Fjord
Note moyenne
4,0
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189 critiques spectateurs

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AD33700
AD33700

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 août 2026
Retissant en voyant la bande annonce, ambiance anxiogène.
Et puis......

Quelle belle surprise cette palme d'or.
Pleins de questions, interrogations qu' elle soulèvent.

Sans rien vous dévoiler.

Ma réflexion en sortant de ce film :

Où se situe la limite d'ingérence entre la loi et les convictions personnelles. ?
Le factuel est-t- il le garant de nôtre propre interprétation ?

Film politique ?

A voir et revoir.
Car il y a plein de détails dans les plans qui peuvent aider à la compréhension de cette histoire.

Alain de Mérignac.
NB : c'est ma première critique, merci pour votre indulgence
Unterberger Thomas
Unterberger Thomas

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 août 2026
C’est un film qui rappelle que dans tout rapport de force, c’est à la partie qui bénéficie des conditions matérielles les plus favorables de faire preuve d’empathie, de compréhension et d’aller vers celle qui se trouve en position de vulnérabilité. De toujours être du coté des minorités en d’autres termes, cf ce que dit l’avocate de la famille (qui est Mungiu en fait) à la fin de sa plaidoirie. Les Norvégiens font exactement l’inverse. À l’échelle du système d’abord, avec tout un arsenal judiciaire, administratif et institutionnel qui s’abat sur la famille avec la froideur impersonnelle d’une machine. Ensuite à l’échelle des individus qui affichent tous un ethos paternaliste et colonial.

Et les Roumains ne sont pas des anges, tout évangélistes qu’ils sont. Je passe sur le nombre de détails qui convergent en ce sens car j’ai de l’affection pour les gens du Livre, même les plus perdus. Ce qui est certain c’est qu’à la toute fin, c’est l’homophobie du père qui triomphe et empêche un amour d’advenir. Un amour qui n’était pas davantage souhaité du côté du père de Noora, héritier zélé des Lumières, persuadé que la modernité cartésienne qu’il incarne constitue l’horizon indépassable de toute société.

Le film ne fait que restituer avec la précision sidérante de sa mise en scène la complexité du réel occidental. Il expose les contradictions, les impensés et les angles morts d’un modèle politique et social qui se croit transparent à lui-même et qui est prosélyte de lui-même.
Terii Gilbert
Terii Gilbert

2 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2026
Vu lors au festival de Cannes.

Un bon film qui fait réfléchir sur différents sujets comme : la loi, la morale, l'éducation, la tolérance, les mœurs (entre autres).
traversay1

4 510 abonnés 5 415 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juillet 2026
La plupart des grands réalisateurs sont des manipulateurs et ne demandent pas notre consentement pour aller au bout de leur cheminement. En la matière, Fjord se révèle un exercice assez vertigineux, plus encore que dans tous les films de Cristian Mungiu, désormais double palmé cannois. spoiler: La question qui reste posée est celle de l'origine des bleus, arborés par deux enfants d'une famille roumano-norvégienne, qui vient de s'installer dans un petit village nordique.
Aurons-nous la réponse à l'issue de la projection ? Attendez, ce n'est pas aussi simple, dans l'esprit de Mungiu, spoiler: qui entend bien nous ballotter entre deux versions opposées, tout en ne semblant pas vouloir trancher entre une plutôt qu'une autre
. D'un point de vue purement narratif, la mise en scène addictive du cinéaste n'a pas de mal à nous maintenir sous pression et c'est même du grand art. spoiler: Mais tout de même, qui a donc raison et qui a tort dans la manière d'éduquer sa progéniture ? Réfléchissez et faites votre religion, le film tangue à droite puis à gauche et si ce n'est pas une forme de perversité, cela y ressemble peut-être.
Le cinéma de Mungiu n'avait sans doute jamais été aussi clivant que dans Fjord, spoiler: car il confronte là deux manières très différentes d'envisager un modus vivendi familial. Et toujours cette interrogation lancinante : quel est celui qui est le bon ?
Malicieux, le cinéaste roumain ne nous ménage pas et tant pis si l'on ressort un tantinet agacé. Il s'agit bien de cinéma, largement au-dessus de la moyenne habituelle des productions actuelles. Est-ce que cela valait une Palme d'Or ? En voici une autre bonne question !
Yves G.

