Au p'tit zouave
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 novembre 2024
Dans l’esprit de beaucoup la carrière de Gilles Grangier se résume à sa seule collaboration de douze films avec Jean Gabin qui en avait fait son réalisateur fétiche devant d’autres plus prestigieux comme Jean Renoir, Julien Duvivier, Marcel Carné, Denys de La Patellière ou autres Jean Delannoy. Certains un peu pisse-froid affirmant que l’acteur alors dans sa deuxième partie de carrière beaucoup plus conformiste avait choisi Gilles Grangier pour sa docilité. Pourtant parmi les douze films en question une large moitié sont d’excellente facture avec en point de mire « Le cave se rebiffe », « Le désordre et la nuit », « Archimède le clochard » ou encore « Le sang à la tête » En vérité Gilles Grangier qui avait été tout d’abord assistant à une vingtaine de reprises sous la direction de Sacha Guitry, Georges Lacombe et Anatole Litvak aura réalisé 52 films dont 23 avant sa rencontre avec Gabin. Dix-neuf de ces films ont dépassé le million d’entrées dans les salles. Ils ne sont pas si nombreux dans le cinéma français d’Après-Guerre, les réalisateurs à pouvoir afficher un tel palmarès. Cet avant-propos afin de replacer Gilles Grangier à sa juste place qui n’est pas si anecdotique. « Au P’tit zouave » tourné en 1949 fait justement partie de ces films avant-Gabin montrant le savoir-faire d’un réalisateur alors âgé de 39 ans ayant déjà une solide technique. Sur un scénario original de l’expérimenté Pierre Laroche, Grangier livre sur fond d’enquête policière une étude de mœurs sur le Paris du quartier de Grenelle que connaissait parfaitement Pierre Laroche pour y demeurer lui-même. Un tueur de vieilles filles argentées sévit dans l’environnement du P’tit Zouave tenu par Armand Billot (Robert Dalban) qui a trouvé le patronyme de son établissement en puisant dans son passé militaire au sein de l’infanterie coloniale. Patron fort en gueule mais plutôt bon bougre comme on disait à l’époque. Une des deux petites chambres en location héberge une jeune femme (Dany Robin) plutôt sauvage et d’allure stricte qui attise les ardeurs des clients de tous âges auxquels elle n’offre que ses refus. Avec un œil amusé mais aussi très perspicace et acéré, Grangier brosse le portrait d’une époque désormais révolue où les petites gens pouvaient encore se loger dans la capitale en agrémentant comme le cafetier et quelques-uns de ses clients l’ordinaire de petites combines frauduleuses. Portrait certes pittoresque mais aussi lucide sur une nature humaine qui ne rechigne pas toujours à se laisser aller à une certaine médiocrité. L’arrivée soudaine au sein de la communauté d’un jeune homme (François Périer) aux bonnes manières et semblant ne pas manquer d’argent va bouleverser la routine quotidienne notamment par sa proximité avec la jolie Hélène (Dany Robin). Parallèlement un commissaire taciturne et mystérieux (Paul Frankeur) investit lui aussi les lieux. L’ambiance se tend pour donner au film sa tonalité policière. « Au p’tit zouave » empruntant le genre du huis-clos parfois périlleux franchit avec souplesse l’obstacle grâce à la dextérité de son metteur en scène et à la conviction apportée par la brochette d’acteurs qui l’accompagnent (mention à François Périer et à Henri Crémieux très convaincants). Près de cinq ans avant sa rencontre avec celui qui allait le projeter sur le devant de la scène, Gilles Grangier montre que Jean Gabin n’avait pas jeté son dévolu sur sa personne par hasard.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 août 2024
Le bistrot parisien "Au p'tit zouave" que tient Robert Dalban est le seul décor du film. Gilles Grangier en fait une scène de théâtre; on ne s'étonnera donc pas que les nombreux interprètes et personnages y jouent et s'y tiennent comme au théâtre...
Grangier croit-il ressusciter le cinéma populiste de Julien Duvivier, voire, à la fin, dramatisée jusqu'au grotesque, l'inspiration Carné-Prévert d'avant guerre? Toujours est-il que ses personnages populaires, d'un côté ou de l'autre du comptoir, sont des figures caricaturales et archétypales dépourvue de la moindre authenticité.
Tant que les bribes d'histoires des visiteurs et les conversations entre clients introduisent un peu d'humour en même temps que le langage de la rue, sans se prendre trop au sérieux, on veut bien leur prêter un peu d'attention. En revanche, quand le réalisateur prétend introduire de la gravité et de la "psychologie", il dévoile ses limites de cinéaste et tout ce que sa mise en scène peut avoir de lourdingue. C'est à l'image de l'intrigue subalterne du "tueur sadique à la bouteille de lait" qui sévit dans le coin et dont on a l'écho à l'intérieur du bistrot. Outre que sa résolution produira la séquence la plus stupide du film, Grangier, avec ses gros sabots, fait porter les soupçons sur chacun des personnages qui a un mot équivoque ou une mine suspecte...
En résumé, le sujet était une bonne idée; malheureusement, ses auteurs n'avaient pas le talent requis.
evariste75
evariste75

