Laurence Anyways
Note moyenne
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330 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 juin 2016
Je suis très admiratif et respectueux du travail accompli sur son oeuvre. Elle est immense, inspirée, vivante et inlassablement jouissante.
Si Laurence Anyways semble être son film le plus libre, je crois qu’il est paradoxalement le plus abouti dans le travail de la recherche d’un réalisme poussé à son paroxysme.

...) Laurence Anyways est un film sur la différence, le courage et la liberté de faire des choix. Ce sont des thèmes forts sur lesquels Xavier Dolan pose un regard émouvant, sensible et profondément humaniste.
L’histoire de Laurence est tout sauf banale.

...) Laurence Anyways est un film magique, somptueux et sophistiqué, dominé par le couple passionné que forment Melvil Poupaud et Suzanne Clément.
Si Xavier Dolan est un artiste qui invente des récits, des personnages et des univers de fiction, il est surtout un grand raconteur d’histoire comme le cinéma n’en a pas eu depuis longtemps.

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Ewen Blake
Ewen Blake

189 abonnés 1 301 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juin 2016
Un film sur la norme. Un monstre hybride de deux heures trente à qui il m'a semblé manquer quelque chose sans que je ne sache mettre un mot dessus. Laurence Anyways décrit un amour immense, qui donne envie de vivre intensément et de ne jamais vieillir. Dolan et Suzanne Clément nous offre l'une des scènes les plus intenses que je n'ai jamais vu : le restaurant.
Post-xMoVie
Post-xMoVie

