Les Enfants du Paradis
Note moyenne
4,3
5999 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

167 critiques spectateurs

5
91 critiques
4
43 critiques
3
18 critiques
2
5 critiques
1
7 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
QuelquesFilms.fr

351 abonnés 1 756 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 décembre 2023
Le film s'impose avec une évidence magnifique comme un chef-d'oeuvre, comme un petit miracle d'alchimie entre de nombreux talents. Il y a d'abord le scénario et les dialogues de Jacques Prévert qui jongle avec les mots comme personne, avec une verve constante, à la fois poétique et gouailleuse, gracieuse et ironique, légère et grave. C'est peut-être le plus beau texte jamais écrit pour le cinéma, dont certains extraits ou certaines répliques sont devenus cultes à juste titre ("Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment, comme nous, d'un aussi grand amour"...). L'histoire évoque les vies du mime Debureau, de l'acteur Frédérick Lemaître et du criminel Lacenaire. Trois destinées librement imbriquées et associées à celles de personnages imaginaires, dans le Paris de Balzac, sous Louis-Philippe. Une ville qui revit en une reconstitution fastueuse, superbe cadre d'un récit où il est question d'art de la scène (pantomime et théâtre), d'amour, de jalousie et de liberté. Le ton oscille avec bonheur entre un néoromantisme dramatique et une drôlerie irrésistible. Marcel Carné traduit l'inspiration de Jacques Prévert à l'écran, avec des plans savamment composés, de beaux clairs-obscurs et une parfaite fluidité narrative. Il magnifie deux thèmes centraux dans sa filmographie : le destin et le grand amour impossible. Les Enfants du paradis constitue l'oeuvre phare du tandem Prévert-Carné (huit films à leur actif, de Jenny en 1936 aux Portes de la nuit en 1946) et l'une des plus belles illustrations du "réalisme poétique" que les deux hommes ont contribué à faire émerger dans les années 1930-1940. Le succès immédiat du film, critique et public, doit aussi beaucoup, évidemment, aux interprètes qui "habitent" intensément leur personnage. On a encensé le couple formé par Arletty et Jean-Louis Barrault. Elle, malicieuse et mélancolique. Lui, tour à tour lunaire et exalté. Mais les compositions de Pierre Brasseur (cabotin en diable dans le rôle de Frédérick Lemaître), Marcel Herrand (froidement cynique en Lacenaire) et Pierre Renoir (inquiétant et repoussant oiseau de mauvais augure, baptisé "Jéricho") sont tout aussi excellentes. L'association de ces talents marque ainsi l'apogée du cinéma français sous l'Occupation (et un apogée du cinéma en général).
Le tournage de cette "superproduction", initialement franco-italienne, a débuté à Nice, dans les studios de la Victorine, en août 1943. Il s'est interrompu quand le régime fasciste de Mussolini est tombé, entraînant la défection du coproducteur italien, puis a recommencé sous la bannière française de Pathé, à Paris, en novembre. Pierre Renoir a alors repris le rôle tenu par Robert Le Vigan, en fuite vers l'Allemagne, tandis que le décorateur Alexandre Trauner et le compositeur Joseph Kosma, tous deux juifs, apportaient leur contribution au film "dans la clandestinité" (comme le précise le générique). Ce tournage mouvementé et paradoxal (car déployant une grande richesse de moyens - décors, costumes... - en des temps de restriction) s'est achevé en mars 1944. Mais il fallut encore filmer quelques scènes de raccord, après la Libération, en obtenant des autorités françaises qu'elles relâchent Arletty, arrêtée pour collaboration, le temps des prises de vue... Le film est finalement sorti en salles en mars 1945.
François Truffaut dira en 1984, peu de temps avant de mourir : "Je donnerais tous mes films pour avoir réalisé Les Enfants du paradis."
B-Lyndon
B-Lyndon