210 abonnés 248 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 janvier 2025
Excellent film qui retrace bien l'ambiance 15ème arrondissement de Paris des années 50, avec une très belle brochette d'acteurs. François Périer en est la vedette en couple avec Dany Robin. De très bons dialogues, de très belles images, un très beau Paris populaire...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 21 novembre 2013
Un petit film soigné où l'on retrouve une belle équipe d'acteurs dirigés de main de maitre par Grangier. Il nous fait rentrer dans l'intimité des habitués d'un petit bar quelques peu perturbés par l'arrivée de deux nouveaux clients. on est tout de suite dans l'ambiance, le scénario distille avec efficacité un suspense par petites touches agrémenté de dialogues hauts en couleur.
TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 août 2010
Étonnant,un film ou il y a 3 fois plus à entendre qu'a regarder. Un film sans aucune vraisemblance et que l'on peut qualifier sans se tromper de comédie policière fantastique. Un film ou chaque personnage forme un tout à lui tout seul sans que le réalisateur prenne soin de rendre l'ensemble un peu cohérent. Un film fou ou seuls les chats et un poisson rouge sont authentiques. Hé bien! Malgré tout ça,on passe un chouette moment grâce à l'ambiance du petit bistrot,aux dialogues passionnants à écouter et au jeux formidables des acteurs. Cela aurait pu être du théâtre mais l'intimité entre tous ces personnages et les spectateurs n'aurait pas joué et c'est la raison majeure qui fait pardonner à Grangier tous ses excès. Quand même,il a fait fort:un patron de bistrot qui ne fait jamais payer personne,une prostituée qui tombe amoureuse en 5 minutes,une cliente de l'hôtel belle et pure comme le jour mais plus naïve qu'une enfant,un malade mental à la verve d'un grand avocat,un croque mort qui ne pense qu'à tuer sa belle soeur,un marchand de légumes méchant comme une teigne et qui ne pense qu'à picoler,un inspecteur de police sorti d'un roman de kafka et les 4 autres protagonistes du même niveau caricatural...La palme revenant à Fernande ,la petite servante , seul personnage aimant la vie et l'amour mais dont personne ne prête attention.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 juillet 2024
« Au P'tit Zouave » , ce petit cafè parisien populaire du 15ème tout ce qu'il y a de tranquille et de convenable avec sa bonne clientèle de quartier! Le genre pension de famille où toutes les journèes se ressemblent avec ses habituès, son coup de blanc et ses joueurs de belote! Des gens modestes qui se contentent de ce qu'ils ont! Malheureusement il y a du sang à la une : un nouveau crime de celui que la presse nomme « l'homme à la bouteille de lait » vient de mettre en èmoi un nouveau quartier de la capitale avec le meurtre par strangulation d'une vieille fille, victime du sadique! En voilà donc une vilaine affaire [...] Une histoire policière sur fond d'amour impossible, narrèe à la manière d'un huis-clos! La mise en scène de Gilles Grangier est bonne, elle est bien aidèe par tous ces acteurs français d'antan, de Robert Dalban à Annette Poivre en passant par Bernard Lajarrige et surtout par la charmante Dany Robin, prèsentèe comme la plus belle ingènue des annèes 50! Le type même du drame / policier populaire avec ces dialogues ciselès! A dècouvrir...
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 février 2025
Un film intéressant un scénario subtil de tres bons acteurs et une belle tranche de vie parisienne des années 50
Topaze87
Topaze87

