Un film encore difficile de Nolan, austère , intrusif, dérangeant . Les acteurs sont très bons , on y croit , mais l'ambiguïté du personnage met parfois mal à l'aise.
On avait l'habitude chez Dolan d'aller à l'efficacité, d'avoir un récit assez clair et qui se tient assez bien. Pour "Laurence Anyways”, le réalisateur québécois a changé ses habitudes. Le récit est dense , fourmille de personnages. On a parfois du mal à s'y retrouver dans ce qui est son plus long film (2h40!!) et qui aurait gagné à être raccourci. Si l'essence du récit est la question de la trans-identité, le moteur du récit est ce couple qu'on va suivre dans ce changement, sur une période assez longue. Les deux comédiens portent le film mais j'avoue avoir un gros coup de cœur pour Suzanne Clément qui irradie l'écran par sa puissance de jeu. Quelques jolies scènes et une jolie BO agrémentent un film où l'on perd parfois le fil narratif pour se plonger dans le vertige de ce couple forcément en plein questionnement.
Le refus de Xavier Dolan de recevoir la Queer Palm à Cannes s'explique fort aisément: son film ne saurait être réduit à cette problématique! Car le sujet de la transidentité n'est qu'un prétexte symbolique à une tragique histoire d'amour bouleversée dès que l'un des deux partenaires devient pleinement lui-même, brisant l'équilibre instauré jusqu'alors. Portée par un intense duo de comédiens, bouleversant, cette intrigue dramatique se distingue également par l'empreinte singulière de cette mise en scène qui oppose à la grande pertinence psychologique des personnages jusque dans leurs hurlements de souffrance ou de frustration (magistrales scènes du lavage automobile et du restaurant) une extravagance potentiellement déroutante, entre faux raccords assumés, dynamisme clipesque, bande-son de hits personnels et larges cadrages. Alternant les époques pour en souligner les décalages mais aussi les continuités le récit nous happe et nous émeut. Anyways.
Dix après, des bribes de ce film me reviennent régulièrement. Par son choix d'acteurs et d'actrices, par la composition de tous ses plans, par la couleur de ses costumes, par son utilisation de la musique, par ce scénario bouleversant d'où transpercent les émotions... Xavier Dolan signe ici l'un des grands chefs d'œuvres de sa filmographie
J'ai revu ce film avec un grand plaisir. Tout d'abord parce que Xavier Dolan est un cinéaste dont l'écriture cinématographique me plait beaucoup (et il y a dans ce film quelques envolées que j'adore), ensuite par ce que le sujet est traité en touches successives qui permettent de suivre les évolutions de chacun, les interactions, les répercussions. C'est riche, plein de détails, de personnages haut en couleurs, et attachants. C'est puissant, émouvant, éblouïssant !
Devenir gris. Laurence Anyways raconte la nuance, "devenir gris" comme dans la chanson "Fade to grey" de Visage. Les choses ne sont pas noires ou blanches mais entre les deux : grises.
Laurence est dans un tourbillon identitaire, il est perdu, il se cherche, il expérimente. La seule chose qui semble fixe et stable dans sa vie c'est l'amour, celui qui le lie à Fred et celui qui le lie à sa mère. L'amour a-t-il des limites, des conditions ? "- Tu m'aimeras toujours ? - Tu te transformes en femme ou tu te transformes en con ?" (Laurence et sa mère). L'amour de sa mère est inconditionnelle, autant que celui de Fred. Ils vont chercher à surmonter toutes les épreuves ensemble. Ils s'aiment. C'est la passion ni plus ni moins. Ils sont sans cesse repoussés l'un vers l'autre même lorsqu'ils se séparent. spoiler: A tel point qu'à la fin du film, il arrêter de se travestir. Il est alors disposé à recommencer sur de nouvelles bases sa relation avec Fred. La scène finale illustre divinement et subtilement cette conclusion/ouverture sur l'avenir. Ils revivent la scène de leur rencontre. C'est un nouveau départ, maintenant qu'ils sont tous les deux en accord avec eux-mêmes. Rarement vu une fin aussi belle.
Laurence, tout au long du film, a l'occasion de prendre confiance en lui, de faire les expériences qu'il voulait, aller au bout de choses qui le tracassaient depuis son enfance. Il choisi finalement de vivre son amour pour Fred. C'est ça qui compte. Elle n'arrive pas à le suivre. Et lui ne veut pas la perdre. Peu importe son apparence physique, il reste la même personne. Il est Laurence dans tous les cas, Laurence anyways. S'il se sent femme, il n'a finalement pas besoin de se travestir pour se sentir bien. Ce n'est pas une paire de boucles d'oreilles qui va changer son identité.
Le marginal. Cette notion est présente en sous-texte tout au long du film. Le regard, le jugement, l'apparence, ce que l'on montre ou non, le positionnement face à la norme, assumé ou non, sont des interrogations centrales des protagonistes. "Je recherche une personne qui comprenne ma langue, qui la parle même. Une personne qui, sans être un paria, ne s'interroge pas simplement sur les droits et l'utilité des marginaux, mais sur les droits et l'utilité de ceux qui se targuent d'être normaux." L'idée maîtresse est d'être soi-même.
Cette histoire géniale est en plus mise en scène à la perfection. La performance des comédiens/comédiennes est époustouflante, les musiques sont particulièrement bien choisies, la photographie est magnifique. Un vrai bijou.
