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Un visiteur
3,5
Publiée le 22 septembre 2011
Lorsqu'engagé dans un chemin sinueux et sombre, l'on souhaite s'y retrancher, est-il encore raisonnablement possible de faire marche arrière ou demeure accrocher à nous un passé, éternel ? La confiance, est-ce croire en l'autre ou croire en sa propre bonté et clémence ? .. Rare se font les westerns récents qui tiennent la route sans ennuyer ou faire dans le contemplatif outrancier ; Eh bien 'Blackthorn réussit ce tour de force avec brio et finesse. Tout d'abord les paysages, la photographie, sont magnifiques, grandioses et offrent ainsi un cadre génial pour le déroulement de l'action. Ensuite, les acteurs sont parfaits avec notamment un Sam Shepard, charimatique et plus que convaincant dans le rôle du cow-boy intrépide. Le scénario tient la route, le suspens, l'action et même la réflexion sont au rendez-vous, tout comme le côté sentimentale. Et si je ne mets pas les 5 étoiles, c'est que quelques longueurs viennent plomber certains parties du film et empêchent ainsi de s'en délecter sans vergogne. Malgré tout, c'est un western à voir pour les amateurs du genre et pour les autres : entre western et drame, 'Blackthorn' joue sur l'opposition des deux personnages principaux pour troubler, émouvoir, questionner, remuer et décevoir parfois; rarement. A vos colt !
On a conféré à ce film un succès d'estime, sous-entendant un western, pas vraiment un, plus un hommage au genre, à voir pour les acteurs, qui promènent leurs pistolets et leurs chapeaux dans la lenteur d'un désert de sel bolivien. Mensonge. Hypocrisie. Bêtise. Condescendance. Sous-estimer un bon film même gentiment c'est casser sa chance. Ado j'adorais les films de cow-boys pour leur violence sanglante. Avec le temps on s'est blasé, sauf quand surgit un "Impitoyable" ou autre "Appaloosa". Ici, oui c'est du quasi jamais vu. Mateo Gil qui avait signé le scénar d'"Agora", un des 10 meilleurs films de 2011, nous offre, car c'est un cadeau, un film très original. Les rares scènes de violences sont d'une brutalité très efficace, âpres, soudaines, tragiques. Et comme oui c'est un hommage, même une ode, on a en plus une réflexion derrière qui très simplement aborde la vieillesse qui se retourne sur son parcours et le sens à y accorder. Pour un scénariste Gil a travaillé une direction d'acteurs, des Shapard/Noriega aux "indiens" boliviens, très crédible, et lyrique, faisant passer beaucoup avec peu de mots, dans ce monde rude de taiseux. Notre héros vieux rusé se retrouvera manipulé à cause de ses illusions naïves et de ses rêves envolés dont les fruits mélancoliques se dissipent comme un mirage, le laissant à son désarroi total. Peut-être faut-il être sujet à cette remise en question glacée et glaçante pour apprécier un tel film, mais si vous aussi avez raté votre vie, sans rolex au poignet, regardez quand même l'heure pour ne pas rater le début de la séance.
Mis à part des décors de rêves admirablement filmés, Blackthorn ne laissera pas grand-chose derrière lui. Le scénario est plat, banal et plombé de flashback sans intérêt. On a du mal à suivre ce duo de hors la loi trop mou pour nous plonger dans l'histoire. Les scènes d'action sont rares et peu originales. Ajoutez à cela une fin décevante qui ne clôture pas vraiment le film et une bande son quasi-inexistante et vous obtiendrez un western aussi vide et amorphe qu'un désert. Grosse déception.
L'histoire d'un western en Bolivie, autrement dit, un « south(w)ern », un nouveau genre tellement gai qu'il n'est pas appelé à se renouveler ! L'attrait d'un scénario réside au moins dans trois paramètres, l'originalité, l'originalité et... l'originalité ! Le choix du lieu, la Bolivie, le choix de l'âge du capitaine, les cowboys ne meurent pas vieux dans le wild west, et le choix du twist, ou comment le vol est de moins en moins tendance, contrairement au gentillet « kid » aux yeux bleus des années 70. Bref, c'est un bon scénario. Mais si l'on n'est pas sensible au côté auteur du cinéma, il vaut mieux passer son chemin. C'est lent, parfois elliptique, l'action est forcément répétitive puisque c'est une chasse à l'homme et l'humour n'a pas vraiment sa place à cette altitude. La musique est belle, la photographie également, les paysages impressionnants et originaux, le casting irréprochable. Rien à dire, c'est un beau film. Mais c'est triste à plusieurs niveaux, vous voilà prévenus.
