Stoker
Note moyenne
3,4
4217 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

521 critiques spectateurs

5
33 critiques
4
161 critiques
3
164 critiques
2
101 critiques
1
32 critiques
0
30 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
ChroniqueMécanique
ChroniqueMécanique

351 abonnés 214 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2014
Dans "Stoker", chaque plan est esthétisé, travaillé, conceptualisé. La photographie est soignée, la bande-son également, les mouvements de caméra sont limpides, il y a de lents travellings, de fluides panoramiques, des ralentis, des gros plans, voire même de très gros plans... La mise en scène de Park fourmille de milles idées visuelles à la minute. Tout cela donne une touche très particulière à l'histoire qui se déroule devant nos yeux qui en prennent alors pour leur grade, une saveur presque sensitive à cet ensemble pour le moins esthétisé. Sans oublier un montage hyper-affûté, jouant sans cesse avec la fragmentation, l'alternance, les raccords plastiques. Ce maniérisme appuyé, mais néanmoins assumé, a toutefois quelque chose de purement artificiel et donc d'agaçant par moment.

Une des grosses surprises de ce film est le fait que son scénario nébuleux soit signé de la main de Wentworth Miller, plus connu pour avoir été la star tatouée de la série TV "Prison Break". Après avoir couché les plans d'une prison sur sa peau, l'acteur entame, avec un certain style, une nouvelle carrière où il couche cette fois-ci ses plans sur du papier. Son intrigue lorgne vers du Hitchcock avec ses personnages ambigus dont on ne sait réellement qui ils sont, et son twist final troublant. Il y règne également sans cesse un parfum de séduction entre les protagonistes, une odeur de tension sexuelle mise en corrélation avec celle de la mort. Car la jouissance et le trépas ont quelque chose en commun, non ? L'autre surprise vient elle du casting. Et même si en réalité elle n'en est plus vraiment une, Mia Wasikowska, après avoir maladroitement démarré avec l'horripilant "Alice aux Pays des Merveilles" du dépassé Tim Burton, confirme parfaitement tout le bien que l'on pense d'elle depuis le très beau "Restless" de Gus Van Sant. Face à elle, Matthew Goode, parfait en oncle obscur et inquiétant, lui rend très bien la pareille. Leur petit jeu de fascination/répulsion est un des atouts majeurs de ce long-métrage au climat glacial et gothique. Entre eux se dresse une mère de famille voulant à tout prix les séduire tous les deux et jouée par Nicole "Botox" Kidman, dont le visage figé ressemble désormais davantage à une mauvaise pub pour la chirurgie esthétique.

Souvent démentiel, parfois un peu vain, mais terriblement captivant, "Stoker", dont le nom est un clin d’œil à l'auteur de "Dracula", est un exercice de style plein d'excès mais surprenant, à la fois maîtrisé et envoûtant.

Pour lire toutes mes critiques, avis et analyses, rendez-vous sur ma page Facebook Chronique Mécanique, ou sur mon blog du même nom ! Merci !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 28 juillet 2013
Nul,nul,archi-nul. La bande-annonce laissait entrevoir du bon. Et bien c'était faux. L'histoire est le seul point positif,le scénario est pourri. Les acteurs assez mauvais. Une scène d'une extrême vulgarité sous une douche où l'on voit la jeune fille se masturber. Je n'ai pas compris la fin. Bref vraiment abstenez-nous de le regarder. Nicole Kidman descend bien bas :(. Dommage pour elle.
Guimzy
Guimzy

