Shame
Note moyenne
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Sebmagic
Sebmagic

204 abonnés 1 129 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 novembre 2012
Le regard de Michael Fassbender : voilà à quoi pourrait être résumé ce film en quelques mots. Ce n'est pas un acteur que j'ai pu voir souvent, mais il m'a fait ici l'effet d'un choc, tout au long de Shame. Il y interprète Brandon, un trentenaire victime d'une addiction particulière : l'addiction sexuelle. J'avais peur avant de voir ce film, car je m'attendais à un film légèrement vulgaire, voire un peu banal. Le sujet est tellement casse-gueule que je ne pensais pas assister à un tel chef d'oeuvre de réalisation, d'ambiance. Avec des plans savoureux et des acteurs qui m'ont impressionné (Michael Fassbender, Carey Mulligan, Nicole Beharie), Steve McQueen livre ici un film dénué de tout cliché et surtout de tout jugement, en maîtrisant sa caméra exactement comme j'aime qu'elle soit maîtrisée et en abordant ses personnages avec humanité, vérité et émotion. Dès le début du film, j'ai été transporté dans l'ambiance du film, qui est à l'image de cette musique douce et immersive qui fait de chaque plan une merveille. L'atmosphère est posée d'emblée : on ne va pas rire mais on va savourer chaque plan, chaque regard, chaque dialogue, et c'est typiquement le genre d'expériences qui me font aimer le cinéma. Pendant presque 9 minutes d'introduction presque sans dialogue (chose que j'avais rarement vu avant pour ce genre de films, à part chez Lars von Trier), j'ai savouré les images tout comme la bande-son. Le personnage nous est présenté : solitaire, vivant dans un grand appartement sobre. En 9 minutes, beaucoup de choses sont dites. Steve McQueen nous montre le désir, l'addiction sexuelle chez Brandon de façon harmonieuse et réservée, avec la retenue qu'il est nécessaire d'appliquer lorsqu'on ne veut pas faire de son film un truc trop grotesque. Cette introduction nous montre que cette obsession presque maladive provoque chez lui un renfermement. Il vit seul, visiblement très seul, au coeur d'une vie morne et très ordonnée, régie par son addiction qui constitue l'essentiel de ses préoccupations. Tellement préoccupante qu'il ne prend pas la peine de répondre à sa soeur au téléphone, préférant écouter ses messages au réveil que de la laisser chambouler son petit monde bien rangé. Finalement, cette introduction se termine par une séquence de regards dans le métro absolument envoûtante, où les non-dits et la subtilité annoncent un film astucieux et implicite. Cette scène de regards est accompagnée d'une magnifique musique de Harry Scott ressemblant à s'y méprendre à la musique de La Ligne Rouge de Hans Zimmer. On pourrait quasiment appeler ça du semi-plagiat, mais qu'importe : la musique colle à merveille à la scène et met en évidence toute la tension qui opère psychologiquement sur le personnage principal. Une musique qui monte en puissance et met en valeur avec beauté l'une des scènes qui m'a le plus troublé cette année. La séquence dure pratiquement 3 minutes. Trois minutes à filmer deux personnages qui s'observent fixement dans le métro. Pas de dialogue, mais seulement des plans fixes sur les regards fixes des personnages. La scène est subtile car le talent des acteurs permet au spectateur de saisir avec exactitude les pensées qu'impliquent ces regards, et j'admets que je ne voulais pas que cette scène se termine. Le regard de Fassbender, extrêmement profond et évocateur, m'a fasciné dans cette scène comme dans les suivantes, et il est clair que l'acteur a été exploité de façon magistrale tout au long de l'intrigue. La suite contient également son lot de plans somptueux et intelligents, et le film ne perd jamais en force malgré un début aussi percutant. Essentiellement, le film est constitué d'un assez grand nombre de plans-séquences, chose dont je raffole au cinéma. Ne serait-ce que pour un dialogue, quand je regarde un film je me dis régulièrement : "mais pourquoi le mec aux commandes des caméras se fait chier à changer de plan constamment entre les deux interlocuteurs, alors qu'un plan sans coupure réunissant les deux acteurs est plus malin et plus intéressant ?". Shame fait ça à la perfection, les plans n'étant coupés que si c'est nécessaire, nous laissant le ravissement de savourer chaque séquence. On peut citer tout le passage entre Michael Fassbender et Nicole Beharie, au restaurant puis dans la rue, qui sont absolument délectables avec des dialogues extrêmement bien écrits. Marianne (le personnage de Nicole Beharie) est l'un des deux éléments perturbateurs de la vie de Brandon, avec évidemment sa soeur Sissy. Toutes les deux font naître chez lui des sentiments, et Brandon montre qu'il ne peut pas laisser entrer l'amour dans sa vie, que ce soit le sentiment amoureux comme fraternel. Pour ceci il souffre, condamné à la frustration et à continuer cette vie qui l'accable. En ceci, le personnage est profond et Steve McQueen nous le présente avec humanité et sans jamais porter de jugement sur ses actes. C'est vraiment très fort. Suite : http://sebmagic.over-blog.com/article-shame-2011-de-steve-mcqueen-112238709.html
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 21 mai 2012
Un drame des temps modernes, où comment New-York, ville de tous les plaisirs, se transforme en ville aux réalités bien sombres... L'histoire est touchante, et met en avant un acteur qui colle parfaitement à la peau de son personnage. Dommage que le film soit parfois un peu trop lent, j'ai manqué de lâcher au bout 20 minutes, mais je ne regrette pas de l'avoir vu jusqu'au bout. A voir!

