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Emilie
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4,5
Publiée le 21 août 2026
Ce que j’ai aimé dans Fjord, c’est qu’il ne cherche jamais à nous dire quoi penser. À une époque où beaucoup de films ont peur de laisser place au doute, Cristian Mungiu fait exactement l’inverse : il nous oblige à remettre en question notre regard jusqu’à la dernière scène.
J’ai trouvé passionnant la façon dont il traite son sujet. On pourrait croire que le film parle de religion, de politique ou de choc des valeurs, mais il parle surtout de notre besoin de tout catégoriser. Qui est le méchant ? Qui a raison ? Qui est victime ? Plus le film avance, plus ces réponses deviennent impossibles. Et plus j’ai arrêté de me les poser pour « vivre » le film.
Sa mise en scène accompagne parfaitement cette idée. Elle ne cherche jamais à créer artificiellement de l’émotion ou à nous prendre par la main. Tout passe par les silences, les regards, les non-dits.
Ce que je retiens surtout, c’est la confiance que Mungiu accorde à son spectateur. Il ne simplifie jamais son propos, il refuse les réponses faciles et assume de nous laisser sortir avec plus de questions que de certitudes. C’est un cinéma exigeant, mais qui récompense pleinement celles et ceux qui acceptent de se laisser bousculer. Même si je n’ai vu que quelques films en compétition, pour moi chez palme est méritée.
Un film subtil et très nuancé qui, par son intelligence, parvient à poser les bonnes questions sans en donner les réponses. Car ici, tout dépend du point de vue dont on se place et le réalisateur ne prend pas réellement parti. Un film qui interroge et qui est très bien mis en scène. La Palme d’or relève davantage de l’intelligence du scénario que de l’objet cinématographique en lui-même. À voir.
"Fjord" est très décevant. Le cinéma de Cristian Mungiu est un cinéma très sombre mais qui propose toujours une expérience esthétique et sensorielle forte. En témoigne son dernier long-métrage "." qui n'échappe pas à la règle. "Fjord" n'a quant à lui pas grand-chose à proposer de novateur ou d'intéressant esthétiquement. Simpliste sans être épuré, il paraît même parfois être mal réalisé. Comme le soulignait à juste titre Télérama, les films de Mungiu sont profondément manipulateurs, non dans un sens négatif, me semble-t-il, mais dans ce qu'ils entraînent le spectateur dans une intrigue contre son gré en le trompant sur certains éléments. "Fjord" ne me paraît pas être un film positivement manipulateur mais bien plutôt une œuvre perverse dans sa démarche ; non qu'elle soit particulièrement "encline au mal", qu'elle "aime à faire le mal" mais dans ce qu'elle propose un projet qu'elle ne tient pas et qu'elle détourne dans un but malhonnête. Je n'ai cessé d'entendre Mungiu répéter dans les médias qu'il faisait un film pour montrer l'incapacité de deux partis adverses à communiquer. Je n'affirme absolument pas qu'il n'existe aucun problème dans la société norvégienne et qu'on ne peut pas les questionner, mais ce n'est pas ce que fait le réalisateur dans "Fjord". Mungiu construit le portrait d'une famille traditionnelle qui, une fois soupçonnée de violences sur ses enfants, se voit être la victime innocente d'une société qui n'a plus rien de progressiste et ne se caractérise que par son autoritarisme, sa cruauté et son inutilité dans cette caricature clivante et désossée de la société norvégienne et de son Aide à l'enfance. A contrario, jamais Mungiu ne questionne les positions de la famille qui fricote avec le pire de la sphère politico-religieuse roumaine, aucun jugement n'est posé sur eux, sauf peut-être la suspicion du mensonge. Quand on se fait le pourfendeur d'une société progressiste en ne caricaturant que d'un côté, on ne peut prétendre à l'objectivité et à la neutralité, y compris dans la mise en scène à grands coups de plans-séquences. "Eddigton" d'Ari Aster me paraissait être un film bien plus efficace sur un thème similaire, quoique très différent sur bien des plans, en faisant le choix d'une caricature généralisée. Qu'on ne s'y méprenne pas, je n'accuse pas Cristian Mungiu d'être "un terrible fasciste" mais je définirais assurément "Fjord" comme un film réactionnaire. Mais ce qui me dérange, je le répète encore une fois, ce sont les choix de Cannes, cette fois pour des raisons esthétiques mais aussi idéologiques étant donné le contexte politique européen très tendu. Cette Palme d'or ne fait que me renforcer dans la mauvaise opinion que je me fais de Park Chan-Wook, président du jury 2026, et de ses choix cinématographiques.
