Ce film est tout simplement un chef d'œuvre d'humour noir et de dérision. Plus le film avance plus le délire augmente à ce point que l'on se demande comment cela va s'arrêter. On est dans la farce et il serait vain d'y chercher un quelconque message, même si l'hypocrisie ambiant en prend pour son grade. Ce vrai régal nous est servi par un Paul Bartel impérial et surtout une Mary Woronov, ravissante, terriblement sexy et talentueuse..
Tourné en 21 jours, mais étalés sur une année entière et avec seulement 500 000 dollars en poche. Autrement dit, le portrait type du film qui, théoriquement, n'avait aucune chance d'intéresser grand monde. Sauf que... y a Paul Bartel dans le coup. Et là, ça change pas mal de choses. Tu sais, Paul Bartel, c'est celui qui avait fait "Death Race 2000" en 1975... Donc t'es sûr d'avoir un truc pas moral pour un sou. Et ça ne loupe pas. "Eating Raoul" quand un couple se met à tuer et détrousser les échangistes afin de récupérer l'argent qui lui manque afin d'ouvrir son restaurant à la campagne. Humour noir au programme et qui va aller crescendo après un démarrage un peu lent. Devant la caméra, le tandem Woronov/Bartel est excellent. On pourra simplement regretter que ce dernier (puisqu'il a tout écrit lui-même) n'ait pas pu aller encore plus loin dans le délire. Car si cela avait été le cas, c'est à une sacrée pépite que l'on aurait eu droit.
On est clairement ici dans un petit film fauché de serie b. Mais quand le réalisateur de Death Race 2000 est aux commandes on ne peut pas s'attendre à avoir quelque chose de fondamentalement sérieux et c'est le cas ici. Même si son sujet aborde tout un tas de choses sérieuses,il les traite toujours avec une certaine dérision,alors ce n'est pas aussi bien que Death Race 2000 que j'ai adoré,mais ça reste tout même grandement sympathique. Eating Raoul suit le principe de l'auberge rouge,un couple désargenté va se rendre compte que le sexe est un bon moyen de faire rentrer de l'argent rapidement dans leurs poches. Ils vont ainsi attirer les clients avides de fantasmes pour les tuer et les détrousser. On est dans la farce c'est par ce biais que Paul Bartel égratigne les travers de l'homme. Une comédie hautement sympathique qui reste grandement recommandable, même si elle ne marque pas autant que Death Race 2000.