PS: Interdit aux moins de 12 ans vous avez dit..? Eu, ouai... Limite quand même! J'aurais dis 16.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 29 avril 2012
Après visionnage du film et parcours d'un certain nombre de critiques, je me dis que la plupart de leurs rédacteurs ont pas compris grand chose au fond du film, que ces derniers soient emballés ou non d'ailleurs. Tous parlent d'addiction sexuelle, mais aucun ne semble voir que le vrai sujet n'est pas là, que ce qui est tapi derrière l'exposition outrancière de l'orgie et d'un absence d'inhibition est l'abus sexuel. L'outrance n'est pas gratuite. Elle est le juste contrepoids du non-dit, de l'indicible, même entre frère et soeur. L'un comme l'autre ont très probablement subi ces abus de la part d'un parent proche dans leur trou perdu du New Jersey duquel le frère ne veut même pas avouer être originaire (scène du restaurant). La phrase "ce n'est pas nous qui sommes mauvais, mais l'endroit dont nous venons" dite par la soeur est pour le moins claire, de même que sa tentative de suicide et plus encore ses mutilations adolescentes. Seulement, pour voir cela, il faut écouter les chuchotements et ne pas se contenter de voir l'appétit insatiable de sexe. Le frère est certes un addict, mais, plus essentiel, un addict du sexe "violent", hors cadre. On le voit bien, il est incapable d'avoir une relation sexuelle normale, faite de sentiments réciproques, or il pourrait tout à fait baiser toutes les femmes qu'il voudrait, c'est une chose également très clairement développée par un réalisateur qui signe là un grand film. Beaucoup de commentateurs disent ne pas comprendre le but du film ou être déçus par le fait qu'il ne donne pas d'espoir. C'est exprimer là toute la différence qui existe entre le divertissement prémâché et l’œuvre cinématographique. Pourquoi toujours donner de l'espoir? Parce que les enfants abusés s'en sortent tous en parlant à des psy pendant 20 ans? J’apparaitrais peut-être suffisant en écrivant cela, tant pis, c'est ce que je ressens et m**** à ceux qui croient que parce qu'ils ne comprennent pas un film, c'est parce qu'il est mauvais ou que le réalisateur pète plus haut que son cul. Pour conclure, mention spéciale à la scène de confrontation d'une rare intensité entre le frère et la soeur dans l'appartement du premier. "Hunger" était déjà une sacré claque. Y'a des fois où c'est bon de tendre l'autre joue.
Manu711
Manu711

79 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2012
Steve McQueen (II) a-t-il confirmé qu'il est un réalisateur à suivre en réussissant son deuxième long-métrage? En tout cas il aura eu le mérite d'attirer mon attention avec cette affiche forte et son titre intriguant. C'est donc pour moi, globalement, une réussite. A l'instar de son premier film, le thème abordé relève d'une certaine complexité, et c'est toujours grâce à sa façon de filmer qu'il se démarque des autres réalisateurs contemporains et qu'il nous emmène dans son morceau de vie qu'il raconte. Les nombreux plans-séquences et la bande son sont très intéressants. Aussi, le film n'évoque jamais vraiment de manière explicite ce dont il est question et c'est aussi ce qui fait sa force : on suit le parcours de cette homme seul et honteux qui, incapable d'aimer, essaye sans cesse de se prouver à soi-même le contraire, mais sans jamais en parler, même à ses proches, dont finalement leurs vies ne l'importent que peu. L'image de la femme perçue par l'homme est aussi très pertinente, car de nombreux messieurs devraient plus ou moins s'y retrouver à travers le personnage de Brandon...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 avril 2012
Michael Fassbender joue vraiment son rôle haut la main et rend son personnage très crédible et nous montre les ravages de l'addiction sexuelle. Le réalisateur s'en tire également très bien en nous narrant une histoire qui peut paraitre banale au premier abord, mais arrive a susciter notre intérêt. A regarder, mais pour un public averti.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 28 avril 2012
Un film trop contemplatif pour moi. On aimerait en savoir plus sur la cause des carences affectives du frère et de la soeur... que nenni. Au lieu de ça on assiste aux exploits -certes filmés avec classe- de super lapin (FASSBENDER très habité et très à poil); capable de provoquer l'orgasme féminin d'un seul regard et de copuler avec 5/6 personnes différentes par jour. Entre 2 branlettes bien sûr. Troublant mais assez vain en définitive.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 28 avril 2012
Michael Fassbender brille par son jeu, son personnage torturé et ambigu lui permettant de faire passer des émotions fortes.
Je regrette juste certains moments de scénarios, avec des petites longueurs et des personnages pas assez exploités comme sa soeur par exemple.
Très bonne bande sonore également.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 mai 2012
Certainement un des meilleurs film de 2011. Drame puissant sur la lente descente aux enfers d'un homme rongé par son addiction au sexe.
À voir absolument.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 28 avril 2012
bonne idée de base, mais alors le scénario est complètement mal écrit! l'intrigue est tellement mal menée qu'on en vient à se poser la question : mais qu'elle message voulait faire passer le scénariste !? que dale ! si ce n'est que parler très vaguement d'un problème d'addiction sexuelle d'un travailleur soit disant travailler beaucoup pourtant on ne le ressent vraiment pas tout au long des 1h40 que d'ailleurs j'ai bien ressenti. le réalisateur aurait pu économiser sa bobine en nous épargnant ces plans séquences qui apportent aucune valeur ajoutée au film, bien au contraire le plombent davantage! c'est un raté! bâclé !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 28 avril 2012
c'est tout simplement dommage que ce sujet soit aussi mal traité, je pense que quelque chose de trés bien aurait pu en ressortir mais là en l'occurrence c'était un peu ennuyant et pas assez profond. Et forcément une fin tragique que l'on prevoyait dés la 15eme minutes histoire d'émouvoir un peu le spectateur et d'ajouter une note dramatique au film. alors que le coté dramatique aur
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 27 avril 2012
Ce film me rappelle un peu ma propre existence...mon désir insatiable qui me prend bien souvent devant l'affiche de films, devant synopsis ou encore, plus simplement, à l'entente ou la lecture d'avis. A peine un film consommé, je me sens parfois apaisé, parfois désolé, ou, quand je suis pas content, je vomis.

