Martha Marcy May Marlene
Note moyenne
3,5
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254 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 3 mars 2012
Elizabeth Olsen va rester une actrice à suivre, elle porte véritablement sur elle tout le poids du film, au sens propre comme au sens figuré. Ce drame aux allures de thriller prend son envol grâce à sa prestation, qui parvient à nous convaincre de ce malaise ambiant et de cette faiblesse physique et mentale. Pourtant derrière ce personnage de Martha se cache une femme forte, capable d'encaisser beaucoup de choses, d'où la contradiction du film, qui mêle force et faiblesse, raison et folie, présent et passé.

Ce sont finalement deux histoires qui nous sont racontées, et les deux bénéficient du même trouble, qui poursuit le spectateur tout le film durant et au-delà. Ce serait mentir que de dire que le long-métrage ne repose que sur Elizabeth. La réalisation et les choix artistiques intensifient l'impact du film à travers une panoplie de choix judicieux. Que ce soit le travail sonore (toujours ce bruit en fond dérangeant quand il le faut), le choix de l'échelle des plans (le caractère très intimiste du film oblige ces approches quasi-constantes auprès des personnages), les couleurs (sombres, trop sombres) et les mouvements de caméra (quelques idées excellentes comme des pivotements lents et délicats au cours d'une même scène, qui nous ancre parfaitement dans l'atmosphère du passage en question).

Casting et direction artistique sont là pour nous garder actif et ils s'appuient comme je l'ai déjà dit sur un côté ô combien intimiste : Les décors sont très simples, les environnements aussi, on pourrait les résumer en une ligne : Une chambre, un escalier, un jardin, un lac. Ce sont tous des lieux où l'on retrouve les individus dans leurs activités les plus personnelles (que ce soit un rapport sexuel, un repas en famille etc.) pour mieux comprendre leur malêtre et deviner à quel point il pèse sur leur quotidien. Car il faut savoir que ce film, en plus de nous livrer une histoire classique, narrée de A à Z, essaie de nous faire prendre conscience d'un malaise profond, qui dure de manière bien plus durable que sur un simple long-métrage, mais qui peut refléter la condition de certaines personnes sur plusieurs années, voir sur toute une vie.

C'est pour cela que le choix d'effectuer un rapport présent/passé est logique (même si troublant au début) car il montre que où que soit Martha, elle est toujours en décalage, qu'il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Est-ce de sa faute ? De celle de la société ? Peu importe, ce qui importe c'est ce décalage et ce simulacre de vie qui devient invivable justement. À partir de là le film aborde plusieurs thèmes : La famille, la confiance, les rapports de forces abstraits en y intégrant des dialogues d'une véritable richesse et menés à la perfection que ce soit par les écrivains ou les interprètes.

Ce qu'on en retient c'est une véritable interrogation sur la condition individuelle dans un ensemble collectif, qu'il soit étranger ou familial, et l'influence psychologique que cela peut avoir sur les personnes. Sans cesse le film gagne en noirceur, au point que l'on finit par se demander : Jusqu'où cela va-t-il aller ? Car il est vrai que l'histoire se révèle assez violente, même si on en a pas conscience à proprement parler puisque l'on vit vraiment chaque séquence au travers des yeux d'une enfant perdue, qui ne mesure pas tout ce qu'elle entend et tout ce qu'elle voit.

Le trouble s'intensifie et le jeu des acteurs devient sans cesse plus agréable, comme les touches artistiques toujours plus ingénieuses – notamment deux scènes qui m'ont marqué : Une où l'on entend les paroles au travers d'une vitre et une autre où une crise fait suite à un fondu au noir très très lent – et on réalise qu'on est devant un film très propre en surface et très sale en profondeur (encore une fois le jeu des contradictions).

On mène la quête d'identité, de recherche d'une place dans la société (avec ce désir de la sœur de Martha de la transformer en jeune femme parfaite – ce qui passe par des retouches physiques –) et qui se termine de manière admirable. On pourrait d'ailleurs effectuer un travail d'extrospection sur la sœur de Martha, dont on perçoit la même faiblesse, présente avant même le début du film.

Finalement, les seuls instants où Martha semble se sentir à l'aise c'est lorsqu'elle nage dans l'eau, ou qu'elle plonge sa tête sous la surface, ce qui est encore une fois très révélateur de son malaise en tant qu'être humain (détachée de la terre – pourtant elle est une jardinière parfaite, que d'ironies et de contradictions –).

Le film de Sean Durkin est donc une véritable réussite dans sa composition artistique et dans son message, et il aborde des thèmes difficiles sans tomber à un seul instant dans les clichés.
Patrick Braganti
Patrick Braganti

101 abonnés 425 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 mars 2012
Formaté Sundance, le film déploie une sophistication artificielle et inutile qui enferme le sujet dans une esthétique à la fois douteuse et terriblement convenue. L’imagerie du retour à la nature vue du côté de la secte flirte avec un folklore un tantinet stupide et mal venu. Mais le film n’est pas exempt d’un certain mystère, d’une apparente inoffensivité derrière laquelle se produit l'horreur et l'indicible, sous couvert de discours et préceptes fumeux - le fonds de commerce sectaire par excellence. Le thème de la paranoïa n’est jamais bien loin.