"Fjord" est un film juste qui traite de sujets complexes sans jamais céder à la facilité et au manichéisme. À travers le portrait de cette famille déracinée, Cristian Mungiu interroge avec finesse les notions d'intégration, d'assimilation culturelle et de protection de l'enfance. Le film ne cherche pas à distribuer les torts et les raisons mais invite au contraire le spectateur à réfléchir aux tensions qui traversent ces situations. spoiler: La construction du récit est réussie : de la découverte d'un pays qui n'est pas le leur à un départ à la hâte presque comme le constat douloureux d'un enracinement impossible.
Une œuvre résolument sobre, bien réalisée et intelligente qui a le mérite de continuer à questionner le spectateur après la séance.
"Fjord" bien noté par la critique, Palme d'or au dernier festival de Cannes est un drame psychologique avec des qualités. Le réalisateur roumain Cristian Mungiu, souvent distingué à Cannes, s'est inspiré de l'affaire Bodnariu qui a défrayé la chronique en Norvège en 2015, pour dénoncer l'intransigeance, voire la xénophobie, des services sociaux norvégiens face à une famille chrétienne roumano-norvégienne traditionnelle. Si l'interprétation de Sebastian Stan et Renate Reinsve est remarquable, le film n'est pas sans défauts et soulève des questions qui demeurent sans réponse.
Avec Fjord, Cristian Mungiu poursuit son exploration des fractures contemporaines en délaissant le récit judiciaire classique au profit d'une observation minutieuse des rapports humains. Le cinéaste s'intéresse moins à l'événement déclencheur qu'à ses répercussions sur un village entier, où chaque regard, chaque silence et chaque prise de position participent à la montée des tensions.
Le film impressionne avant tout par son refus de simplifier le réel. À aucun moment il ne cherche à fabriquer des héros ou des coupables. Chacun agit selon une logique qui lui paraît légitime, qu'elle soit familiale, institutionnelle, religieuse ou sociale. Cette absence de jugement transforme progressivement le spectateur en observateur actif, obligé de confronter ses propres certitudes aux situations présentées.
Cristian Mungiu construit son récit avec une grande rigueur. La mise en scène reste volontairement sobre, presque clinique, privilégiant les visages, les échanges et les hésitations plutôt que les effets spectaculaires. Cette retenue renforce la crédibilité de l'ensemble, même si la réalisation demeure très classique dans sa forme.
Sebastian Stan livre une prestation tout en intériorité, incarnant un homme partagé entre ses convictions et un environnement devenu hostile. Face à lui, Renate Reinsve impose une présence remarquable, traduisant avec une grande finesse l'inquiétude, la dignité et l'usure psychologique d'une mère confrontée à une pression croissante. Leur complémentarité donne une véritable épaisseur émotionnelle au récit.
Au-delà de son intrigue, Fjord ouvre une réflexion particulièrement stimulante sur des notions souvent confondues. Le groupe, la communauté et la société ne poursuivent pas les mêmes objectifs et leurs logiques peuvent entrer en conflit lorsque des conceptions différentes de l'éducation, de la religion ou du vivre-ensemble se rencontrent. Sans transformer son récit en démonstration théorique, le film illustre avec justesse ces mécanismes et montre combien le droit, les normes sociales et les convictions personnelles peuvent s'entrecroiser.
Loin d'apporter des réponses définitives, Fjord préfère maintenir le doute jusqu'à son terme. Cette ambiguïté assumée constitue sa principale qualité. Elle fait de ce drame intimiste une œuvre qui dépasse largement son cadre familial pour interroger, avec intelligence, la place que nos démocraties accordent encore à la différence.
ou l'on retrouve toute l'intensité que parvient à mettre Christian Mungiu dans sa mise en scène. Armés de long plans séquences, les 2h20 passent à vive allure. Au centre, on trouve ses thèmes, la lutte de l'individu contre le groupe, le propos politique sur le vivre ensemble. Mais le manichéisme de l'histoire déçoit. On nous promettait une histoire ou tradionalistes et progressistes se rendraient coup pour coup, en fait, ces derniers s'averent confondants de betise. C 'est une bonne idée d'interroger le mouvement progressiste d'installer du doute dans un nouveau mouvement, d'en chercher les limites mais comment cautionner qu'on puisse retirer la garde de 5 enfants sur la base de simples soupcons...Le spectateur fait bloc avec la famille, les progessistes sont froids comme un glacier Norvégien, le débat repassera....l'ensemble est trop a charge, pas sur que ce film fasse avancer les choses comme le souhaite son réalisateur. Critiquer est utile et nécessaire mais il faut amener les situations.
