Lao Mao
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

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2,0
Publiée le 22 juin 2022
老貓 Lo mau (1992), ou plus communément appelé "The Cat " aka "The 1000 Years Cat" ou mon préféré : "Karaté Cat" (les titres varient en fonction de certaines éditions VHS ou DVD), est le dernier film connu à ce jour de Nam Nai Choi, à qui l’on doit l’un des plus grands nanars hongkongais : Riki-Oh : The Story of Ricky (1991).

Adapté du roman Old Cat, de Ni Kuang, le film (ou plutôt, le nanar) oscille entre le fantastique, la science-fiction et le polar. Le réalisateur prend un malin plaisir à switcher de l’un à l’autre en nous entraînant au cœur d’une histoire abracadabrante : celle d’un mystérieux chat (un Général) protégé par un vieillard et une jeune fille qui arrivent sur Terre pour récupérer un "octogone" avant que le "tueur stellaire" ne s’en accapare (dixit le film).

On ne venait clairement pas pour l’intrigue, complètement absurde, mais plutôt pour… roulements de tambours… voir le fameux chat faire des prises de karaté ! Car le titre français n’est pas trompeur, le chat est bien un karateka expérimenté et n’hésite pas à se fight violemment avec un dogue allemand (la séquence dans la casse auto est tout bonnement l’apothéose de ce nanar : il fait des cabrioles tel un acrobate, des sauts périlleux, déclenche des leviers, étrangle un chien avant de l’électrocuter…) et n’hésite pas une seconde à traverser une vitre pour échapper à ses assaillants.

Autres passages mémorables, la scène totalement WTF où Christine Ng revient d’une séance de tennis, couverte de transpiration, elle perle littéralement de sueur et le réalisateur n’a rien trouvé de mieux que de faire des gros plans de ses pores transpirants, avant de bifurquer vers son t-shirt mouillé (et donc moulant…). Le film n’en reste pas moins un polar avec de l’action, comme en témoigne les nombreuses (ils n’étaient pas avares) scènes gore où l’animatronic (à l’instar de Riki-Oh) est (sur)exploité brillamment aux côtés de divers autres trucages tous plus ou moins réussis. Sans oublier la scène finale dite du Blob, clairement, on en a pour notre argent.

Bref, autant vous dire que l’on a ici une Série B en bonne et due forme, des acteurs en roue libre, à la mise en scène qui mériterait que l’on s’y attarde, aux trucages (certains) bas de gamme mais fait avec conviction (le chien et le chat en peluche pour les cascades les plus osées, même si on jurerait que le bien-être animal pendant le tournage n’était pas leur principal soucis), sans oublier quelques gaffes qui ne pardonnent pas, comme l’objectif de la caméra complètement dégueulasse (notamment dans l’une des scènes tournées dans le musée).

Mais ce sont toutes ces petites choses qui font de ce "Karaté Cat", une petite madeleine de Proust du cinéma B hongkongais.
Pour conclure, on gardera en mémoire cette réplique lourde de sens (pour les scénaristes, mais absolument pas pour les spectateurs) : « L'octogone mêlé aux poils de chat peut détruire les cellules ».

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Yannickcinéphile

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4,5
Publiée le 20 juin 2013
Lao Mao semble être un inconnu quasi-total, n’ayant même pas le droit à un résumé sur l’IMDB. J’ai donc eu la chance de le voir (en langue originale non sous-titrée quand même), et franchement, je ne suis pas du tout déçu. C’est un film très réussi, qui mériterait vraiment d’être découvert de par chez nous.
Les acteurs c’est vrai sont un peu faible. Clairement celui qui joue le mieux c’est le chat, car les héros ne sont pas enthousiasmants, et il ne s’agit pas simplement d’une différence de culture du jeu d’acteur. Ils ont tous l’air un peu à coté, ne sachant pas trop comment aborder leurs personnages. Il faut dire que le film change de tons très facilement, et que ce n’est peut-être pas facile pour les acteurs de trouver leur rythme de croisière, mais même dans le rendu des émotions, dans la manière de transparaître à l’écran, ils sont trop justes.
Pour ce qui est du scénario, je n’aurai pas la prétention d’avoir tout compris, mais enfin il y est question d’extraterrestres (dont un chat donc) et d’une créature monstrueuse, avec des humains au milieu de tout cela. L’histoire est vraiment plaisante à suivre. Le film est court, il y a beaucoup de rebondissements, et comme souvent dans les métrages asiatiques de ce genre, on glisse pour combler quelques trous, des scènes vaguement sexy (on admirera notamment le corps sculptural d’une jeune femme en maillot blanc trempé, laissant apparaitre ses formes généreuses !). Parfois drôle, Lao Mao mêle énormément de genres et d’ambiances, capable de livrer après une séquence amusante, une scène bien gore, ou un moment poétique. Curieusement tout cela s’enchaine sans difficulté, grâce à une fluidité aux petits oignons et une efficacité de chaque instant. A noter une conclusion très belle.
Sur la forme, Lao Mao est très solide. La mise en scène est brillante. On sent que le film était un petit budget, et pourtant le réalisateur fait de gros efforts pour éviter de nous le faire trop voir. Les attaques de la créature sont réussies, il y a des moments très bien faits. Ce qui est amusant c’est qu’il parait que le réalisateur c’est un peu le Ed Wood chinois, d’après ce que j’ai pu lire sur la fiche wikipedia très restreinte le concernant. Franchement, il a peut-être fait des catastrophes, mais Lao Mao est très plaisant. Les décors sont assez pauvres, mais ils suffisent largement au plaisir du spectateur. Il y a surtout un manque de mobilier, d’accessoires, mais bon, ce n’est pas très choquant. La photographie est très convenable si l’on tient compte du fait que l’on est dans une toute petite production hongkongaise de 1992. Le résultat ne dépareille pas par rapport à des films occidentaux de la même période. Niveau fx, le résultat n’est pas mauvais. En fait les effets spéciaux ne font plus illusions (à part deux ou trois films avant-gardistes, quels métrages du début des années 90 ont des effets spéciaux qui font illusions ?), mais ils sont nombreux, très audacieux, et pas si mal que cela. Il y a eu vraiment de la recherche. La créature a un look très original, et elle m’a vraiment marqué, dans un style visuel qui rappellera certains films de Yuzna, et le Blob. Le monstre final n’est pas époustouflant, mais le réalisateur ne se défile pas et ose au moins. Il y a quelques fx un peu moins géniaux (lorsque la fille et le chat s’envolent à la fin), mais parbleu, ca fait du bien de voir un film inventif, courageux, et généreux. Les effets horrifiques sont artisanaux, mais ils font leur petit effet, avec là aussi un style proche de Yuzna et de son fameux Society. Lao Mao n’est pas une débauche de gore, mais il y a une certaine crudité malsaine qui le déconseille aux plus sensibles. Enfin musicalement Lao Mao est excellent. La bande son est sobre mais sublime, elle donne au film une atmosphère triste et inquiétante très agréable.
En clair, découvrez Lao Mao si vous le pouvez. J’ai eu là une très bonne surprise. Il est unique en son genre, et même si on sent de ci de là, des références diverses, il adopte un ton très singulier, et l’ambiance est étonnante. Son seul vrai défaut c’est son interprétation, mais pour le reste, c’est très convaincant. Chapeau donc à l’équipe de ce film qui m’incite vraiment à me plonger un peu plus dans le cinéma asiatique de cette époque.
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