Ce film est purement et simplement le chef d'œuvre de Xavier Dolan.
pourquoi la note est si élevé ?? NON SERIEUX MAIS RÉVEILLEZ VOUS c'est nul ce qui choque le plus: l'affichage est en 4/3 !!!! WTF 2012 la 4/3 c'est fini depuis longtemps deuxième point très étrange la fixation du cameraman a zoomer A MORT sur les visages a tel point que ça devient malsain et la moindre scène te demande ce qui ce passe, rien n'a de sens le scénario.......pfft il y en a pas j'ai rien compris la plupart des scènes sont en mode WTF ?? NUL NUL.
Quelle beauté. Un film qui m'a captivée, qui m'a émue par les prestations de tous ces acteurs incroyables, par l'histoire torturée de Laurence... C'est du grand cinéma.
Laurence Anyways, réalisé par Xavier Dolan est un film qui possède une poésie intérieur et extérieur. Le film se démarque de beaucoups d'autre car, il est filmé en format 4/3 ; ce qui lui donne un aspect granuleux et vintage et c'est très cool. Xavier Dolan sait vraiment bien utiliser sa caméra de manière intelligente et efficace, ce qui nous donne une mise en scène magnifique et originale ( reflet dans un verre, plans séquences, etc...). Le choix des musiques utilisé est judicieux et fournit au film une bonne ambiance et une atmosphère qui se démarque. Le personnage de Laurence est très intéressant ; tout comme sa relation avec sa femme, Fred, et le reste de la sa famille. Relations qui va être très conflictuelle et chargé d'émotions multiples. Le personnage de Laurence est également très touchant et le spectateur va éprouver de la sympathie pour lui ( du moins c'est que moi j'ai ressentis) et l'on sera outré devant les injustices qu'il sera amener à vivre.Le film va aussi amener le personnage éponyme à se questionner sur lui même et sur la vie, la société, sa place dans cette dernière et pourquoi il est comme il est. Il y à également de nombreuses scène forte ; en particulier celle avec la serveuse dans le restaurant. Laurence Aniways c'est également un film long et comtemplatif avec de beaux visuels. Laurence Anyways est donc l'un des meilleur films de Xavier Dolan, qui arrive à nous donner une idée nombreuses sensations et qui possède une mise en scène inventive et de magnifiques visuels.
Laurence Anyways est le premier film de Xavier Dolan que je vois de ma vie et pour l’instant, je comprends qu’il ait beaucoup d’admirateurs. Laurence Anyways est un film totalement marquant et avec une réelle identité visuelle. Bien que ce film soit ancré dans un monde réaliste avec rien de bien extraordinaire, la mise en scène de Xavier Dolan et la photographie du film sont tellement colorées et millimétrées que le film est magnifique à voir et très prenant à suivre, ne serait-ce que visuellement. Xavier Dolan arrive à filmer un élément basique comme une cuisine et en faire un plan magnifique qui semble tout droit sorti d’une pub ou d’un clip musical. En parlant de ça, la soundtrack du film est elle aussi excellente et vient appuyer les émotions que l’on ressent devant ce film. Ce qui fait que comme moi, vous risquez d’enrichir votre playlist après avoir vu Laurence Anyways. Enfin, le point le plus évident, c’est que les personnages sont magnifiquement interprétés et développés. On arrive totalement à comprendre le personnage de Laurence alors même que nous sommes nombreux à ne pas être dans sa situation. Fred n’est pas en reste et elle aussi est très bien développée et très touchante, on comprend que c’est difficile pour elle d’accompagner Laurence dans sa transformation et que ça lui demande beaucoup de sacrifices. Il en résulte donc des personnages très crédibles et touchants, avec une relation amoureuse qui l’est tout autant. Cependant, je n’accorde pas plus de 4 étoiles à ce film car il reste assez imparfait : il y a pas mal de moments lunaires qui m’ont un peu sorti du film, où je ne comprenais pas pourquoi il se passait tel ou tel truc [spoilers] par exemple, pourquoi un papillon sort de la bouche de Laurence à un moment ? Pourquoi la mère de Laurence balance la télé de son mari ? [spoilers]. Le film a aussi quelques longueurs, [spoilers] surtout durant la deuxième partie du film, lorsque Laurence et Fred sont séparés. Je trouve cette partie beaucoup moins captivante. [spoilers] Il en reste néanmoins que Laurence Anyways est un film extrêmement marquant et avec un propos très bien traité sur la transsexualité. Les qualités rattrapent clairement les défauts du film, et globalement, je n’ai vraiment pas vu passer les 2H40 en voyant ce film tellement il est passionnant à suivre. Je ne peux que recommander, et je regarderai plus de films de Xavier Dolan à l’avenir.
Un grand bravo pour ce chef-d'œuvre qui explore le terrible sujet de l'amour impossible. C'est lent et brutal, comme la vie. Mon cœur a battu tout du long.
Beaucoup trop d'effets faciles! J'aime beaucoup Xavier Dolan, et notamment 'Ma vie avec John F. Donovan', mais là, trop c'est trop... et puis 2h40 pour raconter si peu de choses... Les bras m'en tombent.
Laurence ANYWAYS ou comment faire la critique d’une des belles plus histoires d’amour qu’il m’ait été donné de voir au cinéma. Il s’agit ici de mon DOLAN fétiche et je suis submergée et bouleversée à chaque fois que j’en parle ou que je le revisionne. On a tout, l’esthétique des années 80, du grand jeu (par les magnifiques Suzanne CLEMENT et Melvil POUPAUD), une équation impossible à résoudre et une histoire qui prend par les tripes. Méfiez-vous, c’est tout sauf un film sur la transsexualité qui est ici plus un contexte qu’un trait de l’histoire en lui-même. C’est avant une histoire d’amour bouleversante écrite et réalisée par Xavier DOLAN à l’âge de 23 ans, je crie au génie !