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Charlotte28
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4,0
Publiée le 18 octobre 2020
Au-delà de son parti pris "esthétique" emblématique d'une certaine pensée cinématographique, la mise en scène déroute voire repousse à première vue mais se justifie ensuite à la fois par son aspect film de famille ainsi que par sa laideur brute qui symbolise parfaitement l'indignité morale de cette famille engluée dans l'hypocrisie et le mensonge. Ce portrait quasiment caricatural de l'aveuglement collectif fait pourtant surgir une violente vérité, difficile à assumer et donc à regarder; ainsi les excès, les humiliations, les harcèlements dépeints (à outrance?) forcent à ressentir la douleur extrême de ces personnages, notamment Christian incarné par un bouleversant Ulrich Thomsen. Eprouvant.
spoiler: C'est un film qui va vous rappeler vos vieilles cassettes de famille. On espère plus dans la forme que le contenu.
- Cette critique contient des spoilers -
J'ai rarement vu un film aussi singulier, probablement jamais aussi laid. La réalisation à l'image du 360p, à l'image de cette famille, à l'image du père est d'une incroyable laideur. C'est mal cadré, filmé à l'épaule, en gros plan, je découvre le "Dogme95" et c'est sale. Festen provoque un malaise profond tout au long de son visionnage. Comme les convives nous restons hébétés suite au toast du fils aîné. A-t-on bien lu le sous-titre ? Le fils qui traine en bord de route puis s'endort sur sa chaise est il fiable ? Et puis au malaise succède le déchainement de violence verbale, physique, patriarcale, raciste. Les gros plans lors de la chanson coloniale, la chenille bourgeoise et décadente, le "It was all you were good for." et peut-être surtout la lâcheté de la mère jusqu'à son choix final, me resteront longtemps en mémoire.
Filme culte, il faut un peu de temps pour s'immerger dans l'image sale, les mouvements maladroits de la caméra. Et pourtant, tout est là, des personnages, un scénario, si tout donne l'impression d'être improvisé, tout est parfaitement maitrisé, à sa manière désordonnée, chaotique. Festen est devenu culte parce qu'il est sec, rien ne dépasse et c'est direct, violent, noir, jamais surjoué. C'est aussi une Catharsis pour tous les personnages et donc pour le public. Festen est beaucoup plus vaste que son image au caméscope. Une image hideuse peut susciter des émotions inattendues et offrir un film qui aura marqué son temps.
Je suis sur que Chabrol aurait rêvé de tourner "festen". Les danois et les nordiques en général ne sont pas champions dans le domaine de la comédie (je crois d'ailleurs que je n'en connais aucune) mais quand il s'agit de drames sordides ils envoient du lourd... réalisé un peu en mode "caméra à l'épaule" qui accentue son réalisme cru, "festen" fait exploser, des années avant que la parole ne se libére sur tous les abus quels qu'ils soient, les secrets familiaux malsains. Le plus surréaliste est sans doute de voir cette "haute société" s'accrocher tout au long de la soirée à ses usages pour faire comme si il ne se passait au fond pas grand chose et qu'on restait entre gens bien élevés. 5/5 plus que mérités
Premier long-métrage labélisé "Dogme95" (mouvement cinématographique lancé en 1995 par des réalisateurs danois, en réaction aux superproductions anglo-saxonnes et à l'utilisation abusive d'artifices). Thomas Vinterberg n’en est pas à son premier film, c’est pourtant Festen (1998) qui va le révéler au grand public (et aux professionnels). Le film marque les esprits, frappe par son originalité, tant au niveau des cadrages (très brutes, très frontaux) que par son scénario (d’un réalisme saisissant). La direction d’acteur est sans faille, tout comme la mise en scène qui confère une spécificité qui lui est propre. Le film de Thomas Vinterberg nous plonge en plein cœur d’une fête de famille, à l’occasion des soixante ans du chef de famille. Dans une luxueuse propriété, toute la famille est réunie et c’est lors du dîner que l’aîné va lors de son discours, révéler de lourds secrets concernant le patriarche. Malaise dans la salle, l’émotion est palpable, l’énervement est à son comble, la honte et la gêne aussi, comment s’en dépêtrer d’autant plus que le spectateur est pris au piège et doit assister (tout en étant estomaquer) à tout ce déballage familial. Véritable règlement de compte sans aucun tabou, le fils prend à partie son père devant toute l’assemblée, entre la gêne et le « rire jaune », Thomas Vinterberg nous bluffe littéralement, tout comme la prestation de Ulrich Thomsen qui ne nous laisse pas de marbre. Nominé à cinq reprises lors du 51ème Festival de Cannes 1998 (dont la Palme d'Or), le film fut récompensé du Prix du Jury.
