Quel film à l'étrange saveur, mais loin d'être amère, "Martha Marcy May Marlene" a été pour moi une surprise, et plutôt agréable dois-je dire. Nous voici donc directement embarqué dans la vie de Martha, une jeune fille qui vient de rejoindre un groupe d'individus au mode de vie pour le moins marginal, voire déviant - s'assimilant plus à une secte qu'à autre chose sur de nombreux côtés - et qui n'ont pour autre objectif de s'atteler au bon fonctionnement de leur ferme afin de vivre en autarcie. Martha, qui a trouvé refuge au sein de celle-ci, accepte certains côtés de sa nouvelle vie avec réticences au début, mais s'acclimate finalement plutôt bien à ce nouveau mode de vie, qu'elle finira tout de même par fuir; c'est ainsi dans cette période que le spectateur est convié à assister au décalage psychologique s'étant produit chez la jeune fille après cette expérience, tout en assistant à ce qu'elle a pu vivre au travers de nombreux flashbacks. L'histoire m'a envoutée, prenante du début à la fin du film, elle tient en haleine sans aucune peine, notamment grâce à une ambiance pesante, sombre, parfois malsaine mais toujours authentique et non surfaite. Les transitions entre présent et passé sont très bien réalisées, même si prévisibles, elles bénéficies d'une touche d'originalité appréciable. La fin laisse complètement béant devant l'écran, et il faut plusieurs minutes pour s'en remettre, tant elle est brutale mais judicieuse, elle pousse le spectateur à entreprendre une profonde réflexion. La beauté et la pureté des plans subjugue, tout comme le jeu des acteurs, en particulier celui d'Elizabeth Olsen, révélation du film ( ne faisant que confirmer ce qu'elle avait déjà présenté dans "Silent House" ), qui fait preuve d'une maitrise et d'une justesse impressionnante. A voir sans hésiter donc.