Dire que le film a vieillit est un euphémisme, mais c'est tout ce qui fait son charme. Une époque où des réalisateurs comme M. Bay n'aurait pas pu exister...
Plutot bien fait et mème drole se film en noir et blanc qui fait une belle critique sociale et montre l'amérique pendant la grande dépression. Plus la mémorable scène ou l'on entend Chaplin qui chante la Nonsense song.
Chaplin ne parvient pas à tenir la longueur du métrage. Le script se perd à la sortie de l'usine et le reste n'est alors qu'une succession de scènettes entrecoupées de passages par la case prison. Début excellent donc mais par la suite, le charlot de Chaplin est trop crétin pour qu'on compatisse. Et puis Playtime de Tati rend obsolète cette vieillerie au demeurant sympathique.
Un chef-d'oeuvre engagé et de témoignage en même temps. Drôle et touchant même après 50 visionnages, du haut de ses 84 ans en 2020, il garde tout son pep's, son plaisir à être vue et ses musiques intemporelles. Difficile de dire du mal... Certains effets spéciaux... Oui, l'écran du bateau qui part est franchement mauvais mais bon... Si on compare à l'excellence de la scène des patins à roulettes, je crois qu'on peut gommer cet écueil. UN MUST ABSOLU
Critique de l'industrialisation (enfin de son impact sur les ouvriers), critique de la gestion de la crise de 1929 dans une Amérique très inégalitaire, Les Temps Modernes est un film historique qui a malheureusement peu vieilli. Son regard sur le monde est toujours d'actualité. En outre, Chaplin insuffle de la drôlerie et de l'émotion dans un film évidemment devenu culte. A voir et à revoir.
Une certaine presse n'y a jamais vu autre chose que la satire (certes féroce) de l'industrie. Or, ne limiter ce film qu'à ça, c'est passer à côté de la moitié de ce qu'il a à dire. "Les temps modernes"... le titre était suffisamment éloquent. Ce n'était pas seulement une satire de l'industrie et de ses cadences de plus en plus infernales, c'était une satire du Monde, tel qu'il l'était en 1936. On pourrait le croire d'hier tant ce qu'il montre n'a pas bougé d'un iota depuis près de 90 ans. On y retrouve une nouvelle fois tout ce qui fait Chaplin. Toujours sans discours caricatural et sans mélo. Et toujours avec cette acuité de l'Humain. Agrémenté de trouvailles fabuleuses (la machine à manger) et d'une maîtrise absolue. Une oeuvre phare. Oeuvre phare avec un O et avec un P, ça va de soi.
Ce film pour petits et grands est un chef d’œuvre du cinéma muet. A la fois drôle, émouvant et plein de trouvailles, il doit beaucoup à l'agilité de Charlie Chaplin. Paulette Godard, sa partenaire, ajoute une pincée d'optimisme et de beauté dans la vie de ce vagabond.
Je l'avoue, j'ai très longtemps repoussé le moment de voir mon premier "Chaplin"... Evidemment, l'unanimité autour de ses films m'intriguait, mais je ne pensais pas pouvoir être vraiment surpris / impressionné par un film aussi ancien...Wow ! C'est bien simple, c'est génial. Les situations burlesques s'enchaînent, je me suis surpris à passer énormément de temps à sourire ! Quel sens du rythme, de la mise en scène...et quelle poésie tout au long du film ! Un film majeur, comme une bonne partie de la filmographie de Chaplin. Chef-d'oeuvre !
Ce film (pas totalement muet) a plus de 75 ans et il résonne encore par la justesse des idées qu'il véhicule. Les acteurs sont convaincants et on se laisse aller par l'agréable musique, dont une très célèbre.
