Laurence Anyways
Note moyenne
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330 critiques spectateurs

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pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 août 2012
Quand un jeune réalisateur de 23 ans, repéré par la critique comme un petit génie du cinéma, signe un film de 2h40 autour d'une histoire d'amour un peu particulière, cela donne-t-il une oeuvre singulière ? La réponse est oui ! Un chef d'oeuvre, un film incontournable ? La réponse est, pour moi, non !
Projet ambitieux, comme son réalisateur qui n'a pas caché sa déception de ne pas avoir été en sélection officielle lors du dernier festival de Cannes, "Laurence anyways" est sûrement la curiosité cinématographique de l'été à défaut du grand film attendu par les aficionados de Xavier Dolan (dont je fais partie).
En suivant Laurence, prénom anglophone masculin, interprété par un Melvil Poupaud très convaincant et pas un instant ridicule en femme et Fred (diminutif de Frédérique) incarnée par l'électrique Suzanne Clément, le spectateur est happé dès le début par une suite de scènes assez hystériques, sensées nous montrer combien les deux héros s'aiment très fort. C'est un peu fatigant pour les yeux, pour les oreilles aussi. Heureusement, cette nervosité retombe un peu lorsque Laurence annonce à sa compagne son désir d'être celui qu'il a été toujours au fond de lui : une femme. Le film prend alors son rythme de croisière sur un scénario un tantinet convenu.
Mais Xavier Dolan, en cinéaste surdoué, camoufle cette faiblesse scénaristique en jouant de la caméra et du montage avec dextérité. Le film avance par à coups avec des scènes surprenantes visuellement, les acteurs cadrés très serrés pour mieux faire voir et ressentir le moindre petit frémissement et le tout est nappé de musique des années 90, de Dépêche-mode à Céline Dion. Cela pourrait être too much, c'est juste assez bluffant. Les 2h40 passent sans ennui, les acteurs sont formidables (mention spéciale à Nathalie Baye), l'image est belle. Une énergie évidente traverse cette histoire qui m'a pas rappelé le cinéma d'Almodovar par sa thématique, son côté mélo et son traitement très coloré des décors et des costumes.
La fin sur le blog
http://sansconnivence.blogspot.fr/2012/08/laurence-anyways-de-xavier-dolan.html
T-Tiff
T-Tiff

131 abonnés 1 243 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 mai 2020
"Laurence Anyways", quatrième film du virtuose canadien Xavier Dolan, le nouveau Picasso du septième art, raconte l'histoire d'amour impossible entre Laurence, homme devenant femme, et Fred, femme tout court. Le choix des prénoms était d'ailleurs probablement judicieux puisqu'ils sont souvent associés à l'autre genre en français. Le projet était ambitieux, le sujet complexe à traiter puisqu'il ne fallait pas tomber dans la caricature tout en gardant une histoire intéressante. Malheureusement, le film tombe successivement dans les deux écueils. Incarné par un Melvil Poupaud peu convaincant, le personnage principal finit par nous agacer alors que nous devions ressentir de la compréhension. Les dilemmes auxquels il devrait être confronté sont rapidement balayés pour laisser place à un personnage rempli de certitudes. Suzanne Clément est bien plus convaincante dans son rôle qui laisse transparaître un personnage en proie au doute. Avec des bonnes idées de mise en scène où la musique comme les décors sont particulièrement bien choisis, et une mise en scène très stylisé, le film décroche à de nombreuse reprise notre intérêt. Pour le reste, "Laurence Anyways" semble passer à côté de son sujet, les critiques ont probablement placé Xavier Dolan trop vite au sommet.
Patrick Braganti
Patrick Braganti

