La claque de cette année 2013, Stoker est un premier film américain très réussi pour le coréen Park Chan Wook, c'est aussi le premier film du réalisateur que je visionne (en entier en tout cas), je ne connaissais donc pas vraiment le style du réalisateur d'Old Boy si ce n'est ce que j'avais pu entendre dessus et force est de constater que sa mise en scène est à chialer de bonheur tant c'est beau, bien plus que de la beauté c'est un second langage (visuel), chaque plan a une signification particulière notamment avec l'impression de supériorité qui nous est expliqué par l'inquiétant Matthew Goode au début du film et avec lequel le réalisateur ne va cesser de jouer que lorsque le générique mettra un terme à cette pépite qu'est Stoker, et que dire de la photographie à part qu'elle colle parfaitement à l'univers du coréen (le directeur de la photographie est le même que pour tout ces précédents films). Mais l'histoire n'est pas en reste, celle-ci écrite en quasi-totalité par Wentworth Miller (qui fait une reconversion surprenante mais très réussi après avoir joué dans Prison Break) elle est certes classique et archi-prévisible, mais le côté huit-clos est très bien rendu et l'écriture des personnages est très réussi. Les interprètes embellissent leurs protagonistes en particulier Matthew Goode qui encore une fois fait preuve d'un grand jeu d'acteur en incarnant un oncle trop gentil en surface pour ne pas cacher un côté psychopathe, son regard et son sourire sont aussi charmeur qu'inquiétant, un choix parfait donc. Mia Wasikowska trouve ici son meilleur rôle, loin de son interprétation plutôt fade à l'image de l'univers du Alice aux Pays des Merveilles version Tim Burton, en jouant cette adolescence légèrement perturbée, elle prouve qu'elle sait prendre des risques dans le choix de ses rôles et qu'elle est très polyvalente, sa relation perverse avec Matthew Goode (au centre de Stoker) est brillante et offre quelques instants cultes comme la scène du piano, tout en sous-entendu, aussi bien joué (acteurs et piano) que filmé. Nicole Kidman est un peu en retrait, elle, ce qui n'est pas pour déplaire tant son personnage est un peu inutile, elle est juste là pour expliquer le vide que ressentent elle et sa fille (surtout sa fille) à la suite du décès du mari et père, elle incarne le parent paumé dès qu'il/elle n'a plu son petit confort et qui ne sait quoi faire tant elle n'a jamais su rien faire, c'est un peu le point faible du scénario selon moi. Rien de bien grave vu que son rôle devient de plus en plus secondaire pour se concentrer sur la relation Wasikowska/Goode.
Plus qu'une claque, Stoker est un gros coup de poing que l'on reçoit dans la tronche, Park Chan-Wook a réussi le parfais compromis entre "plus d'accessibilité" et son style bien particulier, en témoigne les personnes avec qui il s'est entouré pour tourner Stoker, à la fois coréen (pays d'origine) et américain (pays d' "exportation"). Un gros coup de cœur qui rentre directement dans le top 3 des meilleurs films de 2013.