11 abonnés 65 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 juin 2016
On passe un cran au-dessus avec Laurence Anyways. Dolan ne parle plus de lui, il a fini sa psychothérapie (du moins on peut le croire) et aborde désormais un thème peu commun au cinéma, un thème qui lui est cher, puisqu’il suit la problématique des sentiments de deux femmes, l’une complètement désorientée par l’autre…qui est un homme. Pourtant, d’un homme, Laurence n’a conservé que ce que la nature lui a donné, car son apparence est celle d’une femme. Il se sent mieux comme ça, il se sent lui-même, et il ose affirmer cette différence, d’abord devant sa classe – il est instituteur et poète – puis, une fois renvoyé à cause des plaintes de parents d’élève, devant la société, le monde. Même si au début, il souffre de cette solitude qui le confronte à la norme, il devient peu à peu mieux dans ses pompes, et une fois accepté par sa mère (quelle bataille !), il ne reste plus qu’un tout petit problème : s’expliquer avec Fred, son ex, effondrée face à ce changement. Elle l’aimait jadis, d’un amour passionnel, elle l’aime toujours, mais d’un amour destructeur. Ce qu’elle ne parvient pas à accepter, c’est que son compagnon veuille devenir une femme alors qu’il reste hétéro. Leur relation est faite de retrouvailles, d’adieux, d’engueulades, de réconciliations : comme l’amour qu’Hubert porte à sa mère dans J’ai tué ma mère, c’est instable, fondé sur les aléas de sentiments contradictoires qui s’entrechoquent. Et forcément, ça mène à une frustration mutuelle, où l’un revendique sa différence en voulant la sortir de la marge, et l’autre n’arrive pas à s’y faire.
Si le scénario est cyclique, répétitif, Dolan réussit à rendre chaque période différente de la précédente, par une maîtrise habile du rythme, d’où se dégage ce curieux mélange de délicatesse et de rage. C’est surtout la réalisation qui vaut au film d’être regardé jusqu’au bout. Elle s’est affinée, perfectionnée en trois ans. A présent, c’est un véritable foisonnement de vies qu’elle s’applique à montrer, avec le même genre de séquences qu’auparavant. La musique a toujours une place prépondérante, c’est même ce qui exprime le mieux le trouble, la perdition des personnages, comme leur parfaite entente, leur bonheur grignoté en cachette. Elle nous assourdit même parfois, comme pendant les fêtes où Fred avance au milieu de la foule au ralenti, admirée, remarquée, ou encore pendant le coup de gueule au début du film dans la voiture, où toute l’idylle du couple est détruite par la vérité de Laurence. Mais la scène la plus marquante reste celle du restaurant, pendant laquelle la patronne lui pose des questions gênantes à propos de son changement de personnalité. Fred a vite fait de l’envoyer balader avec une réplique sèche, agressive, pleine de confusion comme Dolan sait si bien les écrire. Sa caméra est rarement fixe, elle bouge en permanence comme l’âme des protagonistes. Mais là où ça pêche, c’est dans le scénario. Pas au niveau des dialogues – très bien écrits –, plutôt sur l’évolution des situations, qui suivent le schéma interminable du couple indécis, donnant ainsi une forte impression que le film ne sait pas comment se terminer. Certes, vue la durée (2h50), on peut parler du fresque, mais uniforme dans sa narration, riche que par le talent technique de son réalisateur et de ses acteurs principaux fantastiques. On ne va pas départager Melvil Poupaud et Suzanne Clément, ça ne servirait à rien. Il n’empêche, Laurence a beau faire, les traits de son acteurs, très durs, trahissent toujours son sexe, et pourtant, il nous apparaît femme, tant par l’allure que par les paroles. « Ca fait du bien de voir dans la glace le reflet que je voulais voir depuis toujours. » On finit par un flash-back, qui explique, mieux que tous leurs débats, que Laurence restera Laurence. Homme ou femme. La preuve d’un espoir dans l’avenir, dans les autres.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2016
Dolan est un sacré garnement, doué naturellement, on a l’impression qu’il est né une caméra à la main. Ce n’est pas simple ni très grand public d’aborder le thème de la transsexualité. Mais il donne l’impression d’avoir déjà une maturité et un recul tels qu’il peut se lancer sans filet en équilibre précaire sur un fil tendu au –dessus du vide.
Cela relève du génie à l’état brut, avec ses imperfections, du déchet et des scènes inutilement longues ou répétitrices. Mais à côté de cela, il y a une telle explosion de vie, une inventivité sans limite, une poésie des images que la majorité des créations françaises se trouvent ringardisées et d’une platitude à mourir. Le scénario est de Dolan, les costumes c’est Dolan, le chef-monteur c’est encore lui, on pressent qu’à défaut de savoir agglomérer et fédérer les talents, c’est lui avant tout qui exprime ce qu’il a dans les tripes.
La caméra est créative, passant de perspectives d’intérieur allongées, à des mouvements lents enroulant les personnages, entrecoupés de plans serrés ou de détail. Elle s’agite ( parfois un peu trop) en suivant l’affrontement des personnages comme une balle de ping-pong lors d’un échange rapide.
Le film foisonne dans tous les sens, mentionnons au passage cette galerie de portraits féminisés dans la "famille Rose". Mais l’essentiel repose sur les épaules de ce couple devenu impossible, Laurence et Fred ( deux prénoms ambigus…) interprétés par Une Suzanne Clément et un Melvil Poupaud en état d’ébullition sous la baguette de petit canadien.
La musique est variée, hachée, protéiforme. Impossible de s’endormir ni de prévoir ce qui va se passer, on passe du Beethoven au hard-rock sans coup férir.
Si Dolan devient demain un grand monsieur du cinéma, Laurence restera quoiqu’il en soit une œuvre de jeunesse excitante mais imparfaite qui marquera le début de son parcours.
avril 2016
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 décembre 2015
Un chef d'oeuvre. Laurence anyways, une histoire d’amour boulversante. Si le synopsis peut faire fuir, il faut préciser qu’il s’agit d’une histoire d’amour magnifique avant tout. La transsexualité y est abordée sans voyeurisme et à travers le prisme de la complicité transportante du couple. Lawrence anyways est un film esthétique et saisissant de sincérité qui fera oublier aux plus récalcitrants sa thématique particulière.

