Xavier Dolan signe avec Laurence Anyways un chef d'oeuvre époustouflant. Que dire de ce film, mis à part employer des adjectifs dithyrambiques ? Merveilleux, bouleversant, sublime de beauté, sidérant d'intelligence, de sensibilité, d'humour, de délicatesse. Les comédiens sont tous exceptionnels, avec une mention spéciale pour Nathalie Baye, géniale en mère aimante et très distante. Laurence Anyways est à l'instar de Tree of life, Le nouveau monde, Le pianiste, Mulholland drive ou Mysterious skin l'une des oeuvres majeures de cette dernière décennie, un objet filmique "total" qui peut être vu et revu sans se lasser, et qui laisse des traces indélébiles dans les mémoires. Un grand mystère reste dans l'absence de ce film en compétition au dernier Festival de Cannes. Comment expliquer que Laurence Anyways, si novateur, ambitieux, réussi, ait pu être relégué à la sélection Un Certain Regard, la deuxième division cannoise, alors que des navets épouvantables, d'un académisme rance, d'un ennui abyssal, réalisés par des cinéastes de seconde zone, figuraient eux dans la sélection reine : Paperboy, Cogan - l'amour en fuite, Des hommes sans loi, La chasse etc. ? Est-ce la jeunesse du réalisateur, sa soi-disant arrogance, son génie qui dérangent tant ? Quelle injustice !!!!!