjection, Casares dans le déni et Barrault dans la folie. seuls les personnages joués par Brasseur et Arletty s'en sortent avec intelligence et dignité. Le personnage interprété par Arletty est particulièrement fort, une femme restée maîtresse de son destin mais qui sait rester lucide… et amoureuse. Un sans faute, Le chef d'œuvre de Carné et une perle dans l'histoire du cinéma.
    Benjamin A
    Benjamin A

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    4,0
    Publiée le 12 mars 2022
    Les Enfants du Paradis est l'une des rares superproductions françaises tournées durant la Seconde Guerre mondiale en zone libre, bénéficiant d'un immense budget, mais aussi des aléas de l'époque, avec pellicules rationnées et coupures d'électricité fréquentes.

    Ce qui marque assez vite dans Les Enfants du Paradis, c'est à quel point l'œuvre est vivante. Tout est fluide, tous les éléments sont parfaitement intégrés à la mise en scène, que ce soit les costumes, décors, les arrière-plans et surtout les personnages naviguant au milieu de ceux-ci. C'est remarquable, la caméra vole et le temps s'immobilise, Marcel Carné nous fait vivre l'œuvre, enfin les œuvres, la sienne et celles contenues à l'intérieur, du théâtre, des mimes ou des spectacles populaires, et c'est superbe.

    La poésie traverse Les Enfants du Paradis, l'inspiration de Jacques Prévert magnifie les travaux de Carné et est primordiale au film. Le rêve est une composante importante du récit et le personnage de Baptiste en est le plus bel élément, tant dans ses actes que ses pensées. Il symbolise aussi les différents langages que l'on voit dans le film, celui du corps (via Baptiste et l'ensemble des comédiens) puis celui de l'esprit, et l'alchimie entre les deux forment la grande réussite du film. Cette poésie prend plusieurs formes, et se retrouve partout, les décors du Théâtre des Funambules en est un bel exemple, et véhicule plusieurs émotions différentes, allant de la mélancolie à l'ivresse.

    C'est dans ses personnages que Les Enfants du Paradis est une grande réussite, ils sont d'une fraicheur, d'une authenticité et la poésie respire à travers eux. Certains reprennent des personnages ayant réellement existé (Baptiste, Frédérick Lemaître, Pierre-François Lacenaire…), ils sont remarquablement interprétés et, bénéficiant de l'excellente écriture de Jacques Prévert, portent le film sur leurs épaules. Les séquences où ils jouent un rôle sont superbes, notamment lorsque Baptiste entre en scène, et tous ses personnages sont bercés par l'amour, l'illusion de celui-ci ainsi que les croyances qu'il entraine.

    L'atmosphère est tout le long prenante sublimée, notamment, par les éclairages signés Roger Hubert. Les Enfants du Paradis construit aussi son intemporalité sur les lieux, à l'image du boulevard du Crime sur lequel on découvre tous les personnages ou le théâtre des Funambules. Le temps n'a pas d'effets sur ces lieux et démontre, à nouveau, la magie et l'intemporalité du cinéma et du monde du spectacle.

    Les Enfants du Paradis permet à Marcel Carné et Jacques Prévert de signer une œuvre intemporelle sur le Cinéma et le monde du spectacle, teintée de poésie, de mélancolie et d'amour, nous emmenant dans des lieux inoubliables pour côtoyer des personnages sur lesquels le temps n'a aucun effet sur eux.
    Sagramanga
    Sagramanga

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    4,5
    Publiée le 28 novembre 2012
    J'avoue avoir un peu hésité à aller voir ce film très long (3h10), et tellement encensé depuis sa sortie qu'il en paraît presque suspect. Je craignais particulièrement les dialogues de Prévert et leur côté "glorification des classes populaires" un peu gnagnan.
    Mais en fait, dès que le film commence, on ne pense plus à ces prévenances tant on est envouté par le tourbillon des personnages (un peu comme chez Lubitsch ou Max Ophüls) et captivé par des dialogues très superbement écrits (non non, pas de trace de gnagnanterie, sauf peut-être dans l'apologie du mime Deburau pour le "paradis" et son public... un poil remuant).
    On prend beaucoup de plaisir à voir ces personnages truculents : Pierre Brasseur en Frédérick Lemaître cabotin à souhait (cela rappelle que les acteurs du XIXe siècle n'avaient pas peur d'en faire trop !), accompagné de Robert Dhéry dans un petit rôle de comparse, Marcel Herrand en Lacenaire à l'orgueil si démesuré qu'il en devient ridicule, Gaston Modot en faux aveugle roublard, et bien sûr Jean-Louis Barrault dans le rôle du mime timide, tiraillé entre deux femmes. Par contre, les rôles féminins semblent avoir beaucoup moins bien vieilli : celui de Maria Casarès tourne vite au sentimentalisme, tandis que celui d'Arletty, s'il est passé à la postérité, c'est plus pour sa diction et son accent parigot que pour la qualité de son interprétation.
    Mais les trois heures passent en fait sans qu'on s'en rende compte, entre dialogues spirituels imprégnés de sagesse, et numéros d'acteurs (puisque c'est bien le thème du film), et on se dit en sortant de la salle que ce film magnifique n'est pas près de perdre son auréole de chef-d'œuvre.
    Julien D
    Julien D