Un petit article à ce propos sur mon blog :). Venez me rendre visite !
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 septembre 2015
Au moins, et comme souvent lorsque j'accumule les films d'un même réalisateur, je sais finalement quoi penser de Xavier Dolan. Je sais que je ne l'aime pas. Pour Laurence Anyways, c'est quand même un sacré gâchis, parce que comme toujours, l'écriture de la trame narrative me parait très juste, de même que les personnages. Si je n'aime pas sa façon criarde de les illustrer, les canevas du jeune canadien sont toujours écrits avec intelligence, subtilité et ce qu'il faut de nuances. Ce qu'il manque à sa mise en scène, en somme, mais cela j'y reviendrai plus tard. Ici, l'histoire de ce changement de sexe n'a rien d'un pensum pro-transgenre, ce que je craignais au départ. Non pas que je refuse à ces gens le droit d'exister, bien sûr. Mais justement, parce que ce droit me parait un truisme, et que l'art se doit d'aller bien plus loin que ce genre démarche moralisatrice, attitude qui m'exaspère au plus haut point, quelle que soit l'idée défendue et ce que je pense de sa légitimité. C'est ce que fait Laurence Anyways, dont certains se plaignent du récit, qu'ils disent n'aller nulle part, ne véhiculer aucun propos de par son évolution. Au contraire, c'est là que se trouve l'essence de ce scénario, ce qui justifie sa longueur, également. Laurence Anyways est l'histoire complexe d'un homme, de ses multiples embranchements et de ses tenants pluriels. Loin de célébrer un mouvement, un genre, des genres, le film est une intelligente démonstration de l'unicité de chaque être, attentif à chaque personnage et soucieux de les laisser s'exprimer. Démonstration d'autant plus percutante qu'elle n'en est pas une, puisque comme je l'ai dit, Laurence Anyways dit tout en ne disant rien, raconte une vie et laisse sobrement s'en dresser les constats sur ce que signifient le sexe et l'identité. Voilà pour le fond, très réussi. Las, il est très desservi par la forme. Dolan signe à nouveau un traitement boursouflé, sur-signifiant constamment chaque idée. Pour un plan qui sonne juste, je peux en compter trois ou quatre dont la démesure saborde toute émotion. A l'inverse, deux des plus beaux moments que m'a procurés le film viennent de money shots d'écriture, d'instants fugaces et subtils qui, loin de toute esbroufe, font gagner le film en profondeur véritable (la réaction de la mère suite à l'annonce du changement de sexe de son fils, et la drague amusée d'un gamin du haut d'un balcon). De même, j'ai encore eu énormément de mal avec les changements de ton et les ruptures narratives incessants. A moindre dose, on pourrait y trouver une sorte d'euphorie vitale, juger que le procédé charge ce cinéma d'une énergie toute à lui. Pour moi, tout cela vire presque à une hystérie dont les décalages sont par moments fatals à l'immersion, créent un déphasage vis à vis d'un film dont la cohérence fuit par tous les interstices. Très bien écrit mais très mal dosé, Laurence Anyways me confirme dans l'image que gardera sans doute à mes yeux Dolan, celle d'un homme intelligent mais d'un metteur en scène quand même bien sur-côté.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 2 septembre 2015
Prenez quelqu'un pour qui vous éprouvez de l'amour véritable et qui vous impose le changement de son prénom et vous tomberez exactement sur les mêmes problématiques que le couple en question dans ce film.
Le sexe est hors sujet.
La transsexualité est à mon sens un concept réducteur du genre humain, je préfère la nuance en toute circonstance. Sans pour autant que la caricature me dérange.
Kubrock68
Kubrock68

57 abonnés 1 348 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 juillet 2015
Un homme adulte vivant en couple cherche à devenir une femme. Le film des toutes les extrêmes, avec Dolan ce sont toujours les sentiments qui dominent. La réalisation est inventive et les acteurs prodigieux de vérité. On se plonge dans un univers parallèle et à la fois connu et cela marche. L'énergie, la folie nous scotche à notre siège. Voir un film de Dolan c'est comme une expérience, on en sort automatiquement changé. A voir de toute urgence.
zhurricane
zhurricane

