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Un visiteur
2,5
Publiée le 13 mai 2013
Park Chan-Wook livre avec Stoker un parfait exercice de style, parfois assez impressionnant esthétiquement, mais qui tourne complètement à vide tant il est désincarné et froid… Dans cette ambiance, Matthew Goode excelle.
Un film techniquement maîtrisé: les décors et le montage sont très réussis, notamment. Néanmoins, à mes yeux, l'histoire, dont les prémisses me semblaient prometteurs, tourne à l'eau de boudin et s'achève dans le caniveau. spoiler: Je réprouve tout particulièrement l'idée selon laquelle la folie meurtrière est héréditaire, ou "dans les gènes" comme on l'entend trop souvent. L'héroïne se retrouve in fine privée de son libre arbitre, et réduite à n'être plus que, selon le bon vouloir du scénariste, l'alter ego de son oncle meurtrier ou le bras vengeur de son père assassiné.
Et je ne parle même pas du mauvais goût de certaines scènes, comme par exemple le moment où, comme cadeau pour ses 18 ans et pour marquer son passage à l'âge adulte (sic), l'héroïne chausse sa première paire de talons hauts.
Ce serait drôle si ce n'était pas aussi dangereux.
Loin de son personnage innocent et sage de "Jane Eyre", Mia Wasikowska nous offre dans cette aventure un visage déjà un peu plus terrifiant. Il faut dire que "Stoker" nous donne à suivre une histoire plutôt sombre, voire carrément flippante. En même temps, j'ai trouvé le propos assez banal car j'ai quand même l'impression d'avoir vu ce type de huis-clos assez souvent. Et la seule chose que j'ai vraiment envie de ressortir ici, c'est la prestation assez bluffante de ce Matthew Goode qui campe un personnage que je n'aimerais en aucun cas avoir dans ma famille. Il vaut à lui seul le détour dans un film qui sans lui aurait quand même été bien quelconque.
Une belle surprise ce Stoker ! Avant d'aller voir ce film, je n'avais pas une idée très précise de ce qui m'attendait. D'ailleurs, le début m'a rendu perplexe, pour ne pas dire sceptique quand à la qualité du film. L'intrigue met pas mal de temps à réellement démarrer et certaines séquences s'éternisent parfois de manière laborieuse. Mais quand on entre dans le vif du sujet, les choses prennent un ton tout de suite plus intéressant. Au fur et à mesure des minutes, le film installe une ambiance inquiétante voire dérangeante. Le jeu des acteurs est juste époustouflant, on croirait réellement avoir affaire à une famille de psychopathes. J'ai personnellement été très marqué par plusieurs scènes fortes dans le film. Enfin, la chute plutôt inattendue laisse une très belle impression à ce Stoker.
EXTRAORDINAIRE ! Park Chan-Wook nous gratifie d'un film remarquable, tantôt artistique, tantôt effroyable. En effet, si les premiers instants privilégient la virtuosité de la caméra au récit, le film se termine sur les chapeaux de roues, mêlant une intrigue diabolique et une violence sanguinaire digne d'un Tarantino. Quant aux acteurs, ils sont tous habités par leur rôle respectif, avec un regard toujours bercé par la folie. Difficile de dire lequel s'en sort le mieux, bien que je concède avoir eu un faible pour la prestation de . Tout au long des 100 minutes du film, le suspens est incroyable, grâce à des musiques qui vous scotchent sur votre siège. Impossible de croire que Chan-Wook n'ait pas pour modèle le maître Hitchcock. J'ai beau chercher une quelconque remarque négative sur ce film, je n'en trouve pas. C'est indiscutablement LE film de l'année 2013 (pour le moment...) !
J'ai beaucoup aimé ce film pour le moins dérangeant. Le scénario en lui même n'est pas exceptionnel (ce qui lui coûtera sa 5ème étoile) mais la réalisation renforce parfaitement ce dernier. C'est un véritable plaisir pour les yeux et les oreilles (notamment la scène du piano en duo). L'ambiance est aussi parfaitement maîtrisé et offre cette sensation de mal être qui nous prends au trip. Enfin le casting pour ce film était au top où chacun des 3 principaux acteurs incarnaient sublimement leur personnage.
