Un échec tout aussi conséquent au Box Office qu’en termes d’inspiration. Pour ne pas qualifier R.I.P.D. de navet, faut-il encore y voir une pointe d’originalité, l’audace d’une créativité incomprise. Rien de ça ici puisque le film de Robert Schwentke, l’homme à qui l’on doit le premier opus de Red, n’est en somme qu’une copie mal fagotée du succès de Barry Sonnenfled, Men in Black, le tout saupoudré d’un mauvais goût pour le moins certain. En effet, le rapprochement à MIB est inévitable et complait dans l’inutilité d’un tel projet. Prenez un vieux briscard évoluant dans un monde caché ou parallèle, en tant qu’homme de loi, et adjoignez lui une jeune recrue et vous obtenez la formule déjà utilisée qui ici se fait se rencontrer deux ex-flics, l’un contemporain, l’autre issu du Far West.
Le plus malheureux dans ce formidable gâchis est sans aucun doute la présence de Jeff Bridges, acteur à la carrière formidablement étoffée. Si Tommy Lee Jones avait pris quant à lui des risques qui se sont avérés payant en interprétant l’agent K, tout à contre emploi qu’il était, Jeff Bridges, lui, n’aura pu compter ni sur le talent d’un quelconque metteur en scène ni sur la répartie d’un interprète digne de ce nom. C’est alors le plus gros faux pas dans la carrière de l’acteur qui, soit dit en passant, est le seul ici à ne pas avoir oublié son talent à la maison. Non pas qu’il soit bon, l’acteur en fait des caisses et serait presque amusant selon les cas de figures. En face, revoilà Ryan Reynolds, celui qui après le cuisant fiasco de Green Lantern semble ne plus pouvoir sortit la tête de l’eau. Un charisme inexistant, une beau gosse attitude navrante, une tronche de premier de la classe qui ne parvient pas à démontrer un réel talent d’acteur. Dommage.
Pour en revenir au film en lui-même, parfois presque crispant tant ridicule, il ne démontre quasiment aucun attrait si ce n’est quelques maigres scènes d’action, façon destruction massive de la cité de Boston. Pour être honnête, si quelques séquences numériques sont réussies, d’autres frisent la catastrophe tant la grossièreté des textures, des détails, est flagrante. Coté humour, en somme ce qui sauve un peu le film d’une réelle apoplexie, il ne faudra compter que sur Jeff Bridges, le seul acteur dévoué à ce naufrage, portant à lui seul tout l’intérêt de perdre une heure et demie à voir à quoi pourrait ressembler Men In Black s’il avait été réalisé avec les pieds dotés de grosses pantoufles à semelles caoutchouc. Crispant.
Sans doute le comble annuel de l’inutilité, de la futilité sur grand écran, R.I.P.D., dont même l’affiche fait déguerpir le public, ne mérite pas que l’on se penche sur son cas le tant de sa durée heureusement très brève. On notera que Kevin Bacon aura ici démontré qu’il est capable du pire comme du meilleur. Lui qui fût présent dans bien des bons coups est ici au plus bas dans sa filmographie, tout stupide qu’est son personnage. Un navet presque étonnant tant il fait figure de champion dans cette catégorie. Je me répète, mais seules quelques répliques de Jeff Bridges, son look, peuvent sauver un tant soit peu le résultat, de toute manière catastrophique. 03/20