96 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 janvier 2016
La première minute du film m'a happé, vous savez c'est comme si vous l'avez l'impression de pénétrez dans un univers étranger au votre, mais auquel vous voulez absolument participé. Parfois à commencer comme cela,c'est le début d'un chef d'oeuvre, parfois non, juste une illusion. C'est le cas de ce "Laurence Anyways". Déjà le problème majeur c'est sa durée, c'est long, et cela ne le justifie pas. Donc forcément, j'ai vécu pas mal de période d'ennui. De plus, le film est faussement contestataire, c'est comme si c'était un exercice de style. Mais à côté de cela, je dois bien avouer que le film possède une atmosphère qui parfois a su me retourner. Après je suis assez rester extérieur au film. La faute au fait que j'ai vu le personnage de Melvil Poupaud comme juste une personne voulant changer de sexe, et non pas comme une personne qui a des problèmes et qui voudrait être quelqu'un d'autre. Autrement dit, j'ai seulement vu un modèle d'antihéros précis, mais pas seulement un antihéros, dans la largesse que que cela entends. En cela, je n'ai pas pu m'identifier au personnage, que j'ai trouvé en plus assez froid. Heureusement que Dolan, arrive parfois a bien traité certaines scènes pour ne pas le faire tomber dans l'outrance de la plainte. Au final ce film est pas mauvais, mais faut quand même souffrir un peu vu la longueur.
Backpacker
Backpacker

92 abonnés 789 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 juin 2015
Un prodige génial en la personne de Xavier Dolan est né! Le jeune réalisateur québécois est l'auteur d'une oeuvre impressionnante de réalisme mais aussi d'onirisme, qui va complètement à l'encontre des clichés éculés sur la sexualité. Melvil Poupaud et Suzanne Clément, impressionnants dans leur réalisme, convainquent aisément en donnant corps à des personnages magnifiques d'une très grande humanité. En outre, l'excellent choix des musiques et la qualité exceptionnelle des images dont certains plans relèvent tout bonnement de l'art nous permettent d'oublier quelques longueurs. Une oeuvre essentielle et très brillante qui permet à Xavier Dolan d'accéder au rang des réalisateurs les plus prodigieux de sa génération en frisant le génie.
Black-Night
Black-Night

221 abonnés 421 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mai 2015
Laurence Anyways est un très bon film. Voilà un très beau film sur un sujet pas forcément simple à mettre en œuvre et à l'écran, celui notamment de la différence. Présenté à Cannes en 2012 dans la sélection Un certain regard où il reçut le prix d'interprétation féminine Un certain regard pour Suzanne Clément qui est amplement mérité.
Le film nous raconte l'histoire d'un amour impossible et nous fait suivre le parcours sur 10 ans de Laurence, professeur de littérature et de sa compagne Fred. Alors qu’il vient de fêter ses 30 ans, Laurence annonce à Fred son intention de devenir une femme, celle-ci décide de l’accompagner dans cette troublante métamorphose pour le meilleur et pour le pire.
Un sujet fort et sensible qui en demeure très intéressant grâce à la magnificence du métrage en général, à sa très belle réalisation et mise en scène. Dans ce même sujet plusieurs thèmes dont la transsexualité, l'acceptation de la différence et la marginalité sont abordés, très bien traités et exploités.
Le côté technique est maîtrisé par une belle réalisation assez atypique sur un format 4:3 comme dans les vieux films mais avec ici la couleur, pour un très bon rendu au final. Les retours en arrières sont eux aussi bien maîtrisés où l'histoire se base sur ce procédé. L'ensemble d'une durée d'un peu moins de 3 heures reste captivant dans cette quête de l'amour impossible entre les deux personnages principaux. Les dialogues sont très souvent percutants dans le langage franco-québécois. Le gros point fort ira pour sa bande son, rendant hommage à la magnifique mise en scène et aux décors. Une superbe bande son électrisante et très éclectique, aux allures de musiques classiques, de musiques électroniques et années 80 entre autres.
Le casting et les acteurs font des prouesses avec : Melvil Poupaud excellent dans son rôle complexe, Suzanne Clément excellente méritant son prix, Nathalie Baye excellente, Monia Chokri excellente, Susie Almgren un brin dans le sur-jeu qui joue la journaliste, Mylène Jampanoï très bien, Yves Jacques très bon, Sophie Faucher très bien, Magalie Lépine-Blondeau très bien.
A noter un petit caméo rapide de quelques secondes du jeune réalisateur Xavier Dolan qui nous signe ici son troisième film, ma première découverte du cinéaste avec ce très beau film fortement recommandable.
Ma note : 8.5/10 !
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 mai 2015
Troisième film en tant que réalisateur de Xavier Dolan,Laurence anyways est une splendide réussite sur une sujet difficile (l'acceptation de la transsexualité d'une personne par son entourage) qui arrive à posséder une esthétique originale parfois proche du clip tout en étant constamment focalisée sur le jeu des acteurs. Xavier Dolan arrive en effet à maintenir l'attention du spectateur presque constamment durant les 2h48 que dure le film spoiler: (malgré un petit creux au moment où le couple principal est séparé
grâce à son amour pour les acteurs qui leur permettent de livrer tous de brillantes prestations en particulier Melvil Poupaud, Suzanne Clément et Nathalie Baye. Le fait que Dolan arrive à 23 ans à traiter avec humanité sans voyeurisme et sans ridicule un sujet aussi complexe que la transsexualité tout en se permettant des choix de réalisation risqués spoiler: (le fait de couper le passage où Laurence annonce à Fred son désir de devenir une femme qui rappelle les ellipses de Godard dans A bout de souffle)
prouve qu'il est un réalisateur d'un très haut niveau sur lequel le cinéma doit désormais compter.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 mai 2015
"Laurence Anyways" ou l'histoire d'un homme qui s'est toujours senti femme. Une idée en or qui s'inscrit dans un rapport au couple. Comment le couple peut-il durer après une telle révélation? C'est la principale question du troisième long-métrage de Xavier Dolan. Et autant dire que la déception est à la hauteur de mes attentes. Au lieu de resserrer le film sur le couple, Dolan réalise un projet mégalo où il fait séparer Laurence et Fred et filme donc leur vie chacun de leur côté. Cette ambition scénaristique démesurée n'aurait pas été un problème si les seconds rôles avaient présentés un minimum d'intérêt et surtout si l'enjeu n'avait pas été dilué dans une mise en scène ostentatoire, qui certes permet quelques scènes magistrales, mais qui le plus souvent empêche toute progression de l'enjeu et finit par ne provoquer que très peu d'effets émotionnels (utilisation abusive de ralentis). Le film est donc beaucoup trop long et ne sait pas se finir, avec au moins trois fausses fins. Le gros mélo très coloré du prodige québécois est paradoxalement plus intense dans sa première demi-heure avant d'afficher clairement ses limites et d'être finalement assez vain.
7eme critique