101 abonnés 425 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 juillet 2012
Qu’elle soit fondée sur son expérience personnelle ou sur le fruit de son imagination – laquelle repose sur une connaissance éclectique de la littérature et de la peinture - la vision de l’amour par Xavier Dolan n’est guère angélique. À peine âgé de 23 printemps, celui qui se voit déjà taxé d’arrogance et de narcissisme fait toutefois preuve d’une authentique maturité quand il s’agit de disséquer la complexité des rapports humains. Très à l’aise dans les scènes conflictuelles où les interprètes s’invectivent et se crient dessus, il filme au plus près et avec une sincérité indiscutable les fissures et les brèches produisant leur œuvre de sape et de destruction irréversible. Ce qui étonne et séduit chez le québécois, qui démarra sa carrière d’acteur dès 6 ans, c’est le goût immodéré qu’il développe pour la culture (surtout musicale) des années 80 et donc sa capacité à en restituer tous les vestiges et les exagérations. C’est doublement surprenant parce qu’il s’agit d’une époque qu’il n’a pas vécue lui-même et que néanmoins elle semble constituer le berceau parfait des préoccupations du réalisateur, particulièrement à l’aise dans l’avalanche de kitsch et d’outrance qui résume la décennie en question.



En 2h39, le film n’est certes pas avare des clins d’œil à la mode vestimentaire et musicale des eighties, le transformant du coup en une succession de clips qui abusent des cadrages alambiqués et des ralentis. Pour le public qui a connu in situ cette époque, il est dès lors indéniable que le film produit son petit effet nostalgique à l'évocation de fêtes décadentes et inoffensives. L’affection de Xavier Dolan pour les marginaux et le monde de la nuit tisse ici un lien ténu avec ce que fut le cinéma éphémère de Cyril Collard, et peut-être plus loin encore avec celui d’un Fassbinder, chantre des cabarets interlopes et des travestis pathétiques et altiers. Reste que le sujet principal, la question du genre et de l’identité, n’est jamais réellement traité, ou de loin en loin, puisque le film tend à se resserrer sur l’effondrement de l’histoire entre Laurence et Fred. Melvil Poupaud, qui évite la performance et surtout la caricature en ne jouant pas la folle, ne parvient pas du coup à être crédible en femme ‘normale’, affublée de talons et d’un tailleur strict. C’est même au-delà de l’apparence que se situe le problème tant on ne voit jamais Laurence comme une femme en devenir, juste comme un individu grimé et déguisé, qui n’inspire pas de compassion, mais au contraire moquerie et irritation.



Laurence Anyways est souvent irritant et ennuyeux, car décousu et éparpillé, multipliant des séquences à peu près inutiles. Le jeune cinéaste réussit même l’exploit à se citer lui-même, reprenant des plans à l’identique de son opus précédent. Ce qui faisait la force des deux films originels était à chercher du côté de la nouveauté et du recyclage de multiples influences, ce qui n’excluait pas l’humour et surtout l’autodérision salutaire. L’humour s’est à présent étiolé, seulement véhiculé par les expressions fortement imagées des autochtones, et il n’y a plus la moindre once de dérision, remplacée sans avantage par un sérieux qui confine à la prétention, voire la suffisance. Hormis quelques fulgurances, le film qui épuise par une hystérie parfois complaisante annonce-t-il que le système Dolan tourne déjà à vide ? Ce serait là une cruelle nouvelle car il est incontestable que Xavier Dolan possède un talent et un univers, mais peut-être, avec un film si ample et si ambitieux, a-t-il trop rapidement franchi une étape, trop pressé de rejoindre la cour des grands.
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 898 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2016
Dolan est un sacré garnement, doué naturellement, on a l’impression qu’il est né une caméra à la main. Ce n’est pas simple ni très grand public d’aborder le thème de la transsexualité. Mais il donne l’impression d’avoir déjà une maturité et un recul tels qu’il peut se lancer sans filet en équilibre précaire sur un fil tendu au –dessus du vide.
Cela relève du génie à l’état brut, avec ses imperfections, du déchet et des scènes inutilement longues ou répétitrices. Mais à côté de cela, il y a une telle explosion de vie, une inventivité sans limite, une poésie des images que la majorité des créations françaises se trouvent ringardisées et d’une platitude à mourir. Le scénario est de Dolan, les costumes c’est Dolan, le chef-monteur c’est encore lui, on pressent qu’à défaut de savoir agglomérer et fédérer les talents, c’est lui avant tout qui exprime ce qu’il a dans les tripes.
La caméra est créative, passant de perspectives d’intérieur allongées, à des mouvements lents enroulant les personnages, entrecoupés de plans serrés ou de détail. Elle s’agite ( parfois un peu trop) en suivant l’affrontement des personnages comme une balle de ping-pong lors d’un échange rapide.
Le film foisonne dans tous les sens, mentionnons au passage cette galerie de portraits féminisés dans la "famille Rose". Mais l’essentiel repose sur les épaules de ce couple devenu impossible, Laurence et Fred ( deux prénoms ambigus…) interprétés par Une Suzanne Clément et un Melvil Poupaud en état d’ébullition sous la baguette de petit canadien.
La musique est variée, hachée, protéiforme. Impossible de s’endormir ni de prévoir ce qui va se passer, on passe du Beethoven au hard-rock sans coup férir.
Si Dolan devient demain un grand monsieur du cinéma, Laurence restera quoiqu’il en soit une œuvre de jeunesse excitante mais imparfaite qui marquera le début de son parcours.
avril 2016
Cadreum
Cadreum

