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Mulderville
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4,5
Publiée le 6 juillet 2026
Peu de cinéastes contemporains font preuve d’autant d’audace que Cristian Mungiu lorsqu’il s’agit d’explorer ces zones d’inconfort où s’entrechoquent idéologie, moralité et vulnérabilité humaine. Avec Fjord, le réalisateur roumain refuse une fois de plus le réconfort rassurant des réponses faciles, proposant un film aussi rigoureux sur le plan intellectuel que bouleversant sur le plan émotionnel. Sur fond de paysages majestueux mais impitoyables de la Norvège rurale, ce drame captivant suit Mihai et Lisbet Gheorghiu, un couple profondément religieux qui quitte la Roumanie avec ses cinq enfants dans l’espoir de mener une vie plus tranquille. Au lieu de cela, ils se retrouvent au cœur d’une bataille juridique et culturelle qui ne cesse de s’intensifier après que des ecchymoses découvertes sur leur fille aînée ont déclenché une enquête des services de protection de l’enfance. Ce qui semble au départ être un simple drame social se transforme peu à peu en une réflexion troublante sur la foi, la justice, l’identité culturelle et la frontière ténue qui sépare la protection de la persécution.
Film vu dans le cadre du festival de Cannes. Le sujet abordé est extrême y important. Les acteurs sont géniaux mais la fin est bouclée bien trop vite et mal pour moi. Décu. Dommage
Le point de vue du film est sublime. C'est un traitement politique tellement intime que ça en ressort le côté malsain et lache face à une famille qui recherche juste à se retrouver avec une mise en scène entièrement maitrisée.
Vu dans le cadre du Club AlloCiné avec Première Projo
film très équilibré sur la tolérance, la laïcité, la famille. Deux modes de vie opposés, presque à l’extrême, entre Roumanie croyante et Norvège cartésienne. Source d’un drame, rendu intéressant à l’extrême. Regard équilibré entre ces deux mondes, qui sont pas loin de pouvoir cohabiter harmonieusement, mais dont certains fondements sociétaux créés un gouffre ou plutôt un fjord ! Le film est très bien construit. Il prend son temps mais sait nous happer dès le début et nous installe dans un long suspens, où la vie de chacun des personnages prend de l’importance à nos yeux. La réalisation est très bonne. Les lieux sont multiples, tant intérieurs qu’extérieurs. C’est maîtrisé et crédible partout. Et c’est beau la Norvège. Bon, ce n’est pas un film qui fait rêver, mais c’est riche, c’est fin, c’est captivant
Je ressors dubitatif de ce très long pensum. Parce que l'histoire aurait pu donner lieu à un film, alors que c'est un profond ennui qui entoure une mise en scène molle et sans nuance. Des adolescents caricaturés, un service d'aide à l'enfance caricaturé et des évangélistes caricaturés. Aucune sensibilité, aucune finesse. Des très longs plans-séquence d'une pauvreté cinématographique affligeante. Ce film distille l'ennui et la médiocrité d'un mauvais téléfilm. A des années-lumières de Bergman qui savait par son cinéma mettre à nu l'hypocrisie de la société scandinave. 2h30 mn pour ça...
Au coeur des hypnotisants décors de Norvège, se dresse le portrait d'une famille multiculturelle dont les liens seront rapidement fragilisés par leur intégration dans la société norvégienne.
Mihai (Sebastien Stan) et Lisbet (Renate Reinsve) retrouvent leurs traditions et cultures héritées de la société roumaine, plutôt conservatrice pour les standards norvégiens, mis à mal par une justice procédurale directe et sans concession. Entre des parents aux valeurs pas toujours compatibles avec leur société d'accueil, et l'implacabilité d'institutions aux biais xénophobes, c'est la parole des enfants qui ne semble pas être prise en compte tout au long du film.
Ce faisant, ce film ne parle pas tant d'un soi-disant clivage culturel irréconciliable que de l'incapacité de construire une société capable d'écouter ceux qui en subissent les fractures. Partagés entre des parents aimants mais violents, au regard des standards norvégiens, et une administration inflexible capable de séparer une famille sur une simple suspicion pas forcément fondée, les enfants, immigrés comme natifs, trouvent leur parole ignorée. Leur parole, seule, semble pourtant capable de réconcilier deux cultures que beaucoup de choses opposent.