86 abonnés 45 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 décembre 2011
Le monde est une scène.
Vaste.
Sans fin.
On y cri.
On y hurle
On y danse
On y chante.
Et la vie est une pièce de théâtre. Elle en a sa dimension, un côté vaudeville, un côté tragique. "Les enfants du paradis" s'ouvre et se clôt avec des rideaux, les rideaux "des Funambule", le théâtre de la passion. De l'amour. De la vie. Deux de ces enfants du paradis réinventeront l'histoire sans fin de leur amour éperdue, sur le lieu clé de leurs passion. L'homme blanc, prodige du mime, si gai et si triste, jouera sur scène sa propre douceur, ne se taira jamais, parlera avec ses gestes, avec son coeur, pour la femme magnifique qui l'enchantera.
Elle, Garance au nom de fleur, rira sans cesse, chantera son bonheur sur tout les toits, mais personne ne la verra vraiment. Tel qu'elle est. Libre. Seule sur la scène, elle ne se dédoublera pas, ne jouera aucun rôle.
Existera, simplement. Ne se soumettra pas au temps, partira, reviendra, sans arrêter de rire.
Le scénario de Jacques Prévert, aux mots coulants, fleuve de paroles, ciel de poésie, montagne de dialogues, suivra grandiosement ces deux enfants.
Le spectacle infini et grouillant de leur existence passionnée.
Les acteurs, parfaits, apporteront chacun, avec leurs jeux soigné et leur gestuelle verbale et physique travaillée, un nouvel accomplissement dans chacune, mais vraiment chacune, des scène où ils apparaitront.
Et les décors, la lumière, les plans, la musique...Tout ça à son paroxysme !
Rare sont les films qui nous donnent une telle envie de vivre. Rare sont les films qui nous émeuvent autant.
Le film est un trésor, à la douceur d'une plume, virevoltant au grès du vent.
Des aventures surviennent, des malheurs arrivent, et pourtant, ici, rien n'est grave.
Chef-d’œuvre pleins de feu et de musique.
De gaieté et de tristesse.
D'amour et de vie.
La vie. C'est si simple la vie.
L'amour. C'est si simple l'amour.
Simple. Le film l'est aussi.
Et c'est du bonheur à l'état pur...
19/20
Estonius

4 733 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 décembre 2017
C'est avec une grande appréhension que j'entamais la vision de ce film, je n'apprécie pas spécialement Barrault ni la pantomime, et les "Visiteurs du soir" m'avaient terriblement déçu. Mais mes craintes se sont vite envolées devant tant de talents conjugués et de maestria, Le mise en scène donne le tournis, les dialogues sont parfaitement maitrisés évitant les péroraisons, l'interprétation est fabuleuse, Brasseur et Arletty jouent avec un naturel saisissant, Barrault est stupéfiant en mime, Herrand fabuleux en ange noir. L'histoire est à la fois simple et complexe, elle tourbillonne et on ne s'ennuie jamais, la musique de Kosma est excellente. Le fond est intéressant : six histoires d'amour fou mais jamais partagés sauf en de rares instants, reste à savoir comment les personnages le gère, c'est le sujet principal du film, et à ce jeu qui voit Herrand sombrer dans la machination criminelle et suicidaire, le comte qui se figure que son titre lui permet tout dans l'abjection, Casares dans le déni et Barrault dans la folie. seuls les personnages joués par Brasseur et Arletty s'en sortent avec intelligence et dignité. Le personnage interprété par Arletty est particulièrement fort, une femme restée maîtresse de son destin mais qui sait rester lucide… et amoureuse. Un sans faute, Le chef d'œuvre de Carné et une perle dans l'histoire du cinéma.
selenie

7 438 abonnés 6 642 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 mars 2015
Monuments du cinéma français et mondial "Les Enfants du Paradis" signe également la 6ème collaboration entre le réalisateur Marcel Carné et le poète Jacques Prévert, ils auront été l'un des couples les plus géniaux du cinéma, eux qui ont magnifié le style du réalisme poétique. Les artistes décident de reconstituer une époque qui mêlera personnages historiques plus ou moins romancés et des personnages fictifs, l'ensemble pour nous plonger dans les coulisses directes et indirectes du théâtre, sur scène et dans la rue foisonnante de Paris. Tous les dialogues sont d'une sublime fluidité poétique, nombre de passages sont devenus mythiques. Dans toute cette foule de personnages il en va du style ou comment la parole (Frédérick Lemaire et Shakespeare) veut s'imposer au mime (Jean-Baptiste Debureau) avec au centre l'incandescence et la gouaille de Arletty. Tourné entre août 1943 et juin 1944, pour la plus grande partie aux studios de la Victorine à Nice, le tournage s'avéra difficile pour la plus grande production française de l'époque.
 Kurosawa