61 abonnés 790 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 avril 2025
Ce que propose Laurence Anyways, bien au-delà de son sujet (une transition de genre dans le Montréal des années 90), c’est un mélodrame déchiré entre la fulgurance d’un amour et la nécessité irrépressible d’être enfin soi. C’est dans cette contradiction que s’inscrit la plus grande réussite du film : celle de filmer l’impossible coïncidence entre les corps, les désirs et les mots.

Il ne s’agit pas, chez Dolan, de raconter une transition comme on raconterait une victoire. Ce qu’il donne à voir, c’est l’asymétrie des transformations, l’inadéquation tragique entre deux devenirs. Laurence ne veut pas seulement changer de genre : elle veut que l’amour survive à ce changement, que Fred, sa compagne, la suive et la reconnaisse, dans un désir inchangé.

Le cœur du film, c’est cela : vouloir être aimée comme on est devenu(e), par celle qui nous a aimé comme on était. Une demande déraisonnable, irréalisable ? En attendant, chaque scène rejoue ce paradoxe : aimer sans pouvoir rejoindre l’autre. Fred se retire progressivement, non par rejet, mais par épuisement. Dolan filme l’amour comme une langue étrangère dont les locuteurs perdent peu à peu la grammaire.

On a souvent reproché à Dolan son maniérisme, sa surcharge, son goût du clip. Mais dans Laurence Anyways, cette profusion trouve une nécessité : elle épouse le débordement des corps, des émotions, des vies en train de s’inventer contre la norme.

C’est une mise en scène du trop-plein : d’amour, de douleur, de beauté, de colère. Comme si Dolan voulait faire tenir dans chaque plan la totalité d’un monde qui ne tient plus dans les formes assignées. Le cinéma, chez lui, devient lyrique parce qu’il refuse le naturalisme comme seule voie du réel. Il faut styliser, non pour embellir, mais pour rendre audible.

Le film embrasse près de dix années, mais refuse la linéarité. Les ellipses sont brutales et les repères temporels volontairement flous. Cette fragmentation narrative n’est pas un effet, mais une expression : celle d’une temporalité disloquée, où le temps ne répare pas mais creuse.

Il serait réducteur de voir dans Laurence Anyways un simple plaidoyer. Dolan ne fait pas un film militant, il fait un film incarné. Le corps de Laurence est filmé comme une frontière en mouvement, entre regard social et vérité intime. Le politique n’est pas dans les slogans, mais dans l’ordinaire : dans les silences gênés des collègues, les insultes en creux, les gestes et les regards qui se figent. C’est précisément parce que le film ne didactise jamais qu’il émeut profondément.

