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jd78
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4,0
Publiée le 18 octobre 2012
Cinq ans après nous avoir bluffés avec « Bug », un huis-clos saisissant et anxiogène teinté d’une paranoïa poussée à son paroxysme, William Friedkin nous revient en grande forme avec « Killer Joe », adapté d’une pièce de la même auteure, Tracy Lepps. Un polar amoral et mordant dont les antihéros appartiennent à cette Amérique des laissés pour compte, membres d’une white trash family des plus déglinguées.
Le réalisateur de « L’Exorciste » nous met d’emblée dans l’ambiance. Chris (Emile Hirsch), un jeune dealer paumé frappe à la porte du mobile home de son père, Ansel (Thomas Jane), en pleine nuit, beuglant à tue-tête pour qu’on lui ouvre. Il est accueilli par sa belle-mère à demi nue peu embarrassée par la pubis, son pubis bien en vue. C’est clair, on est donc bien loin de 7 à la maison… D’autant plus que Chris vient rendre visite à son père avec des intentions pas très catholiques. Criblé de dettes, il entend engager un tueur à gages pour régler son compte à sa mère et empocher son assurance vie, dont il a appris que sa soeur Dottie (Juno Temple, merveilleusement décalée) était bénéficiaire.
Après s’être mis d’accord pour se partager les gains à quatre part égales, en mettant la belle-mère chaudasse (Gina Gershon) dans le tableau, Chris et son père font alors appel à Joe (Matthew McConaughey), flic de son état et accessoirement tueur à gages pour dézinguer la daronne. Un personnage trouble et inquiétant qui exige de se faire payer d’avance avant de remplir toute prestation. La famille étant sans le sou, Killer Joe accepte de faire une entorse à sa règle à condition que lui soit offerte la vierge Dottie en tant que caution, ce que Chris et Ansel acceptent sans trop de scrupules…
Dans le rôle de cet homme trouble au charme vénéneux, Matthew McConaughey excelle et continue une belle reconversion dans des emplois plus profonds, débutée avec « La Défense Lincoln » et poursuivie il y a peu de temps avec « Magic Mike ». Tour à tour attirant et effrayant, il nous offre dans « Killer Joe » une de ses meilleures performances et impressionne.
« Killer Joe » est aussi un véritable film de genre qui prend aux tripes et fait monter la pression crescendo jusqu’à un final outrancier mais parfaitement marquant. Il faut aussi souligner l’intelligence et l’humour noir très présent qui fait aussi de ce film une farce grinçante qui écorne rageusement l’image de l’Amérique profonde. On aura beau reprocher à Friedkin ses personnages archétypaux de vierge sacrifiée (Dottie) et de pute machiavélique (la belle-mère), et le côté presque caricatural de l’ensemble, on ne pourra que s’incliner devant la maestria avec laquelle le réalisateur met en scène cette histoire sordide et inquiétante.
Franchement, j'ai été surpris par ce film, j'y suis allé par hasard et j'ai carrément bien aimé, drôle et bien joué par les acteurs. Ca m'a fait pensé un peu a du Tarantino, c'est pour dire. Allez-y sans regret.
Énorme, enfin cette année un film comme on n'a pas l'habitude de voir. Avec des personnages haut en couleur, à la limite de la caricature mais au top. Une histoire drôle et noir ! Attention ce film n'est pas pour les enfants, mais le cinéma n'est pas fait que pour les enfants bordel de merde :) !
"Killer Joe" offre une vision implacable et pessimiste de la société actuelle, en l'occurrence aux États-Unis, violente, décadente, sale, dérangée, cupide et sans pitié. La violence y est crue, abjecte comme les personnages, montrée sans vergogne, sans nous ménager. William Friedkin maîtrise son sujet, sa caméra, et ses acteurs. Matthew McConaughey tient un rôle en or, et fait preuve d'un talent insoupçonné. La mise en scène est posée, abrupte, directe, pour renforcer le malaise, avec un bouquet final magistral. Le scénario est très soigné, brillamment écrit, et très bien exploité par Friedkin. Y a pas à dire, ça donne froid dans le dos.
Une bande annonce très bonne, même meilleure que le film en lui-même, en effet, les meilleurs et plus importants extraits sont dans la bande-annonce. Le film est lassant, et je pense que beaucoup de spectateurs se sont fait avoir par les 15 dernières minutes, venant à l'improviste et la surprise de ses actions nous plait. Bref: 1h45 de mollitude et 15 minutes intéressantes.