Vouloir classer « Les temps modernes » dans l’œuvre de Chaplin est une gageure tellement celle-ci regorge de chefs d’œuvre. Quand il sort en 1936 le film est sans aucun doute celui où le réalisateur/acteur affirme le plus ses convictions politiques renforcées depuis son long voyage en Europe de l’année 1931 où il rencontra nombre de personnages influents tels Gandhi ou Einstein qui partageaient ses craintes sur l’utilisation non maitrisée du progrès technique dont l’effet le plus néfaste serait un asservissement contraire à l’émancipation promise et attendue. Au sein de la puissance encore en devenir qu’étaient les Etats-Unis du début du XXème siècle, le capitalisme triomphant avait vite trouvé dans des penseurs comme Frank Taylor ingénieur de formation l’occasion de pervertir le progrès technique en définissant le facteur humain comme accessoire d'un processus destiné à maximiser les rendements et les profits au service de la minorité agissante qui cherche toujours à dominer les masses. Charlie Chaplin qui avait connu la misère des faubourgs de Londres dans ses jeunes années était très sensible à ces mutations dont il pressentait qu'elles n'avaient rien de bon. Ses engagements politiques un peu trop marqués lui attireront des ennuis le poussant à l'exil définitif en 1952 alors que la Guerre Froide battait son plein. L'entame du film assimilant les hommes se rendant à l'usine à un troupeau de moutons montre clairement de quel côté se situe Chaplin. Mais si on regarde bien un mouton noir s'est glissé au sein du troupeau d'ovins et ce mouton va nous montrer qu'il ne faut pas grand chose pour dérégler la machine. C'est une leçon de "vivre libre et amoureux" que va nous proposer Charlie Chaplin qui avait un temps songé à adopter le parlant pour son film mais qui avait heureusement vite abdiqué pour en revenir à son mode d'expression favori, le mime. Accompagné de Paulette Goddard sa dernière trouvaille et muse il s'amuse à déjouer les pièges tendus par le système sans jamais vouloir en promouvoir un autre, se contentant tout simplement de refuser l'embrigadement. Chaplin est bien sûr très acerbe, toujours à la limite de la censure notamment quand il montre les ravages de la drogue, mais ce qui frappe avant tout c'est son indicible grâce qui fait que toutes ses pitreries nous submergent d'allégresse devant tant de légèreté et de mutine candeur. Avoir Charlot en face de soi c'est comme regarder son chat renverser votre bol de café mais qu'on est incapable de gronder car si majestueux. En homme orchestre qu'il était, Chaplin a aussi composé une sublime musique qui n'est pas pour rien dans la magie du film. C'est sûr, le cinéma devenu parlant on ne retrouvera jamais plus un génie tel que lui. Mais il nous reste toute son œuvre que l'on peut revoir sans jamais se lasser. Vous êtes triste et désabusé de l'humanité, regardez vite un film de Chaplin et vous penserez que rien n'est encore perdu. "Les temps modernes" d'une brûlante actualité quand Internet a remplacé la machine était d'une prémonition qui n'a malheureusement pas été suffisamment entendue et relayée.
Ce film date de 1936, et pourtant quand on le regarde aujourd'hui, il est frappant de dire que son propos et toujours d'actualité, et que les choses n'ont malheureusement pas changé. C'est bien le propre d'un film qui est dans le panthéon du cinéma. Chaplin livre ici beaucoup plus qu'un simple film, il livre une critique acerbe du monde industriel, et de ses dérives productives qui ne peuvent qu’irrémédiablement conduire à l’aliénation des travailleurs. Mais là où il est le plus fort, c'est que là où beaucoup aurait fait un film didactique ou pédagogique, Chaplin nous le montre par l'humour. Et quel humour, il est géant dans son rôle de maladroit, il arrive à nous provoquer de l'empathie pour lui. Le fait que le film soit muet, montre bien le côté guignolesque de produire plus pour produire plus, comme cette conclusion finale cultisme,où Charlot se met à chanter un peu n'importe quoi. Parce que faut bien comprendre que ce film des processus aliénant domine l'individu, Chaplin nous les montre sous le véritable le jour, c'est à dire profondément illogique. Après la dernière partie du film où Charlot rencontre l'amour est moins à la hauteur que le reste, parce que un peu moins dynamique, avec moins d'enjeux. Mais il ne doit pas faire oublier ce film pour ce qu'il est, c'est à dire une bouffonnerie comique qui dénonce pourtant les pires atrocités du travail à la chaîne.
C'est sûr que ce film ne plaira pas aux abrutis incapables de dépasser l'idée que le bon cinéma n'est pas forcément en couleur... Pour les autres, je ne saurais que vous conseiller ce chef d'œuvre! La critique sociale peut être appliquée à n'importe quelle société actuelle, le propos est drôle et possède à la fois une dimension dramatique. Charlie Chaplin est génial et Paulette Godard, en plus d'être incroyablement moderne et vive, apporte une fraîcheur et un dynamisme tout à fait nouveaux. La scène de la cocaïne en taule et de l'appel (involontaire) à la manifestation restent mes scènes préférées. Charlie Chaplin, comme toujours fin visionnaire et toujours terriblement actuel.