Voilà un western, à petit budget, de bonne facture avec un magnifique travail photographique, deux excellents acteurs et un scénario bien vu. On peut bien sûr reprocher à cette oeuvre son rythme lent et un manque cruel d'action. Mais peu importe, j'ai bien apprécié ce film. A voir.
Film qui commence par être un peu ennuyeux puis très vite devient super. L'histoire (quand on pense qu'elle est vraie !) est super et touchante, l'acteur principal très bon (les autres sont bien aussi d'ailleurs), la narration très intelligente avec beaucoup d'effets de surprises notamment. Bref c'est un film qui vaut la peine d'être vu.
Sam Shepard est tout simplement efficace dans son rôle de Cassidy. L'histoire se déroule avec réalisme et l'aventure vous emmène jusqu'à la fin avec plaisir !!! A voir
20 ans après sa mort officielle en 1908, l'envie prend au célèbre Butch Cassidy de quitter la Bolivie et de rentrer chez lui, aux Etat-Unis, pour y retrouver son neveu présumé, auquel il envoie des lettres depuis plusieurs années... C'est un western atypique, oui. Et c'est un western magnifique, oui. Par la magie du cinéma, Mateo Gil fait revivre le mythe Butch Cassidy, remettant sur le plancher donc la fameuse et superbe histoire contée par George Roy Hill en 1969, "Butch Cassidy & The Sundance Kid". Et quelle virtuosité ! Dans la plus grande modestie et simplicité, le metteur en scène réalise un western hors du temps, tout à fait singulier, presque un ovni. La véritable bouffée d'air frais du genre cette année s'appelle "Blackthorn" et non "True Grit". Car Gil a la courtoisie de raconter quelque chose de passionnant et d'original, les Coen n'ont tiré qu'un remake d'un bon bouquin. Il n'y a rien à dire de très négatif sur ce western enchanteur, crépusculaire si l'on puis dire, et filmé avec un talent fou. Le réalisateur magnifie les paysages, et fait dégager toute la grandeur des grands espaces du Far West plus si loin que ça en 1928. Là où "True Grit" ne choquait pas tellement visuellement, "Blackthorn" tape dans l'oeil. Les acteurs sont parfaits, Sam Shepard est génial, et la ressemblance avec son acteur ego de jeunesse est troublante. Déjà un bon point. En fait, tout ce que je peux reprocher à ce film, c'est la personnalité de Butch dans ses flashs back. Oui, car dans ce film, c'est plutôt le Sundance Kid qui adopte le caractère désinvolte de Paul Newman dans le film de 1969. L'inverse de l'original donc, mais c'est un détail pour les cinéphiles, et plutôt un amusement pour les fans de westerns. Donc, je suis sorti de "Blackthorn" ravi, content, quelque chose comme rafistolé d'un peu partout, et le sourire aux lèvres. Je n'ai vaincu le film, c'est lui qui m'a vaincu. Et comment, car à la fin, on ne dira plus James Blackthorn alias Butch Cassidy mais plutôt Butch Cassidy alias James Blackthorn. Une illustration à qui on laisse le mot de la fin à John Ford : "Quand la légende dépasse la réalité, imprimez la légende". C'est fait.
Connaissant et ayant énormément aimé "Butch Cassidy et le Kid", j'avais un vague préjugé quelque peu défavorable envers ce Blackthorn dans lequel je voyais une suite inutile de la fin épique des deux braqueurs. Il n'en fut rien et je me suis positivement régalé! Ce film est bourré de qualités, à commencer par un rythme lent, majestueux même bien que savamment ponctué de scènes d'action brèves et fulgurantes. J'aime ces gros plans qui savent s'attarder sur les visages, leur arrachant un sens, des secrets, des émotions qu'une mise en scène plus conventionnelle laisserait dans l'ombre. Cela tire un immense parti du savoir-faire des acteurs; Sam Shepard est bouleversant, bourru mais pétri d'humanité, sensible et toujours prêt à pardonner. Pas de bavardages inutiles, le silence souvent en dit plus long que des dialogues creux ou vaniteux. Mateo Gil a su laisser parler les visages, les jeux d'ombres, les silhouettes, les clair-obscurs, les paysages... Paroles sans mots pleines de nostalgie, de regrets, de vagues projets, de vieillissement, de lassitude, de décrépitude même. La photographie est tout simplement somptueuse, harmonieuse, tirant un magnifique parti des très beaux paysages boliviens. Le scénario, bien que classique, est plausible, cohérent et on prend plaisir à voir ici se nouer ces entrelacs de destins puis se dénouer d'insoutenables situations... Un excellent moment donc!
