Difficile de faire la part des choses, avec toutes ces critiques élogieuses, qui essayent de fausser mon jugement. Il est d’autant plus facile de se laisser influencer que l’on ressort du film sans savoir, sans comprendre. C’est ce qu’Haneke cherchait. Nous laisser face à nous même et face à l’énigme insoluble. Peut-on montrer la fin de vie assistée ou non ? Moi je réponds, oui. Est-ce que cela fait un bon film ? Moi je réponds, ça dépends. Sans son excellent duo d’acteurs, c’est sûr qu’il allait dans le mur. Isabelle Huppert, elle sa présence est anecdotique. Il a tellement peur des émotions qu’il fait une mise en scène fermée, minimaliste, austère jusqu’à plus pouvoir. Aucune émotion inutile, aucun voyeurisme gratuit, seulement la « vérité » de la situation. Exploit, réussir un anti-mélo alors que tous les ingrédients du mélo sont là. Direction d’acteurs chirurgicale, plans fixes, perversité de la vie que l’on sent par quelques piqûres de rappel, (la scène de l’infirmière assez bouleversante, il est vrai). Je n’en suis pas ressorti ébloui, pour autant, il y a là, tous les ingrédients du Haneke que je connais. Jusqu’au boutisme acharné, audace conceptuelle, bien que je trouve que le film n’est pas toujours à la hauteur du sujet, le scénario est trop linéaire, comme une mise au tombeau programmée, on suit le calvaire de cette femme, et de son mari. On suit le long calvaire sans dieu, et sans musique. Il académise de plus en plus, Haneke.
PS : Évidement, si vous êtes fan de Vin Diesel, c’est pas la peine de visionner ce film.