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pandani
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2,0
Publiée le 14 octobre 2011
Le bon point, c'est que Jean-Marc Moutout décrit avec réalisme un milieu professionnel, là où la plupart des autres cinéastes n'auraient aligné que des clichés. Cela étant dit, le film est aride (c'était probablement inévitable compte tenu du sujet), poussif et finalement pas très enthousiasmant. On ne va pas au cinéma pour voir ça, à moins que cela soit traité avec originalité, ou qu'une mise en scène brillante fasse plus que nous montrer, qu'elle nous fasse vraiment rentrer dans le film. Là, ce n'est pas le cas.
Un réquisitoire sans concession contre le monde de l'entreprise, le monde de la finance mené avec subtilité, intelligence et ressenti par un Jean-Pierre Darroussin au diapason de l'écriture acéré de Jean-Marc Moutout, le réalisateur. Comment en arrive-t-on au massacre du début est le leitmotiv de ce film. Ou l'aveuglement occidental du rêve maison/famille/humanitaire passé au crible de la morale bien pensante mais finalement nihiliste.
Belle montée en pression d'un employé modèle en fin de carrière qu'on pousse vers la sortie. Dès le début du film, aucun doute : on nous en livre l'issue, brutale. Reste donc à savoir ce qui peut provoquer un tel dénouement, et nous sommes invités à le découvrir de la plus belle des manières. Car en effet, l'enchainement des séquences est finement rythmé, Jean-Pierre Darroussin est touchant de sincérité, d'humanité, de sensibilité. Où l'on prend de plein fouet le rouleau compresseur de l'entreprise, de la peur de parler, de se révolter, d'affirmer ses convictions au profit de la loi du silence. Les dérives en entreprises, mode d'emploi, en quelques sortes. A voir.
Ce film semble, au départ assez original et interpéle par son pitch. On est très vite dans le vif du sujet puis dès l'acte principal accomplie et l, plus grand chose. Le scénario reste confu par d'incessant flash back pas toujours très clair, le rythme est lent et les questions essentielles (motivation du passage à l'acte, portrait psychologique...) ne sont pas vraiment abordées dans le fond. Malgré un Darroussin, que j'apprécie, correct ce film restera une déception.
« De bon matin » est le troisième long-métrage de Jean-Marc Moutout, inspiré d’un fait réel : « Eté 2004, en Suisse. Un banquier tue ses deux supérieurs, puis se suicide ». Jean Marc Moutout est le réalisateur et le scénariste de ce drame, il a réalisé en 2008 « la fabrique des sentiments ». Le scénario est dans l’air du temps, l’univers de l’entreprise, et la crise.
Paul est cadre, chargé d’affaires, à la Banque Internationale de Commerce et de Financement. Il se lève un matin, serein, et va à la banque. Il pose sa sacoche, en sort un pistolet et abat froidement deux de ses collègues. Ensuite il s’enferme dans son bureau et attend la police. Il revoit alors sa vie, et ce qu’il l’a poussé à un tel geste. Sa vie professionnelle et personnelle défilent.
Le film a une ambiance pesante. On se prend de plein fouet l’univers impitoyable de l’entreprise. Les scènes entre JP Darroussin et X Beauvois sont implacables et glaçantes. Paul, JP Darroussin, voit un psy à la demande de la médecine du travail, il se confie sur ses préoccupations personnelles et professionnelles. Son sentiment sur la société dans laquelle il travaille depuis de longues années. L’arrivée de deux hommes pour analyser les chiffres et dégraisser… « tout ce qui était une réussite devient un échec et du jour au lendemain tu deviens mauvais ». L’univers des entreprises, la course au rendement, les chiffres, les objectifs, la menace de licenciement.. rien n’est épargné.
La mise en scène est lente, le découpage des scènes est un peu surprenant. Mais la puissance du jeu de JP Darroussin est incroyable, il interprète le rôle de Paul, très touchant, avec une telle justesse. Un homme perdu, fragile, un père de famille, un mari, un employé.. noyé dans sa dépression, dans ses questionnements. Un homme seul en fait. Xavier Beauvois, acteur, (le réalisateur du film Des hommes et des dieux – 2010) et Yannick Renier, venus pour « nettoyer » l’entreprise, sont excellents.
Le réalisateur ne donne aucune réponse quant aux raisons qui font que cet homme bascule. Et au final, on ne sait pas si le personnage interprété par un impressionnant Jean Pierre Darroussin, est une victime ou un coupable.
De bon matin est un film au pitch alléchant qui ne tiens pas ses promesses, On s’ennuie, tout est posé des le départ Daroussin que j’aime beaucoup est très mal employé On y croit pas une seconde et rapidement on s’en fout ! Du cinéma intello social ? Même pas !
Une photographie fidèle du monde du travail actuel au travers de la destruction mentale d'un cadre bancaire. Pas fun du tout dans un réalisme criard. Un peu de rythme aurait enrichi la dramatique du propos. La peur change de camp....
