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Noleon Kaeland
10 critiques
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1,5
Publiée le 30 juillet 2026
Ce serait bien de descendre de son perchoir d'artiste torturé. Je ne comprends pas pour qui se film a été fait... Vous me direz, les réalisateurs font des films pour eux-mêmes et c'est déjà bien ! D'accord quand on fait un film sur Super Mario mais quand on aborde un sujet aussi important pour la société j'aimerais voir que l'équipe a fait attention. Alors oui, ce film parle de transidentité, il n'esquive pas le sujet, c'est au moins ça. Mais dans la première heure il a de quoi donner à tous les réactionnaires de ma famille les arguments clef en main pour détester les personnes trans (heureusement, je ne l'ai pas regardé en famille...). Début du film : présentation du couple. Un homme, une femme, des âmes d'artistes avec des professions littéraires, qui vivent de façon passionnée chaque moment de leur vie, se droguant dans des scènes dignes d'un film d'adolescents. Bref, de quoi facilement renforcer l'impression, pour les transphobes, que les personnes trans ne "sont pas comme nous". La révélation : la femme est bouleversée d'apprendre que son ami se sent femme, mais au lieu d'être seulement bouleversée elle est aussi accusatrice. 15 minutes de film après, elle se ravise, elle va aider son ami ! Mais sans donner de raison, ce serait dommage d'expliquer. Alors elle aide son ami jusqu'à faire une dépression nerveuse, comme ça c'est encore mieux, vous avez compris, la morale de l'histoire est que lorsqu'une personne trans s'assume elle fait souffrir son entourage ! Alors certes, le film ne s'arrête pas là. Mais ajoutez à ça la patte Dolan (tout est esthétisé à mort, les couleurs, les plans, les personnages, tout a l'air d'être sorti d'un rêve) et vous obtenez un film qui laisse chacun imaginer que la transidentité c'est ça... Un délire d'artiste. J'espère seulement que les personnes trans se sentent comprises et représentées par ce film. Dans mon cas, j'en cherchais un à montrer à des élèves, pour leur apprendre la tolérance, et ce ne sera sûrement pas celui-ci.
Toujours très puissant dans les scènes d'explosion émotionnelle et en terme de créativité visuelle, cet opus de Xavier Dolan (2012 ), souvent considéré comme une de ses grandes réussites, m'a pour ma part, laissé beaucoup trop souvent au bord du chemin.
Le scénario aborde avec réussite le poids des préjugés sociaux, le prix à payer lorsqu'on est hors norme. Mais le développement du film se perd dans la pléthore de scènes superficielles savamment cadrées, mais pas suffisamment écrites.
Ce n’est pas tant la question de l’identité sexuelle que du poids de l’amour dans la transformation de l’autre et des répercussions que cela peut entrainer sur le couple qu’évoque Xavier Dolan dans ce long-métrage d’une durée fleuve. Le réalisateur québécois tombe toujours parfois sous le coup d’une certaine sophistication de l’image dispensable d’autant que c’est lorsqu’il emmène son récit vers plus de pureté qu’il touche véritablement.
Ce que propose Laurence Anyways, bien au-delà de son sujet (une transition de genre dans le Montréal des années 90), c’est un mélodrame déchiré entre la fulgurance d’un amour et la nécessité irrépressible d’être enfin soi. C’est dans cette contradiction que s’inscrit la plus grande réussite du film : celle de filmer l’impossible coïncidence entre les corps, les désirs et les mots.
Il ne s’agit pas, chez Dolan, de raconter une transition comme on raconterait une victoire. Ce qu’il donne à voir, c’est l’asymétrie des transformations, l’inadéquation tragique entre deux devenirs. Laurence ne veut pas seulement changer de genre : elle veut que l’amour survive à ce changement, que Fred, sa compagne, la suive et la reconnaisse, dans un désir inchangé.
Le cœur du film, c’est cela : vouloir être aimée comme on est devenu(e), par celle qui nous a aimé comme on était. Une demande déraisonnable, irréalisable ? En attendant, chaque scène rejoue ce paradoxe : aimer sans pouvoir rejoindre l’autre. Fred se retire progressivement, non par rejet, mais par épuisement. Dolan filme l’amour comme une langue étrangère dont les locuteurs perdent peu à peu la grammaire.
On a souvent reproché à Dolan son maniérisme, sa surcharge, son goût du clip. Mais dans Laurence Anyways, cette profusion trouve une nécessité : elle épouse le débordement des corps, des émotions, des vies en train de s’inventer contre la norme.
C’est une mise en scène du trop-plein : d’amour, de douleur, de beauté, de colère. Comme si Dolan voulait faire tenir dans chaque plan la totalité d’un monde qui ne tient plus dans les formes assignées. Le cinéma, chez lui, devient lyrique parce qu’il refuse le naturalisme comme seule voie du réel. Il faut styliser, non pour embellir, mais pour rendre audible.
Le film embrasse près de dix années, mais refuse la linéarité. Les ellipses sont brutales et les repères temporels volontairement flous. Cette fragmentation narrative n’est pas un effet, mais une expression : celle d’une temporalité disloquée, où le temps ne répare pas mais creuse.