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    5,0
    Publiée le 7 novembre 2012
    Sous l’occupation, Marcel Carné a eu le culot de filmer ce plaidoyer de la liberté artistique en le tournant en partie en secret. Ecrit comme un vaste vaudeville mêlant à la fois le réalisme dramatique et l’onirisme romantique, ce magnifique hommage fait à quelques grandes figures de l’art théâtral Parisien du début du 19ème siècle bénéficie d’une qualité irréprochable tant dans ses dialogues, les répliques signés de Jacques Prévert faisant preuve d’un lyrisme enivrant, que sur l’aspect esthétique qui nous plonge dans un monde où seule la scène offre une façon de s’évader au peuple tiraillé par le pouvoir d’une bourgeoisie cynique et froide. Bien évidemment, les acteurs sont eux aussi pour beaucoup dans la magie que procure ce chef d’œuvre, puisqu’autour du charme magnétique les jeux de mimes de Barrault ou encore le jeu exubérant de Pierre Brasseur lui donnent autant de charme que d’humour.
    cylon86
    cylon86

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    5,0
    Publiée le 26 octobre 2012
    S'il n'y avait qu'un grand classique à retenir dans le patrimoine français, ce serait sûrement celui-là. "Les enfants du Paradis" tient du miracle : tourné pendant la Seconde Guerre Mondiale de façon quasi-clandestine (Jacques Prévert, scénariste du film, était résistant) avec un thème qui ne lui garantissait pas sa sortie sous une France occupée, il en sort pourtant un chef-d’œuvre. Avec une volonté aussi bien historique (certains personnages ont réellement existé) que romanesque, Carné et Prévert dépeignent le Paris du début du XIXème siècle et nous replongent dans ces années fantasques où le théâtre est roi et où les artistes peuvent aussi bien être des assassins que des âmes sensibles. A priori il n'y a rien de bien original dans cette histoire mais Prévert écrit de fabuleux dialogues et sait apporter du rythme à l'intrigue (qui dure tout de même 3 heures !) sans tomber dans les clichés. La réalisation de Marcel Carné n'a quasiment pas vieilli et immerge le spectateur à merveille dans un univers plein de poésie et d'amour. D'amertume également mais qu'importe quand on peut passer une nuit avec le grand amour de sa vie. Et parmi toute cette galerie de personnages hauts en couleur, on retient surtout Jean-Louis Barrault, superbe en mime éperdument amoureux, Arletty pleine de vie en femme qui aime les plaisirs simples, Pierre Brasseur rempli d'énergie en comédien fantasque et un Marcel Herrand mystérieux en assassin distingué et cynique. Que du bonheur !
    JeffPage
    JeffPage

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    5,0
    Publiée le 12 novembre 2012
    Chef d'œuvre du cinéma français, le film se caractérise par une beauté magistrale et des dialogues d'une beauté et d'une poésie jamais égalé. En nous racontant les histoires d'amour d'acteurs, Marcel Carné et Jacques Prevert nous entraîne dans le monde du théâtre avec une maîtrise parfaite du sujet. Une classiques qui ne vieillit pas et reste toujours aussi fort !
    tuco-ramirez
    tuco-ramirez