1 859 abonnés 4 083 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 août 2026
Une famille s'installe dans un fjord retiré de Norvège. Mihai (Sebastian Stan, acteur roumano-américain abonné aux blockbusters et remarqué en jeune Donald Trump dans "The Apprentice") est roumain et trouve vite un emploi d'informaticien à la mairie. Lisbet (Renate Reinsve, actrice principale de "Julie (en 12 chapitres)", "Valeur sentimentale") est norvégienne et travaille à la maison de retraite de la ville. Le couple évangéliste a cinq enfants qu'il élève dans une discipline stricte. Un jour, une enseignante remarque des traces de contusions sur l'épaule d'Elia, la fille aînée du couple. Elle alerte l'Aide sociale à l'enfance qui met en œuvre, dans l'intérêt des enfants, un protocole implacable. Les parents sont interrogés par la police, les cinq enfants placés en famille d'accueil dans l'attente du procès.

"Fjord" arrive sur les écrans auréolé de la Palme d'or qu'il a reçue à Cannes. La concurrence cette année était rude avec des films aussi marquants que "Notre salut", "Minotaure" ou "Une vie de femme". Mais Cristian Mungiu n'a pas volé sa seconde Palme. Il avait eu la première en 2007 avec "4 mois, 3 semaines et 2 jours", un film coup de poing qui m'avait durablement marqué. Ses films suivants étaient tout aussi dérangeants : "Au-delà des collines", "Baccalauréat" dans mon Top10 de l'année 2016, "." Cristian Mungiu a le don de se saisir de dilemmes moraux et d’en tirer des films bouleversants et jamais simplistes.

"Fjord" repose d'abord sur une question : les enfants de Mihai et de Lisbet ont-ils été les victimes de violences corporelles ou psychologiques ? À supposer ce mystère résolu, deux séries de questions se posent. La première : quelles sont les limites indépassables d'une éducation stricte ? violences corporelles ? violences psychologiques ? punitions ? endoctrinement ? La seconde : la puissance publique a-t-elle le droit de se mêler de l'éducation des enfants ? si oui, dans quelles limites a-t-elle le droit de le faire ? doit-elle ordonner leur placement au premier doute ? doit-elle donner une confiance absolue à la parole des enfants ?

"Fjord" ne donne pas de réponses simples à ces questions compliquées. L'aurait-il fait qu'il aurait perdu beaucoup de sa qualité. Il n'en demeure pas moins qu'on prend vite parti pour la famille contre l'Etat, qu'on estime qu'elle n'a fait subir aux enfants aucune violence excessive, qu'elle avait le droit de les éduquer dans les valeurs qui étaient les siennes, que l'Etat a surréagi en les séparant de leurs enfants.

En sortant de la salle, fort de mes préjugés, une pensée m'a fait douter. Comment aurais-je réagi si cette famille d'évangélistes roumains avaient été des islamistes algériens ? Aurais-je estimé qu'elle avait le droit d'élever ses enfants, en France - ou en Norvège - dans les valeurs qui étaient les siennes, en leur interdisant comme le font Mihail et Lisbet le téléphone portable ou les réseaux sociaux et en leur imposant chaque soir de longues séances de prière ? aurais-je estimé la réaction de l'Aide sociale à l'enfance disproportionnée ?