195 abonnés 467 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 mai 2013
Park Chan-Wook, réalisateur du grand Old Boy, signe un cocktail noir et terriblement sensuel pour son premier essai hollywoodien, casé entre ceux de ses compatriotes Kim Jee-woon et Bong Joon-ho. Avec Nicole Kidman en fleur desséchée, cerise sur le gâteau amer, amoral mais absolument délectable qu’est ce Stoker. Je mets deux étoiles, mais à vrai dire mon avis sur ce film est terriblement mitigé, car il a des défauts comme il a des qualités, mais mon impression à la fin du film était la suivante : déçu. Au bord d’une route, une fille élancée, léchée par une brise silencieuse et une caméra langoureuse, observe des brindilles ensanglantées d’un air ingénu. Une minute après, avec une économie de plans saisissante, Park Chan-Wook évacue les prémices de l’histoire – la mort d’un père de famille dans un mystérieux accident de voiture – pour mieux se focaliser sur l’héroïne, la livide India, cœur meurtri et corps assoupi de ce conte morbide sur la filiation. Contrainte de cohabiter avec une mère qu’elle a appris à ignorer avec l’aide de son père, l’adolescente découvre ainsi l’existence d’un curieux oncle, qui va bouleverser la cellule familiale bien amochée avec sa belle gueule et de sombres desseins. Visuellement époustouflant, Stoker enchaîne les hommages hitchcockiens comme L'Ombre d'un doute. Il fait aussi références aux vampires - séducteur le jour et assassin la nuit -, créatures mystérieuses qui nous hantent depuis Nosferatu. Sur ce plan-là, le scénariste Wentworth Miller, connu pour ses navets, surprend. Il concocte une fable grise - et non noire comme promis - mais qui s'ensuit d'un scénario qui est au final pauvre. Car si Stoker est un véritable hommage mais aussi un symbole de la fin de l’innocence, un symbole de l'arrivée à l'âge adulte - pas pour rien que ce fameux oncle arrive le jour des 18 ans d'India - ça reste un film sans grand renouveau et dotée d'une fin banale. Autre point négatif : on s'ennuie comme pas possible, en particulier les 30 premières minutes. Et c'est dommage car suivi d'un tel hommage, Stoker aurait pu être un véritable chef d'oeuvre pour moi, et c'est clairement ce manque de scénario qui tue le film. Visuellement, c’est d’une beauté à couper le souffle. Les obsessions du réalisateur : liens du sang, rapports malsains, sont toujours là. Mais on attend qu’il retrouve toute sa virtuosité perdue après Old boy.
Requiemovies
Requiemovies

241 abonnés 1 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2013
Rares sont les cinéastes asiatiques qui une fois au pays de l’Oncle Sam arrivent à se défaire du poids et de l’emprise des studios sur les films de commande.
Au tour de Park Chan Wook. Le metteur en scène a toujours su montrer un savoir faire épatant dans la mise en scène de ses films. À tel point que certains peuvent trouver une démesure démonstrative dans ses précédentes réalisations. Ce serait passer à côté d’un cinéaste qui en plus d’un art du récit maîtrisé, à une aptitude étonnante à choisir ses cadres, donner du mouvement à sa caméra et un sens précis du découpage. Un cinéaste tout simplement.
(...)
Au jeu des éléments conjugués qui contribuent à la réussite d’un film, le casting. Matthew Goode s’avère être un choix judicieux dans le rôle de l’oncle vampirisant cette mère et fille en deuil. Un jeu qui dessine autant un personnage énigmatique que séducteur. Le comédien réussit à faire oublier son physique de gendre idéal pour aligner une belle performance. Nicole Kidman, qu’on voit finalement peu, joue ce qu’elle sait habituellement faire dans le rôle de la veuve éplorée, séduite par ce prédateur, à la recherche d’un désir consolateur. Hormis, Alice au pays des merveilles, Mia Wasikowska prouve ici qu’elle devient une grande comédienne de film en film, sous les traits de cette petite fille bourgeoise qui nous surprendra dans l’éclat de sa vraie personnalité. Un jeu qui demandait une ambivalence marquée et dont la comédienne en décortique tous les contours.
C’est donc par ce jeu subtil de l’ensemble du casting ainsi que de la direction d’acteurs de Park Chan Wook que Stoker devient une jolie petite pierre à mettre sur l’édifice des thrillers réussis.
Par une mise en scène stylisée, précise et pleine de métaphores visuelles, le réalisateur sud-coréen marque sa venue sur les terres Hollywoodiennes. Le film, illuminée par la photo de Chung-hoon Chung, chef opérateur habituel du réalisateur, assène à chaque séquence une démonstration de savoir faire. L’ensemble de la mise en scène est étonnement précise, peut-être trop pour certains, mais c’est un réel plaisir pour qui s’attache à la qualité première du metteur en scène. En résulte un film étrange mais captivant qui ose parfois effleurer le fantastique sans jamais y déposer complètement son âme. Ainsi, le film en conserve uniquement cette sensation captivante de mystère, tout en gardant sa propre identité, celle de Park Chan Wook. En mêlant thriller et érotisme dérangeant, ce dernier vient de livrer un bien bel objet de studio. On attend donc la suite et cette fois, peu importe les frontières.
Eldacar
Eldacar