Laurence Anyways est sans doute le film le plus dense, le plus ambitieux de Xavier Dolan. Il condense les obsessions qui irrigueront toute sa filmographie : la puissance des mères (Mommy), le lyrisme des affects (Juste la fin du monde), l’enfermement dans le langage (Matthias et Maxime), la violence de ne pas être aimé pour ce que l’on est devenu. Mais c’est aussi son film le plus vulnérable, où l’équilibre entre forme et fond tient sur un fil. Tout pourrait s’écrouler à chaque instant et c’est ce risque permanent qui en fait une œuvre précieuse.
saxoman
saxoman

18 abonnés 180 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 septembre 2012
Complétement abasourdi, comme hypnotisé, c'est ainsi que je ressors de la salle ! Cette histoire d'amour unique en son genre, à la limite de l'invraisemblance, est admirablement servie par un scénario de haut vol et des personnages d'une incroyable densité : le jeu d'acteur de Suzanne Clément d'abord, sublime, de Melvil Poupaud et de Nathalie Baye est époustouflant. Tout concourt à faire de Laurence Anyways un chef d'œuvre : une image hyper soignée au service de plans recherchés et la musique parfaite, parfois mystique, parfois nostalgique, a le rôle primordial qu'elle devrait toujours avoir. Les dialogues allient profondeur, humour et nous font voyager dans la "Belle Province" avec cet accent unique (merci quand même d'avoir ajouté certains sous-titres indispensables pour nous "maudits Français"). La réalisation hyper originale de Xavier Dolan propulse le cinéma québécois à la tête de la modernité dans le cinéma mondial. Dolan passe de scènes lyriques à des scènes réalistes à la Ken Loach avec une virtuosité sans faille.
Pour ne pas abuser de l'adverbe hyper - car tout est hyper dans ce film - je livre à regrets quelques points qui m'ont déplu : d’abord pourquoi ce parti pris de la prise de vue rapprochée ? Laurence et Fred sont des homme et femme-tronc et Xavier Dolan nous prive de leur corps. Est-ce par crainte de la nudité ? Alors que la masculinité de Laurence aurait pu être affirmée comme postulat avant sa "transformation" (psychologique, elle ne sera jamais physique), aucune épaule, aucun torse, aucun dos musclé ne viennent contredire une éventuelle androgynie. Et le corps nu de Fred ne se laisse deviner que de loin, en contrejour au bout d'un couloir ! Ensuite Xavier Dolan filme systématiquement les échanges passionnés ou violents au sein du couple en très gros plans, la caméra à l'épaule, avec des mouvements rapides et saccadés, genre film de vacances du petit dernier à qui on vient d'offrir un caméscope ! Et ça devient à la longue pénible pour le spectateur.
Mais tout ça de m'empêche pas de mettre la note maxi pour ce film qui nous donne la chair de poule et que j’irai revoir, à condition que les distributeurs ne le retirent pas trop tôt de l’affiche, comme ils font trop souvent !
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 juillet 2012
Xavier Dolan a du talent, c'est indéniable. Le problème c'est qu'il le sait et qu'il en fait trop ! Du coup le film devient lourd et prétentieux. Dommage !
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 332 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 mai 2015
Troisième film en tant que réalisateur de Xavier Dolan,Laurence anyways est une splendide réussite sur une sujet difficile (l'acceptation de la transsexualité d'une personne par son entourage) qui arrive à posséder une esthétique originale parfois proche du clip tout en étant constamment focalisée sur le jeu des acteurs. Xavier Dolan arrive en effet à maintenir l'attention du spectateur presque constamment durant les 2h48 que dure le film spoiler: (malgré un petit creux au moment où le couple principal est séparé
grâce à son amour pour les acteurs qui leur permettent de livrer tous de brillantes prestations en particulier Melvil Poupaud, Suzanne Clément et Nathalie Baye. Le fait que Dolan arrive à 23 ans à traiter avec humanité sans voyeurisme et sans ridicule un sujet aussi complexe que la transsexualité tout en se permettant des choix de réalisation risqués spoiler: (le fait de couper le passage où Laurence annonce à Fred son désir de devenir une femme qui rappelle les ellipses de Godard dans A bout de souffle)
prouve qu'il est un réalisateur d'un très haut niveau sur lequel le cinéma doit désormais compter.
SebLefr3nch
SebLefr3nch