C’est aussi la juxtaposition de deux univers avec l’art du montage qui permet la mise en parallèle parfois appuyée qui donne du piment à l’ensemble, filmé au cœur de paysages imposants, loin des villes et de l’agitation, qui abritent néanmoins les pires dérèglements. Martha Marcy May Marlene analyse assez finement les ravages profonds provoqués par l’influence néfaste d’un gourou charismatique sur une jeune fille déséquilibrée. On sait d’ailleurs gré au réalisateur Sean Durkin de préserver une part de l’énigme et d’éviter ainsi les scènes explicatives et, au fond, inutiles.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 3 mars 2012
4M ou la video de campagne du NPA. Humour, humour, je précise.
Article complet à ce sujet ici: http://chignon-banane.blogspot.com/
Bonne lecture
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 mars 2012
Je croyais revoir une énième histoire de secte à la Charles Manson, ça a été un peu le cas, mais traité quand même de façon assez originale pour qu'on ne s'ennuie pas. La fin est spéciale, mais c'est peut-être le mieux qu'ils pouvaient faire. Comme c'est la Century fox qui l'a produit, je pense qu'ils avaient assez de budget pour faire exactement ce qu'ils voulaient.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 3 mars 2012
Martha a échappé à une secte et s'est réfugiée chez sa soeur Lucy. Le film est une succession (pas toujours faciles à discriminer) de scènes du présent et de sa vie passée dans la secte : accueil en apparence généreux, conditionnement (changement de nom, ségrégation hommes/femmes), puis soumission totale à un "gourou" de pacotille avec lavage de cerveau, rapports sexuels non consentis (et sous influence "chimique"), chantage ("Tu es spéciale, c'est toi que je préfère"), complicité (avec prise en charge de nouvelles "recrues") et enfin dérive criminelle (cambriolages et même meurtre). Tout cela a fortement traumatisé Martha qui a désormais un comportement bizarre, irrationnel, asocial et même antisocial. On se demande si elle reprendra un jour pied après ces épreuves traumatisantes, et ce malgré la bonne volonté de sa soeur et de son beau-frère... L'ensemble est long et lent. Les scènes de dérive sectaire mettent mal à l'aise et font froid dans le dos, ne serait-ce que par leur banalité apparente. La fin en queue de poisson du film m'a surpris et plutôt déçu. J'aurais aimé une perspective plus optimiste. Tel quel, on imagine le pire. On ne sait par contre rien -- et c'est dommage -- sur ce qui a conduit Martha au sein de cette secte maudite.
Laurent C.
Laurent C.

297 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2012
Derrière une mise en scène douceâtre se cache un film violent et percutant. La fin est hélas un peu ratée. Mais sans doute qu'un pareil sujet est interminable. À voir absolument.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 3 mars 2012
A priori, "Martha Marcy May Marlene" n'a pas grand chose à voir avec les récents "J.Edgar" et "La Dame de Fer". Et pourtant, si : cette habitude de plus en plus récurrente de raconter une histoire par flashbacks, soit l'occasion de raconter deux histoires certes reliées, mais qui ne s'intègrent pas toujours à merveille étant donné le décalage temporel. Cela dit, Sean Durkin ne s'en sort pas trop mal, ne tombant pas dans le piège qui veut que l'on sépare deux époques par deux identités visuelles bien différenciées. Le film nous raconte donc simultanément la vie de "Marcy May" dans la secte, et la tentative de reconstruction de "Martha" une fois qu'elle s'en est échappée : dans les deux, on a plus affaire à une esquisse par petites touches qu'à un récit bien défini. La confusion voulue du récit trouve un écho dans l'image à la profondeur de champ très réduite : on voit les choses par les yeux même de Martha. Si certaines scènes sont marquantes et que le réalisateur est assez doué pour ce qui est de mettre le spectateur dans une situation de malaise, on a quand même l'impression que le film manque de personnalité. Quelque part entre le film Sundance en vogue (pas de stars, un petit budget et l'Amérique profonde) et l'hommage trop appuyé à "Rosemary's Baby", "Martha Marcy May Marlene" nous laisse un peu le cul entre deux chaises : on a beau lui trouver des qualités, on est un peu indifférents.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 4 mars 2012
Film assez convenu. De l histoire à la mise en scène.
L opposition entre une vie simple, et une vie basée sur les biens matériels est intéressante, et d actualité, mais elle manque de nuance et de subtilité.