Plutôt que de tenter d'explorer les mécanismes de la souffrance au travail par le biais d'un exposé didactique et moralisateur,le cinéaste s'est d'avantage attaché à circonscrire son regard au seul ressenti du personnage principal , par une approche quasi tactile, épidermique : très beaux plans sur la nuque et le dos de l'acteur pour suggérer la vulnérabilité et qui rappelle l'approche des Dardenne dans "le Fils". Dommage toutefois que le film s'encombre un peu trop souvent de scènes et situations par trop conventionnelles.
Violence des échanges en milieu tempéré. C'est le titre de l'un des films de Jean-Marc Moutout (2003), consacré à la froide politique d'une entreprise qui licencie. Avec De bon matin, le réalisateur poursuit dans la même veine avec le "pétage de plombs" d'un cadre de banque, jusque là sans histoire. Restructuration, humiliation, démotivation, placardisation ..., ou comment broyer un homme et le conduire à se renier lui-même et à commettre l'irréparable. Moutout choisit de commencer par la fin (enfin presque) et de montrer le cheminement de la dépression en flashbacks. Pas de façon chronologique, mais comme une mosaïque de scènes clés, au travail ou en famille, à différents moments de la vie de cet homme acculé. Le procédé évite la démonstration mais, en contrepartie, dilue la force du scénario et lui ôte son implacabilité. Jean-Pierre Darroussin est tétanisant de souffrance, honnête homme piégé par la culture du résultat, isolé dans un management qui délaisse l'humain pour la rentabilité. Deuxième défaut du film : face à l'acteur, véritable stradivarius, les autres comédiens ne font pas le poids. Darroussin phagocyte littéralement le film. Au-delà de ces bémols, De bon matin, métallique comme le désespoir, sans issue de secours, est criant de vérité sur des situations vécues chaque jour dans le monde du travail. La souffrance d'un être en crise dans une société qui ne l'est pas moins est insupportable. Reconnaissons au film, en dépit de ses manques, de traiter le sujet à bras le corps, sans l'ombre d'une tentation démagogique.
Un banquier arrive sur son lieu de travail habituel un matin ; sort une arme à feu ; et tue ses 2 supérieurs hiérarchiques. Comment cet homme équilibré en arrive à cette extrémité ? Ce film décortique de manière chirurgicale toutes les petites humiliations, les exclusions que subit un salarié dont on veut se débarrasser. Dans cette description du monde de l’entreprise capable de broyer ses meilleures éléments, les plus investis et les plus concernés ; puisqu’ils sont les candidats idéaux au harcèlement ; on retrouve du « Chute libre ». Ici le traitement est plus intimiste, social et grave. Ce film ne s’intéresse par contre, même si c’est une réussite, qu’aux ressorts professionnels qui mènent un homme à retourner sa fureur contre lui-même ou les autres. Un tel pètage de plomb prend aussi pourtant aussi racine dans des difficultés périphériques à l’emploi. Mais l’adéquation vie professionnelle, vie personnelle et contexte économiques ne prend pas. Le film restant sur le registre de la responsabilité de l’entreprise, il manque d’humanité. Daroussin assure encore une prestation impeccable et Beauvois est malsain à souhait… Un réalisateur mais aussi un acteur A voir tout de même car un film majeur sur ce thème d’actualité.
"De bon matin" rediff le 21.07.2015 sur France 2 Un beau film qu'il ne faut surtout pas laisser passer si on ne l'a déjà vu et moins on en saura sur le scénario avant de l'avoir regardé, mieux ce sera pour bénéficier des effets de surprise ! Un drame qui repose entièrement sur les épaules d'un Darroussin grandiose et stupéfiant dans un rôle à contre-emploi. Parce que l'acteur a souvent des rôles qui le rendent sympathique aux spectateurs ? Le reste du casting est insignifiant et passe inaperçu : dommage, est-ce pour donner du poids au héros principal ? Regrettable aussi qu'il y ait autant de flashback qui n'ajoutent rien à l'histoire et qui la compliquent inutilement. A déconseiller aux neurasthéniques, dépressifs et à ceux qui s'investissent de trop dans leur travail ! willycopresto
Drame au travail passé dans l'essoreuse à clichés (généralement une bonne idée) trop longtemps peut-être. Le film adroit mais incomplet laisse dans l'ombre les vraies raisons qui poussent Darroussin à ces extrémités. Il est un cadre bancaire apparemment solide, un peu mis à l'écart par ses nouveaux chefs dans des conditions moins brutales que dans la "vraie vie". Les séances chez le psy n'apportent aucun début d'explication. Il n'y a en revanche pas d'ambiguïté sur le genre : ceci n'est pas un "feel good movie".
"De bon matin" s'inspire d'un fait réel : un banquier tue deux de ses supérieurs avant de suicider. En partant de ce matériau de base, Jean-Marc Moutout imagine toutes les choses, s'accumulant les unes autres autres, qui ont conduit cet homme à un tel acte. Le scénario, construit en flash-backs, est peut-être un peu trop léger et répétitif, mais ce n'est pas l'essentiel. Jean-Pierre Darroussin est à proprement parler sidérant dans son rôle : on l'avait un peu mis de côté depuis quelques années, mais il vient nous rappeler tout son talent. Malgré les longueurs (rendant ce film d'une certaine façon désagréable... ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose étant donné le sujet), la scène d'introduction, glaciale, reste en mémoire. Tout comme le plan final, finalement peut-être même plus violent que la première scène.