Un matin, malgré le soleil sur les toits de Paris et les rires qui emplissent la cuisine, on se met à douter. De tout. De Dieu bien sûr, c'est si facile, mais aussi de la vie, du temps qui passe et semble s'être un instant arrêté. C'est une absence. Mais qui est absent ? On doute. C'est donc que l'on y croit encore. Pour encore combien de temps ? On a déjà si froid aux pieds.
C'est vrai, si la vie n'est que cet intervalle de temps, si ridiculement court, qui sépare la naissance de la mort ; si elle n'est que cet absurde et continu ralentissement de la multiplication cellulaire ; alors l'homme est en droit de lever les yeux au ciel et, de toute la force de ses poumons encrassés par les gaz d'échappements, de hurler à la face hautaine de l'univers qui l'écrase de sa splendeur : Tout ça pour ça ? [...] la suite et d'autres critiques absurdes sur http://ad-absurdum.eklablog.net/amour-a59510911 [...]
Donc, chez Haneke, point de douceur ni de violence, que du brut, du vrai, du factuel, sans fioritures ni voilettes. Les faits sont bruts, les personnages sont bruts, les images sont brutes, les silence sont bruts. Même le générique est brut. C'est ça l'élégance spartiate. Pas de musique. Ni avant, ni pendant, ni après. Même aux enterrements. Tout juste entend-on quelques mesures lorsque Anne, l'héroïne, ou un de ses élèves, se met au piano. Mais c'est du Schubert, alors on est content quand ça s'arrête. C'est d'ailleurs, avec quelques longs plans fixes sur des tableaux de style Romantisme Allemand ou assimilé (soyons accueillants, comme disait Nietzsche en ouvrant à sa bonne judéo-slovaque), la seule concession artistique à un début d'épanchement émotionnel. C'est frustrant mais passé un certain âge, l'exaltation est mauvaise pour le cœur et la guimauve colle au dentier, alors on finit par trouver la frugalité désirable. [...] la suite et d'autres critiques absurdes sur http://ad-absurdum.eklablog.net/amour-a59510911 [...]