Le film est incroyable, filmé comme une vidéo de famille avec des discours, des tenues, un patriarcat bien présent et un secret de famille absolument terrible qui bouleverse l'atmosphère d'apparence tranquille. J'apprécie beaucoup le final "petit déjeuner" où chacun prend sa responsabilité.
Issu du Dogme 95 initié par Vinterberg et Von Trier notamment, Festen est un petit bijou d'émotion. D'un postulat de départ extrêmement simple et épuré de tout enrobage inutile (principe même du Dogme), Thomas Vinterberg nous envoie une grosse claque dans la face à base de malaise familial et de punchlines dévastatrices. Si visuellement il n'y a rien à se mettre sous la dent et c'est un euphémisme tant le traitement de l'image est laid, moralement et intrinsèquement c'est une toute autre histoire ! Si le départ n'est pas bien palpitant, on se rend rapidement compte des enjeux et bientôt, le malaise palpable ne quittera plus cette "jolie" tablée. Un film coup de poing, qui dénonce sans vergogne et qui tâche, nécessaire et orchestré de main de maître par Vinterberg et son casting impeccable. A ne pas manquer.
A condition de faire l'impasse sur une image franchement moche (pour rappel l'idée du Dogme c'est de faire un rendu le proche de la réalité, c'est à dire grosso modo filmer en éclairage naturel avec un caméscope) il s’avère que cette histoire d'une famille bien barrée est assez drôle, l'écriture étant le point fort de Vinterberg ( qui a heureusement depuis compris que le Dogme c'était une fausse bonne idée, et que pour faire vrai au cinéma, il ne suffit pas de filmer la réalité sans artifices). On y retrouve une belle brochette d'acteur et les scènes aux dialogues soignés s’enchaînent sans temps morts.
Dans le genre film glauque et sensation bizarre, Festen est en plein dedans ! Dans le coeur d'une famille pour l'anniversaire du père qui fête ses 60 ans, toute la famille, et leurs défauts ressassent le passé douloureux avec des véritables mimiques personnelles : l'un des totalement turbulent et violent, l'autre nous ennuie même beaucoup par son manque de personnalité. Dans le coeur d'une famille mondaine, toutes les histoires sont bonnes et les règlements de compte tendus. Reste que ce film, mise à part la réalisation très aléatoire, est particulièrement passionnant à regarder.
Un film très particulier, au niveau de la réalisation caméra à l'épaule pour l'aspect négatif, au niveau du jeu des acteurs et du thème pour l'aspect positif ensuite. Intéressant, mais pas indispensable.
Sans doute nécessaire dans une société où c'est malheureusement trop fréquent, ce film secoue les grands sujets tabous, et nous laisse un moment assis...
Finalement,ce fameux festin de famille,est assez simple à critiquer.Il est aussi brillant et explosif dans le fond qu'harassant de prétention et de laideur dans la forme."Festen"(1998)était alors le premier film suivant les préceptes du Dogme,un mouvement initié par Lars Von Trier, fondé sur le dépouillement et le minimalisme.Mais la caméra DV portée finit par lasser,avec ses mouvements permanents et son image granuleuse.Tous ces artifices ne rendent pas justice à la qualité d'une histoire éprouvante,qui nous montre un règlement de compte familial scabreux,car tout en acceptation muette de la monstruosité du père de famille.Thomas Vinterberg est surtout très fort pour nous immerger au cœur des discours à table,ou des coups de gueule dans les chambres.La tension,déjà haute au début,ne fait que s'amplifier à mesure que le voile tombe,et qu'on éprouve du dégoût pour les membres de cette famille danoise bourgeoise,bouffie d'orgueil et d'hypocrisie.La prestation d'Ulrich Thomsen en fils maltraité est captivante.Voila toute l'inhumanité des nantis dans toute sa splendeur.Une démonstration qui a fait école,qui aurait éte plus forte encore sans cette mise en scène trop brute.
Prix du jury à Cannes en 1998, film culte tourné selon les principes du Dogme, encore jamais vu. Le moins que l'on puisse dire est que ce premier long métrage de Thomas Vinterberg est un choc. Comme quoi l'on peut raconter une histoire forte, glaçante, terrible et bouleversante avec le minimum d'effets et de moyens. Un scénario en béton et des acteurs très inspirés suffisent amplement, la preuve. Un film puissant duquel on ne sort pas indemne. Certainement l'un des meilleurs déballages de linge sale familial de l'histoire du cinéma. En tout cas pas vraiment une ode à la famille, à l'extrême opposé de toutes les sucreries dégoulinantes hollywoodiennes à la moralité souvent bien plus douteuses...