220 abonnés 691 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 novembre 2014
Dans Laurence Anyways, Xavier Dolan donne la plupart des codes du film qui le fera primer à Cannes, aussi bien pour l'histoire que pour la réalisation. La tumultueuse histoire d'amour que vit ce couple est originale par son propos. Le point de vue est traditionnel. La réalisation reste fidèle à Dolan ce qui la démarque et tant mieux car on l'apprécie. Seul un manque de rythme perceptible aurait pu être évité. Malheureusement, Melvil Poupaud n'est pas le bon comédien pour ce rôle. Même s'il se prête au jeu du début à la fin, il n'est pas assez convainquant. Par contre, Suzanne Clément est tout simplement incroyable et époustouflante. Elle vole la vedette à tout le casting et elle nous fait incroyablement ressentir ses émotions. La bande son est entrainante, comme toujours chez Dolan. Un bon film qui annonçait l'arrivée d'un chef d’œuvre. A noter, au début du film, le petit clin d’œil au Amours Imaginaires et plus tard dans le film, Fred croise un personnage ressemblant très étrangement à la mère dans Mommy.
Guiciné
Guiciné

206 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 juillet 2012
Xavier Dolan tout en traitant un sujet fort et profond, se fait plaisir, une fois de plus il nous gratifie des images léchées, très travaillées et souvent inspirées, mais tout cela semble TROP en rapport du scénario, c'est parfois dommageable, mais souvent jouissif, tant il manie la musique intelligemment. C'est superbe, mais l'émotion manque, car pas assez de simplicité.
Thierry M
Thierry M

191 abonnés 2 435 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 juillet 2012
Pas mal , Mais pas la peine d'en faire 2h 40 . je note la MAGISTRALE interpretation de Melvil Poupaud.
orlandolove
orlandolove