64 abonnés 357 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 mai 2013
"Stoker" est un film d'une grande richesse thématique et visuelle qui supporte facilement plusieurs visionnages. Comme le laisse supposer le titre, référence à l'auteur de "Dracula" Bram Stoker, le film de Park Chan-wook a un rapport avec le genre du film de vampire. Mais nous ne sommes pas dans un film de vampires mais plutôt dans un film qui traite du vampirisme. Et ce à travers le personnage de l'oncle Charlie (Matthew Goode), qui possède une puissante emprise sur Evelyn (Nicole Kidman) et India (Mia Wasikowska) et entraîne l'apparition du désir chez elles. Or on connaît tous la forte symbolique sexuelle entourant le mythe du vampire.
Mais plus que la référence à Bram Stoker, c'est celle à Hitchcock qui frappe. Un escalier comme celui des "Enchaînés", des oiseaux empaillés comme chez Norman Bates, une scène de douche primordiale dans le récit, une autre séquence pivot se déroulant près d'une voie de chemins de fer (on sait l'utilisation récurrente que faisait Hitchcock du motif du train comme métaphore sexuelle)... Mais l'influence la plus forte est celle de "L'ombre d'un doute". Tout commence comme dans ce film. L'oncle Charlie de Matthew Goode débarque dans sa famille de la même façon que celui de Joseph Cotten (car oui, les deux personnages s'appellent pareils), les deux sont charmants mais renferment un lourd secret, et chacun partagent une relation étrange et malsaine avec leur nièce, qui devient une sorte de double d'eux-mêmes. Mais "Stoker" s'éloigne de ce point de départ pour développer son thème central, celui de la famille. Park Chan-wook questionne la question de l'héritage et de la filiation. Le mal est-il héréditaire ? India est-elle le produit, la somme de son père, sa mère et son oncle ? Le personnage central qu'est la jeune fille fête par ailleurs ses dix-huit ans au début du film, ce qui place immanquablement "Stoker" dans la lignée du récit initiatique.
Formellement parlant, le réalisateur effectue un formidable travail de montage qui abolit les frontières entre les différents espaces-temps, comme si passé, présent et futur étaient inextricablement liés et se répondaient les uns aux autres.
Autant dire que "Stoker", c'est beaucoup de choses. Ajoutez à des thématiques multiples une mise en scène ingénieuse et d'une beauté visuelle époustouflante et nous avons définitivement un film passionnant.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 26 mai 2013
D'un ennui MORTEL c'est le cas de le dire ! Faut s'accrocher ..... L'histoire n'est vraiment pas terrible et ça ne fait pas peur
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 20 mai 2013
Totalement décevant. Je déconseille fermement d'y aller pour le réalisateur, car on ne retrouve rien de ce qui a fait la puissance de ses autres films (Old Boy...). Un scénario mince comme une OCB, des images belles et froides bien à la mode mais qui ne servent en rien le film et des acteurs pas attachants une seconde (même le "méchant" fait pas flipper un instant). On s'ennuie ferme.
Ratage total. À fuir si vous avez déjà vu de bons thrillers psychologiques parce que celui la ne souffrira pas la comparaison...
sunshine1
sunshine1

