voilà un film qui décoiffe, sous des dehors de seconde zone; ne vous y trompez pas, c'est du bon, du solide, du nourrissant.
Cela démarre en rappelant furieusement Carrie côté scénar: le bal du Lycée, les couples d'ados insupportables, les amours vite fait sur la banquette arrière, la vilaine petite oie rejetée par les canards boutonneux...
Mais cela tourne vite au cauchemar pur et dur; cette oie-là (Lola, très bien interprétée, l'air halluciné et d'un sadisme pur) , contrairement aux autres oiseaux, a des dents, très acérées et elle s'en sert à merveille. Le film bascule dans l'horreur pour Bent , jeune paumé déséquilibré par son implication dans la mort accidentelle de son père, qui flirte avec la mort sans oser l'affronter... il va être servi!
Sans cesse confortée dans sa folie par un père qui l'adore, la désire, la comble, Lola accumule les vengeances les plus torrides envers ceux qu'elle voudrait élire au titre de Roi...Passons les détails que le divin marquis n'aurait certes pas désavoués!
La réalisation est tout simplement parfaite: splendides images de l'Australie rurale, gros travail technique et symbolique sur les couleurs, caméra inventive sans effets bidons, pas de temps mort et un humour très très noir et très fin, ravageur, qui rend plus soutenables les scènes insoutenables.
J'ai fortement pensé à Tarentino en voyant ce film: même frénésie, même empressement, même éclatement du scénario dans des directions imprévues qui finalement se rejoignent, même humour, même amour de la violence, si forte qu'elle en devient irréelle.
Film dense, dur et fulgurant, à conseiller sans hésitation.