Cette réflexion en a entraîné une autre : pourquoi Mungiu a-t-il choisi de camper une famille de Roumains évangélistes plutôt qu'une famille d'Algériens islamistes. La réponse est évidente : c'est parce qu'il est lui-même roumain et qu’il s’est inspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée en Norvège il y a une dizaine d’années et qui avait précisément mis en cause un couple roumano-norvégien et ses cinq enfants. Mais, à supposer qu'il ait choisi de camper une famille d'Algériens islamistes, son effet aurait été beaucoup moins subtil. En France en tous cas, il aurait divisé les spectateurs en deux camps : ceux, plutôt à gauche, favorables à la famille et à son droit à élever ses enfants selon ses valeurs et ceux, plutôt à droite, inquiets de la menace que fait peser le séparatisme islamiste sur la cohésion de la société français, qui auraient désapprouvé ce mode d'éducation.

"Fjord" est pour nous, aujourd'hui, spectateur français, un film diablement stimulant. Qu'on soit des farouches défenseurs de l'intégration républicaine et de la laïcité ou au contraire des humanistes sensibles aux différences culturelles, des tenants de l'Etat libéral qui considèrent que l'Etat n'a pas à s'ingérer dans la sphère privée ou au contraire des défenseurs de l'Etat interventionniste qui tiennent que l'Etat a le devoir de défendre les plus faibles, notamment les enfants, "Fjord" prend systématiquement à contre-pied nos préjugés.
velocio

1 547 abonnés 3 522 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 août 2026
Le mode d’éducation des enfants dans une famille, la protection des enfants, deux domaines majeurs traités de façon différente selon les pays et selon les époques mais qui, forcément, cheminent de concert. Dans "Fjord", le film qui s’est vu décerner la Palme d’Or lors du dernier Festival de Cannes et qui, n’en doutons pas, va faire naître (ou plutôt renaître, car des controverses sur ces sujets ont régulièrement lieu et ce, depuis longtemps) des débats enflammés à la télévision, à la radio et dans la presse écrite, deux fondamentalismes se rencontrent et s’opposent. Face à un tel film, au sujet important et dont le traitement qui en est fait s’avère dérangeant, on se pose forcément un certain nombre de questions : pourquoi Cristian Mungiu a-t-il décidé de faire un film sur ce sujet ? Après le pourquoi, le comment (quels ont été ses choix concernant la façon de traiter ce sujet ?) et le pourquoi du comment ; et nous, spectateurs, comment avons nous reçu Fjord ? Concernant la première question, Cristian Mungiu a fourni la réponse à plusieurs reprises : il regrette de voir un peu partout dans le monde des sociétés divisées en groupes rivaux avec des gens qui s’ignorent et/ou qui se haïssent les uns les autres, des gens qui sont convaincus d’avoir raison, les autres étant, au choix, manipulés, stupides ou endoctrinés. Des sociétés où le doute n’existe pas, une absence de doutes, qui, pour lui, favorise l’émergence des extrêmes dans la vie publique. Afin de donner un 2ème souffle au doute, Il a décidé de réaliser un film sur la rencontre et l’opposition entre 2 fondamentalismes et il a jeté son dévolu sur l’éducation et la protection des enfants. Un choix gagnant, en tout cas pour lui, puisqu’il a permis à cet habitué de la Croisette de se voir attribuer la Palme d’Or 2026, 19 ans après l’avoir déjà obtenue avec "4 mois, 3 semaines, 2 jours", entrant ainsi dans le « cercle » des doubles palmés d’or. Là où Cristian Mungiu surprend, c’est qu’il propose aux spectateurs une version de l’histoire qui n’a rien de neutre : il embarque les spectateurs aux côtés de la famille Gheorghiu et, quelle que soit l’opinion qu’on peut avoir sur la meilleure façon d’éduquer des enfants, quoiqu’on pense des limites à fixer (ou non !) à la protection de l’enfance, la vision du film nous conduit inexorablement à prendre parti pour cette famille très pieuse, au mode d’éducation très strict, pas du tout progressiste et à trouver intolérable ce que le service de protection de l’enfance lui fait subir. Il n’est pas interdit de penser que Cristian Mungiu, anticipant un a priori favorable au progressisme parmi son public, a délibérément choisi de forcer le trait en faveur du conservatisme afin que l’empathie qu’on est quasiment obligé de ressentir pour la famille Gheorghiu aboutisse à générer chez les spectateurs ce doute dont il regrette tant la disparition. critique compète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film. Film vu au Festival de Cannes.
ConFucAmuS