126 abonnés 478 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 mai 2013
La réalisation de Park Chan-wook est irréprochable ........La direction artistique est sublime avec une ambiance lourde , poisseuse, quelque plans onirique et des acteurs au sommet de leur art...........
Park Chan-wook est un pure créateur de cadrages envoutant vertigineux mais le scénario manque de folie , ou de malsain pour marquer le spectateur .........le scénario est trop simpliste et quelque intrigues sont stupide ,pas du tout ingénieux avec un final archi revue .........
Pour info Park Chan-wook n a pas écrit le scénario ..........
BabsyDriver
BabsyDriver

100 abonnés 1 001 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juin 2018
Pas aussi fainéant que d'autres thrillers s'appuyant uniquement sur les rebondissements de son scénario de petit malin (ici signé par Wentworth Miller, l'acteur de "Prison Break", qui écrit mieux qu'il ne joue), "Stoker" impressionne par son soin permanent de tout expliciter par l'image. Toujours aussi virtuose, Park Chan-wook a sans surprise passé l'essai aux States avec sa mise en scène dont la rigueur n'empêche pas de faire subsister le vertige de son héroïne, brillamment jouée par Mia Wasikowska, face à un Matthew Goode tout aussi inquiétant.
romano31

325 abonnés 1 544 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 septembre 2013
Après Kim Jee-woon et son Dernier rempart, c'est au tour de Park Chan-wook de réaliser son premier film américain avec Stoker. Scénarisé par Wentworth Miller (Michael Scofield dans la série Prison Break), Stoker relate l'histoire d'une mère et de sa fille qui, après le décès du père, vont faire la connaissance du frère de celui-ci dont elles ignoraient l'existence. Un homme énigmatique qui cache bien des secrets et dont la jeune India se sent irrémédiablement attirée. Du point de vue de la réalisation, Park Chan-wook nous offre de magnifiques plans, calmes et posés, avec des lumières très vives. Côté acteurs, le trio que forment Mia Wasikowska, Nicole Kidman et Matthew Goode est très bon, tout en subtilité et en finesse. Le scénario, quant à lui, est sujet à plusieurs interprétations et est parfois un peu facile. Après, Stoker n'a pas la puissance visuelle et émotionnelle d'un Old Boy mais pour une première réalisation hors de son pays, Park Chan-wook s'en sort avec les honneurs et livre un film intriguant et élégant.
CTCQJ
CTCQJ

26 abonnés 137 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 août 2013
"Vous n’avez pas le monopole du genre !". Voilà ce que pourrait dire Park Chan-wook à Tim Burton tant Stoker s’impose comme un grand film d’angoisse sur fond de ténèbres.

Le père de la jeune India meurt prématurément dans un accident de voiture. Étant fille unique, il ne reste plus qu’elle et sa mère inapte à s’occuper d’elle. Son oncle Charles, étrange personnage qu’elle voit pour la première fois, s’installe avec ces deux femmes blessées pour des motivations inconnues.

Le réalisateur de Old Boy plonge dans le cinéma occidental avec ce que l’on peut considérer comme un hommage à Hitchcock. En effet, Stoker est un film à suspense plongé dans une atmosphère angoissante. Les personnages ont une certaine étrangeté ainsi qu’une part d’ombre qui rend le décryptage de leurs réactions et de leurs comportement bien difficile. Au long du métrage, on suspecte tout le monde de cacher des choses sans savoir lesquelles. Les dialogues sont constellés de blancs terriblement gênants et de sous entendus malsains. La pointe de sensualité et de désir ambiant contribue à cette gêne. Une fois que nous sommes dans le manoir de la famille, on sent que le mal n’est pas loin.

L’attitude des personnages de Stoker est accentuée par les costumes taillés à la personnalité de chacun. Un mélange brillant de classe et de collets serrés complètement hors de mode. Tout cela est propre, droit et laisse finalement peu de place aux couleurs rassurantes.

