Autant dire que The Artist est l’un des films des plus audacieux de la compétition officielle du festival de Cannes 2011 : il fallait déjà oser le noir et blanc, et le muet. La forme permet de traiter le thème d’une manière encore plus travaillée. Ainsi le son, audible deux fois seulement, est utilisé de façon pertinente.
Le travail sur « la couleur » est aussi réalisé à la perfection. Les contrastes de noirs et de blancs sont d’une finesse exemplaire, digne des plus grands films. La musique piano qui accompagne le long métrage est splendide et si, malgré quelques réticences au départ du muet, l’accompagnement efface toutes nos craintes pour nous emmener dans le monde de The Artist. Mais la plus grande des performances et des révélations vient surement de l’interprétation de Jean Dujardin. Après ses films de comiques, bout en train, comme Brice de Nice, Ca$h, Les Dalton, j’appréhendais un rôle comme celui-ci. Or, il était tout simplement génial dans ce rôle, Bérénice Béjo aussi. Ils peuvent jongler sur plusieurs registres, tantôt le comique, tantôt le dramatique, tantôt le romantique, sans difficultés pour nous transporter dans leur monde.
Le thème est intéressant et original. D’une part, par la mise en parallèle de deux vies qui s’opposent et pourtant liées l’une à l’autre : la chute d’un acteur pour l’ascension d’un autre. D’autre part, par le passage du cinéma muet au cinéma parlant. Le tout dans une ambiance digne des années 30, période de crise économique.
Alors que de nos jours les films 3D sont en pleine ascension, The Artist se montre comme un projet audacieux, un retour aux classiques du Cinéma.
Le travail incontesté de la mise en scène, l’importance de l’image nous montre qu’un bon film ne réside pas seulement dans les dialogues, mais qu’avant tout, le cinéma est, et restera, un art visuel.
Chapeau bas à un film qu’il faut aller voir à tout prix.