Le parallèle peut s'étendre bien plus loin, et touche sans doute bien plus de personnes que moi. Mais puisque je ne suis maître que de mon nombril en ce monde, je ne parlerai que de moi.

Il y a tout d'abord cette rousse dans le métro. C'est le film dont on a pas entendu beaucoup parler, mais qui peut être une perle comme une bouse. La jaquette en tout cas attire le regard. Mais trop souvent nous nous sommes laissés bernés. Tentons-nous le coup ? oui ? non ? Et merde trop tard ; le film n'est plus en salle...

Puis il y a cette blonde... Le film qu'on va voir avec un pote, qui nous plait sans être exceptionnel. Toujours est-il qu'il nous fait passer un bon moment. Mais c'est pas pour autant que l'on repaiera une place plein tarif.

S'en suit alors quelques vidéos pornos pour s'occuper, qui peut s'assimiler à un lot de séries parfois sympa, parfois pourrite (avec un grand T), souvent déjà vues... Il y a de tout et n'importe quoi, souvent du n'importe quoi.

La collègue du héros représente divinement Shame (et tout le tralala de ce type de films) : ça fait fantasmer, de plus en plus, jusqu'à ce que l'on craque. Et là, non. ça passe pas. On se force un peu, on peine, et finalement, ça valait pas grand chose.

Enfin, il y a la scène du héros en boite gay qui correspond assez à la série transformers : Je sais que ça plaît à beaucoup, mais c'est pas du tout mon type... Mais n'ayant absolument rien d'autre sous la main, pourquoi ne pas essayer... Et c'est comme le héros, avec une certaine honte de moi-même, que je tiens jusqu'au bout.

Puis finalement, complètement par hasard, on retrouve ce film qui nous avait intrigué il fut un temps... On ne sait toujours pas si c'est une perle / une bouse mais cette fois au moins, on a l'occasion de l'essayer...
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 27 avril 2012
Ce film est vraiment ennuyeux à mourir... Heureusement que l'acteur joue très bien, sinon je crois bien que j'aurais coupé le film. Entre la scène où Sissy chante (affreusement au passage) pendant une éternité et des scènes vraiment PASSIONANTE ou l'on voit l'acteur pisser... Wouaaa, boulversant !
dulupin34
dulupin34

1 abonné 31 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 avril 2012
Un film tout simplement hors norme.
Michael Fassbender est déroutant dans son rôle, qu'il joue à la perfection.
A voir absolument.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 26 avril 2012
Au delà de cette tristesse infinie qui se dégage, il y a ce véritable ode à New York, McQueen afore manifestement cette ville. Et puis l'actrice de Drive, en rupture, qu'on reverra avec bonheur.
Daanni
Daanni

19 abonnés 40 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 avril 2012
Film choquant, certes, mais très bien présenté. Franchement, je ne l'ai regardé que parce qu'il y a Michael Fassebender et Carey Mulligan. Le film est un pari risqué mais finalement plutôt réussi. Steve McQueen arrive à nous faire un film réaliste sur un sex addict sans en faire trop, cependant. Un film intéressant qui mérite d'être vu au moins une fois, mais sans plus quoi.
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