Un western moderne et bilingue seduisant qui nous fait traverser de magnifiques paysages avec un mort dont on a arrete le sommeil pour le ramener a la vie. On retrouve ici le principe initiatoire apprecie par ce type de films, un vieil homme au passe mouvemente aux cotes d'un jeune pleins d'ambitions. Un peu trop peut-etre car on va finir par se rendre compte que rien n'est aussi simple qu'il n'y parait pour ce vieux Butch. Si le scenario est excellent, on est malheureusement pas aussi emu qu'on l'aimerait vu la qualite de l'histoire. Pas de quoi gacher le plaisir de cette d'abord douce puis tres violente nostalgie que dispense ce film dont l'acteur principal est aussi efficace que touchant et charismatique.
Chouette western. L'acteur est très bon dans son rôle. Un peu déçu par la fin mais en même temps le mystére Butch Cassidi reste ainsi intact. Pas mal du tout
Œuvre baignant dans la mythologie américaine mais à l’identité irréductiblement espagnole, Blackthorn prend quelques licences avec la grande Histoire en imaginant un Butch Cassidy vieillissant, réchappé de la tuerie de San Vincente et coulant des jours paisibles dans une ferme bolivienne. La subversion s’arrêtera là, puisque, loin de la distanciation ironique de certains avatars post-modernes, le film de Mateo Gil témoigne d’un grand respect envers le genre qui lui sert de cadre, d’une soif de cinéma revigorant qui n’est pas sans rappeler celle d’un Kevin Costner. Démarrant comme une chronique mélancolique, « Blackthorn » dérive ensuite vers le pur film de chevauchée, dans la tradition du genre, traversée de grands espaces. L’un deux, un splendide lac de sel asséché, est le théâtre d’une course contre la mort lancinante et asphyxiée, où se révèleront les caractères de chaque personnage. En faisant endosser le rôle de l’ancien mercenaire à Sam Shepard, comédien incontournable qui trimballe avec lui tout un fragment de l’Ouest américain, Mateo Gil confirme sa volonté de s’emparer à bras le corps de grandes figures mythologiques, tout en les croisant et en les associant à son propre cinéma ibérique. C’est ainsi le ténébreux Eduardo Noriega, acteur fétiche de cette génération montante de cinéastes (« Ouvre les yeux », « L’Échine du diable »), qui fait face à Shepard en jeune bandit aux dents longues. Tous deux, contraints de faire équipe dans l’adversité, semblent reformer le tandem d’antan (Butch Cassidy et le Kid), improvisent au vieux loup une sortie de scène et apprennent progressivement à s’apprivoiser. Le faux buddy-movie tourne au choc des générations : si Shepard figure un "ancien temps" droit dans ses bottes, attaché à des valeurs de loyauté, son compagnon se révèle plus cupide, assoiffé d’argent et d’individualisme, davantage inscrit dans l’ère industrielle naissante. Cette confrontation de deux époques est un lieu commun du western, déjà largement exploité par Peckinpah ou par Sergio Leone, mais que Gil négocie plutôt bien grâce à un scénario acrobatique qui ménage les rebondissements et les twists. Le voyage initiatique, commencé sous les auspices positives de l’amitié (chaque protagoniste a à apprendre de l’autre), se termine ainsi sur une note inattendue, plus amère, frayant avec la critique sociale (l’exploitation des Indiens). La mise en scène de Mateo Gil, classique mais souvent somptueuse, magnifie les décors tout autant que les rapports humains. Parfois d’une réelle ampleur, elle confirme le film dans sa qualité de spectacle à l’ancienne, modeste et fait avec soin, guidé par la passion. La déférence du réalisateur envers ses classiques ne va pas, il faut bien le dire, sans une certaine frilosité, qui l’empêche régulièrement de décoller vers les cimes élégiaques qu’il semble convoiter. Les (nombreuses) scènes de flash-back, retraçant la jeunesse de Cassidy et son amitié avec le Sundance Kid, accusent ainsi leur allégeance au film culte de George Roy Hill, mais sont aussi les plus faibles du métrage. Davantage concluant dans son versant "présent", soutenu par une paire d’acteurs aux univers différents mais en parfaite alchimie, « Blackthorn » teinte sa noirceur crépusculaire de couleurs plus ouatées, son pessimisme de doux désenchantement, sa dureté rêche d’un peu de baume et de coton. La voix rocailleuse de Shepard, chantonnant une ballade dans le générique de fin, résonne alors comme un délicat requiem, celui d’une époque révolue et d’une amitié manquée.
Film décevant ... Il y a de belles images (surtout touristiques) mais le scénario est poussif et confus. Ce film occupe honnêtement une soirée ; mais il donne aussi le sentiment d'avoir perdu son temps. Bref, j'ai vu et je ne reverrai pas.