La réalisation de Park Chan-wook est encore une fois dans la lignée hitchcockienne avec cette sensation de danger et de suspense constant. La mise en scène est bourrée d’effets de styles permettant de s’immerger dans cette sombre histoire. Le manoir où réside nos principaux personnages est le théâtre parfait pour s’imprégner du danger latent.

Matthew Goode incarne le mystérieux Charlie avec une grande réussite par ses sourires, ses petites phrases et ses regards à glacer le sang. Mia Wasikowska continue de montrer tout son talent avec une énième teinture de cheveux et un rôle complexe. Malgré son âge (24 ans), sa filmographie est déjà assez exceptionnelle ! Enfin, Nicole Kidman est la star du film mais passe un peu inaperçue face aux deux autres personnages principaux.

Grâce à sa mise en scène et ses personnages qui font froid dans le dos, le film se délecte avec plaisir même si la fin à la Tarantino tend à décevoir. Une belle leçon de cinéma dont les différentes interprétations de l’histoire peuvent passionner les débats.
Cinéphiles 44

1 683 abonnés 4 674 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 février 2015
En employant grâce et précision, Park Chan-Wook réalise une œuvre angoissante et pseudo érotique. Wentworth Miller s’était fait discret depuis Prison Break et c’est surement pour mieux rebondir car son scénario est aussi excitant que glaçant. Le duo Wasikowka et Goode fonctionne très bien et Kidman n’en fait pas trop pour une fois. Les cinéphiles remarqueront également l’hommage à Hitchcock avec les oiseaux empaillés, la scène de la douche marquante, l’hôpital psychiatrique… En bref, Stoker est un thriller dramatique original, mais surtout qui laisse supposer beaucoup de choses : l’oncle Charlie existe-t-il vraiment ? A l’inverse, est-ce le père d’India ?
D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
ATON2512
ATON2512

