Second long-métrage pour le réalisateur Steve McQueen, après son très remarqué Hunger (2008) qui avait reçu La Caméra d’Or lors du 61ème Festival de Cannes. A l’occasion, Steve McQueen retrouve pour la seconde fois Michael Fassbender et lui offre une fois de plus le rôle principal, celui d’un trentenaire new-yorkais à qui tout semble avoir réussit, belle gueule, bon job, aucun problème financier, il ne lui manque plus qu’une femme. Mais c’est bien là son problème, car sous ses apparences de trentenaire bien sous tout rapport, se cache en réalité un véritable "nymphomane", un accro du sexe, qui passe ses jours et ses nuits à cumuler les parties de jambes en l’air, avec des conquêtes d’un soir ou des prostituées, à surfer sur des sites pornos (il a d’ailleurs une DVDthèque bien remplie), sans parler de son accoutumance à la masturbation sur son lieu de travail, c’est une véritable addiction au sexe qui fini par le ronger, le consumer à petit feu et cela, il va s’en rendre compte par le biais de sa sœur avec qu il vit une relation des plus catastrophique. Shame (2011) nous dépeint avec une telle force et un tel réalisme cette maladie, que cela nous fait froid dans le dos. Surtout lorsque l’on prend connaissance du désespoir qui règne entre ce frère et cette sœur, lui étant devenu un véritable esclave de son addiction (et qui se retrouve par conséquence obligé de fréquenter une boite gay afin d’y assouvir ses pulsions), quant a elle, devenue un poids pour son frère, elle ne tarde pas à comprendre qu’il est une cause perdue, malgré toute sa bonne volonté, ils sont deux âmes perdues, torturées par des névroses qui remontent (sans doute) à leur jeunesse (il n’y a qu’à voir comment ils se comportent l’un envers l’autre, rien à voir avec une relation frère/sœur lambda). Une famille dysfonctionnelle, le voilà le véritable coupable ? Steve McQueen n’en dira rien, il ne justifiera jamais ses prises de positions, mais offrira pour la seconde fois un très beau rôle (tout en étant complexe) à Michael Fassbender (qui fut par ailleurs récompensé de la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine lors de la 68ème Mostra de Venise), aux côtés de la ravissante Carey Mulligan.