672 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 août 2015
C'est au théâtre des Funambules que se jouent les destins amoureux tragiques de Garance, Nathalie, Baptiste et Frédérick Lemaitre dans "Les enfants du paradis", classique de Marcel Carné aux dialogues bouleversants de Jacques Prévert et aux acteurs en état de grâce. La beauté du film réside dans le lien très fort entre l'évolution des histoires d'amour et celle des relations entre les différents personnages. Si dans la première partie, Baptiste et Frédérik se détestent - ils sont en tout cas jaloux l'un de l'autre - une opposition subtilement créée à travers leurs métiers respectifs (le mime contre l'acteur, soit le geste contre la parole) et leur caractère (le timide qui n'ose déclarer son amour contre l'extraverti qui ne se pose aucune question), la seconde partie qui voit Garance s'éloigner des deux hommes finit par les réconcilier; elle fait naître un respect d'autant plus émouvant qu'il paraissait impossible. "Les enfants du paradis" est avant tout un film de personnages, dont la pluralité de caractéristiques rappelle celle des grands romans naturalistes du XIXème siècle (le jaloux orgueilleux, le riche mal-aimé, le timide au grand cœur, etc.), ces derniers influençant la structure même du film, avec ce découpage très précis de dialogues qui font progresser l'action et de péripéties anodines (les scènes de théâtre) à entendre comme une trêve au milieu de la tempête de sentiments. On rit, on tremble, on vibre et on pleure devant ce feu d'artifices sans cesse surprenant, cet ouragan d'inventivité revigorant et furieux, qui ne se défile pas devant une certaine complexité narrative pour mieux émouvoir devant l'évidence du drame. Ce qui fait des "enfants du paradis" un chef d'oeuvre, c'est son paradoxe: malgré la multitude de personnages, l’accumulation de sentiments et une ambition romanesque d'une ampleur considérable, le film ne donne jamais l'impression d'un trop-plein mais au contraire demeure toujours aérien et libre, comme en témoigne son final déchirant et ouvert, faisant appel à l'imagination du spectateur pour poursuivre une histoire encore plus folle et accompagner des personnages à jamais inoubliables.
gimliamideselfes

3 429 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 novembre 2012
Si je tiens bien mes comptes de banquier, c'est le second Carné que je vois. Le premier étant le quai des brumes que j'avais bien aimé.
Le premier constat qui s'offre à moi c'est que les enfants du paradis, c'est toi, c'est moi, c'est nous (plus démagogique tu meurs comme formulation), on est là à voir le théâtre de la vie se dérouler devant nos yeux.
C'est du théâtre, les dialogues de Prévert que j'aime beaucoup donnent à cette histoire un côté atemporel malgré que le film soit ancré dans une époque bien précise. L'histoire de ce film devient finalement complètement universelle : les amours contrariés.
Parce que c'est de ça dont il est question, l'espoir d'aimer et d'être aimé en retour que l'on soit acteur prétentieux, malfrat, comte ou bien mime. On aspire tous à la même chose : être aimé par l'être que l'on aime. Seulement la vie vient se mettre sur le chemin de l'amour et finalement on se retrouve seul, ou bien oublié…
L'histoire racontée par ce film est vraiment très belle, la mise en scène n'est pas non plus en reste, mais j'avoue que l'interprétation des acteurs ne m'a pas forcément touchée. Je les trouvais un peu froid. Et j'avais du mal à imaginer Arletty dans le rôle de la jeune et belle tant convoitée alors qu'on voyait les années sur son front qu'elle peinait à cacher. Du coup je n'y ai pas forcément cru.
Ce drame aurait pu être déchirant, mais malheureusement le souci est là : je n'y crois pas forcément tout le temps. Arletty je ne la trouve pas vraiment belle, difficile alors de se convaincre que tous ces personnages lui courent après pour sa beauté. Peut-être les canons de beauté ont-il changé depuis 1945 ?
Néanmoins il reste un scénario solide, triste, mélancolique avec une mise en scène habitée (je ne sais pas si ça se dit et si ça te pose un problème, je te zut). Et les dialogues, les dialogues, ils valent le détour, on a de très belles répliques, de très belles réflexions.
Mais je ne suis pas forcément rentré dans le film autant que je l'aurai voulu.
Rémi P.
Rémi P.