Park-Chan Wook, le réalisateur d'Old Boy et de Thirst, s'est expatrié aux etats-unis pour offrir un long métrage particulièrement léché aussi proche dans l'esthétique que dans les thématiques des premiers films de De Palma et des oeuvres d'Hitchock. Visuellement, le film est éblouissant aussi solaire que sombre (magistrale scène dans la cave), à la fois sensuelle, érotique et angoissant. Mais derrière cette mise en image léché, presque trop parfaite, se cache un scénario faussement retors qui, sous couvert de traiter de sujets sulfureux (nécrophilie, inceste) ne fait que platement les effleurer. Park-Chan Wook ne peut guère aller plus loin, compromis avec les USA sans doute..., et livre une oeuvre avortée à la forme sublimée mais qui peine à sortir du cadre balisé de l'exercice de style. Alors, oui c'est brillant, la direction d'acteur est irréprochable (Mia Wasikowska est extraordinaire, Matthew Goode et Nicole Kidman très bien) mais l'ensemble qui se présente comme une sorte de découverte d'une sexualité mortifère n'est jamais véritablement troublante. Très beau et agréable à regarder mais un peu vain. Avec un scénario plus travaillé, sans doute que Stoker aurait été un grand film, il en ressort quelque chose d'aussi beau que froid, un peu désincarné mais souvent fascinant.
L’héroïne naïve d’Alice est véritablement troublante dans ce rôle, éclipsant presque Nicole Kidman. Ce thriller psychologique joue sur une atmosphère pesante, chaque scène portant la trace d’un malaise savamment mis en œuvre. Une grande intensité visuelle, sonore et symbolique est apportée à chaque plan et chaque détail, si minimalistes soient-ils. La subtilité de la réalisation en fait un film à voir absolument.
Je m'attendais à beaucoup mieux vu les critiques ...; Les acteurs sont merveilleux; en revanche, leurs personnages ne sont pas assez poussés et c'est très dommageable car il y avait de quoi faire avec un scénario aussi alléchant ! Essai raté selon moi !!! avec des longueurs car le film met du temps à se mettre en place .... Tout ça pour ça !!!! La fin étant plus que prévisible Vraiment dommage !!!
Un bon film Coréen avec une ambiance malsaine des plus intéressante. Cependant, on ressent l'influence de la production US qui tempère un peu ralentissant le film sur son début.
Comme son héroïne India qui emprunte les pièces vestimentaires de ses proches pour se composer une sorte d’armure, Park Chan-Wook emprunte aux grands cinéastes anglo-saxons quelques effets de style ou savoir faire pour composer un film si ce n’est dérangeant (un peu quand même), pour le moins très paradoxal. On pense (c’est une évidence pour tous) à Hitchcock dans cette structuration de mécanique bien huilée et glacée qui semble ne pas pouvoir s’enrayer. L’ombre de Haneke et son Funny Games U.S rôde aussi sur quelques scènes… Il arrive même à supplanter Peter Greenaway en matière d’esthétisme visuel, adoptant avec malice des cadrages surprenant et sublimes au niveau pictural, architectural. Comment ne pas y voir également une admiration pour Gus Van Sant… Avec notamment la scène de la douche, très proche de celle de Paranoid Park, mais totalement en opposition avec cet espiègle contre-pied final en matière de culpabilité… On pourrait continuer cet inventaire tant les références sont nombreuses. Nombreuses, ici ne voulant pas dire plagiant.
Chan-Wook, pour son premier film aux états-unis, se place dans un contexte réel. A l’inverse d’un Wong Kar Wai avec son « Blueberry nights », voire même d’un Wenders avec son « Paris Texas », il ne mâche pas ses images. Il n’idéalise pas une Amérique révée, ne l’auréole ni de néons poisseux, ni de romantisme exacerbé. Park Chan-Wook reste lui-même, avec ses contrastes, ses fulgurances et ses interrogations.
