Roschdy Zem réussit cette adaptation de cette affaire qui fit honte à la justice française il y a 20 ans grâce à une parfaite documentation et à un bon travail sur son aspect dramatique à travers de bons dialogues ne sombrant jamais dans le pathos. Même le casting est la preuve d’un travail de reconstitution puisque, même si Verges est ici un peu plus joufflu que le vrai, Omar Raddad est incarné avec mimétisme par Sami Bouajila plus bouleversant que jamais. Cette dénonciation, que l'on pourra reprocher d'être unilatérale, et donc communautariste, est intéressant du fait de sa mise en scène s'avère être celle d'un thriller grâce à l'enquête menée par cet écrivain qui est finement restituée.
On ne sait pas où est la vérité, mais ce film donne envie de croire en Omar Raddad. Tiré d’une histoire vraie, le film réussit à nous toucher et à nous transporter pendant 01h25 dans cette sombre affaire. Les dialogues sont bons et le film nous permet de réfléchir sur cette affaire. Du côté de la mise en scène, j’ai apprécié la réalisation de Roschdy Zem. Je crois qu’on peut dire qu’il est plus doué derrière que devant la caméra (où il ne varie pas beaucoup les registres). Le rythme aurait cependant mérité d’être un peu plus boosté. Attention également aux musiques, peut être un peu trop présente. Pour le casting, c’est un sans-faute. Sami Bouajila et Denis Podalydès sont tous deux très convaincants.
J'ai un réel problème avec le cinéma français revendicateur d'aujourd'hui, personnifié par Rachid Bouchareb. En effet, j'ai toujours l'impression que l'envie de faire remuer les choses empêche les réalisateurs de garder une petite partie critique.
Ici, Omar Raddad est innocent pour Roschdy Zem, et même la scène très intéressante où le personnage de Denis Podalydes (Césarisable) questionne Nozha Khouadra sur la possible culpabilité de son mari ne cache pas l'envie de son réalisateur, plutôt médiocre car trop démonstratif, de réhabiliter un homme innocent. L'homme en question est joué par un excellent Sami Bouajila, qui se pose là, comme un grand acteur, aux côtés d'un excellent Denis Podalydes, donc, et d'un casting solide à coté, comme Nozha Khouadra ou encore Ludovic Berthillot, dont le rôle est un peu bizarre et raté.
Le tout est parasité par une musique un peu pénible et arabisante de supermarché du pire effet qui gâte un peu la fin du film, pourtant très forte. Dommage.
Reconstitution émouvante (pas vraiment factuelle) et réussie pour une réalisation simple mais efficace. Le succès du film repose en effet bien plus sur la performance remarquée de l'acteur principal ! Un film plutôt à voir en ce début d'été sur l'une des pires affaires judiciaires de notre pays.
Le parti pris pour le réalisateur Roschdy Zem est l’innocence de Omar Raddad. Il montre içi avec minutie toutes les zones d’ombres de l’affaire. Il a choisi Sami Bouajila pour interpréter le rôle principal. Il porte à lui tout seul le film, il est physiquement transformé, l’acteur a perdu 18 kgs, c’est remarquable. L’acteur est remarquable! Sami Bouajila nous montre la souffrance, la dignité de cet homme, avec beaucoup de justesse et d’humanité.
C’est un film simple mais très efficace . Roschdy Zem a choisi de ne pas accuser la justice, il montre simplement mais intelligemment les faits. ( même si on ressent sa colère). On est rempli de compassion pour cet homme accusé de meurtre qui, à la vue de ce film, est victime d’injustice.
Le film suit un écrivain Pierre-Emmanuel Vaugrenard, Denis Podalydès, qui s’installe à Nice pour préparer un livre sur l’affaire du meurtre de Ghislaine Marchal. L’écrivain est persuadé de l’innocence du jardinier. Il retrace la vie de cet homme, son entourage, son travail chez G. Marchal.
Certaines scènes ne sont pas spécialement intéressantes, la mise en scène pas toujours efficace mais Sami Bouajila porte à lui seul le film ! Un bel acteur
Film à ne pas louper, magnifiquement filmé et interprêté. J'y suis allée en curieuse et j'en suis sortie trés émue et trés intérressé par ce que reléve ce film au delà de cette histoire d'Omar, la justice !! comment peut-on se faire entendre quand on est face à cette institution ? franchement séduite
Je m'attendais à bien pire même le résultat manque cruellement de saveur. Omar m'a tuer ne se révèle en fin de compte qu'être un film sans prise de risques. Je regrette tout d'abord le côté unilatéral pris par Roschdy Zem. En effet le film se situe clairement du côté d'Omar Raddad et fait tout pour le déculpabiliser. J'avoue que dans cette affaire j'ai tendance à croire en l'innocence du principal concerné mais j'aurais aimé que le résumé de l'enquête que nous propose ce film montre au moins l'argumentation de l'opposition. Non ici le film est beaucoup trop sage et a aussi le tort de trop s'intéresser aux faits mais pas assez à l'homme et pourtant il y avait moyen de faire quelque chose de bien. Sami Bouajila est remarquable dans ce rôle et c'est bien pour cela que son personnage aurait gagné à avoir davantage d'épaisseur. Puis les seconds rôles passent un peu à la trappe, on peut même dire qu'ils sont assez inutiles. Podalydès sert à quoi au juste? Ouais, il campe parfaitement le bobo qui se donne bonne conscience mais à part ça son personnage on s'en cogne mais alors d'une force... Il y a une écriture réellement trop faible à ce niveau. Mais ua moins Zem aura réussi à éviter le manichéisme et l'aspect victimisation qui sont malheureusement trop communs à ce genre de film sans prise de risques qui baigne dans l'académisme primaire et la recherche du consensus. Puis artistiquement c'est plat quoi... La mise en scène est très banale et les rares instants où Zem tente de s'éloigner des sentiers didactiques c'est raté (je pense à la séquence du désert qui tombe comme un cheveu sur la soupe et qui est complètement ratée). Je pourrais paraître un peu haineux envers ce film mais il n'en est rien, Zem pond en fin de compte un film honnête, du moins sur le plan idéologique. Il a l'intelligence de ne pas faire un bourrage de crâne mais c'est un film qui manque d'ambition, qui manque de l'oeil avisé d'un vrai cinéaste et ça reste en fin de compte un banal résumé d'une affaire qui aura secoué le système judiciaire français. Un film moyen en somme, et très vite oublié
Le risque dans ce genre de film, c'est d'avoir un parti-pris, même si le réalisateur cherche parfois à l'éviter. Je ne connais pas tous les tenants et aboutissants de la réalité, mais la "fiction" n'est pas désagréable à suivre. L'acteur principal est criant de justesse, et s'est bien imprégné de son personnage. Au final, loin d'être inoubliable, mais pas inintéressant.