78 abonnés 1 334 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juillet 2013
Park Chan-Wook nous signe un thriller aux limites du fantastique et de l'horreur ... Remarquable tant dans sa réalisation que dans le jeu envoûtant et subtil de Mia Wasikowska, Matthew Good et Nicole Kidman . Le film par ses méandres nous emmène jusqu'à son dénouement final . avec justesse, finesse ... Du grand art !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 11 juin 2013
Avec ses airs de conte et son titre évocateur, Stoker avait de quoi attirer la curiosité, surtout quand l'on apprenais que ce n'était ni plus ni moins que le coréen Park Chan-Wook qui s’attellait à la réalisation du long-métrage. C'est vrai qu'après le très remarqué Old Boy le réalisateur a gagné en visibilité et son passage a hollywood en est la preuve. Si du côté de ses comparses le passage au bois de houx s'était plutôt mal passé, à l'instar du dernier rempart de Kim Jee-Woon à mille lieux de son excellent J'ai rencontré le diable ou de l’envoûtant 2 sœurs, on peut d'ores et déjà dire que Park Chan-Wook réussit admirablement à conserver la main sur son film en engageant notamment son directeur de la photographie habituel.
Mais trêve de bavardage, qu'en est-il réellement de Stoker ? Et bien à première vue il est clair que Stoker fait partie de ces films esthétiques qui privilégie la forme au fond. Sauf que dans le cas de Stoker il convient de nuancer ce propos. En effet, si le film hypnotise avant tout grâce à son ambiance et son soin formel il n'en est pas moins abouti dans le traitement de ses thèmes. Le premier et certainement le plus primordial de ces thèmes est le passage de l'age enfant à l'age adulte. L'aspect initiatique prend alors tout son importance au travers du personnage d'India Stoker, jeune fille perdue après le départ de son père qui se retrouve fasciné par son oncle Charlie, un homme aussi sympathique que dangereux. On se remémore alors tous ces contes pour enfant dont le but premier était avant tout d'éduquer l'enfant en le confrontant à ses peurs dont l'influence sur Stoker est manifeste comme le montre une scène qui n'est pas sans rappeler la morale du petit chaperon rouge. L'initiation du personnage prend alors chez Park Chan-Wook une forme aussi brutale que poétique. Partant de ce constat on ne peut donc qualifier Stoker de film purement formel tant les thèmes qu'abordent Stoker sont traités avec justesse. Cependant il faut reconnaître que, si le film jouit de thématiques qui amènent à des sujets adultes, il dispose aussi d'un scénario jouant la carte du mystère sans pour autant surprendre. C'est peut-être là le défaut principal du film car si le début annonce une intrigue aussi tordue qu'inédite, les révélations successives font perdre du charme au scénario qui finit par un retournement final de trop malgré l'intensité de la dernière scène qui clôture parfaitement le film. Malgré tout le scénario tient la route et reste intéressant et l'on ne boude pas son plaisir à suivre cette famille é mystère est renforcé par l'animalité ambiante qui se voit surtout au travers de Nicole Kidman, dont le personnage de mère froide est le personnage le plus expressif du film, mais aussi au travers de Mathew Goode, en oncle dont l'apparente extrême gentillesse met tout de suite mal à l'aise, et de Mia Wasikowska qui offre une véritable prestation entre candeur et violence qui rend son personnage tout aussi humain que rêveur.
La question du fond étant à présent traitée on peut donc naturellement regarder la mise en image de ce "thriller". Si le scénario rappelle évidemment un thriller, la réalisation de ce dernier se veut beaucoup plus trans-genre et ainsi perdre le spectateur dans ses propres repères. Car là où Park Chan-Wook réalise un tour de maître c'est dans sa faculté à dépasser les codes tout en rendant hommage à ses pères. L'une des références qui m'a le plus marqué est sans aucun doute celle au Carrie de Brian DePalma dont il reprend une scène qui s'intègre parfaitement à l'ensemble que forme le film. Il arrive à garder toute l'intensité de la scène originale déjà très intense au départ. On pourra aussi noter la forte influence d'Alfred Hitchcock avec notamment le personnage de l'oncle Charlie que l'on retrouve dans l'ombre d'un doute du maître du suspense. Mais plus qu'un film d'hommage, Stoker se distingue par son ambiance esthétisée et la virtuosité de sa réalisation. La photographie frappe dès le premier plan par la luminosité abondante qui s'en dégage, loin de la photographie sombre que l'on retrouve pourtant dans les films à l'ambiance proche de celle de Stoker. Stoker est donc avant tout un film coloré où les couleurs chaudes et froides sont présentes pour renforcer l'aspect prison du manoir qui sert de décor au film et l'univers dans lequel évolue India. Comme à son habitude, Park Chan-Wook réalise son film avec talent et subtilité et nous offre dans des travellings d'une extrême précision comme lors de l'une des scènes les plus intenses du film où le montage saccadé et les mouvement horizontaux de la caméra se succèdent avec une fluidité déconcertante. Il se dégage alors un sentiment d'admiration devant la beauté du film. On peut aussi noter l'accompagnement inspiré de Clint Mansell qui signe une bande originale d'exception toute en subtilité et en émotions.
Avec Stoker Park Chan-Wook signe un film inspiré autant sur le plan artistique que thématique et dirige un casting possédé et fascinant qui participe à la création d'une ambiance qui prend aux tripes par la perversité qui se dégage de certaines situations dérangeantes.
Roub E.

1 316 abonnés 5 404 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mai 2014
Décidément ce Park Chan Wook est un sacrément bon réalisateur, trop bon même car on a l impression qu il se regarde filmer dans la première partie du film. Ce qui m a le plus impressionné c est le travail qu il a fait avec sa jeune actrice principale Mia Wasikowska, je ne me rappelle pas avoir vu un personnage présenter autant de visages différents
dans un même film ce qui rend le personnage d India absolument fascinant et intrigant. Si l intrigue se dévoile lentement (un peu trop à mon goût toujours dans la première partie) la deuxième est absolument remarquable et fait de Stoker un film à la fois malsain et diablement intrigant, une petite pépite.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse