J'ai rencontré le Diable... Détrompez-vous il n'est pas ici question d'un obscur film d'horreur teinté de figures satanistes et de vierges possédées. Non il est question d'un thriller sombre, poignant, très violent, émouvant, marquant. Nous sommes en présence d'une pépite coréenne, une histoire de vengeance qui n'a pour ainsi dire, rien à voir avec les schémas hollywoodiens habituels tant sa mise en scène, son cadrage, ses jeux d'acteurs sont atypiques.
Choi Min Sik est époustouflant, épatant, grandiose. Il arrive à incarner ce qui se fait de plus abject chez l'homme, un psychopathe dans toute sa splendeur, dépourvue de remords, calculateurs, égocentrique, sadique, la liste est longue. Byung Hung Lee est quant à lui au sommet de son jeu, froid, renfermé sur lui même après le meurtre de son épouse (rassurez-vous je ne spoil rien), avide de vengeance, vengeance qui se tournera vers l'assassin de sa femme. On se surprendrai presque, je dis bien presque, à avoir de l'empathie pour Choi Min Sik, et c'est là tout le génie du réalisateur. Par ce scénario qu'on pourrait aisément qualifier "d'horrible", le chasseur devenant la proie, Jee Won kim, le réalisateur, arrive à réveiller nos plus bas instincts. Le final est très très poignant, aux antipodes d'une morale bienpensante que l'on retrouve trop souvent. La vengeance apaise-t-elle le deuil ? qui est le plus abominable finalement ? Le jeu en valait-il la chandelle ? Vous trouverez la réponse à ses questions au sein de ce thriller magistral, servit par une cadence lente par moment, effroyablement rapide à d'autres. J'ai rencontré un beau film, assurément.