Quel plaisir de voir du cinéma ! Un film bien pensé, bien construit et un scénario soigné. Pour moi le film traite principalement de la pauvreté, je dirais même de pauvreté mentale avant financière. Une sorte d'expérience sociologique : mettez un chat plus intelligent que la moyenne dans une pièce avec quatre rats plus abrutis que la moyenne et regardez ce qu'il se passe.
J'enlève un bon point et demi pour une scène de trop. La violence et le gore poussé à son paroxysme devient irréel et nous permet de nous détacher, de trouver ça limite drole d'autant que le film est plein d'humour (noir bien sûr). Le réalisateur a donc le cran d'aller au bout de sa pensée et de pousser le bouchon toujours un peu plus loin, frisant avec la limite du 'regardable', ou plutôt du supportable. Il franchi la limite une fois avec une scène de maltraitance pure sur une femme qui rend le tout plutôt nauséeux et difficile à supporter pour le public féminin. Dommage parce que cette scène n'apporte rien au film.
Bon film dans l'ensemble avec des acteurs au poil (aucuns ne fait exception) et une grande maitrise de la part du réalisateur. Ce dernier ne fait jamais dans l'excés de violence et arrive à créer une tension qui se développe au fil de l'histoire. Une histoire qui, comme la globalité de l'oeuvre, ne produit pas de réelles surprises mais réussit à captiver voire à déranger le spectateur. C'est là la principale force du film. Ne vous attendez pas à de bons sentiments ou à une gentille morale en guise de conclusion car "Killer Joe" est, comme vous l'aurez compris, loin d'un Disney.
Rarement ces derniers temps je n'avais eu une aussi forte sensation d'ambivalence par rapport à un film que celle que je ressentais hier soir à la sortie de ce "Killer Joe", sautant allégrement d'un enthousiasme pour l'extraordinaire énergie d'un réalisateur qui bientôt ne lira plus Tintin à une exaspération devant l'absence totale de scrupules moraux dans ses choix de mise en scène pour arriver à une fin qui elle, en plus, se veut morale. La note de 6 est donc une moyenne de ces deux sentiments, un compromis tiède entre la volonté de souligner combien Friedkin n'a rien à apprendre d'un Tarantino, et le refus de cautionner la complaisance pour la violence d'un homme qui justifie tranquillement la peine de mort dans son interview au Nouvel Obs. Comme "Bug", "Killer Joe" est adapté d'une pièce de théâtre de Tracy Letts, Prix Pullitzer 2008. Friedkin justifie ce choix en soulignant que les scénarios de grands films tels que "Casablanca", "Un tramway nommé Désir" ou "Cabaret" viennent du théâtre. Il constate dailleurs : "J’ai beau avoir tourné dans le désert ou je ne sais quels autres extérieurs, j’ai toujours filmé des personnages emprisonnés. Il y a toujours quelque chose de claustrophobique dans mes films…" Effectivement, sans doute moins que dans "Bug" où l'enfermement mental était le sujet même du film, il y a beaucoup de scènes qui se déroulent dans le huis clos du bungalow délabré où vit la tribu Smith, même si ces moments sont contrebalancés par des extérieurs tournés à la Nouvelle-Orléans (pour des raisons fiscales !) mais qui auraient pu être filmés dans la périphérie de n'importe quelle grande ville américaine, avec ses motels minables, ces friches industrielles et ces baraques à l'abandon, le tout sous un ciel constellé d'éclairs. Car de l'enfermement, il y en a dans le système pervers de cette famille de white trash : le père au Q.I. limité et à la trouille palpable, la marâtre de belle-mère qui a vite compris le mode relationnel de sa nouvelle tribu, et le fils dealer à la petite semaine, impliqué dans tous les plans foireux et auteur de ce coup tordu suprême trouvé dans un faits divers en Floride par Tracy Letts : faire assassiner sa propre mère pour toucher l'assurance vie. Je parle de marâtre, car il manque dans ce descriptif la Cendrillon, Dottie, la petite soeur vierge mais peu effarouchée qui a réussi à préserver une forme d'innocence dans ce clan affreux, sale et méchant. C'est Friedkin lui même qui fait référence au conte de Perrault : "Cendrillon veut se libérer de cette famille, et la seule solution qui s’offre à elle pour y parvenir, c’est