10 abonnés 647 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 février 2025
Gilles Grangier réussit ce polar situé en huis clos dans un bar en restituant parfaitement l’atmosphère du Paris d’après-guerre, le tout bien aidé par une très large et très bonne distribution.
Daj Le Roux
Daj Le Roux

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3,0
Publiée le 30 juillet 2023
Encore une belle découverte dans la filmographie du sous-estimé Gilles Grangier. D'où vient le plaisir que l'on prend à ce huis-clos ? Certes pas à un scénario qui brille par son invraisemblance. Bien davantage à une distribution où chacun tient sa place à merveille : François Périer et Dany Robin, les jeunes premiers, Marcel Delaître et Paul Frankeur, les policiers, Henri Crémieux, Yves Deniaud, Robert Le Fort, Renaud Mary, Marie Daëms, Jacques Morel, les clients du bar tenu par Alice Field et Robert Dalban, qui jouait encore les premiers rôles. et avec quel talent A noter une scène étonnante, gâchée cependant par des effets de gros-plans un peu grotesques, où le vieux Crémieux, libidineux à souhait, tente de séduire la jeune Dany Robin : d'un coup, la comédie se fait grinçante.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 mai 2026
Plongée sympathique dans un café du Paris populaire d’après-guerre avec ses habitués de comptoir et leurs petites combines, mais ternie par une enquête policière mal ficelée. 2,25
Gérard Delteil
Gérard Delteil

256 abonnés 2 058 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2026
Ce film s'inscrit dans la tradition "naturaliste-populiste" de Hôtel du Nord ou L'assassin habite au 21. Les comédiens et les dialogues sont absolument délicieux. Sans doute l'intrigue n'est-elle pas très subtile ni très réaliste, mais elle sert de prétexte à ce tableau de la clientèle d'un bistro parisien. La séquence la plus faible est la scène d'amour entre François Périer et Dany Robin qui sombre dans le mélo psychologique de bazar. Pour le reste, c'est un véritable régal.
brianpatrick
brianpatrick

116 abonnés 1 861 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 mai 2026
Au p'tit Zouave. Sur la rue Grenelle, sur la plaçe Cambrone, dans le 15ème arrondissement. Un ancien zouave, une unité d'infanterie de l'armée d'Afrique française, c'est Robert Dalban, l'homme au deux cent films comme second rôle. Le p'tit zouave, un bistrot et un hôtel, situé sur la plaçe Cambronne, un film tourné en 1950. Juste cinq ans après la libération. Une prouesse des scénaristes, pour rassembler une histoire à l'intérieur d'un bistrot à la manière d'une pièce de théâtre. Des habitués du comptoir, avec l'accent parisien. Il y a de grands acteurs, enfin, des acteurs et des actrices très doués. Il y a Marie Daëms, pour un rôle difficile. Il y a Alice Field, superbe. Il y a le grand François Périer. Pis il y a Dany Robin, une magnifique plastique, l'actrice française de référence dans les années 50. Tous les hommes lui tournent autour, tous les habitués lui tournent autour. La base du scénario. C'est un très bon film, un bon rythme.
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