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    5,0
    Publiée le 14 novembre 2012
    Paris 1828 sur le boulevard du crime. Ce boulevard parisien est bondé de théâtre où se joue des vaudevilles ; çà grouille de monde, d’artistes et de maraudeurs de tout poil. Dans cette foule vont se nouer et se dénouer des histoires d’amour entre scène et vie réelle. Garance et Baptiste en seront les acteurs principaux.
    Chef d’œuvre du cinéma mondial figurant dans le top ten des meilleurs films de tous les temps ; même s’il fût moqué par la nouvelle vague le trouvant vieillot. Ce film à tiroir ; plaidoyer contre l’occupation, histoire d’amour impossible, frontière floue entre la représentation et la vie réelle ; reste tout de même accessible par tous car porté par un thème universel et intemporel.
    Quatre hommes se battent pour obtenir les faveurs de la belle insoumise et libre Garance. Au premier rang de ses courtisans, Baptiste est un jeune insouciant, tendre et éperdument amoureux de cette femme inaccessible pour lui. Tant d’émotion passe dans le regard de celui joué par un comédien de théâtre phare de cette époque (Jean Louis Barrault). Un jeu hors pair aussi bien dans le mime que dans le parlant ; il rend un vibrant hommage à Chaplin mais aussi au taciturne Buster Keaton. Pour la réplique, la sublime Arletty offre un effet miroir dans l’expression de ses émotions à Barrault : un des couples majeurs du cinéma. Et pourtant cette idylle est impossible pour celle qui fuit dans la foule à chaque fois que sa liberté pourrait être entravée. Arletty verra sa carrière brisée suite à une histoire d’amour avec un officier allemand. La chasse aux collaborateurs ne l’épargnera pas ; elle qui considérait le cinéma comme son argent poche dira à propos de son histoire d’amour dans sa gouaille naturelle : « mon cœur est français, mais mon cul est international ».
    Pour ce film, Marcel Carné, déjà auteur de plusieurs chef d’œuvres (Quai des brumes, les visiteurs du soir, Hotel du Nord, Drôle de dames), s’associe avec un grand poête : Jacques Prévert. Rarement des dialogues ont autant acquis d’intensité visuelle dans un film où la voix (Fréderick est shakespearien) cherche à s’imposer par rapport au geste (Baptiste est un mime) : « vos gueules là haut, on n’entend plus la pantomime ». Les enfants du paradis porté par la prose de Prévert est un monument du dialogue cinématographique. Ce film concentre un nombre de réplique innombrable porté à la postérité ; peut être Audiard fît aussi riche. La mise en scène de Carné, entre théâtre filmé et réalité théâtrale filmée est élégante et surtout très intelligente. Par sa réalisation, la scène traduit la vie ainsi que la vie ressemble à la scène. Il nous perd entre scène et vie réel : où est le miroir et son reflet. Une des plus belles scènes du film est donc celle ou sur scène Baptiste s’aperçoit que Garance, en coulisse, est amoureuse d’un autre ; tout cela sur scène devant les yeux de la femme qui l’aime lui. Une mise en abyme de haut vol.
    Un délice de film que je revoyais pour la 3ème fois en 24 ans environ… 3 fois, 3 âges différents, 3 plaisirs différents mais toujours plus fort. Un incontournable.
    pgioan
    pgioan

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    3,5
    Publiée le 15 juin 2013
    1 . VU EN DVD : Oui, pas terrible .... Comme d'autres , je trouve ce fim surfait , ennuyeux et convenu . Carné a fait beaucoup mieux , peut-être aussi plus modestement . Et les acteurs, eux aussi , en font des tonnes ... Bon, sorry, mais on peut oublier.
    2. Revu au cinéma ( la filmothèque du quartier latin, décidemment un plaisir ) ... Et bien si, c'est pas mal du tout !!! Et ce qui m'avait ennuyé ne m'ennuie plus du tout, surtout dans la seconde partie ..

    CONCLUSION : Mefiez vous comme de la peste du petit écran ( même comme chez moi ch'est un grand plasma..)
    anonyme
    Un visiteur
    4,0
    Publiée le 20 avril 2016
    Il est facile de concevoir qu'à l'heure actuelle où nous sommes nourris aux blockbusters d'action ou de comédie (pour le meilleur ou pour le pire), un film comme Les enfants du paradis est assez démodé... On peut également le prendre sous un autre angle et se dire qu'on est passé d'une fresque sentimentale grandiose, impressionnante (par sa réalisation, ses décors, ses costumes...) à des immondices comme Les nouvelles aventures d'Aladin. Et alors c'est bien simple, quand on aime le cinéma on ne peut qu'admirer le savoir-faire de Carné, les prises de risque de l'homme, surtout à notre époque, où justement celles-ci sont proscrites, on ne peut que trouver les personnages sublimes, bien écrits et bien interprétés, et je pense que ce sont des qualités qu'on ne peut qu'objectivement reconnaître au film, que derrière on arrive à rentrer dedans ou non (pour ma part aucun problème, même si j'ai moins été fasciné par la seconde partie). Donc on peut parfaitement être réac en regardant ce genre de film, et c'est rageant parce que moi je hais les réacs, et pourtant pendant 3 heures je le suis presque devenu.
    anonyme
    Un visiteur
    5,0
    Publiée le 13 septembre 2011
    Un film de 3H où l on ne s ennuie jamais car plein de poésie. Arletty inoubliable Garance est entourée de prestigieux acteurs. Un grand film
    Les meilleurs films de tous les temps
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