On lui reproche une intrigue simpliste, à cela on pourrait rétorquer que le contenu (l’histoire) vaut moins que le contenant (le sens qu’il donne à son propos par la représentation de ce destin implacable). Et ici, c’est tout son savoir-faire qui s’exprime, avec force et passion. Il dépasse le simple cadre du film classique et s’inscrit dans une démarche d’ascétisme artistique. On pressentait déjà cela avec « Je suis un cyborg », hélas le film était un peu plus maladroit.
Mais, le talent n’est pas une fin en soit. Stoker ne serait dans ce cas qu’un objet filmé, certes somptueusement mise en image, mais désincarné. L’interprétation joue un rôle essentiel et le choix de Mia Wasikowska est irréprochable. Elle apporte à India toute l’effervescence et la perversion voulue. Seule « vivante » face aux autres acteurs dont le jeu théâtralisé souligne à merveille leur destin de marionnette. En incarnation de l’archange du mal, elle est bluffante !
Stoker est un film déconcertant, magnifique, horrible, prodigieux, nauséeux… On en ressort éviscéré et émerveillé ! En un mot Stoker est simplement génialissime !
Un film très maîtrisé, sur le plan de la mise en scène, du jeu des acteurs, du scénario (écrit par le héros de Prison Break, quel talent !), mais surtout visuellement époustouflant. Un brillant thriller vénéneux et malsain où plane l'ombre d'Hitchcock.
Ce Thriller se déroule dans une atmosphère glaçante mais qui tient en haleine. Filmé à la manière d'Hitchcock, j'adore ! Superbe Matthiew Goode, je l'avais découvert dans le film "Donne-moi ta main" rien à voir, c'est une romance comique. Stoker est quand même un film dérengeant, mais j'ai aimé du début à la fin. Que dire de Nicole Kidman et Mia Wasikowska. Magnifque !!!! Merci ;-)
Le mystère qui entoure la famille Stoker n’est pas le seul argument de ce film. Les références à Hitchcock sautent aux yeux et ce n’est pas le moindre compliment. Des références finement ciselées : les protagonistes dans "L’Ombre d’un doute", la douche chez "Psychose", le piano dans "Vertigo" et bien d’autres. On peut également penser à l’un des meilleurs De Palma, "Obsession", pour la touche fantastique. Et ce n’est pas fini. La beauté des images et la virtuosité de la mise en scène hissent ce film tout en haut de l’affiche. Les tableaux sublimes succèdent aux tableaux sublimes, tous imprégnés d’une musique envoûtante. La séquence du brossage des cheveux vaut à elle seule le déplacement. Une pure merveille d’originalité, de grâce et de réalisme froid à la fois. Park Chan-wook, le décapant réalisateur d’"Old Boy", frappe fort en signant son premier film hollywoodien. Il nous livre une autre facette de son talent, moins violente mais tout aussi angoissante. Un Park Chan-wook plus sage et encore plus brillant. A partir d’un scénario qui ne révolutionnera pas le genre, il parvient par un sens aigu de l’orientation de sa caméra à le magnifier. Par son adresse visuelle, il réussit à faire de Stoker un film extraordinaire au sens littéral du terme. Kubrick ne l’aurait pas renié. Le type de long-métrage qui perdra 50% de sa magie en DVD. Pas de grand film sans un casting à la hauteur. L’Australie est à l’honneur. La formidable Alice de Tim Burton campe ici une India solitaire et glaciale qui se révèle en redoutable machine à broyer les cœurs et les âmes. Nicole Kidman, tout aussi diaphane que sa fille, dégage un trouble lancinant communicatif. Son charme bien qu’entamé par le botox n’est plus à souligner. Quant au Britannique Matthew Goode, le Tom Hewett de "Match Point", il n’est pas le moins pervers des trois. Le jeu tout en retenue du trio apporte une dimension onirique à l'histoire. Un film tout en ambiguïté qui pénètre au plus profond de soi. Le thème de la transmission du Mal a déjà été évoqué à maintes reprises au cinéma mais rarement avec une telle maestria. Du grand art.