654 abonnés 1 046 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 août 2026
Cristian Mungiu, grand explorateur des zones grises, nous convie cette fois pour un voyage qui met en lumière nos angles morts. En dépit de l'apparente froideur du dispositif, le parti pris oriente le regard du spectateur à plaindre les parents Gheorghiu, un couple roumano-norvégien séparé de ses enfants après un signalement à l'Aide à l'Enfance. Il est tout à fait légitime de questionner le choix de reléguer les enfants, par exemple, alors qu'il aurait offert un contrepoint idéal. En l'occurence, il y a ici deux camps, et c'est un peu dommage. Cela étant posé, Mungiu a l'intelligence de mettre les pieds dans le plat et d'inviter à la réflexion et au dialogue face à des questions qu'on appréhende aussi bien ici qu'en Norvège. Quelle type d'éducation est acceptable ou répréhensible dans la société ? Où fixer la ligne jaune entre le rigorisme religieux et la maltraitance ? Jusqu'à quel point l'état peut s'immiscer dans la famille pour trancher ? À quel moment la protection d'un modèle frise t-elle avec l'intolérance ? Ce ne sont que les plus flagrantes, mais passionnantes problématiques avec laquelle nos esprits vont devoir travailler. Qui a dit que l'expérience du la salle était un "plaisir passif" ? Le résultat aurait été probablement plus fort en accordant plus de place à la conduite du patriarche (Sebastien Stan, excellent), car le film se polarise sur la mère courage et résiliente incarnée à merveille par Renate Reinsve. Sans occulter les points sensibles (ils sont subtilement essaimés, parfois par de simples regards derrière une baie vitrée), ils auraient pu être approfondis pour équilibrer un peu plus le propos qui, en lui-même, a déjà suffisamment de résonance pour inviter les gens à échanger, ce qui est un premier pas. Et le cinéma, ça sert aussi (surtout ?) à ça.
lionelb30

545 abonnés 2 936 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 août 2026
Le film qui vaut principalement par ces comédiens pas mal et le suspens. Par contre les différends petits sujets pas vraiment passionnant.
Sylvain P

392 abonnés 1 436 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 août 2026
Là où Cristian Mungiu réussit brillament, c'est dans l'instillation du doute. On ne sait pas qui est victime, qui est coupable, et toute personne sensée change d'avis plusieurs fois lors des 2h30 que durent cette monstration de faits divers (fictifs mais quasi-réels). Il n'est nullement question ici d'un combat de réactionnaires contre des wokes comme on peut le lire parfois, il s'agit de la confrontation entre une famille (réactionnaire oui, mais là n'est pas le sujet) et une administration kafkaïenne et lente (qu'elle ait raison ou non). Bref, de quoi se faire des noeuds au cerveau et en sortir sans avis ferme et définitif. Et c'était justement le but, réfléchir et douter.
Michel C.