Le film ne se perd pas pour autant dans un entre-deux consensuel et sans saveur. Cristian Mungiu refuse la neutralité en acceptant de peindre toute la complexité institutionnelle et culturelle de cette situation familiale, ouvrant ainsi la porte à de nombreux débats aussi constructifs que nécessaires.
J’ai beaucoup aimé Fjord, notamment pour la manière dont il aborde un sujet aussi complexe sans chercher à désigner trop facilement qui a tort ou raison. À travers cette famille et ce qui lui arrive, le film parle de différences culturelles, de religion, d’éducation, mais aussi de la façon dont une société décide de ce qui est acceptable ou non. Il montre surtout à quel point nos certitudes peuvent vaciller dès qu’on essaie de regarder une situation depuis le point de vue de l’autre. Un film intelligent qui pose beaucoup de questions et continue de travailler longtemps après la séance.
Si tous les téléfilms d’Arte é avaient cette facture, tant du point de vue de l’écriture que du jeu, ce serait sans doute merveilleux ! Une petite palme, en somme. On pense parfois à Anatomie par certains fils qui se tendent et se nouent mais rapidement, les points de vues extérieurs l’emportent sur l’intériorité. Alors on ne s’attache pas vraiment, simple spectateurs d’un théâtre d’ombres. Ca reste quand même le haut du panier de l’édition 2026 du Festival de Cannes. A voir au moins pour faire le point avec la Croisette !
Bon film. Il nous plonge dans un véritable dilemme et entretient le doute du début à la fin. On découvre l'histoire au même rythme que les personnages, sans jamais savoir si quelque chose s'est réellement passé ou si tout n'est qu'une interprétation.
Cette incertitude est particulièrement bien maîtrisée et maintient le suspense tout au long du film, rendant l'expérience aussi intrigante que captivante.
Ce film ne vous laissera pas indifférent On ne sait plus vraiment quel est notre point de vue et on se pose beaucoup de questions Un film qui peut faire débattre
Gros coup de cœur pour "Fjord", le dernier film de Cristian Mungiu qui a obtenu la palme d'Or du Festival de Cannes cette année. Ce trophée n'est absolument pas usurpé tant le récit est consistant et profond. ️Le pitch ? Un couple roumano-norvégien s'installe dans une petite ville norvégienne au fond d'un fjord avec leurs 5 enfants. Les parents sont des chrétiens rigoristes particulièrement pieux au point d'interdire les jeux vidéo, YouTube et la musique moderne à leurs enfants qui doivent réciter régulièrement leurs prières. A l'école du coin, le personnel scolaire remarque des bleus sur le dos et la joue de la fille aînée. Très vite, il alerte le service de protection de l'Enfance norvégien craignant des maltraitances répétées des parents sur leurs enfants. ⚖️Interrogés par la police et les services sociaux, ils reconnaissent avoir parfois donné des gifles ou des fessées en guise de punition mais nient catégoriquement avoir frappé leur jeune fille. ⚖️L'administration norvégienne n'en a cure. Elle ordonne le placement des enfants en familles d'accueil, y compris le nourrisson de quelques mois et poursuit les parents en justice en les suspectant d'appliquer leurs croyances religieuses rigides pour justifier une éducation à la dure de leur progéniture. Le réalisateur du film ne prend aucun parti dans sa narration. Il confronte tous les protagonistes avec leurs contradictions. Qu'il s'agisse des fonctionnaires obnubilés par la protection des enfants, les procédures administratives et la religiosité excessive des parents, des voisins qui se divisent entre pros et antis et les parents eux-mêmes, notamment le père très strict qui n'admet pas que la société lui dicte des valeurs contraires aux siennes. Ce film est une superbe réflexion sur les fractures sociales et les valeurs irréconciliables qui divisent nos sociétés contemporaines. Jusqu'où aller dans la tolérance et la laïcité ? Comment ne pas devenir inquisitoire tout en évitant le laxisme ? Les tons froids et les bleus profonds du fjord servent de toile de fond à une narration sobre et précise. Presque comme un documentaire qui interroge sans jamais verser dans le jugement radical. Les parents sont par ailleurs magnifiquement joués par Sebastian Stan (plus connu pour ses rôles dans les films 'Avengers') et Renate Reinsve qui joue une mère partagée entre ses racines norvégiennes et son couple. Je recommande très chaudement ce film particulièrement réussi qui questionne avec acuité nos valeurs sociales et démocrates face à des convictions religieuses très traditionnalistes.