Visiblement convaincu de l'innocence d'Omar Raddad (d'un autre côté, comment ne pas l'être ?), le comédien Roschdy Zem revient à la mise en scène après son sympathique "Mauvaise foi". Plus engagé, plus ambitieux, ce second film reste un brin scolaire et sage pour atteindre la réussite des classiques du genre. Très partisan, il met cependant en évidence les failles d'une enquête bâclée et surtout celles d'un système judiciaire complètement dépassé, prêt à tout pour ne pas reconnaître ses fautes. Dans le rôle principal, Sami Bouajila est absolument saisissant, très bien entouré par un excellent casting.
J'ai adoré, Sami Bouaila est boulversant , ce film est captivant , moi qui ignorait cette affaire , après avoir visionné j'ai été tout de suite m'en informer , film à voir !
Le sujet est pourtant riche mais je trouve dommage que le réalisateur ait choisi un angle d’approche sans grande ouverture pour le traiter. Il fait l’impasse sur beaucoup de choses car on ressent qu’il manque des éléments sur le film pour qu’il soit complet. Les flash-back sont peu nombreux et de plus ils sont mal filmés. Il aurait au moins fallu 2H pour raconter une telle histoire.
Un film magnifique parce que ne tombant jamais dans la facilité qui aurait consisté à en faire une dénonciation du racisme. Non, Roschdy Zem a préféré s'attarder sur l'erreur judiciaire et sur une enquète baclée par des policiers assurés de la culpabilité du suspect avant même de commencer à enquéter... Sami Bouajila est, comme d'habitude, parfait dans le rôle principal. Il est bien aidé par des comédiens parfaitement investis dans leur personnage...'
Un film puissant, activiste et vrai. L'enigme est menée avec honneteté. Les allés et retour du passé au présent fonctionnent tres bien et amenent rytme et suspence au film.
Particulièrement casse-gueule, cette mise en image d'une affaire connue de tous, d'une erreur judiciaire criante, d'une illustration presque trop parfaite du racisme ordinaire, Omar m'a tuer pouvait aussi bien sombrer dans le réquisitoire lourdingue à la Boisset que dans le mélo hollywoodien. Le grand mérite de Roschdy Zem est d'avoir réussi à éviter l'un et l'autre. En centrant son film le portrait d'un homme digne en contrepoint d'une société du paraître où même l'écrivain-enquêteur n'est qu'un fat, il met l'humain au cœur de l'histoire. Habilement construit, faisant se succéder de courtes scènes qui se répondent à plusieurs années d'intervalle, il évite de sombrer dans le pathos. Si l'émotion est souvent présente, on ne s'y attarde pas. Au centre du film se trouve Sami Bouajila. On oublie vite la "performance" à l'américaine (amaigrissement, coiffure, accent, etc) pour découvrir un jeu tout en profondeur, pudique, subtil et respectueux. Le regard de Bouajila, les expressions de son visage, ses quelques pleurs, l'absence d'esbroufe de son interprétation forcent le respect. En parallèle, Denis Podalydès campe avec talent un clone de Jean-Marie Rouart très parisien, presque grotesque. C'est aussi le mérite de Zem de ne pas faire un film de héros. L'écrivain et sa secrétaire (excellente Salomé Stévenin), Vergès (très bon Maurice Bénichou) connaissent le point des mots, la valeur de l'image, alors qu'Omar parle à peine français. La suffisance des premiers s'oppose alors à la naïveté de l'autre. Côté mise en scène, on sent chez Roschy Zem des désirs de cinéma. Il tente quelques trucs, ça ne marche pas forcément, mais la démarche est sincère. Pour le reste, il mise à bon escient sur la sobriété. Si Omar m'a tuer n'est pas un Grand film, il n'en demeure pas moins habile, intègre et généreux. On en apprend un peu plus sur les erreurs de l'instruction, la surdité d'une justice qui refuse de revenir sur elle-même, l'intolérable traitement de ceux qui ne sont rien... jusqu'à l'absurdité ultime : sorti de prison en 1998 (mais juste gracié), Omar le jardinier n'a toujours pas le droit d'exercer sa profession.