de tomber amoureuse de son prince, un flic qui est aussi tueur à gages". Les acteurs choisis par Friedkin pour incarner sa tribu sont parfaits : Thomas Haden Church joue la veulerie avec une concentration extrême, Emile Hirsch parvient à donner un peu d'humanité à un garçon près à vendre sa sœur pour payer l'assassinat de sa mère, Gina Gershon dans le rôle de la belle mère justifie ce qu'en dit Friedkin : "Elle est trop intelligente. On ne lui propose que des rôles de pute alors qu’elle est bien plus intelligente que les rôles qu’elle interprète". Après avoir pensé à Jennifer Lawrence et à Ellen Page, Friedkin a finalement choisi l'Anglaise Juno Temple pour jouer Dottie, choix qui se révèle très judicieux, tant elle parvient à incarner à la fois la grandeur d'âme et une absence totale de repères moraux. Mais le meilleur choix est sans doute celui de Matthew McConaughey, récemment vu dans "Magic Mike", pour jouer le rôle titre, celui de ce policier tueur à gages qui va devenir l'ange exterminateur de cette famille ô combien dysfonctionnelle. Friedkin lui-même fait référence à un personnage auquel j'avais pensé pendant la projection, celui du Révérend Harry Powell dans "La Nuit du Chasseur". Même diction cauteleuse, même gestuelle décomposée, même explosion de violence, la référence à la composition inoubliable de Robert Mitchum s'impose. Il y a quelques chose d'étonnant dans la façon de filmer de Friedkin, un mélange de maîtrise absolue qui relève de la roublardise et la volonté constante de bousculer son propre système par des ruptures de rythme, entre des scènes bavardes aux dialogues tarantinesques et des scènes de poursuite virtuose qui n'apportent pas grand-chose au récit, ou une façon d'étirer certains passages jusqu'à les rendre insupportables, comme celle de la fellation simulée avec un pilon de poulet. Cette complaisance dérange, ou en tout cas, elle m'a dérangé parce que la seule façon de la supporter est de se demander pourquoi la montrer ainsi, et que les réponses qui me sont venues ne me plaisent pas : parce que ça va plaire, parce que ça va choquer, parce que c'est la punition que méritent les coupables... Reste que c'est aussi ce qui fait la force de ce film, cette tranquille assurance dans son cinéma fiévreux que Friedkin résume ainsi en réponse à la question de Télérama "Pourquoi filmez-vous ?" : "Parce que je sais". http://www.critiquesclunysiennes.com/
film très dérangeant sur certaines scènes , mais on en ressort plutôt un point positif . L'originalité m'a beaucoup plu , même si on se pose parfois des questions sur l'état psychique du réalisateur . A voir ;)
Une vraie réussite que ce film dérangeant et sordide, un premier rôle joué avec excellence et une réplique tout aussi bonne des autres acteurs.....bravo !
Tout d'abord, ne vous fiez pas à la bande annonce du film, qui laisse présager un simple thriller. Mais Killer Joe n'est pas un thriller, ce n'est rien ou tout du moins rien de bon. L'histoire installée dans les premiers temps s'essouffle à la moitié du film et se transforme alors en jeu malsain. Les acteurs jouent bien, mais certaine scènes, même bien jouées ne sont ni supportables ni intéressantes. Le délire d'un réalisateur sans talents, qui livre un film malsain, dérangeant et s'en grand intérêt.
Prends ça dans la gueule, c'est ce que doit se dire Friedklin quand il pense au spectateur de ses films.
C'est ultra-violent, ultra complaisant, ultra désagréable, ultra sordide, ultra angoissant... bref c'est si bon. C'est parfaitement joué, mais on s'y attendait un minimum. C'est très bien filmé, peut-être un peu lent parfois, et c'est bien vu car le paroxysme des scènes violentes n'en est que plus percutant.
C'est un pamphlet misanthrope spéciale dédicace à l'intelligence du texan moyen, une telle haine pour ce coin de profonds débiles doit avoir une sacrée raison pour le réalisateur... maintenant que Bush n'est plus au pouvoir.
À déconseiller à la gente féminine, même pour contempler la plastique de Matthew Mcconaughey qui reste magnifique même avant Magic Mike. Sauf que le personnage n'est pas aussi avenant.
Un sans-faute dans un genre bien particulier, le film qui fait vomir.