Seul le personnage du gourou, joué par J. Hawkes à une vraie profondeur. Les autres personnages sont décevants.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 2 mars 2012
Le jeux des acteurs est d'un très bon niveau, je suis rentré directement dans le film. Le film nous transporte au travers de l'histoire de Martha Marcy May Marlene par flash-back entre le déroulement de sa vie dans et en dehors de la secte. Le seul point négatif est la fin du film, on peut envisager différentes possibilités... Film à voir, quel plaisir de voir un film en VO, dommage qu'il ne passe pas dans beaucoup de cinéma.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 2 mars 2012
Il y a des personnes qui n'ont pas compris le principe de "l'avis des spectateurs"! Il ne faut pas faire une analyse type commentaire composé façon élève de 2nd... Et ne gâchez pas notre plaisir de découvrir le film, ne racontez pas le film en détaille... Certaine personnes se reconnaitront!!!
scrabble
scrabble

36 abonnés 467 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 mars 2012
pas mal. un peu lent. c'est très bien joue mais un peu soporifique. la mise en garde des sectes est bien rendue mais dommage que le scénario n'était pas assez étendu et plus marque contre le danger des sectes.
Thierry M
Thierry M

196 abonnés 2 436 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 mars 2012
J' ai eu du mal a entre dans ce film, je ne comprenait rien. Ensuite j' ai été transporter dans ce drame, q avec ces personnages terrifiant et attachant. Au final on ressort en frissonant, et une belle emotion.
loligrafi
loligrafi

9 abonnés 1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mars 2012
Avec beaucoup de talent, une mise en scene tout en délicatesse et d'excellents acteurs, Sean Durkin parvient à nous mettre mal à l'aise petit à petit, inéluctablement . Etrange, lugubre, malsain, oui se sont définitivement les adjectifs qui collent le mieux aux sensations ressenties pendant la durée du métrage.Ce qui me surprend c'est que personne ne parle d'un lien/rapprochement evident entre le film et l'histoire contemporaine US des sectes et guru psychopathes, notamment Charles Manson avec qui John Hawkes partage bien plus qu'une ressemblance physique... ou WAKO pour le cadre. Bref un film envoutant. chaudement recommandé!
Sylwish
Sylwish

10 abonnés 79 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 mars 2012
Un très grand film. Le film dépeint une Amérique délaissée, un bout de terre perdu, dans lequel une jeune fille (très convaincante Elizabeth Olsen) se fait manipuler par un gourou. Elle se retrouve prisonnière d'une secte et finit par s'enfuir. Elle retourne alors chez sa soeur et tente de survivre comme elle peut, d'oublier ce qu'on lui a appris. Les plans sont très beaux, l'ambiance est parfaitement retranscrite. On a peur, on réfléchit, on est ému. Et le film ne tombe jamais dans le pathos gratuit. Un très grand film, qui rappelle le très bon Winter's Bone, dans le traitement des images et du sujet. Courez-y!! Elizabeth Olsen est formidable. Elle est, tout d'abord, d'une beauté fulgurante et puis elle joue très subtilement ce rôle très complexe.
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mars 2012
Même si le titre n'est pas vraiment facile à retenir, mémorisez-le au moins pour votre prochaine séance de ciné car "Martha, Marcy, May, Marlène" est vraiment un film à voir.
La première bonne raison de passer 1h45 devant un écran est la présence de la jeune comédienne Elizabeth Olsen (oui, il s'agit bien de la soeur cadette des insupportables jumelles Olsen, les reines du tapis rouge de troisième zone et des régimes). Elle est tout simplement incroyablement photogénique et surtout étonnante de justesse dans le rôle ingrat d'une jeune femme ayant perdu tout sens de la réalité.
Martha (mais aussi Marcy May et même Marlène) s'échappe d'une sorte de ferme un peu étrange et va se réfugier chez sa soeur, parfaite bobo mariée à un cadre stressé. Grâce à des flash-backs parfaitement dosés, nous apprendrons petit à petit que la jolie ferme genre "Maison dans la prairie" renferme une secte aux pratiques évidemment douteuses (viol des nouvelles arrivantes par le gourou pour éliminer les toxines du monde extérieur, cambriolages des maisons environnantes,...). Lentement, malgré un environnement sympathique (belle maison moderne au bord d'un lac), Martha s'enfonce dans une paranoia de plus en plus sourde. Sa soeur rame à la ramener à la réalité, pas vraiment aidée par son yuppie de mari, plus intéressé par son nombril que par le sort de sa belle soeur.
Malgré un rythme lent, ce qui est rare pour un film Etatsunien, Sean Durkin, le réalisateur mais également l'auteur du scénario, fait monter la tension, dévoilant au compte goutte la décérébration de l'héroïne, enveloppant le spectateur dans un climat de plus en plus inquiétant qui le mènera vers une fin que je qualifierai de surprenante. Là où le film n'aurait pu être qu'une très intelligente mise en image du travail d'une secte sur des cerveaux fragiles, insidieusement, il met en miroir la vie, peut être tout aussi artificielle et sectaire du couple de petits bourgeois, confit dans ses tics et ses prérogatives de classe.
La fin sur le blog :
http://sansconnivence.blogspot.com/2012/03/martha-marcy-may-marlene-de-sean-durkin.html
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