169 abonnés 1 736 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 août 2012
J'avais beaucoup aimé "J'ai tué ma mère". Le nouveau métrage de Xavier Dolan apparait plus dense, plus riche, mais au risque d'être plus inégal et parfois même agaçant. On regrette donc que quelques digressions intello toc viennent parasiter l'âme du film : son histoire d'amour. La mise en scène est une nouvelle fois remarquable, tout comme la bande son.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 783 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 octobre 2014
Laurence a 30 ans et fait son coming out… pire encore… Il vit avec Fred, sa copine, et lui avoue n’avoir jamais supporté son corps d’homme et de vouloir changer de sexe. On va donc suivre sur plusieurs années cette histoire d’amour impossible au travers la mue du personnage principal ainsi qu’au travers des retrouvailles et séparations du couple.
Xavier Dolan a seulement 23 ans lorsqu’il se lance dans ce film fleuve de 2h45. Le jeune homme a du talent, il incarne par sa maitrise du cadre, ses influences, ses expérimentations visuelles multiples paraissant sans limite, le cinéma contemporain. Visuellement très souvent bluffant par son inventivité, les dialogues souvent bien sentis, un fond musical très présent mais souvent bien placé ; un concentré de pop art moderne. Après, son film est trop… limite boursoufflé à l’excès ; la boulimie de l’auteur finit par donner le tournis. Son film ressemble trop souvent à un clip ; mais çà dure 2h45 tout de même ; successions de saynètes, parenthèses ouvertes sur un abîme, quelques scènes excessives,… La vertu d’une œuvre d’art est de faire réagir et de faire parler ; c’est le cas, ici ; c’est positif même si on a tous ses goûts
Dolan un talent incontestable… vivement la maturité
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 septembre 2015
Au moins, et comme souvent lorsque j'accumule les films d'un même réalisateur, je sais finalement quoi penser de Xavier Dolan. Je sais que je ne l'aime pas. Pour Laurence Anyways, c'est quand même un sacré gâchis, parce que comme toujours, l'écriture de la trame narrative me parait très juste, de même que les personnages. Si je n'aime pas sa façon criarde de les illustrer, les canevas du jeune canadien sont toujours écrits avec intelligence, subtilité et ce qu'il faut de nuances. Ce qu'il manque à sa mise en scène, en somme, mais cela j'y reviendrai plus tard. Ici, l'histoire de ce changement de sexe n'a rien d'un pensum pro-transgenre, ce que je craignais au départ. Non pas que je refuse à ces gens le droit d'exister, bien sûr. Mais justement, parce que ce droit me parait un truisme, et que l'art se doit d'aller bien plus loin que ce genre démarche moralisatrice, attitude qui m'exaspère au plus haut point, quelle que soit l'idée défendue et ce que je pense de sa légitimité. C'est ce que fait Laurence Anyways, dont certains se plaignent du récit, qu'ils disent n'aller nulle part, ne véhiculer aucun propos de par son évolution. Au contraire, c'est là que se trouve l'essence de ce scénario, ce qui justifie sa longueur, également. Laurence Anyways est l'histoire complexe d'un homme, de ses multiples embranchements et de ses tenants pluriels. Loin de célébrer un mouvement, un genre, des genres, le film est une intelligente démonstration de l'unicité de chaque être, attentif à chaque personnage et soucieux de les laisser s'exprimer. Démonstration d'autant plus percutante qu'elle n'en est pas une, puisque comme je l'ai dit, Laurence Anyways dit tout en ne disant rien, raconte une vie et laisse sobrement s'en dresser les constats sur ce que signifient le sexe et l'identité. Voilà pour le fond, très réussi. Las, il est très desservi par la forme. Dolan signe à nouveau un traitement boursouflé, sur-signifiant constamment chaque idée. Pour un plan qui sonne juste, je peux en compter trois ou quatre dont la démesure saborde toute émotion. A l'inverse, deux des plus beaux moments que m'a procurés le film viennent de money shots d'écriture, d'instants fugaces et subtils qui, loin de toute esbroufe, font gagner le film en profondeur véritable (la réaction de la mère suite à l'annonce du changement de sexe de son fils, et la drague amusée d'un gamin du haut d'un balcon). De même, j'ai encore eu énormément de mal avec les changements de ton et les ruptures narratives incessants. A moindre dose, on pourrait y trouver une sorte d'euphorie vitale, juger que le procédé charge ce cinéma d'une énergie toute à lui. Pour moi, tout cela vire presque à une hystérie dont les décalages sont par moments fatals à l'immersion, créent un déphasage vis à vis d'un film dont la cohérence fuit par tous les interstices. Très bien écrit mais très mal dosé, Laurence Anyways me confirme dans l'image que gardera sans doute à mes yeux Dolan, celle d'un homme intelligent mais d'un metteur en scène quand même bien sur-côté.
GéDéon
GéDéon

136 abonnés 716 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 janvier 2024
Avec son troisième long métrage sorti en 2012, Xavier Dolan livre une histoire d’amour destructrice comme on en voit peu au cinéma. On assiste au déchirement d’un couple dont le mari décide de devenir une femme. Le sujet de la transition de genre est particulièrement saisissant grâce à la description du long cheminement de cet homme désireux de se transformer. Ses convictions, mais également l’incompréhension de ses proches ou bien le regard hostile de la société sont décrits avec une grande profondeur mêlant humour et violence. A ce titre, la prestation de Melvil Poupaud est absolument bluffante. Malheureusement, le réalisateur ne peut s’empêcher de proposer une mise en scène tape à l’œil. Ces nombreux passages, dignes d’un clip vidéo, altèrent le propos et constituent un péché de gourmandise inutile. Bref, une œuvre poignante mais trop longue.
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