Il serait réducteur de voir dans Laurence Anyways un simple plaidoyer. Dolan ne fait pas un film militant, il fait un film incarné. Le corps de Laurence est filmé comme une frontière en mouvement, entre regard social et vérité intime. Le politique n’est pas dans les slogans, mais dans l’ordinaire : dans les silences gênés des collègues, les insultes en creux, les gestes et les regards qui se figent. C’est précisément parce que le film ne didactise jamais qu’il émeut profondément.
Laurence Anyways est sans doute le film le plus dense, le plus ambitieux de Xavier Dolan. Il condense les obsessions qui irrigueront toute sa filmographie : la puissance des mères (Mommy), le lyrisme des affects (Juste la fin du monde), l’enfermement dans le langage (Matthias et Maxime), la violence de ne pas être aimé pour ce que l’on est devenu. Mais c’est aussi son film le plus vulnérable, où l’équilibre entre forme et fond tient sur un fil. Tout pourrait s’écrouler à chaque instant et c’est ce risque permanent qui en fait une œuvre précieuse.
De Xavier Dolan (2012). Xavier Dolan livre un film fort sur la difficulté de vivre pleinement sa vie , en brisant les conventions qui nous enferment . Ce sur un sujet difficile à aborder à savoir l'identité sexuelle . Filmé avec un tact et une grande retenue . Son troisième film est à la fois personnel , touchant et très aboutit . Autant du côté de la narration que de l'interprétation . A commencer par le beau Melvil Poupaud qui campe son personnage avec finesse et profondeur . Avec aussi Suzanne Clément et Nathalie Baye en mère un peu perdue mais qui va re découvrir son fils .
Film qui aurait pu être bien de par son thème, mais qui est raté du fait qu’il soit excessivement mal écrit, sans compter une bande-son québécoise vraiment mauvaise et inconfortable.
D'autant plus surpris comme par un bon vin qu'on retrouve à la cave par hasard.
J'ai trouvé ce film très beau. Xavier Dolan semble avoir plusieurs idées à la minute quant à la mise en scène, quant aux décors, quant aux lumières ...et que dire de la bande son !! .
Bien sûr le sujet ( homme se sentant plus femme que homme) très repris depuis, ne doit pas rebuter d'emblée.
Melvil Poupaud et Suzanne Clément sont très très bons , ont-il eu des récompenses à l'époque? ils les auraient méritées!.
Après un début assez déroutant, le film prend toute son ampleur quand Laurence, homme, professeur de lettres annonce à sa compagne Fred qu’il s’est toujours senti femme. Cela devient un véritable chassé-croisé amoureux entre ce couple. Peut-on tout accepter par amour ? C’est l’enjeu majeur du thème. Plusieurs scènes sont étonnantes, dans le restaurant ou dans la cuisine, lors d’un repas de fête. Melville Poupaud est bluffant dans ce rôle par sa transformation physique. Quant à Suzanne Clément, elle est très naturelle, dépassée par les évènements.
Coup de coeur pour ce film à la mise en scène virevoltante, et son couple d'acteur déchirant, victime du temps et de l'autre. C'est bouleversant, captivant, visuellement très bon. Un grand cru signé Dolan. Petit bémol : le québécois c'est pas de la tarte !!!
Il y a des films comme ça dont le bruit et la fureur résonnent en vous bien après la dernière image, le dernier son... C'est le cas de Laurence Anyways. Encore un film sur les trans, encore un film de Dolan, encore, encore... Eh bien non, sous ses airs de déjà vus, ce long-métrage est exceptionnel de beauté et de maîtrise. Le scénario, la BO, les couleurs, la mise en scène, les dialogues, tout est parfait et on se perd dans l'histoire si compliquée d'un couple en perdition. Mention particulière pour la musique qui accompagne à la perfection toutes les scènes du film. Un chef d'oeuvre.
Magnifique, ce film m'a fait tombé amoureuse du cinéma. C'est un travail millimétré et beau, wow. L'évolution des personnages et bouleversante accompagnée du bande-son incroyable. Je comprends que le film ne peut pas plaire à tout le monde de son scénario, mais de sa photographie c'est impossible de la critiquer tellement elle est parfaite.
Avec son troisième long métrage sorti en 2012, Xavier Dolan livre une histoire d’amour destructrice comme on en voit peu au cinéma. On assiste au déchirement d’un couple dont le mari décide de devenir une femme. Le sujet de la transition de genre est particulièrement saisissant grâce à la description du long cheminement de cet homme désireux de se transformer. Ses convictions, mais également l’incompréhension de ses proches ou bien le regard hostile de la société sont décrits avec une grande profondeur mêlant humour et violence. A ce titre, la prestation de Melvil Poupaud est absolument bluffante. Malheureusement, le réalisateur ne peut s’empêcher de proposer une mise en scène tape à l’œil. Ces nombreux passages, dignes d’un clip vidéo, altèrent le propos et constituent un péché de gourmandise inutile. Bref, une œuvre poignante mais trop longue.
On voit bien un point de vue cisgenre masculin derrière la caméra. Xavier Dolan mentionne que la transidentité et la transition n'est pas le sujet principal du film mais il aurait mieux faite de ne pas prendre ce thème alors. C'est plein de clichés sur les transgenres. J'avoue que si c'était un film du début des année 2000 s'aurait été un bon film. Mais en 2012, il y avait déjà suffisamment d'écrits sur le sujet de la transidentité pour ne pas faire une caricature. Désolé, on ne peut pas tous aimer la même chose