373 abonnés 1 827 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 août 2026
Je ne sais pas dire si Cristian Mungiu mérite sa palme d’ or à Cannes, encore faudrait-il que je les aie tous vus, et n’ ai pas eu ( encore ) ce privilège…. Par contre ce drame intimiste de la sphère intra-familiale, et de la Société Norvégienne plus largement, n’ est pas d’ une gaité folle ; sur l’affiche on peut voir la famille sourire, ce que je n’ ai pas vu une fois dans ce film. Il m’ a rappelé la palme d’ il y a 3 ans : « Anatomie d’ une chute », par sa lumière tiède, le froid extérieur dont la neige, et sans doute un rappel de l’ accompagnement musical, avec quelques ponctuations sonores martelantes rappelant très sensiblement l’ autre palme ! Caractéristique générale : un calme sidérant alors qu’ il est question de suppositions graves, des propos feutrés et froids de la partie « protection de l’ enfance » qui nous font rager en silence sur notre fauteuil. Une envie de ruer dans les brancards doit être refrénée dès la première déposition, où jouant sur les mots et la traduction roumain / norvégien / anglais, le sort du chef de famille, Mihai, semble très vite ficelé. Par ailleurs la photographie est exceptionnelle, vu les conditions locales. Le montage est rigoureux et tient en haleine le public, si bien qu’ après 2h30 pratiquement, on est tout déconcerté du final abrupt à l’ image du relief du fjord, alors que nos esprits tricotent en pleine ébullition. Sacrée performance du réalisateur donc, et judicieux choix pour l’ interprétation brillante du rôle de Lisbet Gheorghiu par Renate Reinsve. Déjà remarquée dans « Valeur sentimentale » il y a 1 an, où récemment dans « Backrooms », et bien entendu dans « Julie (en 12 chapitres) », son talent fait merveille dans les registres dramatiques voire fantastiques. Plus je repense au visionnage, plus ma considération se renforce vis-à-vis du choix du jury Cannois…… !!**
brunocinoche
brunocinoche

139 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 août 2026
Le réalisateur roumain, scrutateur sans pitié de notre société observe ici nos contemporains dans un coin de Norvège peu accueillant sur le pan météorologique. Opposant deux visions de l'éducation, il affronte et confronte les différents arguments sans vraiment prendre position mais en imposant les limites de chacun des points de vue. C'est rigoureux, écrit avec malice, mis en scène sobrement mais efficacement et remarquablement interprété. Mais, à ne pas prendre parti, le cinéaste devient par moment suspect et peut mettre le spectateur mal à l'aise. Le film avait indéniablement sa place au palmarès du dernier festival de Cannes tant il interpelle mais cette deuxième Palme d'Or pour le cinéaste roumain semble un peu exagéré, le film manque un peu de lyrisme et beaucoup trop d'engagement.
22sur20 | Alex
22sur20 | Alex

110 abonnés 358 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 août 2026
FJORD : 16/20

Une Palme d’Or méritée

Avec Fjord, Cristian Mungiu signe un drame familial aussi délicat que profondément dérangeant, qui utilise une situation intime pour questionner tout un système. Lorsqu’une famille s’installe en Norvège et que l’aînée des enfants présente des marques de coups sur son corps, l’aide à l’enfance locale s’en mêle rapidement. Ce qui devait être une intervention protectrice va alors progressivement confronter la famille à une machine administrative difficile à arrêter.

À travers cette histoire, le réalisateur soulève de nombreuses réflexions sur l’éducation, la religion, la justice et surtout sur la manière dont une société peut, au nom de la protection de l’enfant, finir par aller trop loin. Fjord ne cherche jamais à apporter des réponses faciles et c’est précisément ce qui fait sa force. Le film met face à face deux visions de l’éducation et deux systèmes de valeurs, sans tomber dans le manichéisme.

La mise en scène, sobre et maîtrisée, accompagne parfaitement cette montée en tension. Les métaphores sont subtiles, les thématiques riches et le récit suffisamment prenant pour maintenir une vraie tension jusqu’au bout. On pourra toutefois trouver le film légèrement trop long sur sa fin.

Mais malgré cette petite réserve, Fjord est une œuvre puissante, intelligente et profondément humaine, qui pousse à s’interroger longtemps après la séance. Une Palme d’Or qui, à mes yeux, est largement méritée.

Plus de notes sur insta : 22sur20
tifdel13
tifdel13

105 abonnés 529 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 août 2026
Le temps nous dira si Fjord méritait la Palme d’or. Le nouveau Cristian Mungiu n’en reste pas moins un très bon film. Sous couvert d’une enquête, le réalisateur roumain s’intéresse aux différentes visions de l’éducation et ouvre la porte au débat.
Jipéhel
Jipéhel

103 abonnés 635 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 août 2026
Quand l’avalanche guette