31 abonnés 48 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2021
Avec "Les Enfants du Paradis", la collaboration Carné-Prévert atteint des sommets de poésie, d'émotions, de mise en scène... bref, de cinéma ! Le film est porté tant par un casting impressionnant (Arletty, Barrault, Casarès et notamment Brasseur et Herrand, en état de grâce) que par des dialogues géniaux (Exemple : "S'il fallait tuer tous les imbéciles... - Oui bien sûr, et pourtant... Ça simplifierait tellement les choses"), et les situations sont toutes plus savoureuses les une que les autres : le film alterne subtilement entre les scènes dramatiques ou comiques et des reconstitutions théâtrales absolument fabuleuses. A travers les destins et intrigues de Baptiste, Garance, Frédérick et Lacenaire, Carné réalise un portrait nostalgique de la grande époque du théâtre et de la pantomime, sur le Boulevard du Crime ! On est notamment émerveillé par les reconstitutions des pantomimes de Baptiste, spectacle (quasiment) disparu aujourd'hui et dont la disparition fait écho avec celle, analogue, du cinéma muet. En clair, avec "Les Enfants du Paradis", Carné et Prévert réalisent une grande fresque sur la beauté de la comédie, illustrée par des personnages magnifiques et nous offrent l'un des plus grands films de notre cinéma français ! A voir absolument... "Paris est tout petit, pour ceux qui s'aiment comme nous d'un amour si grand"
Benjamin A

806 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mars 2022
Les Enfants du Paradis est l'une des rares superproductions françaises tournées durant la Seconde Guerre mondiale en zone libre, bénéficiant d'un immense budget, mais aussi des aléas de l'époque, avec pellicules rationnées et coupures d'électricité fréquentes.

Ce qui marque assez vite dans Les Enfants du Paradis, c'est à quel point l'œuvre est vivante. Tout est fluide, tous les éléments sont parfaitement intégrés à la mise en scène, que ce soit les costumes, décors, les arrière-plans et surtout les personnages naviguant au milieu de ceux-ci. C'est remarquable, la caméra vole et le temps s'immobilise, Marcel Carné nous fait vivre l'œuvre, enfin les œuvres, la sienne et celles contenues à l'intérieur, du théâtre, des mimes ou des spectacles populaires, et c'est superbe.

La poésie traverse Les Enfants du Paradis, l'inspiration de Jacques Prévert magnifie les travaux de Carné et est primordiale au film. Le rêve est une composante importante du récit et le personnage de Baptiste en est le plus bel élément, tant dans ses actes que ses pensées. Il symbolise aussi les différents langages que l'on voit dans le film, celui du corps (via Baptiste et l'ensemble des comédiens) puis celui de l'esprit, et l'alchimie entre les deux forment la grande réussite du film. Cette poésie prend plusieurs formes, et se retrouve partout, les décors du Théâtre des Funambules en est un bel exemple, et véhicule plusieurs émotions différentes, allant de la mélancolie à l'ivresse.

C'est dans ses personnages que Les Enfants du Paradis est une grande réussite, ils sont d'une fraicheur, d'une authenticité et la poésie respire à travers eux. Certains reprennent des personnages ayant réellement existé (Baptiste, Frédérick Lemaître, Pierre-François Lacenaire…), ils sont remarquablement interprétés et, bénéficiant de l'excellente écriture de Jacques Prévert, portent le film sur leurs épaules. Les séquences où ils jouent un rôle sont superbes, notamment lorsque Baptiste entre en scène, et tous ses personnages sont bercés par l'amour, l'illusion de celui-ci ainsi que les croyances qu'il entraine.

L'atmosphère est tout le long prenante sublimée, notamment, par les éclairages signés Roger Hubert. Les Enfants du Paradis construit aussi son intemporalité sur les lieux, à l'image du boulevard du Crime sur lequel on découvre tous les personnages ou le théâtre des Funambules. Le temps n'a pas d'effets sur ces lieux et démontre, à nouveau, la magie et l'intemporalité du cinéma et du monde du spectacle.