622 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mai 2015
De beaux plans, des effets de style remarquables, Xavier Dolan sent bon le regard neuf et percutant. De plus, son format d'image, ainsi que l'extrême justesse des acteurs (Suzanne Clément sur la première marche du podium), rendront la chose encore plus immersive. "Laurence Anyways" ou une femme dans la peau d'un homme. Cet individu mal dans sa peau, et en désaccord avec son physique naturel, décide, après avoir souffert dans un long et profond silence, de faire éclater la vérité au grand jour. Son entourage, aussi bien personnel que professionnel, passera donc du stade de l’incompréhension, à celui de l’acceptation. Tout ce parcours sera finement développé, et en ressortira donc complet sur ce thème si particulier. Bien sûr, il faudra une certaine ouverture d’esprit pour se laisser emporter par ce sujet délicat. "Laurence Anyways" dispose de véritables qualités cinématographiques, son cadrage, ses scènes imagées, ses acteurs qui libèrent des émotions saisissantes, ses dialogues... Un poil long, mais tellement riche. Un prodige est né !
rogerwaters
rogerwaters

168 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mai 2015
Toujours très talentueux dès qu’il s’agit de plaquer des musiques entraînantes sur des images travaillées à l’extrême, Xavier Dolan l’est parfois moins pour rédiger des scripts qui tiennent sur la longueur. Or, avec Laurence Anyways, il se laisse aller à son péché mignon de la longue durée et dilue parfois ses bonnes idées dans un océan de scènes qui ne font guère avancer la narration, d’autant que le personnage principal – une fois sa métamorphose acquise – n’évolue plus d’un iota. C’est d’ailleurs le point faible d’une œuvre qui fait apparaître son héros comme une tête à claque égoïste, préférant perdre la femme de sa vie plutôt que de se résoudre à entrer dans le moule. Certes, l’ensemble résonne comme un bel appel à être soi-même malgré les pressions de la société, mais l’insistance du cinéaste finit par se retourner un peu contre son propos. L’ensemble est donc toujours aussi brillant sur le plan formel et le réalisateur est toujours un excellent directeur d’acteurs, mais il pêche ici par excès de confiance en la force de ses personnages. On reste donc partagés.
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