En l’An de grâce 2026, la Palme d’Or est roumaine et va à un « dangereux » récidiviste, Cristian Mungiu, qui l’avait déjà reçue en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours. A remarquer que voilà un cinéaste qui ne repart jamais à vide de la Croisette, car, outre ses deux récompenses suprêmes, il y a déjà reçu deux prix de la mise en scène, un prix du scénario et un prix d’interprétation féminine. Pas mal non ? Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, s’installent dans un village au bout d’un fjord où ils se lient rapidement d’amitié avec leurs voisins, les Halberg. Les enfants des deux familles deviennent très proches, malgré des éducations différentes. Lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu, la communauté se demande si l’éducation traditionnelle que les enfants Gheorghiu reçoivent de leurs parents pourrait en être la cause. 145 minutes de haute volée, intenses et glaçantes qu’il ne faut évidemment rater sous aucun prétexte même si certains esprits chagrins reprocheront à ce cinéaste plus qu’engagé de ne pas réellement prendre parti. D’ailleurs, s’il a également reçu le prix du Jury œcuménique… ce n’est pas pour rien.
Avec cette deuxième Palme, il rejoint le cercle fermé des cinéastes ayant été doublement récompensés : Francis Ford Coppola, Bille August, Emir Kusturica, Shōhei Imamura, les frères Dardenne, Michael Haneke, Ken Loach et Ruben Östlund… du beau monde non ? Même si l’histoire est fictive, elle s’inspire de différentes affaires relayées par la presse et ayant alimenté le débat public autour de l'éducation, des valeurs familiales et des tensions entre visions qualifiées, de manière caricaturale, de traditionnelles et progressistes. car tout le débat serait là si ne venait pas se greffer un autre élément perturbateur, le rejet de l’étranger et le racisme ordinaire, larvé mais néanmoins présent. D’où la résurgence des idées extrêmes dans nos sociétés. Mungiu se garde bien de trancher et veut visiblement créer un sentiment de doute et d’incertitude chez le spectateur. C’est un film sur l’impossible communication entre des groupes d’individus convaincus du bien fondé de leurs principes, quitte à bafouer le droit ou l’intégrité des autres. Le cinéaste ose disséquer plusieurs types d’aveuglements, et tente, en médiateur muet, d’établir les raisons de l’échec final, dont personne ne sortira grandi, le véritable nœud du problème résidant dans le silence, l’ambivalence des non-dits et l’incapacité chronique à réellement comprendre l’autre à partir du moment où la concession est proscrite. Ce drame, une fois de plus, nous prouve que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Gonflé et dérangeant.
On peut entendre quatre langues dans le film : le norvégien, le roumain, l'anglais et le suédois. En toute logique, le casting est international, réunissant Sebastian Stan, - loin de sa caricature du jeune Trump dans The Apprentice -, la toujours remarquable Renate Reinsve, Alin Panc, Lisa Loven Kongsli, Christian Rubeck, Ellen Dorrit Petersen, Lisa Carlehed, et les jeunes Henrikke Lund-Olsen – épatante dans un 1er rôle -, et Vanessa Ceban. Magnifique débat sur la polarisation, nerf toxique de la guerre communicationnelle de l’époque, qui est ici mise à plat, en soulevant un point saisissant : les partisans du progrès, de l’humanisme et de la tolérance doivent fournir davantage d’efforts que le camp adverse, et faire des pas vers lui pour être à la hauteur de leurs idéaux. La première phrase, assénée à un des enfants, résonne ici comme un avertissement collectif : Tu dois apprendre à admettre tes erreurs.
ouadou
ouadou

101 abonnés 416 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 août 2026
Quelle audace de la part du cinéaste de traiter un sujet aussi fort et brûlant. Sans être manichéen, il ose mettre un pavé dans la marre de ce que certains nomment le "vivre ensemble" en montrant l'hypocrisie. Il traite son sujet d'une manière implacable et la tension monte crescendo. Une interprétation formidable et toute en nuances. Très belle palme qui ne plaira pas à tout le monde. Au vu de certaines critiques de presse, on sent le malaise... C'est réjouissant.
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