Les Enfants du Paradis permet à Marcel Carné et Jacques Prévert de signer une œuvre intemporelle sur le Cinéma et le monde du spectacle, teintée de poésie, de mélancolie et d'amour, nous emmenant dans des lieux inoubliables pour côtoyer des personnages sur lesquels le temps n'a aucun effet sur eux.
Buzz063
Buzz063

98 abonnés 919 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juillet 2012
Un des films français les plus connus et célébrés dont l’histoire romanesque s’inspire à l’évidence des grandes œuvres littéraires du XIXe siècle. Le récit est d’une grande ambition, aussi bien par son ampleur, sa durée dans le temps, le nombre de personnages que par sa description de grands sentiments et de destins qui se croisent, se séparent et se retrouvent.
Le film rend hommage à l’art scénique en général, qu’il soit prestigieux ou populaire, Carné prend d’ailleurs le temps de filmer de longues séquences de spectacles.
Les acteurs sont inspirés et rendent justice au brio des dialogues écrits par Jacques Prévert et incarnent avec talent des personnages pour la plupart hauts en couleurs.
L’écrin est aussi à la hauteur du diamant. La reconstitution est ainsi magnifique, qu’il s’agisse des costumes ou du monumental décor du Boulevard du crime, d’autant plus impressionnant qu’il a été conçu à une époque particulièrement trouble, où les moyens manquaient cruellement.
chrischambers86

16 158 abonnés 13 107 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 février 2025
Quatre-vingt ans après sa sortie, "Les Enfants du Paradis" (1945) font toujours autant bonne figure dans le classement du plus grand film français de tous les temps! Son importance est même encore plus considèrable aujourd'hui! Ce monument du cinèma tout court, que l'on peut considèrer comme le chef d'oeuvre de Marcel Carnè, nous transporte dans le Paris de 1840 à l'èpoque du fameux « boulevard du Crime » . Sur un texte inoubliable de Jacques Prèvert (« Paris est tout petit pour ceux qui, comme nous, s'aiment d'un aussi grand amour »), Arletty et Jean-Louis Barrault se laissent dèvorer par la passion et par un amour irrèmèdiablement perdu! Histoire donc d'un amour fou et impossible entre une femme libre et un mime rêveur! Autour de ce couple maudit, la camèra de Carnè rôde avec une admirable subtilitè et profondeur! Mais que serait "Les Enfants du Paradis" sans le cabot gènial Pierre Brasseur et la savante simplicitè du grand comèdien qu'ètait Marcel Herrand dans le rôle de Lacenaire ? En rèsulte une oeuvre romantique par excellence, formidablement reconstituèe en studio, que l'on peut dèdier à tous les amoureux du vieux Paris...
Sagramanga
Sagramanga

24 abonnés 87 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 novembre 2012
J'avoue avoir un peu hésité à aller voir ce film très long (3h10), et tellement encensé depuis sa sortie qu'il en paraît presque suspect. Je craignais particulièrement les dialogues de Prévert et leur côté "glorification des classes populaires" un peu gnagnan.
Mais en fait, dès que le film commence, on ne pense plus à ces prévenances tant on est envouté par le tourbillon des personnages (un peu comme chez Lubitsch ou Max Ophüls) et captivé par des dialogues très superbement écrits (non non, pas de trace de gnagnanterie, sauf peut-être dans l'apologie du mime Deburau pour le "paradis" et son public... un poil remuant).
On prend beaucoup de plaisir à voir ces personnages truculents : Pierre Brasseur en Frédérick Lemaître cabotin à souhait (cela rappelle que les acteurs du XIXe siècle n'avaient pas peur d'en faire trop !), accompagné de Robert Dhéry dans un petit rôle de comparse, Marcel Herrand en Lacenaire à l'orgueil si démesuré qu'il en devient ridicule, Gaston Modot en faux aveugle roublard, et bien sûr Jean-Louis Barrault dans le rôle du mime timide, tiraillé entre deux femmes. Par contre, les rôles féminins semblent avoir beaucoup moins bien vieilli : celui de Maria Casarès tourne vite au sentimentalisme, tandis que celui d'Arletty, s'il est passé à la postérité, c'est plus pour sa diction et son accent parigot que pour la qualité de son interprétation.
Mais les trois heures passent en fait sans qu'on s'en rende compte, entre dialogues spirituels imprégnés de sagesse, et numéros d'acteurs (puisque c'est bien le thème du film), et on se dit en sortant de la salle que ce film magnifique n'est pas près de perdre son auréole de chef-d'œuvre.
cylon86