Fjord apparaît comme un film important de part les thèmes forts qu'ils traitent. Violence familiale, institutionnelle, opposition culturelle, place de la réligion et intolérance religieuse : le film a le mérite de nuancer son propos même si le point de vue du réalisateur demeure visible et au final sans doute un peu conservateur. La mise en scène aussi glaciale que les paysages de Norvège où se déroule le film crée une atmosphère austère au point que certaines scènes frisent la caricature d'un certain cinéma d'auteur. On peut aussi regretter l'absence de la parole des enfants qui apparaissent comme des personnages fantômatiques, ce qui crée une certaine distance, sans doute voulue, par le cinéaste. Au final, Fjord est un film qui soulève des questions intéressantes et qui refuse d'apporter de véritables réponses. Mais le film n'est pas toujours convaincant dans sa démonstration, la faute peut-être aussi à des personnages un peu trop figés et pour lesquels il est difficile d'avoir beaucoup d'empathie.
Très intéressant film de Cristian Mungiu , lauréat de la Palme d’Or du Festival de Cannes 2026 sa seconde après "4 mois, 3 semaines, 2 jours" en en 2007 , qui exploite là au maximum l'ambiguïté car au fond il n’y a ni bons ni méchants et oblige le spectateur à s'interroger sur l'acte de croire et sera seul juge in fine puisque lui ne prends pas parti en prenant le soin d'éviter tout manichéisme . Sebastian Stan , acteur de mon avis trop sous-côté , et Renate Reinsve sont exceptionnels dans leurs rôles de parents malmenés .
Film vu mercredi après midi au cinéma 7 parnassiens à Paris en présence du réalisateur Une fois de plus Cristian Mungiu réalise un grand film l'histoire ressemble bien sur à tout ce qui se passe actuellement ,chacun se fera sa propre opinion ,le film dure 2h20 mais on ne vois pas le temps passez malgrés tout Le metteur en scène est très sympatique et de plus parle le Français
Cela pourrait s’appeler l’engrenage, ou comment la rigidité et l’extrémisme des progressistes peut être encore plus rébarbative que celle des traditionalistes et conservateurs en religion . C’est la démonstration par l’envers, qui se base certainement sur un cas réel qui a dû avoir plus de retentissement en Norvège et en Roumanie que dans le reste du monde. Maintenant la-dite démonstration est-elle tout à fait convaincante, au point d’une palme d’or? Cela reste a prouver car le film, tout à sa sa logique, manque un peu d’envergure et de poésie.
Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, arrivant de Roumanie, s’installent avec ses cinq enfants dans un village norvégien. Un jour, une professeur remarque des ecchymoses sur le cou d'une des enfants. L'Aide à l'Enfance intervient.
Mungiu a situé son scénario dans un pays du Nord car c'est là que la législation sur la protection des droits des enfants est la plus forte. De plus, il s'inspire d'un fait divers qui s'est produit en Norvège, pays qui a récemment était souvent critiqué pour sa précipitation dans les suspicions de violence faite aux enfants. Il contrebalance, dans l'intervention de représentants de la Roumanie dont les propos tenus ne sont pas plus mesurés.
Le réalisateur semble vouloir nous démontrer que les progressistes peuvent devenir aussi, si ce n'est plus, intolérants que les traditionnalistes. Le maintien d'une certaine mesure dans l'application de l'évolution des règles de vie semble le cœur de son sujet, ainsi que la polarisation de nos sociétés modernes.
La caméra en mouvement dès que les comédiens bougent et en plan fixe dès qu'ils se posent laisse voir une multitude de détails signifiants. Les comédiens Renate Reinsve, poignante, et Sebastian Stan, équivoque, sont excellents tout comme les enfants qui les accompagnent.
Dans son récit, Mungiu oppose deux visions de l'éducation des enfants sans prendre tout à fait partie et en laissant une part d'inconnue qui rend tout arbitrage compliqué. Le film d'une durée de 2h25 se regarde sans ennui, le récit étant suffisamment riche pour faire sans cesse chavirer nos certitudes. L'image finale donne un message d'espoir sur le pouvoir de l'amour sur toute forme de jugement.
Un chef d’œuvre ! Le meilleur film de Cirtian Mungiu !
Une trés grande palme d'or plus que méritée.
Renate Reinsve incroyable avec un registre différent de celui qu'on lui connait dans Valeur sentimentale, Julie en 12 chapitres ou Back Room. Très émouvante.
Et marrant de voir Sébastien Stan sortir de son rôle d'Avengers ! il est passionnant dans de ce film. Le meilleur film que j'ai vu cette année en tout cas, un monument de subtilité et une ode au vivre ensemble dans notre société tellement clivée en ce moment.