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3,0
Publiée le 21 avril 2026
Eugène de Rastignac débarque à Paris où il va naviguer entre deux mondes bien différents. Il y a cette pension modeste où il va s'installer et faire différentes rencontres, et les lieux de la haute société. Souvent, ceux qui en font partie l'ont intégrée aux dépens des autres comme les filles de ce pauvre père Goriot, qui est incarné par un poignant Pierre Larquey. Rastignac va devoir choisir entre ces deux mondes tout en faisant attention à ne pas devenir lui-même une victime. C'est ce qui rythme l'histoire avec beaucoup de double jeu et de personnages qui pensent tenir les rênes alors que pas du tout. L'angle avec Vautrin et les passages avec le père Goriot sont les plus réussis. J'ai moins accroché aux scènes avec les filles ingrates et c'est une bonne chose que le film ne soit pas plus long malgré la richesse du roman. En somme, c'est pas mal.
Je n'ai plus grand souvenir de ma lecture de Balzac mais, à l'évidence, l'adaptation proposé par Robert Vernay est particulièrement réductrice. C'est un condensé des incidents du roman, avec certainement de petits arrangements avec l'oeuvre originelle, qui est mis en scène sans la moindre imagination ni subtilité. Comment faire entrer, d'ailleurs, tant de figures balzaciennes -dont Rastignac et Vautrin qui font leur apparition- dans un film d'1h30? De fait, les personnages manquent franchement d'épaisseur et ils sont, de plus, mal incarnés. Rastignac, l'étudiant provincial tombé sous la coupe du forçat évadé Vautrin dont il devient l'instrument des visées maléfiques, est la figure centrale et il est joué par un André Rollin très terne. L'irremplaçable Pierre Larquey fait peine à voir en Père Goriot poitrinaire, désespérément épris de ses deux filles -des ingrates et bourgeoises grossières- et filmé sur un mode pathétique jusque dans l'agonie. On croise aussi le capitaliste Nucingen et l'usurier Gobseck (avec son allure d'apatride...), même pas ébauchés mais répondant à la doxa pétainiste de l'anti-France. D'un roman du patrimoine littéraire, Vernay fait un petit mélo sans envergure où la satire sociale -avidité, ambitions...- se résume à un petit concentré de bassesses humaines sans beaucoup de signification. A la fin, Rastignac décillé peut toujours proclamer "à nous deux Paris", il a assez peu fait la démonstration de son apprentissage des turpitudes parisiennes.
Robert Vernay est plein de bonne volonté et quand il adapte Alexandre Dumas il le fait bien. Il faut dire que c'est bien plus facile qu'ici où l'action est inexistante et où les personnages sont complexes. Tout étant dans les caractères des gens et dans les circonstances de leurs rencontres. Dans le DVD René Château ,il est omis le nom du personnage principal Eugène de Rastignac interprété par Georges Rollin (Goupil Monsieur) qui tient bien ce rôle difficile ,le seul qui ne soit pas manichéen ,du moins dans le film. En effet le gros reproche que l'on peut faire ,c'est d'être loin de Balzac et de toutes les richesses de ses personnages qui sont ici de vraies caricatures toutes noires pour la plupart. Car même si les héros de la ''Comédie humaine'' sont de bien tristes humains,ils ont leurs bons moments y compris parfois de générosité et de vraie gaieté. Film intéressant mais décevant sur l'écriture,l'ambiance n'y est pas. On passe son temps entre de beaux moments et des lourdeurs pénibles,de plus,les décors sont trop sophistiqués et les deux filles Goriot ridicules dans leurs accoutrements,elles ressemblent aux deux méchantes soeurs de Cendrillon. .Pierre Renoir impose sa présence et Larquey s'en sort bien en Père Goriot.