2 832 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 octobre 2012
S'il n'y avait qu'un grand classique à retenir dans le patrimoine français, ce serait sûrement celui-là. "Les enfants du Paradis" tient du miracle : tourné pendant la Seconde Guerre Mondiale de façon quasi-clandestine (Jacques Prévert, scénariste du film, était résistant) avec un thème qui ne lui garantissait pas sa sortie sous une France occupée, il en sort pourtant un chef-d’œuvre. Avec une volonté aussi bien historique (certains personnages ont réellement existé) que romanesque, Carné et Prévert dépeignent le Paris du début du XIXème siècle et nous replongent dans ces années fantasques où le théâtre est roi et où les artistes peuvent aussi bien être des assassins que des âmes sensibles. A priori il n'y a rien de bien original dans cette histoire mais Prévert écrit de fabuleux dialogues et sait apporter du rythme à l'intrigue (qui dure tout de même 3 heures !) sans tomber dans les clichés. La réalisation de Marcel Carné n'a quasiment pas vieilli et immerge le spectateur à merveille dans un univers plein de poésie et d'amour. D'amertume également mais qu'importe quand on peut passer une nuit avec le grand amour de sa vie. Et parmi toute cette galerie de personnages hauts en couleur, on retient surtout Jean-Louis Barrault, superbe en mime éperdument amoureux, Arletty pleine de vie en femme qui aime les plaisirs simples, Pierre Brasseur rempli d'énergie en comédien fantasque et un Marcel Herrand mystérieux en assassin distingué et cynique. Que du bonheur !
Julien D

1 337 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 novembre 2012
Sous l’occupation, Marcel Carné a eu le culot de filmer ce plaidoyer de la liberté artistique en le tournant en partie en secret. Ecrit comme un vaste vaudeville mêlant à la fois le réalisme dramatique et l’onirisme romantique, ce magnifique hommage fait à quelques grandes figures de l’art théâtral Parisien du début du 19ème siècle bénéficie d’une qualité irréprochable tant dans ses dialogues, les répliques signés de Jacques Prévert faisant preuve d’un lyrisme enivrant, que sur l’aspect esthétique qui nous plonge dans un monde où seule la scène offre une façon de s’évader au peuple tiraillé par le pouvoir d’une bourgeoisie cynique et froide. Bien évidemment, les acteurs sont eux aussi pour beaucoup dans la magie que procure ce chef d’œuvre, puisqu’autour du charme magnétique les jeux de mimes de Barrault ou encore le jeu exubérant de Pierre Brasseur lui donnent autant de charme que d’humour.
JeffPage
JeffPage

42 abonnés 534 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 novembre 2012
Chef d'œuvre du cinéma français, le film se caractérise par une beauté magistrale et des dialogues d'une beauté et d'une poésie jamais égalé. En nous racontant les histoires d'amour d'acteurs, Marcel Carné et Jacques Prevert nous entraîne dans le monde du théâtre avec une maîtrise parfaite du sujet. Une classiques qui ne vieillit pas et reste toujours aussi fort !
Maryane75
Maryane75

21 abonnés 464 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 novembre 2023
Mais quel ennui... j'ai du m'y reprendre à 5 ou 6 fois pour regarder ce soporifique... je m'endormais à chaque fois... une horreur....
J'ai déjà vu des navets ''somnifères'' mais je dois avouer que celui-là bas des records !!!
Pour un peu j'étais obligé de le relouer le film pour 48h pour aller péniblement jusqu'à la fin.
Les français étaient martyrisés par la guerre et Prévert n'a pas trouvé autre chose à écrire que cette niaiserie d'une bêtise affligeante et d'une monotonie consternante.
Je ne sais pas si c'est de la faute de Carné, ou quoi ou qu'est-ce, mais Arletty est extrêmement décevante. On a parfois la sensation qu'elle a atterri dans le film par hasard et qu'elle se demande ce qu'elle y fait.
Ce film est une coquille vide alors que les français de l'époque avait tant besoin de substances.
Un déshonneur pour le cinéma français.
Voilà ce que ce passe lorsqu'un ''poète'' se prend pour un scénariste !!!
Ce film représente l'esprit de l'époque (39-45) ; un véritable désastre né du chaos.
Les meilleurs films de tous les temps