Il s'agit en quelque sorte d'un moment historique : le premier film inspiré par... une appli de téléphone, la célèbre « Angry Birds » à laquelle je n'ai jamais touché. Cela écrit, niveau importance nous en resterons là tant le résultat est régulièrement indigent. Je me trouve presque un peu sévère parce que niveau animation, le boulot est fait, c'est même assez fluide et bien foutu, à défaut d'une quelconque personnalité. Seulement, quelle débâcle concernant TOUT le reste (allez, j'excepte le doublage VO de qualité)... C'en est désolant de voir la Columbia en être réduit à de telles pitreries. Toujours les mêmes types de personnages où chacun a un rôle bien précis, les mêmes blagues « second degré », la même volonté de tourner en ridicule la dimension « aventureuse » du scénario (lamentable, prévisible de bout en bout), de démythifier tout et n'importe quoi jusqu'à ne laisser qu'un humour gras : bref, qu'il n'y ait plus rien de cinématographique dans cette espèce de cour de récré géante, semblant n'avoir que faire du public âgé de plus de dix ans. Encore cela serait la première fois qu'on nous ferait le coup, on pourrait y voir une vague forme d'originalité, une envie de proposer un autre genre d'animation. Mais cela fait combien de temps qu'on nous abreuve de ces dessins animés reprenant tous le même schéma, les mêmes gags pourris, le pseudo-décalage enrobé d'une fausse décontraction ? La « bataille » finale a beau légèrement remonter le niveau, notamment point de vue décors, le mal est fait depuis longtemps, et hormis quelques sourires arrachés de haut vol (merci au « psychopathe » Terrence), je ne vois vraiment pas comment un spectateur adulte peut éprouver du plaisir face à une telle mascarade, semblant presque assumée, d'ailleurs. Prendre le contre-pied des productions Disney au profit d'un ton plus badin, plus « trash », où le héros a un sale caractère mais s'avérera le sauveur de la nation face à des méchants comme souvent pitoyables a fait long feu : le studio aux grandes oreilles a sans doute beaucoup de défauts, je ne suis jamais sorti d'un de leurs titres aussi navré que face à ce « Angry Birds ». Mais que voulez-vous, les chiffres au box-office sont presque toujours excellents, alors pourquoi changer de formule, aussi éculée, médiocre soit-elle ? C'est le « cinéma business » d'aujourd'hui : embarrassant, et surtout très triste.